Jean-Pierre Elkabbach

Jean-Pierre Elkabbach
Image illustrative de l'article Jean-Pierre Elkabbach
Jean-Pierre Elkabbach, en 1991.

Naissance (80 ans)
Oran ( Algérie française)
Nationalité Française
Profession Journaliste
Spécialité Politique, interview
Distinctions honorifiques Légion d'honneur
Médias
Média principal Télévision, radio
Pays France
Télévision ORTF, Première Chaîne, Deuxième chaîne, Antenne 2, France 3, France Télévisions, Public Sénat
Radio France Inter, Europe 1
Fonction Dirigeant puis président de chaîne et de station
Conseiller auprès de dirigeants

Jean-Pierre Elkabbach, né le à Oran, est un journaliste et éditorialiste français. Il occupe différents postes de direction au sein du groupe Lagardère Media étant notamment président d' Europe 1 de 2005 à 2008.

Biographie

Jean-Pierre Elkabbach lors de la matinale d'Europe 1 à la gare de Lyon à Paris, le 21 mars 2014.
Jean-Pierre Elkabbach et Gilles Bouleau en entretien avec Vladimir Poutine à Moscou, le 3 juin 2014.

Né dans une famille juive d'Oran [1], [2], Jean-Pierre Elkabbach est le mari de Nicole Avril. Il a un frère et une sœur plus jeunes que lui. Son père, un négociant en import-export, est passionné de football et sera notamment vice-président de l' Olympique de Marseille [3], sa mère est femme au foyer. Son enfance est marquée par la mort de son père le 3 octobre 1949 alors qu'il lisait une prière à la Grande synagogue d'Oran. Depuis, il est devenu "juif laïc" [4] et lui a fait la promesse de rendre son nom célèbre. Après des études au lycée Lamoricière d' Oran, il décroche son baccalauréat et part pour Paris réaliser des études à l' Institut français de presse, à la faculté des lettres de l' université de Paris et à l' Institut d'études politiques de Paris [5]. Parallèlement, il suit des cours de théâtre, une passion acquise depuis son appartement à Oran où il entendait de son balcon chanteurs et comédiens répéter dans le théâtre d'Oran [6]. Au cours de ses vacances de l'été 1960 en Algérie, il entre à Radio Alger et, devant sa motivation, le rédacteur en chef le prend en stage. Journaliste à Oran, Alger et Constantine, il est arrêté, lors du putsch des généraux en 1961, par les paras qui lui reprochent d'être un pied-noir traître à l' Algérie française [7]. Il est alors nommé à Paris où il travaille à l' Office de radiodiffusion télévision française jusqu'en 1968, quand, pour avoir fait grève, il est mis au placard et muté à Toulouse, puis envoyé comme correspondant à Bonn [8].

En 1970, il devient présentateur du journal télévisé de la première chaîne. En 1972, il rejoint la deuxième chaîne pour y occuper la même fonction jusqu'en 1974, tout en animant le magazine Actuel 2. En 1974, il présente la tranche d'information de midi de France Inter, puis il est successivement, à partir de 1975, rédacteur en chef de France Inter, rédacteur en chef à la direction de l'information de Radio France, et directeur de l'information d' Antenne 2 en 1977. En particulier, il commente le couronnement de Jean-Bedel Bokassa, empereur de Centrafrique en décembre 1977. En octobre 1979, il écarte Claude Sérillon de la présentation de la revue de presse de la chaîne dans laquelle ce dernier avait traité l' affaire des diamants de Bokassa [9]. De 1977 à 1981, il anime différentes émissions dont Cartes sur table avec Alain Duhamel. Invention d'un humoriste, la phrase que lui aurait lancé Georges Marchais, secrétaire du Parti communiste, « Taisez-vous, Elkabbach ! » connaît un certain succès public au point de devenir le titre d'un livre écrit par le journaliste et son épouse, Nicole Avril, en 1992. Cette phrase semble être un raccourci d'une phrase — « me coupez pas la parole… » — que Georges Marchais avait pour habitude de lancer dans ses entretiens quand il était agacé par l'intervention hâtive d'un journaliste [10].

