Jean le Baptiste

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Jean le Baptiste
Image illustrative de l'article Jean le Baptiste
Jean Baptiste prêchant dans le désert,
par Anton Raphael Mengs, 1760
Saint
Naissance (premières décennies av. J.-C.), 6 mois avant la naissance de Jésus selon St Luc [N 1]
Décès vers 28 [1] , [2] - 29 [3] (estimé entre 24 et 29 ap. JC) [4] 
Vénéré à Basilique San Silvestro in Capite de Rome
Vénéré par chrétiens, mandéens et musulmans
Fête 24 juin (nativité)
29 août (mort)
Saint patron Jordanie, Terre-Neuve, Florence, Gênes, Perth (Écosse), Porto, Turin, ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Québec et ordre souverain de Malte

Jean le Baptiste ( hébreu : יוחנן המטביל Yo'hanan HaMatebil, grec ancien : Ἰωάννης ὁ βαπτιστής Ioánnēs ho baptistēs, Ἰωάννης ὁ βαπτίζων Ioánnēs ho baptízōn ou Ιωάννης ὁ πρόδρομος Ioánnēs ho pródromos, arabe : يحْيى Yaḥya ou يوحنا المعمدان Ywḥnạ ạlmʿmdạn [5]), est un personnage des religions chrétienne et musulmane connu respectivement sous les noms de saint Jean Baptiste ou saint Jean Prodrome (le « précurseur »). Il fut prédicateur en Judée au temps de Jésus de Nazareth.

L' Évangile selon Jean localise l'activité du Baptiste sur les rives du Jourdain et à Béthanie au-delà du Jourdain. Jésus semble avoir vécu un temps dans son entourage et les premiers apôtres semblent issus de ce milieu. Les évangiles synoptiques synchronisent le début de l'activité de Jésus avec l'emprisonnement de Jean.

L'audience de ce prophète apocalyptique n'a cessé de croître, au point de susciter la réaction d' Hérode Antipas, qui, le voyant rassembler ses partisans, craint qu'il ne suscite une révolution. Flavius Josèphe mentionne l'exécution de Jean Baptiste sur l'ordre d'Antipas, dans le contexte d'un conflit de succession au sujet de la tétrarchie. Dans les évangiles synoptiques, le Baptiste est mis à mort pour avoir critiqué le mariage d'Antipas avec Hérodiade.

Dans le christianisme, Jean le Baptiste est le prophète qui a annoncé la venue de Jésus de Nazareth. Il l'a baptisé sur les bords du Jourdain, laissant certains de ses disciples se joindre à lui. Précurseur du Messie, il est présenté dans les synoptiques comme partageant beaucoup de traits avec le prophète Élie, ce qu'il n'est pas dans l'Évangile selon Jean. Il est un saint. Deux fêtes lui sont consacrées dans le catholicisme : le 24 juin qui commémore sa naissance, fixée six mois avant Noël pour se conformer au récit d'enfance de l' Évangile selon Luc, et le 29 août qui célèbre la mémoire de sa décapitation ou sa décollation (cf. art. Décollation de saint Jean-Baptiste)

La religion mandéenne en fait son prophète principal. Il est considéré par l'islam comme un prophète descendant de 'Îmran.

Le personnage historique

Étienne Trocmé rappelle que « Jean Baptiste ne nous est connu que par des documents très incomplets : un passage des Antiquités juives de Flavius Josèphe, ouvrage achevé vers 93- 94 de l'ère chrétienne ; plusieurs passages du Nouveau Testament [6]. » Ces récits relatifs à Jean Baptiste « suffisent à attester l'existence et l'importance du personnage, même s'ils laissent subsister d'immenses zones d'ombre, que des textes plus tardifs n'éclairent nullement [7]. »

«  Flavius Josèphe évoque brièvement Jean et son activité de baptiste : « non pour la rémission de certaines fautes (ce qui contredit les données des évangiles synoptiques), mais pour la purification du corps, l'âme ayant été préalablement purifiée par la justice » ( Antiquités judaïques XVII, 118-119 ; Histoire ecclésiastique I, 11, 6 ; Dem. évang. IX, 5, 17) [8]. » Chez Flavius Josèphe, le personnage de Jean est plutôt banalisé tout en cadrant avec ce que nous savons des mouvements baptistes de l'époque [8], [N 2]. Il apparaît respecté de ses contemporains [8] et ayant une grande influence sur les foules au point qu' Hérode Antipas le fasse arrêter de peur qu'il ne suscite une révolution. La déroute d'Antipas face à Arétas IV est d'ailleurs considérée au sein de la population juive comme une vengeance divine contre Antipas pour le punir de l'avoir mis à mort [9].

