Jean Grenier (écrivain)

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Jean Grenier
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean Grenier en 1964 (photo de Joël Minois).
Naissance
Paris
Décès (à 73 ans)
Dreux
Activité principale
écrivain et philosophe
Distinctions
Auteur
Langue d’écritureFrançais

Jean Grenier, né à Paris le et mort à Dreux le , est un philosophe et écrivain français.

Biographie

Jean Grenier passe son enfance et son adolescence à Saint-Brieuc, en Bretagne, le pays de Jules Lequier, philosophe à qui il consacrera sa thèse de doctorat. Ces premières années, pendant lesquelles il fait la connaissance de Louis Guilloux, d'Edmond Lambert et de Max Jacob, seront évoquées dans le roman autobiographique Les Grèves (1957). Reçu en 1922 à l’agrégation de philosophie, Jean Grenier commence sa carrière universitaire à l'Institut français de Naples, aux côtés d’Henri Bosco. Après quelque temps passé aux éditions de La NRF, il revient à l’enseignement : professeur de philosophie au lycée d'Alger de 1930 à 1938. Albert Camus fut son élève, il en naîtra une amitié profonde. Fortement influencé par Les Îles paru en 1933, Camus lui dédie son premier livre L'Envers et l'Endroit publié à Alger par Edmond Charlot ainsi que L'Homme révolté et il préface la deuxième édition des Îles en 1959.

Les deux penseurs ont quand même suivi des voies différentes. Camus, vers la révolte et finalement les cris de La Chute, Jean Grenier vers une contemplation plus indifférente proche du Wou-Wei (non-agir), l’un des préceptes du Tao, et secrètement chrétienne voire quiétiste.

En 1938, l’Essai sur l’esprit d’orthodoxie rassemble des textes écrits essentiellement en 1936 et 1937, alors brûlants d’actualité, mais « en réaction contre elle ». Cet essai marqua une génération d’intellectuels divisée par le communisme.

Très au fait des mouvements intellectuels de son temps, Jean Grenier collabore à de nombreuses revues littéraires, philosophiques, artistiques comme L'Œil, XXe Siècle, Preuves... Ami de Jean Paulhan, il écrit fréquemment dans La NRF, tient la rubrique artistique dans Combat à l’époque d'Albert Camus et dans l’Express du temps de Jean Daniel. Après avoir enseigné à Alexandrie, au Caire (où il revoit André Gide, qu'il connaissait de la NRF, Edmond Jabès, Taha Hussein, Étiemble, Georges Perros) et à la faculté des lettres de Lille, il occupe de 1962 à 1968 la chaire d’esthétique et de science de l'art à la Sorbonne.

Intéressé par l’évolution de la peinture, il écrit des ouvrages sur la peinture contemporaine : l’Esprit de la peinture contemporaine, Essais sur la peinture contemporaine et Entretiens avec dix-sept peintres non figuratifs. Les réflexions sur l’histoire des théories esthétiques pour ses étudiants de la Sorbonne ont été réunies sous le titre L’art et ses problèmes.

Jusqu’en 1971, année de sa mort, Jean Grenier publie régulièrement des ouvrages traitant de questions philosophiques : Le choix, Entretiens sur le bon usage de la liberté, L’esprit du Tao, L’existence malheureuse, ou plus simplement du quotidien : Sur la mort d’un chien, La vie quotidienne. À la suite de la parution de Albert Camus, il reçut, en novembre 1968, le Grand prix national des Lettres. Il consigne dans des Carnets ses relations avec René Char, Louis Guilloux, Jean Giono, André Malraux, Manès Sperber, avec le groupe de La Nouvelle Revue Française, ses conversations avec les nombreux artistes contemporains qui lui rendent visite dans sa maison de Bourg-la-Reine, ainsi que des définitions étonnantes de termes et de sentiments notés avec humour au fil des jours.

Il est le père de l'artiste (peintre) Madeleine Grenier (1929-1982). Son épouse, née Marie-Antoinette Serret, est décédée en 1991.

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