Jean-Paul II

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Jean-Paul II
Saint catholique
Image illustrative de l'article Jean-Paul II
Jean-Paul II
Biographie
Nom de naissance Karol Józef Wojtyła
Naissance
à Wadowice ( Pologne)
Ordination sacerdotale par le card. Adam Stefan Sapieha
Décès (à 84 ans)
à la Cité du Vatican
Saint de l’Église catholique
Canonisation
par le pape François
Béatification
par le pape Benoît Benoît XVI
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat (58 ans)
Intronisation
Fin du pontificat
(26 ans, 5 mois et 17 jours)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

par le pape Paul Paul VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de San Cesareo in Palatio
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par Mgr  Eugeniusz Baziak
Archevêque de Cracovie
Évêque auxiliaire de Cracovie
Évêque titulaire de Kôm Ombo

Signature de Jean-Paul II Saint catholique

Blason
Totus tuus ego sum, Maria
(« Je suis tout à toi, Marie »)
((en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Karol Józef Wojtyła ( prononcé [ ˈ k a . ɾ ɔ l ˈ j u . z ε f v ɔ . ˈ t ɨ . w a] Prononciation du titre dans sa version originale  Écouter) ( Wadowice, près de Cracovie, en Pologne, Vatican, ) est un prêtre polonais, évêque puis archevêque de Cracovie, cardinal, élu pape catholique le sous le nom de Jean-Paul II (en latin Ioannes Paulus II, en italien Giovanni Paolo II, en polonais Jan Paweł II) [a]. Il est appelé saint Jean-Paul II par les catholiques depuis sa canonisation en .

Étudiant polonais en philologie, il joue dans un groupe de théâtre antinazi et entre au séminaire clandestin en 1942. Ordonné prêtre en 1946, après des études à Rome et en France, il est prêtre en Pologne communiste en 1948 auprès de la jeunesse. Après sa thèse sur l'amour, particulièrement conjugal, le cardinal Sapieha le nomme à l'université. Il devient, en 1958, le plus jeune évêque polonais. Il s'oppose au matérialisme, notamment en demandant une église à Nowa Huta.

Pendant Vatican Vatican II, sa maîtrise des langues et de la théologie en font le porte-parole de l'épiscopat polonais, ce qui le fait remarquer par le futur Paul Paul VI. Archevêque, puis cardinal en 1968 (le plus jeune), il défend les ouvriers face au régime communiste, défendant les droits de l'homme et il s'intègre à la curie où, à la demande de Paul VI, il prêche les exercices spirituels de 1976. Il reçoit des voix lors du conclave d'août 1978. À l'issue du conclave d'octobre 1978, qui fait suite à la mort brutale de Jean-Paul Jean-Paul Ier, il est élu sur proposition du cardinal König. C’est le premier pape non italien depuis le pape hollandais Adrien Adrien VI en 1522 et le premier pape polonais de l’histoire du catholicisme.

En tant que pape, il s'oppose à l'idéologie communiste et par son action, notamment en Pologne, favorise la chute du bloc de l'Est. Sa volonté de défense de la dignité humaine le conduit à promouvoir les droits de l’homme. Il améliore sensiblement les relations du catholicisme avec les juifs, les orthodoxes, les anglicans et les musulmans. Il est à l’origine de la première réunion internationale inter-religieuse d’Assise en 1986, réunissant plus de 194 chefs de religion.

Son pontificat (26 ans, 5 mois et 18 jours) est à ce jour le troisième plus long de l’histoire catholique après celui de saint Pierre et Pie Pie IX. Il a parcouru plus de 129 pays pendant son pontificat, plus de cinq cents millions de personnes ayant pu le voir durant cette période [D 1], et institué de grands rassemblements, comme les Journées mondiales de la jeunesse. Il a béatifié 1 340 personnes et canonisé 483 saints, soit plus que pendant les cinq siècles précédents.

Jean-Paul II est généralement considéré comme l’un des meneurs politiques les plus influents du XXe siècle [b]. Plus encore, il est présenté de plus en plus comme le modèle de la nouvelle évangélisation, portée par l'ensemble de sa vision pastorale et incarnée jusque dans sa sainteté de vie [1]. Béatifié le par son successeur le pape Benoît Benoît XVI, puis canonisé par le pape François le , il est considéré comme saint par la religion catholique et fêté le 22 octobre, date de son intronisation pontificale.

Biographie

Jeunesse

Karol Józef Wojtyła nait à Wadowice, petite ville de Petite-Pologne, le où réside une communauté juive importante qu'il côtoie quotidiennement [A 1]. Son père, Karol Wojtyła (né en 1879), est militaire de carrière. Sous-officier dans l'armée austro-hongroise, il devient, après l'indépendance de la Pologne en 1918, officier de l'armée polonaise. Il prend sa retraite en 1927 avec le grade de capitaine.

Il épouse en 1906 Emilia Kaczorowska, de cinq ans sa cadette. Le couple a trois enfants : Edmund Antoni (né en 1906), Olga Maria (morte dès sa naissance, en 1914), et enfin Karol Józef (prénoms de son père et de l'ex-empereur Charles Charles Ier d'Autriche) en 1920. Très tôt, le petit Karol perd sa mère, atteinte d'une infection rénale (1929) [H 1], et son frère aîné, devenu médecin, emporté par la scarlatine (1932) [H 1].

Adolescent, Karol Wojtyła est passionné de littérature et de théâtre [G 1]. Il participe à des représentations théâtrales données par son lycée [A 2]. Il se lie d'amitié avec deux actrices de sa troupe, Halina Krolikiewicz  (pl) et Ginka Beer, joue dans de nombreuses pièces et obtient souvent les rôles principaux, remplaçant même au pied levé un acteur qui ne pouvait être présent [G 2]. Il rencontre Mieczysław Kotlarczyk [A 3], professeur d'histoire au lycée des filles de Wadowice et passionné de théâtre [G 3] qui, à partir de 1936, le forme à sa propre technique théâtrale, essentiellement fondée sur la force de la parole et du texte [G 3]. Ils échangent sur la place de la langue dans la culture et l'identité polonaise et Karol lui écrit même après son départ de Wadowice. Karol Wojtyla a alors la volonté de devenir acteur, et souhaite se consacrer au théâtre [A 3].

À quinze ans, il devient président d'une association de jeunes qui se consacre à la Vierge Marie [A 4]. Le 6 mai 1938, Karol Wojtyła reçoit le sacrement de confirmation [A 3]. En août 1938, il quitte Wadowice, accompagné par son père, pour Cracovie où il suit des études de lettres à l’ université Jagellonne [A 5]. Il approfondit sa connaissance de l'étymologie, de la phonétique polonaise, du théâtre et de la poésie lyrique [A 5] et se spécialise en philologie polonaise.

La défaite polonaise de 1939 entraîne le démembrement et l'occupation du pays par l'Allemagne nazie et l'URSS. Parmi d'autres mesures, l'occupant allemand impose la fermeture de l'université [A 6], et l'interdiction de fêter les saints polonais [A 6]. Karol Wojtyła rencontre alors Jan Tyranowski, tailleur féru de spiritualité, homme de prière engagé dans sa paroisse [G 4]. Une fois pape, Jean-Paul II dit de celui qui était devenu un proche qu'il était « l'un de ces saints inconnus, cachés comme une lumière merveilleuse au bas de la vie, à une profondeur où règnent habituellement les ténèbres » [A 7] Celui-ci lui propose de participer au Rosaire vivant [A 8], organisation catholique clandestine. Jan Tyranowski pousse les membres du Rosaire vivant à prier, à se former, à vivre en présence de Dieu et à faire que « chaque instant serve à quelque chose » [A 7], [G 4]. Tyranowski conseille à Karol Wojtyła la lecture des écrits de saints de l' Ordre du Carmel, comme Jean de La Croix [G 4], Thérèse d'Avila et Thérèse de Lisieux [2].

