Jean-Louis Debré

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Jean-Louis Debré
Jean-Louis Debré en 2012.
Jean-Louis Debré en 2012.
Fonctions
Président du Conseil constitutionnel français

(9 ans)
Prédécesseur Pierre Mazeaud
Successeur Laurent Fabius
Président de l' Assemblée nationale

(4 ans, 8 mois et 7 jours)
Législature XIIe
Prédécesseur Raymond Forni
Successeur Patrick Ollier
Président du groupe
RPR à l'Assemblée nationale

(4 ans, 9 mois et 2 jours)
Prédécesseur Philippe Séguin
Successeur Disparition du groupe RPR
Ministre de l'Intérieur

(2 ans et 15 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I et II
Prédécesseur Charles Pasqua
Successeur Jean-Pierre Chevènement
Député de la 1re circonscription de l’Eure

(9 ans, 9 mois et 3 jours)
Prédécesseur Françoise Charpentier
Successeur Françoise Charpentier
(suppléante)

(6 ans, 10 mois et 25 jours)
Prédécesseur scrutin proportionnel
Successeur Françoise Charpentier
(suppléante)

(2 ans, 2 mois et 20 jours)
Prédécesseur scrutin proportionnel
Successeur scrutin proportionnel
Maire d' Évreux

(5 ans, 11 mois et 7 jours)
Élection
Prédécesseur Rolland Plaisance
Successeur Jean-Pierre Nicolas
Conseiller général de l' Eure
élu dans le canton de Nonancourt

(11 ans, 11 mois et 21 jours)
Prédécesseur Maurice Mary
Successeur Joël Hervieu
Biographie
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Toulouse, Haute-Garonne, France
Nationalité Française
Parti politique UMP
Père Michel Debré
Fratrie Bernard Debré
François Debré
Conjoint Anne-Marie Engel (1945-2007)
Valérie Bochenek
Profession Magistrat

Jean-Louis Debré, né le à Toulouse, est un homme d'État français. Ministre de l'Intérieur de 1995 à 1997 et président de l' Assemblée nationale de 2002 à 2007, il préside le Conseil constitutionnel de 2007 à 2016 puis le Conseil supérieur des archives depuis cette date.

Biographie

Jean-Louis Debré est le fils de Michel Debré, ancien Premier ministre, et le frère (faux jumeau) de Bernard Debré, médecin et député. Il a deux autres frères : Vincent Debré, homme d'affaires né en 1939, et François Debré, journaliste, né en 1942. Il est aussi le petit-fils du pédiatre Robert Debré et, du côté de sa mère, de l'architecte Charles Lemaresquier. Il est également le neveu du peintre Olivier Debré. Enfin, il est l'arrière-petit-fils du grand rabbin Simon Debré (1854-1939). Avec son épouse Anne-Marie Debré, décédée le , il a eu trois enfants : Charles-Emmanuel Debré (directeur business Grands comptes de Bouygues Télécom), Guillaume Debré (journaliste) et Marie-Victoire Debré (comédienne) [1]. Il fut élève à l'école Hattemer.

Adolescent, il souffre d'un tassement de la colonne vertébrale et, marginalisé, ne présente pas le baccalauréat [2]. Plus tard, l'ancien membre de cabinet de Michel Debré et ami de la famille Pierre Mazeaud lui propose de s'inscrire pour passer une capacité en droit à Panthéon-Assas. C'est ainsi qu'il obtient une licence en droit qui lui permettra de poursuivre sa carrière. Licencié en droit, titulaire d'un diplôme d’études supérieures de droit public et d'un diplôme d’études supérieures de sciences politiques, il est docteur en droit public avec une thèse consacrée aux « Idées constitutionnelles du général de Gaulle » [3], ancien élève de l’ Institut d'études politiques de Paris dont il n'est cependant pas diplômé [2].

De 1971 à 1975, Jean-Louis Debré est assistant à la faculté de droit de Paris. Conseiller technique au cabinet du ministre de l’Agriculture et du Développement rural en 1973, il est fait conseiller technique au cabinet du ministre de l’Intérieur (en la personne de Jacques Chirac) en 1974. Proche du futur président de la République, Jean-Louis Debré devient son chargé de mission lorsque celui-ci est nommé Premier ministre, après avoir fait campagne pour Jacques Chaban-Delmas alors que Jacques Chirac soutenait Valéry Giscard d'Estaing [2]. Il devient ensuite, de 1978 à 1979, le chef de cabinet [4] de Maurice Papon, ministre du Budget.