Ascète et Juif « observant »

Jean est le fils de Zacharie un prêtre qui assure des fonctions au Temple de Jérusalem. Il appartient donc à une famille sacerdotale [10]. « Jean est un cohen-prêtre rural qui pourtant prône un pardon des péchés par le baptême et non par les rites du Temple. C'est surtout un solitaire à l'ascèse proverbiale ( Mt 11, 18) non sans parallèle à l'époque [11]. » Ses traits et ses mœurs rappellent d'assez près ceux de Bannos, dont Flavius Josèphe s'était fait l'émule dans sa jeunesse [12]. À partir de son analyse des Mandéens qui se donnent le nom de nasôrayya (observants) et ce que disent les Pères de l'Église de la secte des nasaréens — à ne pas confondre avec les nazôréens [N 3] — André Paul estime que le nom Nasôréens (nasôrayya) fut peut-être donné aux disciples de Jean le Baptiste [13]. « En arabe selon T. Fahd dans la notice « Sabi'a » de l'Encyclopédie de l'Islam, natsoraye/observants désigne l'une des deux branches de la secte musulmane des Sabi'un ou Sabéens, des baptistes apparentés aux Elkasaïtes au e siècle et considérés dans le Coran comme faisant partie des Gens du livre/ahl al-kitab [14]. » L' évangile attribué à l'apôtre Jean localise l'activité de Jean Baptiste sur les rives du Jourdain [15].

Liens entre Jean-Baptiste et l'essénisme

Les pratiques de Jean et celles des esséniens n'ont que peu de rapports. Entre l'immersion effectuée par Jean dans les eaux du Jourdain et les rites des esséniens tels que les définissent les manuscrits de la mer Morte, les différences se révèlent fondamentales : « l'idéologie du Jourdain n'occupe aucune place dans les écrits de Qumrân » [16]. Ces deux mouvements demeurent bien distincts. Entre autres, Émile Puech relève que les rites de purification chez les esséniens « n'ont rien de commun avec le baptême d'eau pratiqué par Jean devant l'imminence du Jugement divin et la venue du règne messianique », rites esséniens qui comportent une « confession des péchés de type collectif , [...] contrairement au pardon des péchés lié au baptême personnel administré par Jean » [16]. En accord avec Puech, François Blanchetière écrit que Jean « n'a sans doute pas eu de contacts personnels directs avec l'essénisme » [17].

Jean le Baptiste et Jésus

Selon François Blanchetière, Jésus semble avoir « vécu un temps dans l'entourage de son cousin rencontré sans doute à l'occasion d'un pèlerinage à Jérusalem [15]. » « Les premiers disciples de Jésus semblent issus de l'entourage de Jean Baptiste : André, Simon-Pierre, Philippe, Nathanaël (Jn I, 35-51) [15]. ».

Dans les évangiles, Jean reconnaît Jésus, son disciple, comme « plus grand » que lui, mais selon le théologien Étienne Trocmé, « les épisodes rapportés par les évangélistes pour montrer le Baptiste faisant allégeance à Jésus [Mt 3, 14 ; Lc 3, 16] ont un caractère légendaire. » En effet, « la figure dont Jean Baptiste annonçait la venue prochaine était Dieu lui-même et non un Messie plus ou moins humain ». De plus, si l'on en croit l' évangile selon Matthieu (11, 2-19), de sa prison, Jean aurait envoyé quelques-uns de ses disciples pour « savoir à quoi s'en tenir sur le sens d'une prédication et d'un comportement [ceux de Jésus] qu'il trouvait sympathiques mais déroutants » ; la réponse de Jésus a-t-elle convaincu Jean Baptiste que son ancien disciple jouait un rôle messianique ? « On peut en douter, écrit Étienne Trocmé, vu le silence des évangiles sur l'accueil fait par Jean à la réponse de Jésus [18]. »

