Jude (apôtre)

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Cet article traite de l'apôtre Judas de Jacques, aussi appelé Thaddée (Lebbaeus). Pour le frère de Jésus appelé Jude et auteur de l'épître qui porte son nom, voir Jude (frère de Jésus). Pour l'apôtre Thaddée-Addaï, aussi appelé Judas, ayant évangélisé Édesse et peut-être aussi l'Arménie, voir Thaddée d'Édesse.
Saint Jude Thaddée, par Georges de La Tour.

Jude (ou Judas) (fils) de Jacques (Ἰούδας Ἰάκωβος), aussi appelé Thaddée ou Judas Thaddée, est un des douze apôtres choisis par Jésus. Son nom apparaît dans les listes d'apôtres des évangiles synoptiques et des Actes des Apôtres, mais aussi dans de très nombreuses sources ultérieures. Il intervient une seule fois dans l'Évangile de Jean. Liturgiquement Jude est fêté - avec Simon le Zélote - le 28 octobre.

Les différentes traditions divergent sur son identité exacte. Dans la tradition des Églises orientales c'est un des quatre « frères » de Jésus dont les noms sont donnés dans le Nouveau Testament. Il est donc le frère de Jacques le Juste, de Joset et de Simon le Zélote et un cousin de Jésus par Joseph. Dans la tradition des Églises latines d'Occident, il est souvent considéré non comme un frère de Jacques, mais comme un de ses fils. Il est donc distingué du « frère » de Jésus qui porte le même nom. Toutefois, une partie des catholiques le considère comme le frère de Jacques, de Simon et de Joset qui pour eux ne sont pas des frères de Jésus mais ses cousins germains.

Selon la tradition, après avoir effectué une prédication dans la région Palestine, il s'est rendu « dans le pays Arabe » (probablement en Nabathée), en Syrie, en Mésopotamie et en Arménie. Dans certaines Églises orientales il est aussi appelé Addai. Les récits l'associent souvent avec Simon le Zélote qui l'aurait rejoint en Mésopotamie, après avoir prêché en Barbarie, c'est-à-dire dans une région de l'Éthiopie. La tradition arménienne le considère comme le fondateur de son Église avec l'apôtre Barthélemy (dès 43).

Les traditions divergent sur le lieu de son martyre qui aurait eu lieu soit dans la région de Beyrouth (Beyrite dans la province romaine de Syrie), soit au nord de la Mésopotamie désignée sous le nom de Perse. Les sources en arménien sont plus précises et indiquent que Thaddée aurait été exécuté dans la ville de Maku appartenant alors au Royaume d'Arménie (aujourd'hui au nord de l'Iran). Une partie de la critique explique ces deux lieux d'exécutions par l'existence d'un deuxième Thaddée, qui n'aurait été que membre des septante disciples de Jésus. Ce pourrait être lui qui est mort au sud du royaume d'Arménie.

Ses noms et surnoms

Dans les listes d'apôtres des évangiles attribués à Marc et à Matthieu, Judas est appelé Thaddaeus (Mc 3, 18) ou Lebbaeus surnommé Thaddaeus (Λεββαῖος ὁ ἐπικληθεὶς Θαδδαῖος) (Mt 10, 3)[1]. Ces deux variantes se retrouvent dans d'autres textes, parfois avec la formule inversée « Thaddaeus surnommé Lebbaeus »[2], comme dans les Constitutions apostoliques[1]. Dans la deuxième Apocalypse de Jacques, il est appelé Theuda[3]. Les fragments de liste des « douze » et « septante disciples », attribuées à Hippolyte de Rome l'appellent « Judas appelé Lebbaeus surnommé Thaddaeus »[4]. Dans l'évangile attribué à Luc et les Actes des Apôtres le nom Thaddée est omis et remplacé par Judas de Jacques (Ἰούδας Ἰάκωβος) (Lc. 6, 16 et Ac. 1, 14)[2]. Jérôme de Stridon l'appelait le « trinomus », puisqu'il portait trois noms[5].

