LSD

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LSD
Formules semi-développée et tridimensionnelle de la molécule de LSD.
Formules semi-développée et tridimensionnelle de la molécule de LSD.
Identification
Nom UICPA N,N-diéthyllysergamide
Synonymes

Acide lysergique diéthylamide

No CAS 50-37-3
No EINECS 200-033-2
DrugBank DB04829
PubChem 5761
SMILES
InChI
Apparence Solide incolore et inodore
Propriétés chimiques
Formule brute C20 H25 N3 O   [Isomères]
Masse molaire [1] 323,432 ± 0,0187  g/ mol
C 74,27 %, H 7,79 %, N 12,99 %, O 4,95 %,
pKa 7,8
Propriétés physiques
fusion 82 °C [2]
Précautions
SGH [3]
SGH06 : Toxique SGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxique
Danger
H300, H310, H330, P260, P264, P280, P284, P302, P310, P350,
Données pharmacocinétiques
Métabolisme Hépatique
Demi-vie d’Demi-vie d’élim. 3 heures
Excrétion
Caractère psychotrope
Catégorie Hallucinogène psychédélique
Mode de consommation
  • Ingestion
  • Prise sublinguale
Autres dénominations

Acide, Ace, Buvard, Carton, Trip, Petri

Risque de dépendance Inexistant
Composés apparentés
Autres composés
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le diéthylamide de l'acide lysergique (LSD, LSD-25) (de l' allemand Lysergsäurediethylamid [4]) est un psychotrope hallucinogène. Son principe actif est un composé de la famille des lysergamides, dérivé de composés issus de l' ergot du seigle (Claviceps purpurea). Le LSD se présente le plus souvent sous la forme de petits morceaux de papier buvard imprégnés de la substance. Les buvards sont illustrés de dessins. Il peut également prendre la forme d’une sorte de mine de crayon (« micropointe »). Plus rarement il peut être vendu sous forme liquide ou sous forme de gélatine.

Histoire

L' ergotisme est connu depuis le Haut Moyen Âge sous le nom de « mal des ardents » ou « Feu de Saint Antoine » [5]. Durant l'ère médiévale, une mycotoxine, peut-être produite par l' ascomycète Claviceps purpurea, pourrait aussi avoir été responsable en 994 d'une épidémie induite par la consommation de pain ayant entraîné la mort d'environ quarante mille personnes.

Synthèse

Le LSD est synthétisé pour la première fois en 1938 par les chimistes suisses Arthur Stoll et Albert Hofmann. Ce dernier travaille alors dans le laboratoire dirigé par le Professeur Arthur Stoll [6] au sein de l'entreprise pharmaceutique Sandoz ( Novartis depuis 1996). Les deux chimistes travaillent sur les applications thérapeutiques possibles de l' ergot de seigle (Claviceps purpurea). Ils utilisent la même méthode qui leur servit à synthétiser l' ergométrine. Dans leur plan d'étude, le LSD est le vingt-cinquième dérivé de l'ergot de seigle qu'ils étudient d'où le nom LSD-25 [7]. Ils espèrent obtenir un analeptique, mais lors des expérimentations, on note seulement une activité utéro-constrictive correspondant à 70 % de celle de l'ergométrine et une agitation des animaux lors de la narcose [8]. La molécule n'éveille aucun intérêt et les expérimentations sont arrêtées [9]. Malgré le classement sans suite des études sur le LSD, Stoll et Hofmann reviennent sur leurs recherches en 1943. Le 16 avril 1943, ils expérimentent accidentellement les effets psychotropes de la molécule lors de la phase finale de la synthèse [9]. Hofmann décide alors de s'auto-expérimenter la substance le 19 avril 1943 par une prise de 0,25 mg [9] par voie orale. Lors de cette expérience, l'anecdote serait qu'il soit rentré chez lui à bicyclette (du fait de la guerre, les voitures sont réquisitionnées ; cette course est aussi connue sous le nom de la bicycle ride) et que, se croyant empoisonné, il ait consommé du lait. Il décrit des épisodes angoissants et des sensations de décorporation qu'il attribuera, par la suite, au surdosage et à l'angoisse suscitée par une situation inconnue. Le médecin qui l'ausculte ne détecte aucun symptôme autre qu'une mydriase (dilatation des pupilles).