De même, pour Pierre Geoltrain, la « déclaration d'allégeance » de Jean produite dans les évangiles constitue un « trait légendaire car Jean Baptiste annonçait la venue de Dieu et non d'un prophète », mais un « trait révélateur. En effet, au dire du quatrième évangile, Jésus recrute ses deux premiers disciples, André et Pierre, dans le cercle des disciples du Baptiste, puis, après un court séjour en Galilée, revient en Judée où il baptise (ou laisse ses disciples baptiser) indépendamment de Jean et rallie plus d'adeptes que lui, ce qui manifestement inquiète les disciples du Baptiste. Il y eut, de manière certaine, une rivalité entre les deux groupes [19]. »

Les spécialistes discutent de savoir dans quels lieux les deux hommes se rencontraient. L' évangile selon Jean localise l'activité de Jean le Baptiste sur les rives du Jourdain (Jn 10, 40) ou à Béthanie au-delà du Jourdain (Jn 1, 28 ; 3, 26). Le lieu appelé Aenon « près de Salim où les eaux sont abondantes » est identifié au lieu-dit « Uyum » à Ain Fa'rah [15], [20]. L'autre, « Béthanie au-delà du Jourdain, où Jean baptisait (Jn 1, 28) » où est située la première rencontre de Jésus et de Jean est localisée en Pérée au-delà du Jourdain par la tradition chrétienne [15]. Toutefois, selon les travaux de Murphy O'Connor repris par François Blanchetière, cette localisation — à Al-Maghtas — se révèle impossible à soutenir [15].

Date de naissance de Jean le Baptiste

Si la mort de Jean le Baptiste est située par le consensus historien vers 28- 29 [21], on ne sait rien en revanche sur la date de sa naissance et encore moins sur ses circonstances. Un seul texte traite de la naissance de Jean le Baptiste : les récits de l'enfance de Jésus que l' évangile selon Luc [22] a ajoutés à la trame de évangile selon Marc dans les années 90 [22], [23]. Jean serait né seulement six mois avant Jésus (Lc 1:26), qui lui-même serait né au temps du « premier » recensement, alors que «  Quirinius était gouverneur de Syrie (Lc 2:1-2) » [24]. Un recensement a eu lieu en 6 ap. J.-C. [24]. Toutefois, le même évangile place la naissance de Jean Baptiste « aux jours d' Hérode, roi de Judée (Lc 1:5) » qui est mort en 4 av. J.-C. [25]. De plus, la version slavonne de la Guerre des Juifs évoque une rencontre entre le Baptiste et l' ethnarque Hérode Archélaos qui est destitué et exilé en 6 ap. J.-C [26], [N 4], ce qui voudrait dire que Jean était déjà un adulte au moment où Jésus est né. Pour un ensemble de raisons, des historiens comme Gilbert Picard ou Étienne Nodet estiment que Jean appartenait à la génération qui a précédé Jésus [25], [27], mais la plupart des critiques préfèrent dire que l'on ne sait rien de précis à ce sujet.

Date de sa mort

Détail de la façade de la chapelle des Pénitents-Noirs d' Avignon : deux anges portent la tête de saint Jean le Baptiste.
Article détaillé : Décollation de Jean-Baptiste.

Selon la majorité des historiens et exégètes, la mort de Jean Baptiste est à situer vers 28/ 29 [28], ou, à l'instar de la formulation d' André Paul « vers la fin des années 20 » [29], avant l'arrestation et la crucifixion de Jésus [30] qui aurait eu lieu vers 30 ou 33. Quelques chercheurs optent pour une date un peu plus tardive - vers 32 - dans une chronologie qui fixe en 33 la mort de Jésus de Nazareth [31], également admise par une partie non négligeable de la recherche [32].

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