Jude, Thaddaeus ou Lebbaeus

Les surnoms Thaddée (Thaddaeus) ou Lebbaeus, ou le diminutif Jude semblent avoir été privilégiés sur le nom Judas probablement pour éviter la confusion avec le traître, Judas Iscariot[6],[2], dont le nom suit souvent celui de Thaddée dans les listes d'apôtres[1]. La crainte de cette confusion est perceptible dans la formulation « Judas pas l'Iscariot » que l'on trouve dans l'évangile attribué à Jean (14, 22) et qui renvoie probablement à Thaddaeus[2]. Il est vraisemblable que le nom de « Judas », par trop entaché de la mauvaise réputation due à Judas l’Iscariot, se soit progressivement estompé dans la plupart des traditions chrétiennes au profit de la graphie « Jude », de la même manière, on parle encore de nos jours de l’« Épître de Jude » plutôt que de l’« Épître de Judas »[7]. Selon les manuscrits, dans les listes d'apôtres on trouve parfois le nom Thaddée (Θαδδαιος), Lebbée (Λεββαιος), « Lebbée appelé Thaddée » (Λεββαιος ο επικληθεις Θαδδαιος) ou la formulation inverse « Thaddée appelé Lebbée » (Θαδδαιος ο επικληθεις Λεββαιος)[8].

La forme latine Lebbaeus[9] est peut-être basée sur la racine hébraïque leb (cœur)[2][réf. insuffisante]. Thaddée pourrait venir de l'araméen, « taddà » qui désigne la poitrine. Ses deux surnoms auraient donc la même signification dans les deux langues hébraïques. Ils pourraient signifier « le courageux »[9],[10], puisque le cœur et la poitrine en sont traditionnellement le siège. Il pourrait signifier aussi « homme de cœur »[5] ou manifester la tendresse[2].

Judas le Zélote

Deux variantes de manuscrits des Constitutions apostoliques indiquent que « Thaddaeus, aussi appelé Lebbaeus et surnommé Judas le Zélote, prêcha la Vérité aux Édesséniens et au peuple de Mésopotamie lorsque Agbarus (Abgar) régnait à Édesse[11]. »

Jérôme de Stridon écrit dans son Commentaire de l’Épître aux Galates que « l’apôtre Judas, qui n’est pas le traître[12] » a pris le nom de Zélote « en vertu de son zèle insigne[12]. » Dans son texte contre Helvidius, il parle à nouveau de « Jude Zélote qui est dit Thaddée dans un autre évangile[13]. ». Le Décret de Gélase au e siècle déclare canonique l'épître de Jude, qu'il désigne comme « Iudæ Zelotis apostoli » (« l’apôtre Juda Zélotes »).

Addai

Dans les deux Apocalypses de Jacques du codex V retrouvé à Nag Hammadi[3], il y a trois personnages principaux, les deux premiers sont Jésus et son « frère » Jacques, le troisième est appelé Theuda (probablement une latinisation de Thaddée) dans la deuxième Apocalypse et est appelé Addai dans la première[14] (e siècle). « Il s'agit donc probablement du Addai que les sources tardives d'Édesse et d'Arbèles disent avoir été envoyé par Thomas pour convertir les Syriens[15]. »

Une chronique appelée la Caverne des trésors (titre original « Livre de l'ordre de succession des générations ») écrite en langue syriaque qui date probablement de la fin e début du e siècle[16] associe Mari à Addai pour l'évangélisation de l'Adiabène et de la Garamée (Beth Garmai[N 1])[17] ce qui correspond au nord de la Mésopotamie ou au sud du royaume d'Arménie, indications compatibles avec ce que l'on trouve dans d'autres textes. Dans les textes du cycle d'Abgar, Thaddée est aussi connu comme Addai[18]. Il s'agit de la légende, connue sous différentes versions semblables à la Doctrina Addai[18]. Dans les Actes de Thaddée en arménien, il est appelé Addaï[19].

Selon François Blanchetière, Addaï « est l'abréviation d'Adonya (Yavhé est mon seigneur/maître)[20] ». Pour Christelle Jullien, Thaddée est « une transformation évidente de l'Addaï de la tradition syriaque[21] ».

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