Julien Dray

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Julien Dray
Julien Dray au salon du livre de Paris, en 2012.
Julien Dray au salon du livre de Paris, en 2012.
Fonctions
Conseiller régional d’ Île-de-France
En fonction depuis le
(19 ans et 9 mois)
Élection 15 mars 1998
Réélection 28 mars 2004
21 mars 2010
13 décembre 2015
Président Jean-Paul Huchon (PS) (1998-2015)
Valérie Pécresse (LR) (depuis 2015)
Député de la 10e circonscription de l’Essonne

(23 ans, 11 mois et 27 jours)
Élection
Réélection 28 mars 1993
1er juin 1997
16 juin 2002
17 juin 2007
Prédécesseur scrutin proportionnel
Successeur Malek Boutih ( PS)
Biographie
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Oran ( Algérie)
Nationalité Française
Parti politique PS
Diplômé de Université Paris 13

Julien Dray, né le à Oran (Algérie), est un homme politique français. D'abord militant trotskiste, à la Ligue communiste révolutionnaire, il rejoint en 1981 le Parti socialiste. Il est l'un des fondateurs de SOS Racisme. Député de la dixième circonscription de l'Essonne de 1988 à 2012, il est actuellement conseiller régional d’ Île-de-France.

Biographie

Naissance, origines et vie familiale

Julien Dray naît le [1], [2] à Oran, en Algérie française, dans une famille juive séfarade. Ce fils d' instituteur quitte l' Algérie avec sa famille en 1965 [3]. Il est marié et père de trois enfants [4]. Son frère Jean-Paul est un ancien dirigeant du Tagar, et a été un membre très actif des mouvements de jeunesse liés au Likoud israélien [5].

Scolarité, études et formation

Julien Dray entame des études secondaires au lycée Olympe de Gouges de Noisy-le-Sec, puis au lycée Honoré-de-Balzac. Il est titulaire d’une licence d’ histoire-géographie, obtenue à l’ université Paris XIII et d’un diplôme d'études approfondies de sciences économiques [réf. nécessaire].

Carrière politique

Militant trotskiste

À son arrivée au lycée Olympe de Gouges à Noisy-le-Sec, l’influence de quelques enseignants le pousse à s’intéresser à la politique. Il commence par participer à l’animation du ciné-club, ce lieu de rencontre devenant vite un lieu de débats [6]. Petit à petit, il se rapproche de la Ligue communiste (LC-SFQI section française de la IVe internationale, trotskiste) à laquelle il adhère [7]. En 1973, il se fait remarquer lors du mouvement contre la loi Debré [8] (qui devait permettre la suppression des sursis longs), alors qu’il était au lycée Balzac où existait à cette époque un groupe actif de la Ligue communiste.

Lorsqu’il entre à l’ université, Julien Dray rejoint l' organisation étudiante de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), le Mouvement d'action syndicale (MAS) [4]. S’impliquant de plus en plus dans la politique et le syndicalisme, il devient responsable du secteur Jeunesse de la ligue. En 1977, lorsque la LCR devient majoritaire au MAS, Julien Dray est élu au poste de secrétaire général. En 1980, le MAS participe à la création de l’ Unef-ID [9] au Congrès de Nanterre. À l’Unef-ID, bien que sa tendance soit largement minoritaire par rapport aux lambertistes qui obtiennent, avec Jean-Christophe Cambadélis, la direction de l'association, Julien Dray occupe le poste de vice-président, mais surtout organise la « Tendance Leas ».

Cependant, Julien Dray est exclu à l’automne 1981 de la LCR [4]. Après avoir vainement discuté avec Lambert, selon un témoignage ultérieur de Cambadélis, pour essayer d’obtenir le poste de président de l’Unef en échange de son ralliement à l’ OCI [10], il rejoint le Parti socialiste, emmenant avec lui la plupart des cadres étudiants de Leas et des trotskistes de la Seine-Saint-Denis [11].

Cadre du Parti socialiste

À l’Unef-ID, il rejoint donc la Tendance pour l’unité syndicale, d’orientation socialiste. Il est bien accueilli par Jean-Marie Le Guen, dirigeant historique de cette tendance. Pour lui, l’arrivée de nouveaux militants expérimentés devait permettre de redynamiser la Tendance plus. En outre, il comptait sur les qualités d’organisateur et sur l’expérience de Julien Dray. Au congrès de 1982, la Tendance plus obtient un score encourageant, avec 30 % des mandats, mais rapidement la tendance atteint ses limites [12].