Arthur Stoll et Albert Hofmann déposent le brevet pour le d-Lysergic Acid Diethylamide aux États-Unis le 23 mars 1948 [10] (en Suisse le 30 avril 1943). En 1947 [9] sont publiés les premiers résultats d'une expérimentation systématique du LSD chez l'homme par le docteur Werner A. Stoll, publiée dans le Schweizer Archiv für Neurologie und Psychiatrie sous le titre « Diéthylamide de l'acide lysergique, un phantasticum du groupe de l'ergot ». Le professeur Werner A. Stoll est psychiatre et fils du patron des laboratoires Sandoz Arthur Stoll; il fut le premier psychiatre à tester le LSD sur des patients bien que chercher à traiter des troubles mentaux avec des produits psychoactifs n’était pas nouveau. Le LSD apparaît comme une molécule prometteuse. Les laboratoires Sandoz mettent au point une préparation-test du nom de Delysid à la disposition des chercheurs. Le LSD est alors utilisé dans les milieux psychiatriques et en psychologie afin de faciliter l'approche psychothérapeutique : de nombreuses études sont menées à son sujet. Dès 1951, un ancien agent des services secrets américains, Alfred Hubbard s'intéresse au LSD et le fait découvrir à l'écrivain Aldous Huxley en 1955. Devenu médecin, il ouvre des cliniques de traitement de la toxicomanie par le LSD au Canada [7].

Usage hallucinogène

Timothy Leary lors de son arrestation par le Bureau des narcotiques en 1972.

À partir du milieu des années 1950 [9], des publications relatives au LSD suscitent l'intérêt au-delà du milieu médical et sont largement médiatisées et présentées comme des « traitements miraculeux » ou des expériences positives [11], [12], [13], [14], [15]. L'auto-expérimentation prend de l'ampleur et sort du cadre scientifique. La consommation de LSD augmente et, avec elle, les récits de bad trip commencent à se multiplier [16]. Le LSD est alors fortement lié à la contre-culture américainebeat generation d'abord, puis hippie – des années 1960 et 1970. L' introspection qu'il favoriserait permettrait de dépasser des valeurs jugées rétrogrades. Des personnalités en vue de l'époque ( Allen Ginsberg, Timothy Leary, Ken Kesey…) en consomment et prônent son usage. Leary s'installe à Millbrook, dans l' État de New York, où il délivre des prises contrôlées de LSD. Kesey s'installe à La Honda en Californie. Il fonde les Merry Pranksters (« joyeux lurons ») avec qui il sillonne les États-Unis dans un bus décoré par leurs soins afin d'organiser des acid tests. La médiatisation des Merry Pranksters engendre la naissance de nombreuses communautés psychédéliques comme Haight-Ashbury à San Francisco ou l' East Village à New York [7]. C'est à cette époque que commence à être signalé l'usage dans la rue de LSD sous forme de buvard [17]. En 1963, Sandoz perd les derniers brevets du LSD. Les années 1964 à 1966 voient une multiplication d'articles de presse sur le produit, certains alarmants [18], [19], [n 1], d'autres laudateurs. Sandoz décide d'en arrêter la distribution en avril 1966 [9]. Cet arrêt met fin aux protocoles d'expériences en cours qui doivent alors demander des nouvelles autorisations, qu'ils n'obtiendront pas, auprès de la FDA. L'essor des communautés hippies inquiète les autorités. L'État de Californie, dont le gouverneur est le républicain Ronald Reagan, interdit l'usage du LSD le , décision rapidement suivie par les autres États de l'Union. L'image populaire du LSD change et devient celle d'un produit dangereux [7].

La convention unique sur les stupéfiants de 1961 ne réglemente pas les nouvelles substances synthétiques psychédéliques. Mais, en 1969, la culture hippie et, avec elle, la consommation de substances psychédéliques concernent l'ensemble du monde occidental [20]. Une nouvelle convention est organisée en 1971, le LSD y est classé, dès sa mise en place (et son application dans les pays signataires), dans le tableau I qui liste « les substances ayant un potentiel d'abus présentant un risque grave pour la santé publique et une faible valeur thérapeutique. » Pourtant la consommation privée de LSD ne baisse qu'au milieu des années 1970 [21]. Depuis, en fonction de la législation des différents pays, la fabrication, la possession et l'utilisation peuvent être sanctionnées par des peines pouvant aller jusqu'à la prison. Malgré cette interdiction, la CIA utilisera le LSD dans le cadre d'expérimentations illégales sur des sujets humains au Canada et aux États-Unis dans le cadre du projet MK-Ultra [22]. Le LSD a eu une énorme influence culturelle dans les années 1960 et 1970 notamment dans les milieux rock, pop, cinématographique et même plus généralement dans le milieu artistique.

Affaire de Pont-Saint-Esprit

Article détaillé : Affaire du pain maudit.

À l'été 1951, en France, une série d'intoxications alimentaires culminant en août à Pont-Saint-Esprit est attribuée par certains à de l'ergotisme ou à une expérimentation gouvernementale [23], [24].

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