Kish (Mésopotamie)

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Kish
Localisation
PaysDrapeau de l'Irak Irak
ProvinceAl-Qadisiyya
Coordonnées32° 33′ 00″ nord, 44° 39′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : Irak

(Voir situation sur carte : Irak)
Kish
Kish

Kish est une ville (mais aussi un dieu) de l'ancienne Mésopotamie, particulièrement importante aux époques archaïques, durant lesquelles elle a longtemps exercé sa domination sur les autres États de Basse-Mésopotamie.

Cette ville s'étend sur une grande surface, et compte deux ensembles principaux : Tell Inghara et Tell el-Oheimir (en arabe : tall al-ʾuḥaymir, بتل الأحيمر). C'est de cette ville qu'est sûrement originaire Sargon, fondateur de l'empire d'Akkad.

Historique

Période des dynasties archaïques

D'après la Liste royale sumérienne, Kish a exercé la royauté sur la Mésopotamie juste après le Déluge. Parmi les vingt-trois rois de cette dynastie semi-légendaire, Etana, Enmebaragesi et Agga sont particulièrement importants.
Le premier est le héros d'un mythe sumérien.
Le second, à qui la liste attribue une victoire contre l'Élam, est l'un des premiers rois mésopotamiens à être attesté historiquement par les sources épigraphiques, puisqu'on a retrouvé à Nippur deux vases portant son nom datant du XXVIIe siècle.
Quant à son fils Agga, il est connu par un récit racontant une de ses batailles contre Gilgamesh d'Uruk. C'est d'ailleurs le dernier roi de la dynastie, puisque Kish se fait selon la même liste supplanter par Eanna/Uruk, ce qui a un rapport avec le précédent récit et pourrait attester d'une réelle rivalité entre les deux cités.
Deux autres dynasties de Kish exercent par la suite la royauté. Les sources épigraphiques mentionnent d'autres rois de Kish, dont la plupart ne peuvent être rattachés à des souverains cités par la liste royale.

Kish a eu une grande importance aux débuts de l'histoire mésopotamienne. Certains de ses souverains ont exercé une sorte de domination, au moins théorique, sur les autres rois du sud mésopotamien, comme l'atteste le fait que le roi kishite Mesalim ait arbitré un conflit frontalier entre Umma et Lagash vers 2600. Les rois de Kish sont parés du titre de Lugal, qui signifie « roi », tandis que les souverains voisins se nomment EN ou ENSÍ. Le titre de « roi de Kish » est repris par des souverains d'autres cités en raison de son prestige, puisqu'il paraît signifier que celui qui le porte exerce la domination sur la Basse Mésopotamie. Il y a donc vers les XXVIe – XXIVe siècles une pré-éminence de Kish sur les autres cités de cette région, qu'elle soit politique ou symbolique.

Kish domine alors la partie nord de la Basse Mésopotamie, peuplée en majorité de populations sémites, ceux que l'on nommera par la suite « Akkadiens », par opposition aux Sumériens, vivant plus au sud. Cette zone partage d'ailleurs des traits communs avec d'autres ensembles politiques situés dans la vallée de la Diyala, à Nuzi, en Haute Mésopotamie autour de Tell Beydar ou Mari, et jusqu'à Ebla en Syrie (dont les archives attestent l'existence de contacts poussés avec les rois de Kish). On a proposé de qualifier cet ensemble comme constituant une « civilisation kishite », marquant ainsi l'importance de cette cité.

Période d'Akkad

Murex inscrit au nom de « Rimush, roi de Kish », v. 2270 2270 av. J.-C., musée du Louvre

La période des dynasties archaïques prend fin avec l'unification de la Basse Mésopotamie par Sargon d'Akkad (2340-2290). Celui-ci était un proche du roi Ur-Zababa de Kish, qu'il finit par détrôner, avant de vaincre le roi Lugal-zagesi d'Umma qui dominait alors le pays de Sumer. Il établit sa capitale à Akkad, et Kish devient une capitale provinciale de son empire. Elle aura ce même statut sous la Troisième dynastie d'Ur (XXIe siècle).

Période paléo-babylonienne

Après la chute d'Ur vers 2004, Kish est soumise à Isin, avant de reprendre quelque temps son autonomie. Elle est ensuite soumise aux rois de la dynastie de Manana, avant d'être prise par Sumu-la-El de Babylone à la fin du XIXe siècle. Elle reste dès lors une partie du royaume babylonien, qui connaît sa première heure de gloire sous le règne de Hammurabi, le descendant de Sumu-la-El. Quand la ville d'Uruk est abandonnée au XVIIe siècle, une partie de ses habitants s'établissent à Kish.

Périodes tardives

Kish est toujours occupée à la période médio-babylonienne (1595-XIe siècle), ainsi que dans la première moitié du Ier millénaire. Elle n'est alors plus qu'une ville de rang secondaire. Quelques tablettes des périodes néo-assyrienne et néo-babylonienne ont été retrouvés sur le site.

Kish est encore occupée au début de notre ère. On a fouillé des niveaux des époques parthe et sassanide.

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