Karol Wojtyła continue à être acteur dans des pièces de théâtre [B 1]. Il écrit aussi trois pièces, David, Job et Jérémie [A 9]. Dans ces pièces on peut voir des parallèles entre le destin de la Pologne et d'Israël. Le théâtre est conçu par Karol Wojtyła comme un moyen de résistance et de défense de la patrie polonaise contre l'occupant nazi [A 9]. Karol Wojtyła donne des représentations clandestines avec des amis : c'est le théâtre surnommé Studio 39 [A 9].

Pendant l'automne 1940 dans la carrière de Zabrziwek [A 10], il découvre la réalité du travail manuel, puis, en octobre 1940, il se fait embaucher en tant qu'ouvrier dans l'usine chimique Solvay [A 11], ce qui lui permet d'échapper au service obligatoire allemand. Cette expérience marque durablement sa vie : « Cette expérience de la vie ouvrière avec tous ses aspects positifs et ses misères, aussi bien qu'à un autre niveau, les horreurs de la déportation de mes compatriotes polonais dans les camps de la mort, ont profondément marqué mon existence. » [A 10].

Le 16 février 1941 survient le décès de son père [A 12], dernier membre vivant de sa famille [c].

En juin 1941, l'Allemagne nazie déclare la guerre à son alliée l'URSS et toute la Pologne passe sous le joug nazi.

En juillet 1941, son ancien professeur de théâtre Mieczysław Kotlarczyk rejoint Cracovie avec son épouse. Ils sont hébergés dans l'appartement de Karol Wojtyła. Un mois plus tard, avec un groupe d'acteurs incluant Karol Wojtyła, Kotlarczyk fonde le « théâtre rhapsodique ». Ce style théâtral, d'une grande sobriété de moyens, met en exergue le texte à travers un art déclamatoire très travaillé [G 5]. Pour Kotlarczyk, la tension dramaturgique provient de la « parole » exprimée et reçue, plus que d'une mise en scène spectaculaire. Ce travail sur la puissance, en soi, de la parole, influence profondément Karol Wojtyła dans son apostolat de prêtre, puis d'évêque et de pape [G 5].

L'éradication de la culture polonaise est un des moyens utilisés par les nazis pour supprimer toute résistance à long terme dans le pays. Le théâtre rhapsodique fait dès lors partie d'un vaste mouvement de résistance culturelle clandestine, baptisé Unia [G 6]. L'Unia a aussi une branche militaire. Mais Karol Wojtyła refuse d'entrer dans la résistance armée, préférant des moyens plus pacifiques, comme le combat culturel et la prière [G 6], [A 13]. La troupe du « Théâtre rhapsodique » se produit dans la clandestinité, les acteurs risquant le peloton d'exécution s'ils se font prendre [G 5].

Au cours de l'automne 1942, après un long temps de réflexion, il décide de devenir prêtre, et entre au séminaire clandestin de Cracovie [A 14], [G 7].

Séminariste sous l'occupation

L'abbé Wojtyła, vicaire à Niegowic (1948)

Karol Wojtyła est accepté au séminaire clandestin que Mgr Sapieha, archevêque et cardinal de Cracovie, a organisé malgré l’interdiction allemande de former de nouveaux prêtres, en octobre 1942 [A 15]. Chaque étudiant est suivi par un professeur ; les cours ont lieu dans des églises ou chez des particuliers [A 15]. Karol travaille comme ouvrier la journée et étudie le soir [B 2]. Il lit alors le Traité de la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, de saint Louis-Marie Grignion de Montfort [A 16]. La lecture de Louis-Marie Grignon de Montfort a eu un grand impact dans sa vie, (sa devise en tant qu'évêque puis pape «  Totus Tuus », est issue de la lecture du Traité de la dévotion à la très Sainte Vierge Marie). Ses armoiries comportent un écu d'azur à la croix d'or accompagné dans le canton en pointe senestre de la lettre M, en hommage à la Vierge Marie [3]. Il s'initie aussi à la philosophie, et notamment à la métaphysique. Celle-ci, dans un premier temps, le déroute. Mais au bout de deux mois de travail intensif, il y trouve les raisons profondes de son existence et la confirmation de ses intuitions sensibles [G 8]. Il restera toute sa vie passionné de philosophie [G 9].

Le 29 février 1944, il frôle la mort. Il est renversé par une voiture et se retrouve pendant quinze jours à l'hôpital, victime d'un traumatisme crânien [A 17].

Le 6 août 1944, Hitler décide de réprimer l' insurrection de Varsovie. Karol Wojtyła échappe à une rafle qui a lieu dans son immeuble, restant silencieusement en prière dans son appartement situé en sous-sol [G 10], [A 18]. Menacé par la répression, il trouve refuge au palais épiscopal où Mgr Sapieha décide de cacher les séminaristes [A 19]. Il ne sort que très rarement du palais épiscopal [A 18] et avec de faux papiers [B 3]. Il ne retrouve sa liberté de mouvement que le 17 janvier 1945, à la suite de la libération de Cracovie par l'Armée rouge. L'armée soviétique salue l'attitude du cardinal face aux nazis [B 4].

Karol Wojtyła étudie particulièrement la théologie de Jean de La Croix, de Thérèse d'Ávila et de Thérèse de Lisieux [B 5]. Il pense d'ailleurs un temps à devenir carme, mais y renonce [G 11], [4]. En 1946, Mgr Sapieha, qui vient d'être nommé cardinal, décide de l'envoyer compléter sa théologie à Rome. Il avance la date de son ordination pour faciliter son départ [B 5]. Karol Wojtyła est ordonné prêtre lors de la Toussaint, le 1er novembre 1946. Il a 26 ans.

Ministère de prêtre

Karol Wojtyła poursuit ensuite sa formation à l’ Angelicum de Rome, université alors dirigée par les dominicains, et où les cours sont dispensés en latin [B 6]. Il y reste deux ans, pour préparer sa thèse de doctorat en théologie sur « La foi dans la pensée de saint Jean de la Croix » [B 5], [A 20]. Il loge dans le collège belge, où il apprend le français [B 6]. Pour les besoins de sa thèse, il apprend aussi l'espagnol.

Le cardinal Sapieha lui demande de visiter l'Europe pendant ses vacances afin d'y étudier les méthodes pastorales. Il voyage alors en France et en Belgique. Pendant ce séjour, il découvre la réalité du début de la déchristianisation de la France mais aussi les nouvelles méthodes pastorales [B 7]. Il rencontre le théologien Henri de Lubac et observe l’expérience des prêtres-ouvriers. En Belgique, il rencontre l’abbé Joseph Cardijn, fondateur de la Jeunesse ouvrière chrétienne [B 7]. À son retour en Pologne, il publie dans la revue catholique de Cracovie son impression positive sur les nouvelles formes d'évangélisation en France, pays d'une « magnifique culture intellectuelle catholique », mais pays de mission ayant de nombreux incroyants [C 1]. Il voit alors la nécessité de s'adapter aux situations nouvelles liées à la disparition d'une foi plus traditionnelle et observe avec intérêt les nouvelles formes d'évangélisation, qui « montre de nouvelles voies, de nouvelles méthodes pour le travail apostolique » [C 2] : une nouvelle évangélisation.

