Jean-Yves Le Drian

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Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian en 2017.
Jean-Yves Le Drian en 2017.
Fonctions
Ministre de l'Europe et des
Affaires étrangères
En fonction depuis le
(5 mois)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I et II
Prédécesseur Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères et Développement international)
Ministre de la Défense

(4 ans, 11 mois et 24 jours)
Président François Hollande
Premier ministre Jean-Marc Ayrault
Manuel Valls
Bernard Cazeneuve
Gouvernement Ayrault I et II, Valls I et II, Cazeneuve
Prédécesseur Gérard Longuet (Défense et Anciens combattants) [1]
Successeur Sylvie Goulard (Armées)
Président du conseil régional de Bretagne

(1 an, 5 mois et 15 jours)
Réélection 13 décembre 2015
Prédécesseur Pierrick Massiot
Successeur Loïg Chesnais-Girard

(8 ans, 2 mois et 27 jours)
Élection 2 avril 2004
Réélection 26 mars 2010
Prédécesseur Josselin de Rohan
Successeur Pierrick Massiot
Secrétaire d'État à la Mer

(10 mois et 17 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Édith Cresson
Gouvernement Cresson
Prédécesseur Jacques Mellick
Successeur Charles Josselin
Maire de Lorient
[n 1]
(16 ans, 8 mois et 29 jours)
Élection 13 mars 1983
Réélection 19 mars 1989
18 juin 1995
Prédécesseur Jean Lagarde
Successeur Norbert Métairie
Député de la 5e circonscription du Morbihan

(10 ans et 7 jours)
Réélection 1er juin 1997
Législature XIe, XIIe ( Cinquième République)
Prédécesseur Michel Godard
Successeur Françoise Olivier-Coupeau

(12 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 19 mars 1978
Réélection
Législature VIe, VIIe, VIIIe ( Cinquième République)
Prédécesseur Yves Allainmat
Successeur Pierre Victoria
Biographie
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Lorient ( Morbihan, France)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Conjoint Maria Vadillo [2]
Diplômé de Université Rennes-Université Rennes-II
Profession Universitaire en histoire
Religion Catholicisme
Résidence 37, quai d'Orsay, Paris ( VIIe)

Signature de Jean-Yves Le Drian

Jean-Yves Le Drian
Maires de Lorient

Jean-Yves Le Drian, né le à Lorient ( Morbihan), est un homme politique français. Membre du Parti socialiste, il est notamment maire de Lorient de 1981 à 1998 et président du conseil régional de Bretagne de 2004 à 2012 et de 2015 à 2017.

En 2010, il devient président de la Conférence des régions périphériques maritimes d'Europe. Secrétaire d'État à la Mer dans le gouvernement d' Édith Cresson, durant la présidence de François Mitterrand, entre 1991 et 1992, il est nommé le ministre de la Défense dans le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault et conserve son poste dans les gouvernements Ayrault II, Valls I, Valls II et Cazeneuve [3], [4].

Le , Jean-Yves Le Drian est nommé ministre de l'Europe et des Affaires étrangères dans le gouvernement d' Édouard Philippe.

Jeunesse

Famille

Jean-Yves Le Drian est issu d'une famille catholique ouvrière à Lanester dans la région de Lorient. Un de ses grands-pères exerçait le métier de docker [5] et l'autre était quartier-maître infirmier dans la Marine nationale. Son père Jean, vendeur de pièces détachées d'automobiles aux Établissements Renault [6] et syndicaliste, est proche des milieux communistes de la ville mais surtout du milieu ouvrier. Sa mère Louisette est couturière aux magasins d'habillement Corbière et Nobis de Quimperlé et Lorient. Elle milite par ailleurs à l' action catholique ouvrière, ce qui lui vaut d'être invitée au concile de Vatican II [7]. Avec Jean Le Drian, qu'elle épouse le 27 avril 1946, ils militent à la jeunesse ouvrière chrétienne [8] et continuent leurs engagements dans des mouvements syndicaux et familiaux, notamment la Confédération syndicale des familles dont Jean est un temps président national [8].

Formation

Né à Lorient le , Jean-Yves Le Drian grandit à Lanester [n 2] où, vu ses bons résultats scolaires, un de ses instituteurs lui conseille de poursuivre ses études. Il intègre alors le lycée Saint-Louis de Lorient, où il est un des rares fils d’ouvriers [6]. À table, les discussions familiales tournent alors souvent autour des thèmes de l'action syndicale, de l' Église, et de la lutte des classes [7].

