Jean Tinguely

Jean Tinguely
Jean Tinguely (1963) by Erling Mandelmann - 2.jpg

Jean Tinguely, en 1963, par Erling Mandelmann.

Naissance
Décès
(à 66 ans)
Berne
Nationalité
Suisse
Activités
Autres activités
peintre
Formation
Section des arts appliqués de l'école des arts et métiers de Bâle
Maître
Julia Eble-Ris
Lieu de travail
Mouvement
Conjoints
Enfant
Miriam Tinguely (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées

Jean Tinguely, né le à Fribourg et mort le à Berne, est un sculpteur, peintre et dessinateur suisse.

Parmi ses inventions les plus originales, on compte les Méta Matics ou sculptures animées dont il a commencé la réalisation en 1954 sous le nom de Méta-mecaniques qui étaient alors des tableaux animés de façon électrique. Les Méta Matics sont des machines à dessiner.

Avec sa deuxième épouse, Niki de Saint Phalle, il a créé de gigantesques sculptures, dans des parcs de sculptures, notamment le Jardin des tarots en Toscane.

Tinguely possédait le don d'attirer l’attention et d’établir ainsi une communication avec ses mécanismes détournés de leur sens et de leur finalité. Avec Euréka, une énorme machine conçue pour l’exposition nationale suisse de 1964, cette particularité est apparue comme une caractéristique essentielle de son art. Imprégné des œuvres de Marcel Duchamp (Ready-made ou objets usuels ironiquement promus œuvres d’art), il s’inscrit dans l’esprit dadaïste qui se manifeste par la provocation et la dérision souvent au cours de manifestations publiques. En 1959, son premier triomphe public a lieu lors de la Biennale de Paris, inaugurée par André Malraux, au musée d'art moderne de la ville de Paris, avec des machines produisant des peintures en série dont il a pu faire la démonstration devant le public.

Il remet en question l’académisme de l’art créant des machines construites en partie avec des objets de récupération, sciemment imparfaites, s'opposant au culte de l'objet neuf et pratiquant le recyclage déjà utilisé avant lui par l'art brut. Ces matériaux de récupération auxquels il redonne vie en les animant avec des moteurs comptent parmi les innovations les plus vivantes de la sculpture du XXe siècle.

Les débuts en Suisse

Jean Tinguely en 1963 (photo Erling Mandelmann).
Jean Tinguely, portrait de Lothar Wolleh.

Jean naît à Fribourg ; son père, Charles Tinguely, est ouvrier[1]. Sa mère, Jeanne-Louise Ruffieux (1899-1980), est née dans une famille d'agriculteurs aux nombreux enfants. En 1928, la famille s'installa à Bâle. Jean parle en français à la maison, en allemand à l'école[1].

Sa biographie témoigne très tôt de tiraillements et de tensions entre lui et ses parents. En réaction contre l'ambiance familiale autoritaire, Jean délaisse l'école et devient un lecteur assidu de Lord Byron, Alexandre le grand, Napoléon et trouve refuge dans les bois où il réalise ses premières méta-mécaniques :

« Alors, j'ai commencé à faire une chose très bizarre : plusieurs samedis et dimanches de suite, j'ai commencé à construire de jolies petites roues en bois, bricolées comme ça, le long d'un ruisseau […]. Aucune idée d'art […]. Dans la forêt, j'utilisais un ruisseau : il faut dire que c'était une forêt de sapins qui formaient une sorte de cathédrale, avec les qualités sonores d'une cathédrale […], les sons s'amplifiaient formidablement bien. J'ai fait jusqu'à deux douzaines de petites roues dont chacune avait sa propre vitesse, et parfois cette vitesse était variable selon la vitesse de l'eau, variable elle aussi. Chaque roue avait une came […]. Une came, c'est une chose qui assure une irrégularité à la roue - tu vois ! Ça frappait, ça actionnait sur un petit marteau qui tapait sur différentes boîtes de conserve rouillées ou pas, des sonorités différentes. Ces sons, ces tonalités, à des rythmes différents, étaient répartis tous les cinq à six mètres, et ces concerts s'allongeaient parfois jusqu'à cent mètres dans la forêt. J'imaginais alors le promeneur solitaire lui aussi dans la forêt, qui entend d'abord ce concert avant d'entendre les bruits de la forêt. Parfois, ça fonctionnait jusqu'à quinze jours, c'était évidemment fragile mais il y en avait quelques-uns qui fonctionnaient pendant des mois[2].,[1]. »

En 1939 il tente de se rendre en Albanie par le train pour soutenir le peuple albanais dans sa résistance contre l'agression de l'Italie fasciste. Il a alors quatorze ans. Arrêté par la police à la frontière suisse, il est renvoyé dans ses foyers[1].

Le il commence un apprentissage de décorateur au grand magasin Globus, sous la tutelle de E. Theo Wagner. Le , Jean est licencié du Globus avec effet immédiat pour indiscipline et manque de ponctualité. À partir de septembre, engagé comme apprenti chez Joos Hutter, décorateur. Il ne fréquente pas régulièrement les cours de la Kunstgewerbeschule (« école des arts appliqués »), mais il suit particulièrement les cours de Julia Ris qui attire son attention sur le mouvement comme moyen d'expression artistique[1].

Après la guerre, Jean habite au Burghof, immeuble voué à la démolition, près du Musée des Beaux Arts, au no 2 de St. Alban Vorstadt. Bâle devient le lieu de rencontres des réfugiés politiques : syndicalistes, anarchistes, ex-communistes se retrouvent chez le libraire Heinrich Koechlin. Tinguely participe aux discussions, et fait ainsi son éducation politique. Il réalise la mise en page de livres pour Koechlin, il s'intéresse en particulier à Yves Tanguy, Salvador Dalí, Joan Miró, Paul Klee et à tous les travaux du Bauhaus. À cette même époque, il se lie d'amitié avec Daniel Spoerri, ancien danseur du ballet de Berner Staatsoper, avec lequel il partage le même goût pour les moyens d'expression anti conventionnels. En 1951, il épouse Eva Aeppli, étudiante à l'école des arts appliqués de Bâle dont il a une fille, Myriam, née deux ans plus tard, en 1953[3] .

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