Karol Wojtyła, jeune prêtre avec ses étudiants à Cracovie (1950).

En juin 1948, il est envoyé à Niegowić [B 8], un petit village de la campagne galicienne à cinquante kilomètres de Cracovie [A 21]. Il y découvre le développement du stalinisme en Pologne. Il lit Lénine et Karl Marx, afin de mieux comprendre la logique communiste [A 22]. Il défend cette conception : « Le socialisme n'est pas contraire aux enseignements de l'Église, mais les méthodes des communistes sont contre l'Église. Le communisme prétend imposer aux gens des conceptions matérialistes, il torture la nation » [A 22]. Face aux pressions faites par le régime communiste, Karol Wojtyła conseille de ne jamais résister, affirmant que « les choses mauvaises doivent être vaincues par la bonté. Nous devons montrer le bon exemple, faire preuve d'humilité » [A 23].

Le cardinal Sapieha le nomme en mars 1949 à la paroisse universitaire Saint-Florian de Cracovie. Pendant cette période il découvre « l'importance fondamentale de la jeunesse » [A 23], [5]. Il encadre alors un groupe de jeunes, à qui il donne des conférences [B 9].

Il apprend avec eux, fait du ski avec eux [B 10] et organise une nouvelle forme d' évangélisation [A 23]. Il organise des excursions [B 9], composées de temps de réflexion, de prière et de sport, ceci deux fois par an pendant quinze jours [B 11]. Il célèbre la messe sur un canoë, chose assez rare avant le concile Vatican concile Vatican II, et s'habille en civil, afin de ne pas se faire repérer par le régime communiste [A 24]. Au cours de ces excursions, il écoute et discute beaucoup avec des jeunes, souvent fiancés, avec qui il parle des différents aspects de la vie conjugale [A 24]. Il innove en discutant ouvertement de la sexualité [A 25]. Il invite hommes et femmes « à apprendre à être ensemble avant de s'engager dans une relation plus intime. Ils devraient apprendre à se comporter l'un vis-à-vis de l'autre, à être patients, à s'entendre, à se comprendre mutuellement » [A 26]. Il développe une réflexion profonde sur la vocation du mariage, qui restera toute sa vie l'une des grandes thématiques de son enseignement [A 26].

Karol Wojtyła pendant une excursion.

Il est nommé à l'université par le cardinal Sapieha contre sa volonté [B 12]. Il étudie alors pour rédiger une thèse de philosophie. Il se spécialise en éthique et précisément sur la question de l'amour en général et de l'amour conjugal [B 13]. Il étudie la philosophie de saint Thomas d'Aquin et les phénoménologues, dont Edith Stein [G 12], et sa thèse porte sur le phénoménologue Max Scheler. Il apprend l'allemand, afin de mieux comprendre Scheler [B 14]. Il obtient son doctorat de philosophie en 1953 [B 14]. Il continue cependant ses excursions avec les jeunes pendant l'été [B 14].

En 1953, il occupe la chaire de théologie morale et éthique sociale de la Faculté de théologie de l' université Jagellonne [B 15]. Il écrit des poèmes sous le pseudonyme d'Andrzej Jawień [B 16]. Le régime soviétique accentue alors sa répression, développant un culte de la personnalité autour de Staline. Des personnalités catholiques comme le cardinal Stefan Wyszyński sont emprisonnées en septembre 1953 [A 27]. Le prêtre responsable du Rosaire Vivant est condamné à mort [A 27]. L'enseignement catholique est interdit dans les écoles [A 20], et la faculté de théologie de l'université Jagellonne, où enseigne Karol Wojtyła, est fermée [B 17] en octobre 1954 [A 27]. Après la mort de Staline, les relations deviennent plus libres. Des manifestations en faveur de la liberté religieuse ont lieu et le cardinal Wyszyński est libéré [B 18] en 1956 [A 28]. En 1954, Karol Wojtyła est nommé professeur d' éthique à l’ université catholique de Lublin. Il fonde dans cette ville un Institut de morale dont il conserve la direction jusqu’en 1978.

Karol Wojtyła participe alors secrètement autour du doyen et des professeurs de philosophie à des réunions afin de discuter de la situation de l'Église et de la nation. Ensemble, ils développent des moyens subtils afin de saper le communisme de l'intérieur, spirituellement et philosophiquement. Karol Wojtyła critique le communisme, considérant que l'éthique marxiste ne permet pas d'appréhender la réalité de l'homme en tant que tel [A 29]. Ainsi il estime que les marxistes « considèrent l'homme comme quelque chose qui peut être créé dans le communisme - mais il n'y a pas de place pour l'individu, pour l'essence de l'homme. Parce que l'essence de l'homme s'incarne en chaque individu » [A 29]. Karol Wojtyła estime aussi que l'approche chrétienne de la vie et de la société est extrêmement réaliste, alors que l'approche marxiste finit par « être purement idéaliste, faute d'être concrète » [A 29]. Face à cette opposition, il ne cherche jamais à développer une confrontation armée ou violente avec les communistes. Il cherche ainsi à fuir les problèmes politiques et les conflits, afin de ne pas gaspiller de temps, et concentre son activité au développement de la connaissance, afin de se consacrer à un travail positif [A 29]. Ainsi on ne trouve pas de réaction officielle du futur pape lors du soulèvement de Poznań en 1956 [A 29].

Évêque à Cracovie

Visite de l'église de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie à Cracovie début juin 1967, peu de temps avant d'être créé cardinal.

Le 28 septembre 1958, le pape Pie Pie XII le nomme évêque auxiliaire de Cracovie. À 38 ans, Karol Wojtyła est le plus jeune évêque de la République populaire de Pologne [B 19]. Cette nomination est validée par le régime communiste, car Karol Wojtyła est considéré comme une personne qui ne s'intéresse pas aux débats politiques, contrairement au cardinal Stefan Wyszyński [A 30]. Le régime communiste voit dans le nouvel évêque un moyen de contrer et de diviser l'épiscopat polonais [A 30].

C’est à cette époque qu’il choisit sa devise « Totus tuus » (« tout à toi »), inspirée [6] de la spiritualité de Louis-Marie Grignion de Montfort et illustration de sa dévotion à la Vierge Marie.

En tant qu'évêque auxiliaire il est responsable de la pastorale des étudiants [B 20]. Il continue alors d'enseigner la morale à la faculté de théologie [B 21]. Il enseigne principalement saint Thomas d'Aquin, Scheler, Husserl, Heidegger, Ingarden [B 21]. Il tente de concilier dans sa réflexion, mais aussi dans les articles qu'il publie, la philosophie de saint Thomas avec la phénoménologie. Il considère que la phénoménologie propose des outils mais qu'il lui manque une vision générale du monde propre au thomisme [B 18].

Il continue ses activités littéraires, donnant même en 1960 une pièce de théâtre, La Boutique de l’orfèvre, dont le sous-titre est : « Méditation sur le sacrement de mariage qui, de temps en temps, se transforme en drame » [7], puis en 1964, une dernière pièce, Rayonnement de la paternité, sous-titrée : « Un mystère ». Il collabore aux revues Znak et Tygodnik Powszechny, signant ses poèmes du pseudonyme « Andrzej Jawień ».

En 1962, l'administrateur apostolique de Cracovie, Mgr Eugeniusz Baziak, meurt. Karol Wojtyła est alors nommé pour le remplacer le 13 janvier 1964, devenant ainsi le plus jeune administrateur de diocèse en Pologne [B 22].

