Jean-David Morvan

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Jean-David Morvan
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Jean-David Morvan, né le à Reims, est un scénariste de bande dessinée français.

Biographie

Une vocation précoce

Jean-David Morvan habite pendant neuf ans à Versailles avant de revenir à Reims. C'est à BDBulle, la librairie de la femme de Benoît Sokal, qu'il découvre la BD dite « adulte » en cherchant la suite de Métro Cassiopée, direction Châtelet dans la série Valérian. Il a alors 11 ans et achète La Terre de la bombe, L'Indien français, Les Innommables, Bastos et Zakousky, Comanche, L'Incal, Thorgal et surtout le magazine Gomme ! qui publiera son premier dessin dans le courrier des lecteurs. C'était le début de l'ère Glénat, qui ne sortait alors qu'une bande dessinée par mois.

La bande de copains

Il redouble sa 4e et rate son bac une fois, mais comme il est de novembre il donne l'impression de n'avoir qu'un an de retard. (« J'avais alors un peu peur des filles et dans le fond, je ne m'intéressais qu'à la BD. ») En 4e, il rencontre Christian Lerolle, un des deux Color Twins, et en deuxième terminale Franck Guréghian, l'autre moitié du duo. En 2de il fait la connaissance de Sylvain Savoia, avec qui il commence à collaborer au fanzine Hors Gabarit. À eux deux ils en monopolisent vite les pages (« Ce fut une bonne formation »). Dans l'équipe de ce fanzine il rencontre un certain Yann Le Gall avec lequel il invente le monde de Zorn et Dirna, qui sera dessiné quelques années plus tard par Bruno Bessadi et Vincent Trannoy pour paraître chez l'éditeur Soleil. Dans le fanzine concurrent sévissait alors Jab Jab Whamo, futur collaborateur avec qui il réalise - « pour rigoler » - un crossover de 120 pages entre Batman et Wolverine faisant suite à Batman: Dark Knight (The Dark Knight Returns) de Frank Miller.

L'apprentissage

En 1989, lui et une partie de ses amis entrent à l'École Saint-Luc de Bruxelles. Il s'y rend pour y apprendre le métier de dessinateur, sèche les cours, arrête de dessiner, et en ressortira avec la certitude qu'il est fait pour être scénariste. À cette époque, une certaine Éliane de la libraire bruxelloise Forbidden World lui permet de rencontrer un certain nombre de professionnels du métier : Riff Reb's, Denis Bodart, Thierry Robin, Qwack, etc. C'est aussi dans cette librairie qu'il commence à acheter de nombreux comics, la période s'y prêtant (y règnent alors en maîtres Frank Miller, Alan Moore et David Mazzucchelli, tandis que l'éditeur Marvel publie le manga Akira en couleurs). Il découvre aussi une librairie japonaise où il achète Dragon Ball et Gunnm (« Ils coûtaient 210 francs belges, je m'en souviens »). Définitivement lassés de l'École Saint-Luc, lui et ses amis décident de se rendre au festival de Villeneuve-d'Ascq pour présenter à l'éditeur Zenda – alors indépendant – des projets d'albums pour lesquels il s'était improvisé scénariste.

« Avec Jab Jab Whamo, on avait imaginé une histoire de science-fiction dans laquelle des dinosaures soldats attaquaient une planète de sados masos humains. C'était très trash. Il devait y avoir deux albums et le titre de la série c'était Profond comme la haine. Tout un programme. »

Avec Yann Le Gall il présente la première version de Zorn et Dirna, beaucoup retouchée depuis. Avec Sylvain Savoia il propose Reflets perdus, « qui fut accepté, à notre grande surprise et notre grand plaisir. » L'année suivante, il passe le concours des beaux-arts. « Mais je ne pensais qu'à travailler sur les projets. Je fus viré pour non-assistance aux cours en danger. » Entre février et novembre 1992 il fait son service militaire à Mourmelon-le-Grand en tant que vaguemestre.

Les débuts

Alors que le premier album de Reflets perdus allait paraître chez Zenda, cet éditeur est racheté par Glénat. C'est chez ce dernier que Jean-David Morvan signe Horde, dessiné par Jab Jab Whamo. Finalement Reflets perdus se vend à 1 200 exemplaires, le reste allant fournir les bacs des soldeurs. Mais à cette même période Glénat commence à publier Akira en France, qui trouvera son public. Un de leurs directeurs de collection : Jean-Claude Camano (aussi découvreur de Titeuf), souhaite alors lancer des séries françaises dans cette mouvance. Commence alors avec Sylvain Savoia le pari fou Nomad : 136 pages couleurs tous les six mois. Les deux auteurs décident de travailler à la japonaise et embauchent Philippe Buchet, directeur artistique d'une agence de communication dans laquelle travaillait aussi Sylvain Savoia (« C'était un fan de science-fiction, ça tombait bien. Il s'est mis au design et au crayonné des pages technos »).