Après son entrée au Parti socialiste en 1981, Julien Dray fonde, avec quelques autres comme Laurence Rossignol, un groupe de réflexion nommé Question socialiste [4]. Ils se donnent alors pour objectif de construire un courant sur l’aile gauche du PS. Mais, ils commencent à se structurer réellement en 1987 quand Isabelle Thomas entre dans les instances dirigeantes du parti. Cette promotion leur permet de déposer un premier texte lors du congrès de Lille [12]. Mais ce congrès est surtout pour Question socialiste l’occasion de se faire connaître par l’aile gauche [12].

En 1984, Julien Dray termine ses études et se consacre alors à d’autres combats. Il participe avec plusieurs de ses proches, dont notamment Harlem Désir, à la fondation de SOS Racisme, au sein duquel il devient vice-président, de 1984 à 1988, distribuant dès décembre 1984, lors de la seconde Marche des Beurs organisée par Convergence 84, des badges « Touche pas à mon pote » [11]. Le nouveau mouvement récupère le succès de la Marche des Beurs éclipsant les Jeunes Arabes de Lyon et banlieue (Jalb), créé aux Minguettes à l’initiative du père Christian Delorme [11], qui avait organisé la « Marche des Beurs » [11].

Pour récompenser le travail de sape de la droite mené par SOS Racisme, François Mitterrand lui permet d'être candidat du PS dans la dixième circonscription de l'Essonne. Parachuté alors qu’un candidat - Gérard Dupeyrat - avait déjà été désigné par le PS, Dray réussit néanmoins à s’imposer lors des élections législatives de 1988, dans une circonscription taillée sur mesure par Charles Pasqua pour le Parti communiste français, quatre des villes étant alors tenues par le PC. L’année suivante, sa liste d’union PS/PCF aux élections municipales de Sainte-Geneviève-des-Bois connaît un cinglant échec face au communiste dissident et maire sortant, Jean Ooghe.

Grâce à un travail de terrain reconnu, il parvient à être réélu avec 50,36 % des voix lors des élections législatives de 1993 [13], catastrophiques pour le PS. Actif dans les mouvements sociaux, il fait émerger toute une génération de jeunes militants, dont Delphine Batho et Malek Boutih : « La grande force de Julien, c’est avoir du flair et faire confiance aux gens », dit Olivier Léonhardt, maire de Sainte-Geneviève-des-Bois [14].

Avec un discours très à gauche, il fonde avec Jean-Luc Mélenchon le courant Nouvelle école socialiste [3], qui devient en 1988 la Gauche socialiste, dont l’orientation était opposée à l’ouverture vers le centre du second gouvernement Rocard. Ils déposent une première motion complète lors du congrès de Rennes de 1990. Lionel Jospin lui gardera rancune d’avoir soutenu le mouvement des lycées contre ses réformes [15]. L’année suivante, Marie-Noëlle Lienemann les rejoint [16].

Réélu député avec un mandat unique lors des élections législatives de 1997 avec 58,55 % des voix [17], il devient en 1998 vice-président du Conseil régional d'Île-de-France. Avec la Gauche socialiste, il porte de manière très isolée dans le PS l’opposition à la Guerre du Golfe [18], [9]. Il soutient la ratification du Traité sur l'Union européenne, avant d’en tirer assez rapidement un constat d’échec d’une Europe politique, ce qui l’amène à une dénonciation des politiques libérales de la Commission européenne [19], [20].

Après dix ans de développement, l’entente s’effrite. Au début des années 2000, Julien Dray et Jean-Luc Mélenchon, ce dernier ancien militant de l’ Organisation communiste internationaliste (OCI), s’opposent de plus en plus souvent. Le , Dray est nommé au comité national de lutte contre la violence à l’école [21].

En 2002, l’onde de choc de l’échec de Lionel Jospin au premier tour des élections présidentielles se fait ressentir dans la Gauche socialiste. Julien Dray remporte néanmoins une nouvelle fois les élections législatives dans la dixième circonscription, avec 53,04 % des voix [22]. Plusieurs stratégies s’affrontent alors. Jean-Luc Mélenchon fait le choix de rejoindre Henri Emmanuelli et de fonder avec lui le Nouveau Monde, alors que Julien Dray et ceux qui étaient restés dans la Gauche socialiste décident de participer à création du Nouveau Parti socialiste avec Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon [23]. Mais, dès avril 2003, une nouvelle crise éclate au sujet de la participation à la majorité conduite par François Hollande [15]. La Gauche socialiste, réduite aux soutiens proches de Julien Dray, se rallie à la majorité peu avant le Congrès de Dijon [24], mais il ne fut pas suivi par Gérard Filoche et d’autres cadres, qui restent au NPS. À la fin du Congrès, Dray est nommé porte-parole du PS par François Hollande [23].

