Lúcia dos Santos

Sœur Lucie de Fátima
Image illustrative de l'article Lúcia dos Santos
Lúcia dos Santos (à droite) avec sa cousine
Jacinta Marto, 1917.
Servante de Dieu
Naissance
Aljustrel (Fátima), Portugal
Décès (à 97 ans) 
Couvent des Carmélites, Coimbra, Portugal
Nom de naissance Lúcia de Jesus Rosa dos Santos
Autres noms Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé

Bergère de Fátima
Lùcia dos Santos

Nationalité Drapeau du Portugal Portugaise
Ordre religieux Ordre du Carmel
Vénéré à Basilique Notre-Dame-du-Rosaire (Fátima)
Béatification procès ouvert le 13 février 2008 [1]
Attributs connue comme ayant vu la Vierge Marie lors des apparitions de Fátima

Lúcia dos Santos (née le à Fátima au Portugal et morte le à Coimbra au Portugal), est une religieuse portugaise de l' Ordre du Carmel. Avec ses cousins Jacinta Marto et Francisco Marto, elle dit avoir été témoin de l'apparition de Notre-Dame de Fátima.

En 1926, elle aurait vécu le comble de sa vie religieuse en étant témoin d'une théophanie trinitaire, c'est-à-dire une apparition divine de la Sainte Trinité [2].

Également dénommée Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, elle vivait recluse depuis 1948, avec interdiction formelle de communiquer avec l'extérieur, au carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra, où elle menait une vie pieuse et contemplative.

La cause pour sa béatification a été engagé par l' Eglise catholique.

Historique

Le grand-père maternel de Lúcia, Joaquim Ferreira Rosa, originaire du hameau d' Aljustrel  (pt) dans la paroisse de Fátima est né le . Il a épousé Rosa da Encarnação de Perulheira, née le . Ensemble, ils se sont installés dans Perulheira et ils ont eu sept enfants. Maria Rosa, qui fut le dernier enfant du couple, est née le . Joaquim retourne à Aljustrel entre 1883 et 1884, à la demande d'une tante et son oncle, emmenant avec lui sa femme et ses enfants [A 1].

À l'âge de 21 ans, Maria Rosa épouse António Santos, originaire d'Aljustrel, le . Les enfants de Maria Rosa et António dos Santos étaient : Maria dos Anjos, Teresa de Jesus Rosa dos Santos, Manuel Rosa dos Santos, Góoria de Jesus Rosa dos Santos, Carolina de Jesus Rosa dos Santos, Maria Rosa (mort à la naissance), et Lúcia de Jesus Rosa dos Santos. Bien que la famille Santos soit paysanne, elle était loin d'être pauvre et possédait des terres "dans la région de Montelo, Notre-Dame de Ortiga, Fátima, Valinhos, Cabeço, Charneca, et Cova da Iria." [A 2]

Alors que la plupart des récits historiques bien documentés dénomment Lúcia comme Lúcia Santos, certains récits plus modernes font référence à Lúcia en tant que Lúcia dos Santos. Cette confusion provient sans doute de la publication de son premier livre de mémoires, dans laquelle les éditeurs ont indiqué que dans le registre paroissial le nom de son père était António dos Santos. Lúcia a confirmé, dans ses cinquième et sixième mémoires, que son nom de famille est Santos [A 3].

Même si la date de naissance de Lúcia est enregistrée comme étant le 22 mars 1907, la date réelle serait le 28 mars. En ces jours, il était nécessaire que les parents amènent leurs enfants au baptême le huitième jour après la naissance sous peine d'amende, et, comme le 30 mars était un jour plus pratique pour le baptême, le 22 a été choisi comme jour de son anniversaire. Lúcia a rappelé plus tard, qu'à l'époque, personne n'attachait beaucoup d'importance à la date exacte de son anniversaire [A 4].

Les enfants aimaient Lúcia. Elle était une merveilleuse conteuse « avec un don pour la narration » [3].

Bien qu'elle n'ait jamais appris à lire à ses enfants, Maria Rosa était alphabétisée. Elle avait un goût pour la littérature religieuse et les contes. Elle a donné des leçons de catéchisme [4] à ses enfants et aux enfants du voisin, au moment de la sieste pendant l'été (les jours où l'on faisait la sieste) et en particulier autour de Carême. Pendant l'hiver, les leçons de catéchisme avaient lieu après le souper et autour du feu [B 1]. D'après sa mère, Lúcia répétait tout ce qu'elle entendait "comme un perroquet" [B 2].

D'après Lúcia, António, son père, était un homme travailleur et généreux. Lúcia se souvenait des contes qu'il racontait et des chants folkloriques qu'il chantait, mais il était aussi celui qui le premier lui a appris à faire le signe de croix. Contrairement aux populaires récits hagiographiques des apparitions, il croyait ce que disaient les enfants et il y aurait des preuves qu'il a conspiré pour s'assurer que Lúcia arriverait à la Cova pour les visites (de ND), alors que sa mère lui avait interdit de s'y rendre. Lúcia disait que son père n'était pas un buveur particulièrement lourd, mais il aimait à socialiser dans la taverne. Parce qu'il n'aimait pas le Père Ferreira, il allait à l'église dans une ville voisine [5].

Lúcia avait un talent pour composer des chansons originales, avec des mélodies folkloriques accrocheuses et des paroles sacrées ou profanes. Parmi les chansons qu'elle a inventées durant son enfance nous avons Au Paradis, je vais être avec ma mère, J'aime Dieu dans le ciel et Notre Dame du Carmel. Elle a mis en musique les paroles de la prière brève qui, disait-elle, lui avaient été apprises ainsi qu'à ses cousins par un ange; "O Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas et qui ne vous aiment pas." Elle a également écrit un poème sur Jacinta qui apparaît dans ses mémoires [6].

La première communion de Lucie s'est déroulée alors qu'elle était âgée de six ans, bien que dix ans fût d'habitude l'âge minimal. Initialement, le curé de la paroisse lui avait refusé de faire sa communion à cause de son jeune âge. Cependant, le Père Cruz, un Jésuite missionnaire en visite de Lisbonne, après avoir trouvé Lúcia en larmes, l'a interrogée et il a conclu qu'« elle sait ce qu'elle fait mieux que beaucoup d'autres. » En raison de cette intervention, le curé de la paroisse admit Lúcia à la sainte communion [C 1]. Après sa première confession, alors qu'elle priait devant l'autel de Notre-Dame du Rosaire, elle aurait vu la statue lui sourire. Après avoir reçu l' Eucharistie, Lucie s'est sentie "baignée dans une atmosphère surnaturelle, que la présence de notre cher Seigneur est devenue aussi clairement perceptible pour moi comme si j'avais vu et entendu avec mes sens corporels." Sa première communion l'a profondément bouleversée. « J'ai perdu le goût et l'attrait pour les choses du monde, et je ne me sentais bien à la maison que dans des endroits solitaires où, toute seule, je pouvais me rappeler les délices de ma première communion [B 3]. »

Le Père de Marchi a décrit sa physionomie de la façon suivante : « Elle n'était pas une jolie enfant. Les seuls éléments attrayants de son visage - qui n'était pas globalement désagréable - étaient ses deux grands yeux noirs qui regardaient de sous d'épais sourcils. Ses cheveux, épais et sombres, étaient partagés en deux au-dessus des épaules. Son nez était plutôt plat, les lèvres épaisses et sa bouche grande » [7].