Pendant plus de vingt ans, Karol Wojtyła défend les paroissiens de la ville nouvelle de Nowa Huta, cité communiste modèle, privée initialement de lieu de culte. Il soutient la construction d'une église en célébrant des messes de Noël en plein air [D 2]. Paul Paul VI lui offre une pierre de l'ancienne basilique vaticane [A 31], qui devient la première pierre de l' église de l'Arche du Seigneur  (de), inaugurée en 1977 [8].

Concile Vatican II

Peu de temps après sa nomination comme évêque, le nouveau pape Jean Jean XXIII décide d'ouvrir le IIe concile œcuménique du Vatican [A 32]. L'évêque Karol Wojtyla est alors invité à participer au concile. La phase préparatoire se déroule du 2 janvier 1959 au 11 octobre 1962 [B 23]. Dans la réponse au questionnaire pour le Concile Vatican II, Karol Wojtyła demande que le concile se prononce clairement sur « l'importance de la transcendance de la personne humaine face au matérialisme croissant de l'époque moderne » [A 33]. Il souhaite que soit renforcé le rôle des laïcs dans l'Église, mais aussi le dialogue œcuménique et le célibat des prêtres qu'il défend [A 34], [D 3]. Même s'il n'a jamais joué un rôle fondamental au cours du Concile, sa position semble s'être progressivement renforcée au fil du concile au sein de la délégation des évêques polonais [A 35].

La première session du concile se déroule du 11 octobre 1962 au 8 décembre 1962 [B 23]. Au cours de ce concile, Karol Wojtyła, parlant le français, l'anglais, l'allemand, le polonais, le russe, l'espagnol, l'italien et le latin, devient progressivement le porte-parole de la délégation polonaise [A 36]. Cette délégation étant la plus importante du monde communiste, elle jouit d'une certaine autorité sur les questions concernant la vie de l'Église au sein du bloc de l'Est [A 37]. Au fil des débats, Karol Wojtyła se lie d'amitié avec des évêques africains [B 24], qu'il sent animés d'une foi jeune, vivante, mais aussi avec les évêques allemands [A 37]. Il croise des théologiens tels que Hans Küng et Joseph Ratzinger [D 4]. La nomination de Karol Wojtyła comme archevêque en 1964, lui permet d'avoir une plus grande stature au sein de la délégation [A 38].

Il participe de manière active au Schéma XIII du Concile Vatican II, contribuant principalement au développement de l'exhortation sur l'Église dans le monde de ce temps [B 13]. Lors du concile Vatican II, deux tendances s'affrontent sur la conception de l'athéisme, souvent liée à la représentation existante du marxisme. Karol Wojtyła ne prend jamais ouvertement position pour l'une d'entre elles, mais défend sa conception face à l'athéisme, lors d'une tribune le 21 octobre 1964 : « Nous poursuivons une quête en même temps que nos frères humains... Évitons de faire de la morale ». Il invite l'Église à employer la méthode heuristique, exactement « comme on aide l'élève à découvrir la vérité par lui-même » [A 39]. Karol Wojtyła demande alors de considérer l'athéisme, non dans sa composante sociologique ou politique, mais avant tout dans son état intérieur de la personne humaine [A 39]. Ainsi lors de son intervention du 28 septembre 1965, il déclare : « L'athée croit fermement à son « ultime solitude », parce qu'il croit que Dieu n'existe pas. D'où son désir de se rendre d'une certaine manière immortel, à travers la vie de la collectivité. Nous devons donc nous demander pourquoi le collectivisme favorise l'athéisme et vice et versa ».

Le 30 novembre 1964, Paul Paul VI reçoit pour la première fois Karol Wojtyła lors d'une audience privée. Le pape avait suivi ses interventions lors du concile, et il lui apparaissait comme la figure la plus marquante parmi la délégation polonaise [A 31], celle d'un évêque attaché à la tradition mais recherchant résolument le renouveau de l'Église, défendant l'autorité de l'Église sans étroitesse d'esprit, tout en étant doté d'une volonté de mettre la personne humaine et son salut au cœur des préoccupations [A 40].

À la fin du concile, les évêques polonais envoient une lettre aux évêques allemands, appelant à la réconciliation des deux nations. La dernière phrase « Nous pardonnons et implorons le pardon » [B 25], est vivement critiquée par le régime politique polonais [A 31], qui stigmatise l'attitude des évêques et leur manque de patriotisme [D 5]. L'objectif était de favoriser la réconciliation entre les deux nations et d'éviter les revendications de territoire entre celles-ci [D 6], tout en n'oubliant pas la réalité des tensions historiques entre les deux pays, liées aux guerres et aux camps de concentration.

Archevêque

Le cardinal Stefan Wyszyński.

Paul Paul VI le nomme archevêque de Cracovie le 30 décembre 1963 [A 41] au côté du Cardinal Wyszyński, primat de Pologne, et figure de proue de l’épiscopat polonais dans la résistance au communisme. Il entre en fonction le 13 janvier 1964 [9]. Cette nomination continue à être soutenue par le régime communiste, qui considère toujours Karol Wojtyła, du fait de son absence d'implication dans les débats politiques, comme un allié face au cardinal Wyszynski [A 36], [D 7]. Cette nomination intervient alors même que le cardinal Wyszynski voulait promouvoir d'autres personnes à ce poste [A 41]. Ce titre posa des problèmes à Karol Wojtyła qui craignait que le pouvoir communiste utilise et développe une concurrence entre les deux archevêques de Pologne. Karol Wojtyla choisit alors de soutenir inconditionnellement le Cardinal Wyszyński [B 26], [D 7]. Il est secrètement convoqué par le régime communiste. Il décide en juillet 1965, sans l'en avertir, de reprendre et de défendre les conceptions du cardinal Wyszynski sans montrer la moindre divergence avec lui [A 42]. Ainsi Karol Wojtyła refuse de participer au premier Synode des évêques, qui a lieu à Rome, car le cardinal Wyszynski n'est pas autorisé par le régime à y participer [D 7]. Karol Wojtyła est alors mis sous écoute et espionné par le pouvoir en place ; il est parfois suivi lors de ses déplacements [D 8].

Célébration du Millénaire

En 1966, l'archevêque organise la célébration du millénaire de la Pologne, lié à la commémoration du baptême de Mieszko Mieszko Ier de Pologne, le 4 avril 966 [D 9]. Il préside plus de cinquante messes d'anniversaire, dont une messe pontificale au nom du pape Paul Paul VI, qui n'est pas autorisé à entrer en Pologne, au sanctuaire Jasna Góra de Częstochowa, haut lieu du catholicisme polonais [A 42]. L'objectif de la célébration du millénaire de la Pologne est aussi de mettre en avant l'héritage profondément chrétien du pays [B 27] alors même que le gouvernement communiste promeut l'athéisme.

Amour et responsabilité

En 1962 [B 28], il publie Amour et responsabilité dans lequel il développe une conception philosophique et chrétienne de l'amour et de la sexualité.

Cardinal

Paul VI le nomme cardinal de San Cesareo in Palatio le 26 juin 1967 [B 29]. Il est alors, à quarante-sept ans, le plus jeune de tous les cardinaux vivants [A 43]. À la suite de cette nomination, il passe deux mois par an au Vatican [B 30]. Il y devient membre de quatre congrégations : celle pour le clergé, pour l'éducation catholique, pour le culte divin, et pour les Églises orientales [A 43]. Paul VI le nomme aussi consulteur du Conseil des laïcs [A 43].