Après son baccalauréat, il passe un an en hypokhâgne au lycée de Cornouaille à Quimper [6], puis s'inscrit à l' université de Rennes où il commence des études d'histoire en 1966] [9]. Il passe par ailleurs les deux étés 1966 et 1967 en Algérie, pour donner des cours de rattrapage à des élèves de petite Kabylie, puis de la banlieue d' Alger [9], [10].

Débuts professionnels

À partir de , il commence à travailler à mi-temps comme professeur d'Histoire au lycée Notre-Dame-du-Vœu de Hennebont et commence dans le même temps une maitrise d'Histoire à l' université Rennes 2. Celle-ci porte sur les Forges d'Hennebont, et il profite de la proximité de son lieu de travail pour avancer ce travail de recherche [11]. Il rate l'agrégation en 1970 lors de sa première tentative, comme un ami proche, François Chappé, et continue alors à préparer ce concours tout en travaillant au lycée de Hennebont. C'est à cette époque qu'il rencontre sa première femme, elle aussi étudiante à Rennes 2 [12], mais aussi sa seconde épouse qui fait aussi des remplacements au lycée hennebontais [10]. L'agrégation est finalement obtenue en 1971 ; son directeur de mémoire, Michel Denis, lui propose alors de poursuivre son travail de recherche lors d'une thèse [13]. À l'issue de son service militaire, il est recruté à la rentrée 1973 comme professeur assistant d'histoire ; son passé comme leader de Mai 68 à Rennes provoque une opposition au sein du département d'histoire lorsque sa candidature est proposée [14], il est alors soutenu par François Lebrun et Jacques Léonard [15]. Il rencontre alors le futur maire de Quimper Bernard Poignant, qui prépare lui aussi l'agrégation [16], le futur directeur d' Antenne 2, Jean-Michel Gaillard, lui aussi maître-assistant en Histoire [17], ainsi qu' André Lespagnol, futur président de l'université [15].

Il participe à l'élection à la tête de l'université de Michel Denis, alors qu'une équipe s'est constituée autour d' André Lespagnol et de Jean-Michel Gaillard. Il prend part à la rédaction d'un programme pour l'université, et aux actions de lobbying auprès du personnel et des étudiants [18].

Il accomplit son service militaire au 512e régiment du train de Saint-Lô [7], après avoir initialement été convoqué dans les para [13]. Ce changement d'affectation fait suite à l'intervention de son père après du député-maire de Carnac Christian Bonnet. Lors de son service, il apprend à conduire divers véhicules [14].

Premiers engagements politiques

Alors lycéen à Lorient, il commence à militer au sein de la jeunesse étudiante chrétienne, dont il devient premier secrétaire dans le Morbihan alors qu'il n'est qu'en terminale. Lors du congrès national de Dijon, il fait la rencontre d' Henri Nallet, représentant national de la JEC et futur ministre socialiste [8]. Tout en restant militant et chef local de cette structure lors de ses années étudiantes, il rejoint l' union nationale des étudiants de France en 1967 dont il devient un des responsable rennais, et participe activement à mai 68 à Rennes comme cadre de l'UNEF et de la JEC [5].

Au début des années 1970, il observe les partis politiques de loin, sans s'encarter : il se méfie de l'extrême gauche, la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) lui semble dépassée, il n'est pas convaincu non plus par le Parti socialiste unifié (PSU). La seule parole qui retienne son attention est celle de l' Union démocratique bretonne (UDB) : « S'il y a un parti où j'ai failli adhérer dans les années 1970, c'est celui-ci. Je me suis interrogé. Je le trouvais cohérent » [19], [20].

En , après avoir écouté un discours de François Mitterrand à Rennes en compagnie de son collègue Jean-Michel Gaillard, c'est finalement au Parti socialiste qu'il décide d'adhérer et dans lequel il milite depuis au sein de la section de Lorient [21]. Il prend la direction de celle-ci dès 1975, et désigne dans chacun des trois cantons de la ville [n 3] un responsable chargé d'occuper le terrain pour rendre le parti plus visible auprès des Lorientais [22]. Il obtient un premier mandat de conseiller municipal à l'occasion des élections municipales de 1977 en se faisant élire sur la liste du maire socialiste de Lorient Jean Lagarde, dont il devient adjoint chargé de l'action économique [21].

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