Dans la foulée, Jean-Claude Camano reçoit le dossier d'un jeune dessinateur nommé Kévin "Trantkat" Hérault. « Il avait déjà un univers de science-fiction assez développé et le format de cette nouvelle collection l'intéressait. Nous nous sommes rencontrés, je me suis fondu dans le monde de Karl Hollister, son héros, et HK a vu le jour ». Thierry Trübe collabore au scénario du premier tome, tandis que Vincent Trannoy (un des deux dessinateurs de Zorn et Dirna) s'occupe des décors.

Un jour en rentrant d'un festival, on lui demande s'il peut raccompagner un jeune auteur nommé Joann Sfar sur Paris. C'est lors du trajet que les deux compères sympathiseront et jetteront les bases de la série Troll, dont ils cosigneront les trois premiers tomes, laissant à Olivier Boiscommun la charge du dessin. Cette BD constituera son premier contrat avec l'éditeur Delcourt.

La consécration

Après avoir collaboré aux deux premiers Nomad, Philippe Buchet fait part à Jean-David Morvan de son envie de dessiner sa propre série. Il quitte alors son boulot de directeur artistique pour se lancer à corps perdu dans l'aventure de la BD. La grande farandole des projets refusés durera un an, le temps de vider toutes ses économies. Finalement c'est au festival de Sierre que Guy Delcourt leur commandera une série de space opera. « Le mot Sillage me trottait dans la tête depuis pas mal d'années, nous avons tout construit autour de lui. »

Nomad et HK rencontrent déjà un certain succès en librairie, mais les ventes de Sillage décolleront dès le premier tome. « Aucun éditeur ne pouvait l'ignorer ». Jean-David Morvan en profite alors pour ressortir ses anciens projets, précédemment refusés partout, mais auxquels il croit encore. Il les remanie, et commence alors une période faste : les éditeurs se l'arrachent. C'est ainsi que 7 secondes trouve preneur chez Delcourt avec au dessin un ancien de l'École Saint-Luc : Gérald Parel, tandis que Zorn et Dirna avec Bruno Bessadi et Vincent Trannoy se réalise chez Soleil.

C'est à cette époque qu'il rencontre José Luis Munuera, un espagnol qui deviendra un de ses plus fréquents collaborateurs. Ensemble ils créent pour le Lanfeust Mag des histoires courtes du très hautain mythecin généraliste Sir Pyle S. Culape, qui soigne souvent les monstres envers et contre eux-mêmes. Plus tard son ami Joann Sfar lui proposera de reprendre le scénario de sa série Merlin que dessine déjà José Luis Munuera. Ce dernier dessine aussi les aventures de Nävis, spin-off destiné aux enfants de la série Sillage, dans laquelle Jean-David Morvan et Philippe Buchet prennent un malin plaisir à raconter la jeunesse de leur héroïne. Et comme ça ne suffit pas, lorsque Jean-David Morvan est chargé par l'éditeur Dupuis de reprendre la série historique Spirou et Fantasio, c'est à nouveau l'espagnol qui assure le dessin. Au bout de quatre albums, et alors qu'ils viennent d'opérer un changement narratif important dans Aux sources du Z, Morvan et Munuera sont cependant remerciés par Dupuis, qui les remplace par d'autres auteurs.

En 2009, il remporte avec Huang Jia Wei un « Silver Award » au Prix international du manga pour Zaya[1].

Un auteur prolifique

Parmi ses nombreux projets on peut citer le Cycle de Tschaï avec Li-An, adaptation d'une série de romans de Jack Vance, la Mandiguerre avec l'Italien Stefano Tamiazzo, Jolin la teigne avec l'Espagnol Rubén, Reality Show avec Francis Porcel, Trop de bonheur avec Steven Lejeune, Al'Togo avec Sylvain Savoia, Je suis morte avec Nicolas Nemiri, Meka et The Only One (TOO), avec Bengal, Nirta Omirli avec Bachan, et Trois... et l'ange avec Pedro Colombo.

« Tout ça m'occupe presque à plein temps. La vie quotidienne s'occupe du reste. »