Au printemps 1968, une révolte des étudiants polonais éclate face à la censure du régime communiste. Celui-ci accuse les Juifs d’être responsables de la révolte. Karol Wojtyła prend alors publiquement la défense des étudiants [D 10] et invite, à une conférence organisée à l’ archidiocèse de Cracovie, le philosophe juif Roman Ingarden, montrant ainsi son soutien à la communauté juive [A 44]. L'année suivante il visite officiellement une synagogue, affichant une nouvelle fois sa solidarité envers la communauté juive [D 11].

Au cours de ces années, Karol Wojtyła organise l'aide secrète à l'Église de Tchécoslovaquie, en grande partie détruite par le régime communiste. Il ordonne alors secrètement des prêtres à Cracovie [D 12]. Après la mort de l'évêque tchèque Štěpán Trochta en 1974, le pouvoir interdit à Karol Wojtyła de venir célébrer les obsèques. Néanmoins, il salue publiquement la figure héroïque du défunt [D 13].

Les ouvriers de Pologne se révoltent en 1970 face à l’augmentation des prix. La répression du régime entraîne la mort d'une quarantaine de personnes. Le cardinal Wojtyła, tout en se défendant de vouloir agir politiquement, prend la défense des ouvriers. Il tente d'éviter le durcissement des conflits [A 45].

Une nouvelle révolte éclate le 25 juin 1976. Des ouvriers manifestent dans la rue. Karol Wojtyła prend la défense des droits de l’homme [D 10], affirmant, lors de l’ homélie de la veille du jour de l’an, qu’il défendait « le droit de manger à sa faim, le droit à la liberté… une atmosphère d’authentique liberté sans contraintes… que rien ne menace. » [A 44]. Il critique plus tard ouvertement la censure [A 45] et les obstacles à la pratique du catholicisme. Cette défense des droits de l’homme se fait de plus en plus ouvertement. Il va jusqu’à affirmer en 1977 que « les droits de l’homme ne peuvent être accordés sous la forme de concessions. Ce sont des droits innés, qu’il s’efforce de concrétiser au cours de sa vie. Et s’il ne peut pas les réaliser, les vivre pleinement, l’homme se révolte. Et il ne peut en être autrement, car il est homme, son sens de l’honneur l’exige. » [A 46]. Cette défense des droits de l’homme va de pair pour le cardinal Wojtyła avec la défense et la reconnaissance de la nation. Il rejette la conception d’une nouvelle Pologne rattachée au mouvement communiste international et qui oublierait l’histoire et l’héritage du pays [A 47].

Parallèlement à ces prises de positions publiques, le cardinal encourage l’émergence du réseau d’intellectuels clandestins Odrodzenie (Renaissance), dialoguant fréquemment avec eux.

Le cardinal Wojtyła participe aussi à des congrès internationaux, invité par la philosophe américaine Anna-Teresa Tymieniecka, tant à Naples où il débat avec des phénoménologues sur la place de l'auto-détermination (1974), qu'à Harvard où il participe à une conférence en 1976 [A 48]. Ces voyages lui permettent de rencontrer l'épiscopat américain, et d'acquérir progressivement une stature internationale [10].

Humanae Vitae

Dès la fin du concile Vatican concile Vatican II, le pape Paul VI nomme Karol Wojtyła membre de la commission sur les questions de la contraception et de la sexualité [A 43]. Le cardinal polonais joue un rôle important dans le groupe qui conseille Paul VI sur le thème de la contraception juste avant l'encyclique «  Humanae Vitae », publiée en 1968. Il reprend la conception de la sexualité qu'il avait développée au début de son ministère de prêtre. Il préside une commission d'étude dans son diocèse. Celle-ci est composée de laïcs et de membre du clergé [A 49]. Il envoie directement au pape Paul VI le fruit de ses réflexions [A 49]. Lors de la publication d’Humanae Vitae, Karol Wojtyła se dit très satisfait d'avoir « aidé le pape ». Un prêtre du diocèse de Cracovie affirme que près de soixante pour cent de l'encyclique provient du rapport de Wojtyła [A 49].

Synode diocésain

Une de ses initiatives originales, en tant qu’archevêque de Cracovie, est l'ouverture, en 1972, d’un synode pastoral visant à partager la collégialité de Vatican-II avec les prêtres et fidèles de l’archidiocèse [B 31], [D 14]. Plus de 500 groupes d’études, composés de fidèles de toutes conditions, vont approfondir régulièrement les textes de Vatican-II. Ce sont en tout plus de onze mille personnes qui étudient ainsi les enseignements du concile [A 50]. Ce synode de Cracovie se poursuit jusqu’en 1979 et contribue à mettre en pratique les principes du concile dans l’archidiocèse [B 32], [G 13], [11].

Synode des évêques

Karol Wojtyła participe aux synodes des évêques de 1969 sur la collaboration des épiscopats nationaux avec le siège apostolique, puis à celui de 1971 sur le sacerdoce et la justice dans le monde. Il est, en 1974, le rapporteur du synode sur l'évangélisation dans le monde contemporain [B 33].

Paul VI reçoit souvent le cardinal Wojtyła [A 49], dont plus de onze fois pendant la période 1973 à 1976. Cette connivence entre le cardinal Wojtyła et Paul VI conduit ce dernier à proposer à Karol Wojtyła de prêcher les Exercices spirituels du carême 1976 [D 15] au pape et à la curie romaine [A 49], [12]. La préparation des Exercices spirituels conduit à un échange de correspondance entre Karol Wojtyła et le théologien allemand Joseph Ratzinger qui lui envoie son introduction au christianisme. Ce sera le début d'une amitié entre les deux hommes [F 1]. Cette retraite prêchée au Vatican fait connaître Karol Wojtyła auprès de la Curie, le rendant pour la première fois papabile [A 49], [13]. Au cours de ces homélies il développe l'idée que les catholiques devaient être un signe de contradiction dans le monde, affirmant la vérité de Dieu, face au silence. Il critique tant le consumérisme de l'Occident que l'athéisme d'État communiste [D 16].

Personne et Acte

En 1969 parait en Pologne une première version de ce qui est considéré comme l'œuvre philosophique majeure du futur Jean-Paul II, Osoba i czyn (« Personne et Acte »). Il y développe sa conception de l'amour et de l'homme. Après sa rencontre avec Anna-Teresa Tymieniecka en 1973, commence une amitié « intense » (selon le journaliste Edward Stourton  (en) qui sous-entend une amitié amoureuse d'après les 300 lettres de la main de Karol Wojtyla retrouvées dans la Bibliothèque nationale de Varsovie) [14] et une longue collaboration qui aboutira en 1979 à la publication en anglais de la version définitive de l'ouvrage, The Acting Person [15].

Le développement de sa conception de l'homme donne une place primordiale à l'autodétermination de l'être humain, l'individu devant donner forme à sa vie et décider ce qu'il veut en faire. Cette conception centrée sur la personne constitue le fondement pour le cardinal Wojtyła du rôle des systèmes politiques, qui ont pour vocation d'aider les individus à se déterminer eux-mêmes. Cela le conduit à critiquer les dérives des systèmes politiques : « Si, d'une part, un système sociopolitique ne donne pas à l'individu ce droit légitime - c'est le cas des régimes totalitaires et communistes, qui abolissent l'autodétermination de l'être humain -, l'État est pernicieux. D'autre part, si les sociétés et les cultures autorisent l'individu à devenir strictement individualiste et à négliger les liens avec la communauté que cette autodétermination exige et établit à la fois, la cohésion sociale s'effrite » [A 51].

