Jorge Luis Borges

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Jorge Luis Borges
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Borges photographié par Grete Stern
en 1951.
Nom de naissance Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo
Naissance
Buenos Aires, Drapeau de l'Argentine  Argentine
Décès (à 86 ans)
Genève, Drapeau de la Suisse  Suisse
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Espagnol

Œuvres principales

Signature de Jorge Luis Borges

Jorge Luis Borges ( Speaker Icon.svg audio), de son nom complet Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo [note 1], est un écrivain argentin de prose et de poésie, né le à Buenos Aires et mort à Genève le . Ses travaux dans les champs de l’ essai et de la nouvelle sont considérés comme des classiques de la littérature du e siècle [1].

Biographie

Enfance

Jorge Luis Borges est le fils de Jorge Guillermo Borges, avocat et professeur de psychologie féru de littérature [note 2] et de Leonor Acevedo Suárez, à qui son époux a appris l’anglais et qui travaille comme traductrice. La famille de son père était pour partie espagnole, portugaise et anglaise ; celle de sa mère espagnole et vraisemblablement portugaise aussi. Chez lui, on parle aussi bien l’ espagnol que l’ anglais, et cela depuis son enfance. Borges est donc bilingue, même s’il dira toute sa vie qu’il ne maîtrise pas parfaitement l’anglais [réf. nécessaire].

Débuts littéraires

Pendant la Première Guerre mondiale, la famille Borges habite durant trois années à Lugano puis à Genève où le jeune Jorge étudie au collège Calvin. Après la guerre, la famille déménage de nouveau à Barcelone, Majorque puis Séville et enfin Madrid. En Espagne, Borges devient membre d’un mouvement littéraire d’avant-garde ultraïste. Son premier poème, Hymne à la mer, écrit dans le style de Walt Whitman, est publié dans le magazine Grecia.

Il retourne à Buenos Aires en 1921 et s’engage dans de multiples activités culturelles : il fonde des revues, traduit notamment Kafka et Faulkner, publie des poèmes et des essais.

À la fin des années 1930, il commence à écrire des contes et des nouvelles et publie l’Histoire universelle de l’infamie, qui le fait connaître en tant que prosateur.

Principalement connu pour ses nouvelles, il écrit aussi des poèmes et publie une quantité considérable de critiques littéraires dans les revues El Hogar et Sur dont il est un temps le secrétaire. Il est également l’un des auteurs des récits policiers parodiques signés Bustos Domecq, écrits en collaboration avec son ami Adolfo Bioy Casares, et de chansons sur des musiques d’ Astor Piazzolla.

En 1938, il obtient un emploi dans une bibliothèque municipale de Buenos Aires. C’est à cette époque qu’il écrit Pierre Ménard, auteur du Quichotte, son premier conte fantastique. Il perd cet emploi en 1946 en raison de ses positions contre la politique péroniste, et devient inspecteur des lapins et volailles sur les marchés publics.

En 1955, le gouvernement « révolutionnaire » militaire, qui chasse Juan Perón du pouvoir, nomme Borges directeur de la bibliothèque nationale. Il devient également professeur à la faculté de lettres de Buenos Aires [2]. Comme son père avant lui, il souffre d’une grave maladie qui entraîne une cécité progressive, laquelle deviendra définitive en 1955 [3]. Devenant peu à peu un personnage public, il préside la Sociedad Argentina de Escritores.

Reconnaissance internationale

C’est seulement dans les années 1950 que Borges est découvert par la critique internationale. L’écrivain Roger Caillois, qui avait proposé des nouvelles de lui en octobre 1944 à Buenos Aires, dans la revue Lettres françaises (numéro 14), offre Fictions, en 1951, dans la collection « La Croix du Sud », chez Gallimard. C’est une découverte pour le public français et européen. Après Drieu La Rochelle et l’importante action de Roger Caillois — reconnue par J.L. Borges lui-même qui fait de lui son « inventeur » — c’est la revue Planète qui le fait connaître du grand public [4].

La reconnaissance internationale de Borges commence au début des années 1960. En 1961, il reçoit le prix international des éditeurs, qu’il partage avec Samuel Beckett. Alors que Beckett est bien connu et respecté dans le monde anglophone, Borges est inconnu et non traduit, ce qui ne manque pas de susciter la curiosité des locuteurs anglophones. Le gouvernement italien le nomme Commendatore et l’ université du Texas à Austin le recrute pour un an. La première traduction de son œuvre en anglais date de 1962, avec des lectures en Europe et dans la région des Andes les années suivantes. Borges reçoit de nombreuses distinctions, telles que le prix Cervantes en 1979, le prix Balzan en 1980 (pour la philologie, la linguistique et la critique littéraire) ou la Légion d’honneur en 1983. Il est même nommé plusieurs fois pour le prix Nobel de littérature mais ne l’obtiendra jamais, pour des raisons inconnues qui ont donné lieu à de nombreuses spéculations [5], [6].

Après la mort de sa mère (en 1975), Borges se met à voyager partout à travers le monde et ce, jusqu’à la fin de sa vie.

Mariages tardifs et fin de sa vie

Borges se marie deux fois. En 1967, il épouse une vieille amie, Elsa Astete Millán, veuve depuis peu. Le mariage dure trois ans. Après le divorce, il retourne chez sa mère. Pendant ses dernières années, Borges vit avec son assistante, María Kodama, avec qui il étudie l’ anglo-saxon pendant plusieurs années. En 1984, ils publient des extraits de leur journal, sous le nom d’Atlas, avec des textes de Borges et des photographies de Kodama. Ils se marient en 1986, quelques mois avant sa mort.

Borges meurt d’un cancer du foie [7] à Genève en 1986 [8] ; il a choisi, à la fin de sa vie, de retourner dans la ville où il a fait ses études. Il est incinéré et ses cendres reposent au cimetière des Rois.

Opinions politiques

Politiquement, Borges se définit volontiers comme un conservateur et, vers la fin de sa vie, a exprimé ouvertement son scepticisme face à la démocratie [note 3]. Ce scepticisme transparaît dans certains de ses textes [9]. Quand Juan Perón revient d’exil et est réélu président en 1973, Borges renonce à son poste de directeur de la bibliothèque nationale. Opposé à « l’abominable dictature du général Perón » [3], il reste silencieux face aux crimes de la junte militaire au pouvoir en Argentine dans les années 1970, pendant la période qualifiée de «  guerre sale ». Le 22 septembre 1976, il serre la main du général Pinochet auquel il exprime publiquement son admiration, ce qui lui coûta le prix Nobel selon sa veuve [10]. Trois ans plus tard, il scandalise encore en disant de Lincoln qu’il était un criminel de guerre [note 4].

Pourtant, plusieurs nouvelles de Fictions peuvent être lues comme des dénonciations du totalitarisme. Par exemple La Loterie à Babylone ou encore Tlön, Uqbar, Orbis Tertius, dont la spécialiste Annick Louis affirme dans Le Magazine littéraire qu’elle peut être lue « comme une réflexion sur un des paradigmes dominants de l’époque — celui qui postule le réel comme une forme de chaos régi par une vérité occulte » [11].

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