Dans les années 1980, Jean-Louis Debré est magistrat et notamment juge d'instruction chargé des affaires de crime organisé et grand banditisme, notamment de la proxénète Carmen Vallet, du coiffeur receleur Maurice Joffo ou de l'affaire de contre-espionnage Virgil Tanase [2]. Il traite aussi de terrorisme et d'une affaire autour du terroriste Carlos [5].

Il est élu pour la première fois député aux élections législatives de 1986, à la proportionnelle, dans l' Eure. À partir de 1988, il est élu au scrutin majoritaire dans la 1re circonscription de ce même département. Il est conseiller municipal d' Évreux entre 1989 et 1995. En 1995, il est tête de liste dans le 18e arrondissement, et obtient un mandat de conseiller de Paris. Jean Tiberi, le nouveau maire de Paris, le nomme comme adjoint.

Ministre de l'Intérieur dans les gouvernements d'Alain Juppé, il est critiqué [6], [2] pour avoir laissé s'organiser la conférence de presse des militants clandestins corses armés à Tralunca.

Il ordonne l'expulsion, le , de 300 étrangers en situation irrégulière occupant l'Église Saint-Bernard à Paris, non sans avoir déclaré auparavant qu'il agirait « avec humanité et cœur » [7], [8]. Malgré les déclarations du gouvernement, la plupart de ces étrangers ne sont pas expulsés, ayant des attaches fortes en France, qui rendent toute «  mesure d'éloignement » complexe [7]. Des manifestations critiquant la politique du gouvernement Juppé, durant lesquelles on scande des slogans réclamant l'« abrogation des lois Pasqua-Debré », rassemblent des dizaines de milliers de personnes [7]. Ministre de l'Intérieur, Jean-Louis Debré présente en novembre 1996 un projet de loi portant « diverses dispositions relatives à l'immigration », comportant entre autres les orientations suivantes : intensifier le dispositif d'éloignement des étrangers en situation irrégulière ; étendre les contrôles d'identité sur les lieux de production et les chantiers ; permettre aux officiers de police, sous certaines conditions, de fouiller les véhicules. Dans la réalité, ces nouvelles dispositions n'entraînent que peu de reconduites [7].

Les élections législatives de 1997, qui conduisent à la victoire de la gauche plurielle, marquent toutefois son retour dans l'Eure, confirmé en 2001, lorsqu'il devient maire d' Évreux en battant le sortant communiste Roland Plaisance, en place depuis 1977. Pendant la période de la troisième cohabitation de 1997 à 2002, il est le président du groupe RPR à l' Assemblée nationale.

D'une grande fidélité à Jacques Chirac, il s'est opposé à maintes reprises à Nicolas Sarkozy. Il s'estime trop différent et affirme que l'ancien président de la République « n'aime pas l'État » [2].

Il est réélu député le , pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 1re circonscription de l'Eure. De 2002 à 2007, il est élu par les députés président de l' Assemblée nationale, face à Edouard Balladur, et à la surprise de son ami Jacques Chirac qui lui avait conseillé de renoncer à se présenter, persuadé qu'il serait battu [2].

Le , Jacques Chirac le nomme président du Conseil constitutionnel en remplacement de Pierre Mazeaud, malgré la levée de boucliers que cela provoque, notamment dans sa famille politique, alors que Nicolas Sarkozy s'apprête à devenir président de la République [2]. Il sort du devoir de réserve attaché à sa fonction en émettant, en 2008, des « réserves » sur le style présidentiel de Nicolas Sarkozy et, en 2010, en jugeant « inutile pour lui, pour la France » le procès à venir de Jacques Chirac [9], [10].

Il est le parrain de la promotion 2011-2012 de l'école de formation professionnelle des barreaux de la Cour d'appel de Paris, formant les futurs avocats parisiens, Il est également le parrain de la promotion 2014-2015 de l'École des Avocats du Sud-est. Il est également membre d'honneur de l' Observatoire du patrimoine religieux (OPR), une association multiconfessionnelle qui œuvre à la préservation et au rayonnement du patrimoine cultuel français.

Son mandat de président du Conseil constitutionnel arrive à son terme le 4 mars 2016 [11]. Il est remplacé par Laurent Fabius. Le lendemain, le , le ministère de la Culture annonce sa nomination comme président du Conseil supérieur des archives succédant à l'historienne Georgette Elgey [12].

En septembre 2016, il entame une carrière comme chroniqueur à la radio et à la télévision [13]. Il devient la même année le parrain de la promotion 2016-2017 du master fiscalité de l'entreprise de l' université Paris-Dauphine [réf. nécessaire].

Il soutient Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016 [14]. Celui-ci n'est pas élu. Il confie ensuite à L'Opinion qu'il a décidé de voter pour le candidat En marche ! Emmanuel Macron à l' élection présidentielle [15].

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