Conclave d'août 1978

Article détaillé : Conclave d'août 1978.

Le 26 août 1978, à la mort de Paul Paul VI, Karol Wojtyła, cardinal, participe à l'élection du futur pape. Albino Luciani, patriarche de Venise, est alors élu, et prend le nom de Jean-Paul Ier [A 52], en hommage aux deux précédents papes qui ont ouvert et fermé le Concile Vatican II, Jean Jean XXIII et Paul Paul VI. Jean-Paul Ier meurt trente-trois jours plus tard. Au cours de ce conclave, Karol Wojtyła aurait déjà reçu quelques voix de cardinaux [16].

Élection

Première apparition de Jean-Paul II au balcon après l' annonce de son élection le 16 octobre 1978
Timbre commémoratif pour ses 70 ans édité en RDA

D'après l'opinion qui s'imposa par la suite, le conclave aurait été divisé entre deux favoris : Giuseppe Siri, archevêque de Gênes, plutôt conservateur et Giovanni Benelli, archevêque de Florence proche de Jean-Paul Jean-Paul Ier et grand électeur du conclave précédent [17], [G 14]. Mais aucun ne s'impose [B 34] et Karol Wojtyła, qui était aussi pressenti, est élu au huitième tour de scrutin, le 16 octobre 1978, pape de l’ Église catholique. On sait d'autre part, que Mgr König, archevêque de Vienne, était très proche de lui, et paraît avoir été l'un de ses grands électeurs [B 35].

Enfin, les cardinaux allemands ont activement fait campagne pour l'archevêque de Cracovie ; parce qu'ils représentaient une église aux moyens financiers considérables, ils passaient beaucoup de temps en déplacements hors d'Europe pour mettre en œuvre une action caritative importante (hôpitaux, écoles, etc.) ; ils disposaient d'une forte notoriété auprès de prélats africains et sud-américains et donc, d'une influence importante ; moins de quarante ans après l'agression nazie sur la Pologne, ce soutien était particulièrement symbolique.

D’après George Weigel, plusieurs facteurs peuvent expliquer son élection. Cardinal depuis onze années, Karol Wojtyła était bien connu des autres électeurs [18]. Ses interventions lors du concile Vatican concile Vatican II et sa prédication pendant la retraite papale en 1976 avaient été remarquées [19]. Il avait une longue expérience de la résistance culturelle au communisme qui pouvait contribuer à renouveler l’Ostpolitik du Saint-Siège. Mais avant tout, selon Weigel, il avait marqué les esprits dans sa mission d’évêque diocésain, montrant qu’une direction ferme pouvait être possible au milieu des tensions post-conciliaires [G 15]. De même, pour Bernard Lecomte, le souhait général des cardinaux était « d'élire un pasteur, un homme ayant l'expérience du terrain » [20].

La surprise n'en est pas moins très grande : il est le premier pape slave de l'histoire et le premier non italien depuis Adrien Adrien VI en 1522. La foule croit d'abord avoir affaire à un cardinal africain, et nombre de commentateurs sont pris de court lors de l'annonce, ignorant tout du nouveau pape, le service de presse du Vatican n'ayant lui-même pas prévu de fiche biographique. Jean-Paul II se démarque dans la succession des papes par sa nationalité, sa relative jeunesse et sa condition d’ancien athlète. Surtout, il vient d’un pays communiste, d’au-delà du rideau de fer. Dans sa première déclaration, ce détenteur de l'infaillibilité suggère avec humour à la foule de le corriger s'il fait des erreurs… en italien. Le pape est polyglotte.

Après avoir, semble-t-il, renoncé à prendre le même nom que le saint patron de la Pologne, Stanislas, sur demande du cardinal-primat de Pologne, il choisit Jean-Paul II, en continuité avec ses trois prédécesseurs immédiats. Il inaugure son pontificat le 22 du même mois.

Son pontificat est le troisième plus long (9 664 jours) de l’histoire bi-millénaire de la papauté. Sur ses 263 prédécesseurs, seul Pie Pie IX (1846-1878) a régné plus longtemps que lui (31 ans, 7 mois et 17 jours), mais saint Pierre, le premier des évêques de Rome, aurait régné encore plus longtemps (34 ans ou 37 ans dont 25 à Rome). Durant son règne, il aura connu trois présidents français, cinq présidents des États-Unis, et sept chefs d’État d’ Union soviétique puis de Russie [21].

Pontificat

Jean-Paul II à Poznań en 1997

Les premiers jours de son pontificat sont marqués par des changements de forme : il prépare personnellement ses premiers discours, et va directement à la rencontre du public, montrant alors sa grande indépendance vis-à-vis du protocole et de la curie [A 53].

Les premiers discours de Jean-Paul II marquent son attachement au concile Vatican concile Vatican II, à la collégialité dans l'Église, mais aussi au respect de la tradition, de la liturgie et sa volonté de poursuivre le dialogue œcuménique et la recherche de la paix et de la justice [A 54].

Le 22 octobre 1978, lors de la messe inaugurale de son pontificat, il prononce le discours « N'ayez pas peur » qui marque le début de son pontificat, montrant sa détermination, appelant à un christianisme plus engagé et à l'ouverture des frontières, interpellant :

« N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ. À sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait ce qu’il y a dans l’homme ! Et lui seul le sait [22]! »

Il visite alors Assise, et se proclame porte-parole de « l'Église du silence », représentant l'église sous les régimes communistes [A 55]. Il défend très vite les droits de l'homme, considérant la liberté de pratiquer sa religion comme le fondement de toutes les autres libertés lors d'un discours pour le trentième anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme [A 56].

Jean-Paul II décide d'aller au Mexique en 1978. Au cours de son voyage, il multiplie les rencontres et les allocutions. Il visite le sanctuaire marial de Notre-Dame de Guadalupe. Au cours de ce voyage le pape critique les fonctions politiques que prennent certains prêtres [B 36], en partie liés à la théologie de la libération. Cependant le refus par le pape de fonctions trop politiques de la part du clergé ne l'empêche pas de prendre position pour la défense des pauvres et des indigènes [A 57]. Il invite ainsi à lutter contre l'injustice et dénonce les atteintes portées à la dignité de l'homme [B 37].

Dès l'année suivante il visite la Pologne, l' Irlande, les États-Unis (il est le premier pape à se rendre à la Maison-Blanche [23]) et la Turquie [A 58]. Il débute au cours des audiences papales du mercredi une véritable catéchèse sur la destinée humaine, la sexualité ou la théologie du corps. En 1980 il se rend en Afrique, en France et au Brésil. Il défend l'appartenance à l'Église catholique de l' Église uniate, que Staline avait voulu dissoudre et annexer au patriarcat orthodoxe [A 58].

Attentat de mai 1981

Jean-Paul II et les époux Reagan en 1982.

Le mercredi 13 mai 1981, jour de l'audience générale hebdomadaire qui se tient place Saint-Pierre à Rome, et devant une foule de 20 000 fidèles, Jean-Paul II est victime d’un attentat [A 59]. Mehmet Ali Ağca, un jeune turc de 23 ans, déjà condamné dans son pays pour un assassinat commis deux ans plus tôt, fait feu sur le pape avec un pistolet automatique Browning de calibre 9 mm, à une distance de moins de six mètres. Six semaines plus tôt avait eu lieu à Washington la tentative d'assassinat du président américain Ronald Reagan.

