João César Monteiro

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir João Monteiro (homonymie) et Monteiro.
João César Monteiro
Description de cette image, également commentée ci-après
João César Monteiro en 1989.
Naissance
Figueira da Foz, Portugal
NationalitéDrapeau : Portugal Portugaise
Décès (à 64 ans)
Lisbonne, Portugal
Films notablesFragment d'un film-aumône,
Sylvestre,
Souvenirs de la maison jaune,
La Comédie de Dieu

João César Monteiro (, Figueira da Foz, Lisbonne) est un cinéaste et critique portugais auteur d'une vingtaine de films iconoclastes, où se côtoient poésie, tragique et burlesque.

La plupart des films de Monteiro ont cette spécificité qu'ils échappent à toute catégorisation : ils sont irréductibles.

Biographie

Dans les années 1960 il écrit des articles sur le cinéma pour diverses revues portugaises. En 1968 il commence le tournage de son premier court-métrage Sophia de Mello Breyner Andresen sur la poétesse et amie du même nom. Ce court métrage est suivi en 1970 de Qui court après les souliers d'un mort meurt nu-pieds. En 1972, il tourne Fragment d'un film-aumône puis en 1973 Que ferais-je de cette épée ? un documentaire qui relate une manifestation ouvrière contre l'OTAN en y mêlant des scènes du Nosferatu le vampire de Murnau.

Suivent des films ayant pour base des contes et fables traditionnels du folklore portugais : Veredas, Les Deux Soldats, L'Amour des trois grenades, Le Riche et le Pauvre (O Rico e o Pobre), Sylvestre, fables que Monteiro adapte bien sûr à sa sauce.

C'est avec Souvenirs de la maison jaune, qui obtient le Lion d'argent à Venise en 1989, que l'œuvre de J. C. Monteiro prend un nouveau tournant, et reçoit une reconnaissance médiatique. Dans ce film, Monteiro se met pour la première fois en scène (si l'on excepte sa courte apparition vengeresse à la fin du générique de Fragment d'un film-aumône) et crée le personnage de Jean de Dieu.

En 1992, il réalise Le Dernier Plongeon.

Dans La Comédie de dieu (1995), on retrouve le personnage de Jean de Dieu, qui s'est lancé dans le commerce de sorbet et poursuit sa collection de poils pubiens. Des essais en Cinémascope, pour le tournage de ce film, il tirera trois courts métrages : Ballade avec Johnny Guitar, Bestiaire ou le cortège d'Orphée, Lettre amoureuse.

Avant d'achever la trilogie de Jean de Dieu avec Les Noces de Dieu en 1997, Monteiro réalise Le Bassin de J.W. qui retrace la création de l'Inferno de Strindberg.

Il projette ensuite d'adapter La Philosophie dans le boudoir de Sade, mais considère l'entreprise comme infaisable. Il se tourne alors vers l'œuvre de Robert Walser, dont il adapte Blanche-Neige. Devant les premiers rushes il s'aperçoit que l'image amoindrit l'intensité du texte, il décide donc de sortir un film sans images, ce qui provoque un certain scandale au Portugal, le film étant en partie produit par des fonds publics. Monteiro prend ainsi souvent possession d'œuvres ou de fragments d'œuvres d'autres artistes et en devient le coauteur en n'hésitant pas à détruire leur unité originelle pour les transformer en une œuvre dont l'expressivité se voit ainsi renouvelée[1]. Cela engendre des lectures nouvelles pour les spectateurs, mais ce procédé est également propice à la controverse au sein d'une critique souvent mitigée.

Il tourne ensuite Va et vient. Il meurt d'un cancer avant la sortie du film, présenté hors compétition lors du festival de Cannes 2003.