Jean Richepin

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Jean Richepin
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Jean Richepin photographié par Nadar.
Naissance
Médéa ( Algérie)
Décès (à 77 ans)
Paris
Activité principale
matelot, puis journaliste
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement Groupe des Vivants puis naturalisme
Genres
roman, théâtre

Œuvres principales

La Chanson des Gueux (1876), Le Chemineau (1897)

Signature de Jean Richepin

Jean Richepin, né à Médéa ( Algérie) le et mort à Paris le , est un poète, romancier et auteur dramatique français.

Biographie

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Origines familiales

Portrait par Ringel d'Illzach.

Né en Algérie où son père est médecin militaire à la garnison à Médéa, Jean Richepin va vivre dans l'Aisne, dont son père est originaire, à l'âge de trois ans.

Celui-ci, Jules-Auguste Richepin, officier de la Légion d'honneur, est né à Ohis ( Aisne) le 13 août 1816 [1]. Sa mère, Rose-Pauline Béchepoix, est née à Crécy-Couvé ( Eure-et-Loir) le 18 août 1826 et morte à La Fère le 5 février 1892 [2].

Avant La Chanson des gueux

Ce poète turbulent a, dans sa jeunesse, une réputation de « fort en thème », ce qui lui permet de faire de brillantes études secondaires et d'intégrer l' École normale supérieure en 1868, avant d'obtenir une licence ès-lettres en 1870.

Avec la guerre, il prend goût à l'aventure en s'engageant dans un corps de francs-tireurs et, faisant alors l'expérience de la liberté, il mène pendant quatre ans une vie d'errance, gagnant sa vie en s'engageant successivement comme journaliste, professeur, matelot, docker à Naples et à Bordeaux. En 1866, il découvre le quartier latin, où il se fait très vite remarquer par ses excentricités. Il fait la connaissance de Léon Bloy, Paul Bourget, Maurice Rollinat et, surtout, Raoul Ponchon qui deviendra son ami inséparable. Avec ce dernier et Maurice Bouchor, il fonde, en 1875, le Groupe des Vivants, petit cénacle poétique [3] qui se réunissait au quartier latin et auquel viendra se rallier, plus tard, le poète Tancrède Martel. Fortement inspiré par les œuvres de Petrus Borel, Baudelaire et Jules Vallès, qu'il considérait comme le réfractaire par excellence, il se décide à rejeter le joug des conventions sociales et culturelles, à célébrer l'instinct. Vantant, non sans humour, sa force physique, sa virilité, sa prétendue hérédité bohémienne, il se crée une biographie imaginaire et riche en couleurs.

En 1890 il se rend à Aix-les-Bains et au belvédère de la Chambotte (à Saint-Germain-la-Chambotte) en Savoie.

Les succès poétiques

Jean Richepin chez lui par Dornac.

En 1876, le grand public découvre soudain Richepin avec La Chanson des Gueux, qui vaut immédiatement à son auteur un procès pour outrage aux bonnes mœurs. Le livre est saisi, Richepin condamné à un mois de prison à Sainte-Pélagie, mais il est d'ores et déjà trop tard : il est célèbre.

L'apparition du naturalisme lui fait découvrir, après sa libération, de nouveaux horizons, mais si, dans ses Caresses (1877), il emploie un langage cru, argotique, populaire, l'étalage de sensualité affectée, souvent grotesque ou vulgaire, laisse trop facilement transparaître son désir de scandaliser la bourgeoisie, ce qui vaut au recueil d'être considéré comme manquant de sincérité poétique. Le matérialisme grandiloquent et le nihilisme fanfaron des Blasphèmes (1884) lui valent le surnom de « Lucrèce de foire ».

L'infatigable

Dès 1873, il avait fait avec L'Étoile des débuts simultanés d'acteur et d'auteur de théâtre. Il paraît encore en 1883 aux côtés de Sarah Bernhardt dans le premier rôle de son drame, Nana-Sahib, qui se heurte à une semi-indifférence du public. Mais, à force de persévérance, il connaît un véritable succès théâtral avec Le Chemineau en 1897. Il collabore de plus activement au Gil Blas et publie plusieurs romans très populaires, tels La Glu (1881) et Miarka, la fille à l'ourse (1883). Voyageur invétéré, on le voit souvent à Londres, ou parcourant des contrées plus ou moins éloignées, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, la Scandinavie, l'Afrique du Nord, où il ne cherche pas plus à rencontrer des personnalités littéraires que des espaces « exotiques », le grand air, le nouveau enfin.

Reconnaissance et fin

Portrait par Steinlen.

Le 5 mars 1908, à la suite du décès d' André Theuriet, son élection à l' Académie française, où il est reçu par Maurice Barrès le 18 février 1909, consacre en quelque sorte une carrière de révolté que les honneurs ont rendu inoffensif.

Jean Richepin écrit jusqu'à la fin de sa vie. Il collabore à La Bonne Chanson, revue du foyer, littéraire et musicale, dirigée par Théodore Botrel et on voit paraître en 1922 et 1923 encore deux recueils de vers, Les Glas et Interludes.

Il s'était tout d'abord imposé par une remarquable truculence verbale. Il était d'un caractère violent, exalté et romantique, d'un romantisme dont il ne retint que la « parure », le pittoresque et surtout la recherche de mots nouveaux. C'était là ce que l'on pourrait appeler le « domaine » de Richepin, maître incontestable de son métier poétique et fort de sa culture de normalien lettré. Mais, victime de sa prodigieuse facilité à trouver des mots et des images, ce révolté est surtout considéré de nos jours comme un « très grand rhétoricien ».

Il habita le château des Trois-Fontaines à Montchauvet (Yvelines), et y fut élu maire de la commune le 19 mai 1912, mais ne sera pas réélu le 7 décembre 1919.

Lors des élections législatives de 1914, Richepin est le candidat de l' Alliance démocratique et de la Fédération des gauches [4] dans la première circonscription de Vervins ( Aisne) [5]. Au terme d'une campagne très rude [6], [7], il obtient 6 583 voix mais ne parvient pas à mettre en ballotage le député radical-socialiste sortant, Pascal Ceccaldi, réélu au premier tour de scrutin avec 7 718 suffrages [4].

Il meurt le 11 décembre 1926 dans un immeuble situé au 85 rue de la Tour ( 16e arrondissement de Paris). Une plaque lui rend hommage.

Jean Richepin est enterré à Pléneuf-Val-André, dans les Côtes-d'Armor, où il venait souvent passer des vacances dites «  bretonnes » avec Raoul Ponchon, qui reposera à ses côtés en 1937.

Descendance

Richepin eut au moins deux fils : Jacques Richepin (1880-1946), poète, auteur de chansons et directeur de théâtre, époux de la comédienne Cora Laparcerie, et Tiarko Richepin (1884-1973), compositeur d'opérettes, inhumé à Saint-Ouen-sur-Loire [8].

Postérité

  • Une rue de Paris porte son nom.
  • Un collège porte son nom dans la ville où il est enterré.
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