Atteint par trois balles, le pape doit être opéré en urgence, mais aucun organe vital n'est atteint [24]. L'attentat ayant lieu le jour-anniversaire de la première apparition de la Vierge de Fátima, qu'il devait mentionner dans son discours, Jean-Paul II attribue sa survie à l’intervention de la Vierge de Fátima [A 60], et il pense que cet attentat est celui évoqué dans le message de Fátima.

Jean-Paul II dans la papamobile en 1999.

Plusieurs thèses ont été formulées sur un possible commanditaire. Selon certaines sources, cet attentat pourrait être l’œuvre du GRU, les services de renseignements de l’armée soviétique [A 61]. D'autres personnes, du fait de la nationalité de Mehmet Ali Ağca, pensent que des groupes islamistes radicaux pourraient être à l'origine de l'attentat [A 62], le jeune Turc étant contre la visite du pape en Turquie, voyant en lui « le Commandant des Croisades, Jean-Paul déguisé en chef religieux. Si cette visite n'est pas annulée, je ne manquerai pas de tuer le pape-Commandant » [A 63]. D'autres sources [Lesquelles ?] laisseraient entendre qu'il s'agirait d'une action menée par la mafia turque commanditée par la mafia italienne. Enfin, certains n'y ont vu que la volonté propre de Mehmet Ali Ağca, considérant qu'il souffrait de troubles psychiatriques [A 64].

À la suite de cet attentat, qui a manqué de peu de lui coûter la vie et qui lui laissera des séquelles, le pape circule parmi la foule dans une voiture blindée, surnommée la «  papamobile ». En 1983, il se rend dans la cellule de Mehmet Ali Ağca pour lui accorder son pardon [D 17].

Pologne

Lech Wałęsa a l'intuition d'afficher des posters de Jean-Paul II sur les grilles des chantiers navals de Gdańsk en août 1980 qui le [Qui ?] place en position d'arbitre de la crise et contribue ainsi à la signature de l' accord de Gdańsk du 31 août. Wałęsa obtient la permission de rencontrer le pape en 1981. Il affirme alors que « sans l'Église rien ne peut se passer » en Pologne [A 65], [D 18]. Jean-Paul II publie sa première encyclique sociale entièrement consacrée à la question du travail, Laborem Exercens [25]. Il affirme dans cette encyclique la supériorité du travail sur le capital, définissant une anthropologie catholique du travail. Il défend aussi la légitimité des syndicats [A 66].

Par cette encyclique, il montre son soutien à la cause polonaise de Solidarność. Il pousse les évêques polonais à défendre les accords qui ont lieu en Pologne [A 67]. Cette période marque un fort rapprochement entre l' administration Reagan et Jean-Paul II, qui partagent des informations confidentielles sur la Pologne [d]. Ronald Reagan soutient aussi la position du pape sur les questions liées à l'avortement. Le 12 décembre 1981, face à l'augmentation des protestations en Pologne, le général Wojciech Jaruzelski déclare la loi martiale [A 68]. Jean-Paul II cherche alors à apaiser les revendications, craignant un bain de sang, et affirmant qu'il faut promouvoir la paix. Lors de sa visite en Pologne en 1983, il soutient les opposants au régime. Il appelle les Polonais à suivre leur conscience, à « faire un effort pour être un individu doté de conscience, appeler le bien et le mal par leur nom et de ne pas les confondre... développer en soi ce qui est bon et chercher à redresser le mal en le surmontant en soi-même ». Par la suite il défend la justice sociale, les droits fondamentaux, les salaires équitables et les syndicats interdits par la loi martiale [A 69]. Au cours de cette visite, il reçoit le titre de docteur honoris causa de l' université jagellonne de Cracovie [26].

Attaque à Fatima en 1982

Dans le film Testimony, portant sur la vie de Jean-Paul II, le cardinal Stanisław Dziwisz affirme que le souverain pontife a été blessé par un coup de poignard lors d'une visite au sanctuaire marial de Fatima au Portugal en 1982.

Le pape, qui venait remercier, dans ce sanctuaire, la Vierge Marie pour avoir échappé aux coups de feu tirés contre lui par Mehmet Ali Ağca, est attaqué par Juan María Fernández y Krohn, un prêtre intégriste espagnol opposé à la libéralisation de l'Église. Celui-ci se précipite sur le Pape avec un poignard à la main, mais il est rapidement maîtrisé. L'information n'est pas diffusée et le pape termine son voyage sans révéler ses blessures. « Je peux aujourd'hui révéler que le Saint-Père avait été blessé. Quand nous sommes entrés dans la salle, nous avons vu qu'il saignait », déclare Mgr Dziwisz dans le documentaire.

Amérique centrale

Jean-Paul II au Brésil en 1997.

Jean-Paul II fait un voyage en 1983 en Amérique centrale, au cours duquel il prend position contre la théologie de la libération. Il défend la lutte contre la pauvreté et l'exclusion qui touche ces populations, mais s'oppose aux révolutions armées [A 70]. Face aux théologiens voulant concilier révolution et christianisme, il appelle à l'unité de l'Église et au dialogue, montrant une opposition à certains aspects de la théologie de la libération [A 71].

Il rencontre Mère Teresa et lui demande à partir de 1986 d'être son porte-parole pour défendre la position de l'Église concernant la vie, et notamment son opposition à l'avortement [D 19].

En 1986, il lance les premières Journée mondiale de la jeunesse. Ces journées sont nées de sa volonté de répondre aux préoccupations des jeunes et de les rencontrer. Stanisław Dziwisz affirme que ces journées sont issues des rassemblements qu'il a eus avec les jeunes, et particulièrement celui ayant eu lieu à Paris, au Parc des princes, en 1980 [D 20]. Ces rencontres réunissent des millions de personnes, et ont lieu tous les deux ou trois ans.

Assise

Article détaillé : Rencontre d'Assise.

L'évènement le plus marquant de son pontificat est peut-être son initiative d'inviter les représentants de toutes les grandes religions à Assise, le 27 octobre 1986, pour participer à une Journée mondiale de la prière. Pour la première fois dans l'histoire, toutes les religions sont représentées ensemble afin de prier pour la Paix [D 21]. La démarche de Jean-Paul II n'était pas du syncrétisme : toutes les religions étaient ensemble pour prier, mais ne priaient pas d'une seule voix [D 22]. Cette démarche inter-religieuse fut critiquée par Mgr Marcel Lefebvre [D 22] qui provoqua un schisme deux ans plus tard. Au cours de cette journée le pape pria avec les autres chefs religieux, et fit acte de repentance, affirmant que les catholiques n'avaient pas toujours été des bâtisseurs de paix [A 72].

Au cours de cette journée pour la paix, il n'y eut aucun mort sur les champs de bataille [D 23].

En 1987 il visite le Chili et est accueilli par Augusto Pinochet. Cette visite est critiquée, certains y voyant un soutien au dictateur. Cependant le pape ne critique pas lors de cette visite le vicariat à la solidarité, organisé par l'Église chilienne, qui aide les opposants au régime [A 73]. Au cours de cette visite, il demanda en privé à Augusto Pinochet de démissionner et de rendre le pouvoir à la société civile [D 24].

En 1988, il publie l' encyclique Sollicitudo Rei Socialis [27]. Dans cette encyclique, il défend une vision chrétienne du progrès social, tout en dénonçant les inégalités criantes entre le Nord et le Sud [D 25].

Nouveau millénaire

Statue de cire du pape Jean-Paul II au musée Tussaud de Londres en 1992.