Jugé proche de l'ancienne majorité, il est évincé de l'antenne à la suite de l'élection de François Mitterrand en 1981. Il rejoint Europe 1 en 1981 [8], où il est successivement animateur de Découvertes jusqu'en 1987, directeur d'antenne et présentateur du 8 h - 9 h de 1987 à 1988, puis directeur général adjoint en 1988.

En , il devient conseiller auprès du président et du directeur général de La Cinq, Yves Sabouret. Il conservera cependant à Europe 1 ses fonctions de directeur général adjoint ainsi que ses émissions. En 1991, pour cette chaîne de télévision, il anime le magazine Pile et Face et coanime avec Pierre Géraud l'émission dominicale Dimanche, 20 h 10, Elkabbach. Il anime ensuite l'émission Repères sur France 3 de 1992 à 1993. Entre avril 1993 et juin 1994, il tient un entretien avec François Mitterrand pour le documentaire François Mitterrand : conversations avec un Président, diffusé en cinq volets après la mort du président de la République.

En décembre 1993, il est élu président de France 2 et France 3 qui deviennent France Télévisions. Il est contraint de partir en 1996, à la suite de la polémique sur les contrats qu'il a consentis à certains animateurs-producteurs, notamment Jean-Luc Delarue.

Il revient alors à Europe 1 pour animer l'émission L'invité du matin à h 20 et le Club de la presse jusqu'en juillet 2000. Nommé conseiller spécial pour la stratégie des médias du groupe en 1990 par Jean-Luc Lagardère, il devient en directeur général de l'antenne d’Europe 1 et administrateur de Lagardère Active Broadcast, tout en conservant son émission matinale. En 2005, il est nommé président d' Europe 1 par Arnaud Lagardère, président de Lagardère Media. Il est contesté au sein de sa rédaction, d'abord en février 2006, pour avoir demandé conseil à Nicolas Sarkozy avant de choisir un journaliste politique suivant le ministre de l'Intérieur [11], puis, durant la campagne présidentielle de 2007, où il est accusé d'être partial en faveur du candidat de l' UMP. Après l'annonce erronée de la mort de Pascal Sevran, dans le journal de 19 heures d' Europe 1 du , qu'il considère d'abord comme « une erreur collective », il doit confirmer qu'il est l'auteur de l'information, et qu'il s'agit là d'une faute individuelle [12]. En mai 2008, il doit s'expliquer devant le Conseil supérieur de l'audiovisuel, qui adresse une mise en demeure à la station [13]. Un mois plus tard, début juin 2008, il est remplacé à la présidence d'Europe 1 par Alexandre Bompard, dirigeant jusqu'alors le pôle sport de Canal+. Tout en restant à l'antenne pour son entretien matinal, Jean-Pierre Elkabbach est nommé à la tête de Lagardère News, une structure rassemblant les médias d'information du groupe Lagardère.

À partir de décembre 1999, parallèlement à ses activités sur Europe 1 et pendant trois mandats, il préside la chaîne parlementaire Public Sénat, où il anime l'émission littéraire Bibliothèque Médicis [14]. En avril 2009, Gilles Leclerc lui succède à la présidence de la chaîne mais Jean-Pierre Elkabbach poursuit toutefois son émission littéraire Bibliothèque Médicis [15]. En avril 2012, il fait partie du jury de l'émission Qui veut devenir président ? sur France 4 [16].

Le Point le considère comme « proche de la droite » [17].

À partir de janvier 2017, il est remplacé par Fabien Namias à la tête de l'interview politique quotidienne de h 20 en semaine sur Europe 1 [18] et par Antonin André pour le Grand Rendez-Vous.

Il rejoint CNews le 11 janvier 2017, et est nommé à 79 ans conseiller de l'actionnaire majoritaire Vincent Bolloré qui dirige cette chaîne.

Vie personnelle

Marié à Nicole Avril [19], il est le père de l'actrice Emmanuelle Bach [20] ,de son vrai nom Elkabbach, qu'il a eue avec Holda Trinkle dite Holda Fontaine en 1968.