Kachina (mythologie)

Dessin de poupées Kachinas issus d'un livre d'anthropologie de 1894
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Ne pas confondre avec Katsina, l’État et la ville du nord du Nigéria

Dans la mythologie des Indiens Hopis et Zuñis du Nouveau-Mexique et de l' Arizona, au Sud Ouest des États-Unis, les kachinas (parfois retranscrit Katsina ou Katsinam) sont des esprits : esprits du feu, de la pluie, du serpent, ou encore esprits farceurs, espiègles, bienfaisants ou malfaisants... Une sorte d'inventaire du monde visible et invisible. Six mois par an, à l'occasion de fêtes rituelles, ces esprits s'incarnent dans des danseurs masqués et costumés. Des poupées de bois peintes de vives couleurs, également nommées kachinas et représentant ces danseurs, sont offertes aux enfants, à l'issue des fêtes, pour qu'ils se familiarisent avec le monde des esprits.

Origine du rite

Claude Lévi-Strauss nous renseigne sur le mythe des katchina :

« Les katchina sont les âmes des premiers enfants indigènes, dramatiquement noyés dans une rivière à l'époque des migrations ancestrales. [...] Quand les ancêtres des indiens actuels se furent enfin fixés dans leur village, le mythe rapporte que les katchina venaient chaque année leur rendre visite et qu'en partant, elles emportaient les enfants. Les indigènes, désespérés de perdre leur progéniture, obtinrent des katchina qu'elles restassent dans l'au-delà, en échange de la promesse de les représenter chaque année au moyen de masques et de danses. »

Pour Claude Lévi-Strauss, ce rite relève de l'initiation, les enfants ne doivent pas reconnaitre leurs parents ou familiers sous les masques de ces esprits venus les récompenser pour leur bonne conduite. Si les enfants sont exclus de la caste des initiés que sont les parents qui mettent en place la mystification, c'est, explique l'ethnologue, « parce qu'ils sont les katchina [...]. Leur place est ailleurs, non pas avec les masques et les vivants, mais avec les Dieux et les morts ; avec les Dieux qui sont morts. Et les morts sont les enfants ». De non-initiés, les enfants prennent ainsi le rôle de « super-initiés » car la dualité entre initiés et non-initiés appelle la réciprocité et « si ce sont les initiés qui personnifient les fantômes des morts pour épouvanter les novices, c'est à ceux-ci qu'il appartiendra, dans un stade ultérieur du rituel, de les disperser et de prévenir leur retour » [1].

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