La chute du mur de Berlin en 1989 et la fin de l' URSS, l'année suivante, furent considérées comme étant liées à l'action de Jean-Paul II. Le succès de ses voyages, en Pologne notamment, avaient contribué à déstabiliser le régime. Mikhaïl Gorbatchev affirmera : « Tout ce qui s'est passé en Europe orientale au cours de ces dernières années n'aurait pas été possible sans la présence de ce pape, sans le grand rôle, également politique, qu'il a su tenir sur la scène mondiale » [D 26].

Jean-Paul II critique alors avec plus de force les dérives du capitalisme. Au Mexique il dénonce les inégalités criantes de richesses dans le monde, du fait d'un capitalisme qui se développe sans souci du bien commun [D 27]. La même année il publie l'encyclique sociale Centesimus Annus [28], où il critique le néolibéralisme et sa conception capitaliste du profit qui ne tient compte ni de l'homme ni des ressources de la terre. Jean-Paul II refuse « la primauté des choses matérielles sur l'homme » et insiste sur la nécessité d'une éthique dans l'économie. Il affirme que l'exploitation du pauvre et des ignorants est « un crime contre l'œuvre de Dieu » [A 74], affirmant que les pays pauvres jugeront les pays riches.

Début 1991, il s'oppose à l' intervention alliée contre l'Irak de Saddam Hussein qui fait suite à l' invasion du Koweït l'année précédente [A 75], [D 28].

Lors de sa visite en Pologne à Lubaczów les 2 et 3 juin 1991, il dénonce avec force la société de consommation. Il réaffirme également dans ses homélies son opposition claire à l'avortement et appelle les Polonais à suivre leur conscience et à ne pas confondre liberté et immoralisme. Il dénonce « toute cette civilisation du désir et du plaisir qui règne désormais sur nous, en profitant des divers moyens de séduction. Est-ce de la civilisation ou de l'anticivilisation ? » [A 76].

Il proclame l'année 1994 année de la famille. Il fait de la lutte contre l'avortement l'une de ses priorités [D 29], luttant contre sa légalisation lors de la conférence des Nations unies au Caire [D 29]. Il dénonce alors une « culture de mort », et invite les catholiques à défendre la vie humaine face aux manipulations génétiques, à l'avortement et à l'euthanasie [A 77].

Il organise le Jubilé de l'an 2000 qui marque le deux millième anniversaire de la naissance de Jésus [F 2]. Au cours de cette année, il soutient officiellement la démarche d' annulation de la dette des pays d'Afrique, initiative lancée par Bob Geldof et Bono.

Problèmes de santé et mort

Corps du Pape exposé dans la basilique Saint-Pierre de Rome.
Obsèques de Jean-Paul II.

L'historien Philippe Levillain estime que trop malade, Jean-Paul II « n'a pas réellement gouverné l'Église » durant les cinq dernières années de son pontificat [29].

Jean-Paul II avait réclamé dès l'ouverture de son pontificat que « les malades soient placés au premier rang » [30]. Il a lui-même subi en tout six interventions chirurgicales. Après avoir perdu trois litres de sang lors de l'opération de cinq heures qui a suivi l'attentat de 1981, il a été transfusé avec du sang contaminé par un cytomégalovirus, ce qui l’affaiblira énormément par la suite [G 16], [31]. Il a souffert de la maladie de Parkinson depuis le milieu des années 1990. Il a été victime d'une tumeur de l'intestin, suivie d'une opération en 1992. Il fit plusieurs chutes, occasionnant notamment une fracture du col du fémur et une luxation de l'épaule.

En 2005, il contracte une grippe qui se transforme en laryngotrachéite aiguë avec des crises de spasmes du larynx, ce qui l'oblige à être hospitalisé le . Le , il est de nouveau hospitalisé à la suite d'une crise d'étouffement, puis on pratique une trachéotomie. Il s'était entraîné à prononcer la bénédiction Urbi et orbi le jour de Pâques mais reste muet à sa fenêtre, sans arriver à dire un mot. Le , il est victime d'un choc septique, d'un collapsus cardio-vasculaire et d'une infection urinaire en même temps. Jean-Paul II refuse alors l'hospitalisation. Dans la journée du , il dit adieu à ses collaborateurs, un par un, puis écoute l' Évangile de Jean prononcé par une des religieuses qui l'avait servi pendant 25 ans.

Il entre dans le coma en soirée puis s'éteint au Vatican le , veille du dimanche de la divine Miséricorde, à 21 h 37, heure locale, à l’âge de 84 ans et après un pontificat de 9 673 jours, le deuxième plus long de l’histoire de l’Église. D’après le certificat du décès publié le par le Vatican, sa mort est due à un choc septique et à une insuffisance cardiaque. Il est enterré au Vatican le . Le cardinal Joseph Ratzinger lui succède le sous le nom de Benoît Benoît XVI.

Funérailles

Des Polonais se recueillent à l'annonce de la mort du pape dans tout le pays. Sur la photo: le parvis de la Basilique-archicathédrale Saint-Pierre-et-Paul de Poznań. Avril 2005.

Trois aéroports – Fiumicino, Ciampino, et l’aéroport militaire de Pratica di Mare – accueillent quelque 110 avions d’États et une soixantaine d’avions civils pour l’arrivée de ces délégations qui comprennent jusqu’à une cinquantaine de membres ; sont notamment présents lors des funérailles George W. Bush, président des États-Unis, Jacques Chirac, président de la République française, le roi d'Espagne Juan Carlos et le roi des Belges Albert Albert II. Parmi les dignitaires religieux qui se rendent à Rome, on trouve, entre autres, Mgr Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry et président du Conseil mondial des évêques anglicans, et Bartholomée Bartholomée Ier, patriarche orthodoxe de Constantinople.

Plus de 3 millions de personnes viennent à Rome, du 2 au 8 avril 2005. Celles qui vont en la basilique vaticane, saluer la dépouille du pape, défilent au rythme de 21 000 à l'heure, soit 350 personnes à la minute. L'attente va de 13 à 24 h, avec une queue maximale de cinq kilomètres.

Le jour des funérailles, 500 000 fidèles se trouvent place Saint-Pierre et Via della Conciliazione, 600 000 dans les sites urbains dotés d'écrans géants installés par la municipalité. La salle de presse du Saint-Siège et le Conseil pontifical pour les Communications sociales délivrent plus de 6 000 accréditations (journalistes, photographes, reporters de radio-télévision) pour la couverture de l'événement. 137 chaînes TV de 81 pays diffusent la Messe de funérailles. On estime à deux milliards le nombre de personnes qui ont vu la cérémonie d'enterrement de Jean-Paul II à travers le monde [F 3].

La messe de funérailles est concélébrée par 157 cardinaux, en présence de 700 archevêques et évêques, 3 000 prélats et prêtres.

De nombreux pays décrètent une ou plusieurs journées de deuil à la suite du décès de Jean-Paul II. Certains à majorité catholique comme le Brésil, l'Italie, les Philippines, la Pologne. D'autres où les chrétiens sont minoritaires, comme l'Inde, le Tchad, l'Albanie, etc. Dans d'autres pays, dont la France, la Suisse et la Turquie, les drapeaux sont mis en berne sur les bâtiments publics.

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srpskohrvatski / српскохрватски: Ivan Pavao II.
Simple English: Pope John Paul II
slovenčina: Ján Pavol II.
slovenščina: Papež Janez Pavel II.
српски / srpski: Папа Јован Павле II
ślůnski: Jůn Paul II
татарча/tatarça: Иоанн Павел II
українська: Іван Павло II
oʻzbekcha/ўзбекча: Ioann Pavel II