Lors de la consultation sur le Traité constitutionnel européen Julien Dray se prononce pour le « oui » [25]. S’il continue à critiquer l’aspect libéral de la construction européenne [26], Dray considère que les mesures libérales comprises dans le TCE sont essentiellement des reprises des traités précédents ( Maastricht, Amsterdam et Nice), déjà entérinés. En outre, il relève deux points positifs : d’abord, le renforcement du pouvoir du Parlement européen ; d’autre part, la Charte des droits fondamentaux. Enfin, Dray pensait que l’Europe ne pouvait se construire que par des compromis, et préférait attendre un rapport de force plus favorable à la gauche pour aller plus loin. D’ici là, il considérait que toute avancée était bonne à prendre [27].

Julien Dray s’est illustré de 1997 à 2003 en se spécialisant sur les thèmes de la sécurité au sein du PS [28], où ses prises de position « sécuritaires » ont souvent tranché avec celles de ses camarades de parti.

Ami de longue date de Ségolène Royal [29], il est l’un de ses tout premiers soutiens lorsque celle-ci annonce, à l’automne 2005, qu’elle envisage d’être candidate à l’ investiture socialiste pour l’ élection présidentielle de 2007 [30]. Il a, depuis lors, affiché son soutien à la présidente de la région Poitou-Charentes. Dray a fait partie de son équipe restreinte de campagne présidentielle, en qualité de « Conseiller chargé de la coordination des porte-paroles » [31].

Lors des élections législatives de 2007, il remporte à nouveau la dixième circonscription, avec 53,48 % des suffrages [32]. En 2008, il pose sa candidature au poste de 1er secrétaire du PS en vue du Congrès de Reims [33] et signe la contribution de François Hollande en juin. En 2009, mis en examen, avant que l'enquête ne cesse, à la suite de pressions politiques (d'après le Canard Enchaîné), il est un temps écarté de la liste socialiste en vue des élections régionales de 2010 par la fédération de l’Essonne [34].

Julien Dray est aussi un membre fondateur du courant proche de Ségolène Royal «  L'Espoir à gauche » [35], fondé en janvier 2009 par Vincent Peillon, aux côtés de Manuel Valls, Jean-Louis Bianco, David Assouline, François Rebsamen, Gérard Collomb ou Jean-Noël Guérini.

Julien Dray est franc-maçon, affilié au Grand Orient de France [36] et a été l'un des administrateurs de l’association des amis de l’ Institut François-Mitterrand [réf. nécessaire].

Le , il est victime d'un malaise cardiaque [37].

Après s'être positionné un temps à la gauche du Parti, il adhère à la formule de Jean-Christophe Cambadélis d'une nouvelle « alliance populaire » [38] expliquant « Il va falloir que l'on change tout. Cela veut dire que, peut-être même, à un moment ou à un autre, se posera la question de notre nom (...) C'est un travail qui va commencer maintenant et qui vise à refonder la gauche, avec une identité nouvelle. Je pense que le terme le plus exact aujourd'hui, c'est pour nous d'être les nouveaux progressistes et de se battre pour l'émancipation. C'est le mot clef » [39]. Après le Congrès de Poitiers, il intègre le secrétariat national chargé de cette « alliance populaire » [38]. Durant le quinquennat de François Hollande, il est un conseiller de l'ombre du président, qui a notamment eu pour mission de cornaquer Emmanuel Macron ou encore d'envisager la mise en place d'une campagne pour la réélection du chef de l'État pour 2017, avant que celui-ci ne renonce [40].

Le 22 juillet 2016, à propos de la controverse sur la sécurité lors de l' attentat de Nice, il explique sur BFM TV que « la faille est aussi par la pression populaire des gens qui n'ont pas envie d'attendre » [41], [42].

Il est membre du comité politique de la campagne de Vincent Peillon pour la primaire citoyenne de 2017 [43].

À la rentrée 2017, il rejoint LCI afin de prendre part à un débat hebdomadaire [44].

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