Langues des Andaman

Carte ethnolinguistique des îles Andaman en 1902

Des linguistes proposent de regrouper les différentes langues parlées par les Andamanais autochtones en une seule famille linguistique. On ne remet d'ores et déjà plus en question l'existence de 2 groupes : grand andamanais et andamanais méridional (également appelé onge-jarawa pour éviter la confusion avec la branche méridionale du grand andamanais), ainsi qu'une langue encore mal connue, le sentinelle, les habitants parlant cette langue n'ayant que des contacts hostiles avec le monde extérieur.

Les populations indigènes des îles Andaman habitent ces îles depuis sans doute des dizaines de milliers d'années. Durant la plus grande partie de cette période, leurs sociétés et leurs langues n'ont pratiquement pas subi d'influences extérieures. Les puissances maritimes et les marchands d'Asie du Sud et du Sud-Est connaissaient l'existence de ces îles et de leurs habitants, mais les contacts étaient sporadiques et souvent hostiles. En conséquence, on n'a pas de témoignage de ces langues avant le milieu du XVIIIe siècle. À partir des années 1860, l'établissement d'un pénitencier par les Anglais, puis l'arrivée de colons et de travailleurs en provenance du sous-continent indien se traduisent par les premières influences extérieures sur les populations indigènes.

Au début du XXe siècle, la plupart de ces populations s'étaient considérablement réduites. La diversité linguistique a ensuite pâti des métissages. À la fin du XXe siècle, la majorité des langues des Andaman avait disparu. Au début de ce XXIe siècle, il ne reste qu'une cinquantaine d'individus d'origine Grande Andaman. La moitié parle ce qu'on peut considérer comme une forme de grand andamanais, essentiellement de l'aka-jeru et du pucikwar.

Les langues andamanaises méridionales ou onge-jarawa ont survécu surtout grâce au plus grand isolement de leurs locuteurs. Cet isolement est renforcé par une extrême réticence aux contacts avec l'extérieur et une hostilité ouverte envers les étrangers, en particulier chez les Sentinelles et les Jarawa.

Articles détaillés : Langue en danger et Linguicide.

Grammaire

Les langues des Andaman possèdent un système très développé de préfixes et de suffixes. Leur caractéristique la plus remarquable est sans doute un système de classes nominales fondé sur les parties du corps, dans lequel les noms et adjectifs peuvent prendre un préfixe fonction de la partie du corps à laquelle ils sont associés, sur la base de la forme ou de la fonction. Par exemple, le préfixe "aka-" au début du nom de plusieurs langues des Andaman est en fait un préfixe pour les choses ayant trait à la langue.

Il semble que les langues des Andaman ne connaissent que deux nombres cardinaux : 1 et 2. Elles ont en revanche au moins 6 nombres ordinaux. On remédie à ce déficit de vocabulaire par des gestes.

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