Jean-Baptiste de Lamarck

Jean-Baptiste de Lamarck
Jean-baptiste lamarck2.jpg

Portrait de Jean-Baptiste Lamarck, dans la Galerie des naturalistes de Jules Pizzetta, 1893.

Biographie
Naissance
Décès
(à 85 ans)
À Paris
Nom dans la langue maternelle
Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, Chevalier de Lamarck Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck
Abréviation en botanique
Lam. Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Domaines
Religion
Catholique romain ( en) Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Distinctions
signature de Jean-Baptiste de Lamarck

signature

Jean-Baptiste de Lamarck (, Bazentin, Somme, Paris) est un naturaliste français. Au début du XIXe siècle, il a réalisé la classification des invertébrés, qui regroupent environ 80 % des animaux. Il est un de ceux qui ont pour la première fois utilisé le terme de biologie pour désigner la science qui étudie les êtres vivants.

Il est aussi le premier à proposer une théorie naturaliste matérialiste et mécaniste des êtres vivants à partir de laquelle il élabore une théorie de leur évolution. Sa théorie transformiste est fondée sur deux principes :

  1. la complexification croissante de l'organisation des êtres vivants sous l'effet de la dynamique interne propre à leur métabolisme ;
  2. leur diversification, ou spécialisation, en espèces, à la suite d'une adaptation à leur milieu de leur comportement ou de leurs organes.

Lamarck est ainsi un des premiers naturalistes à avoir compris la nécessité théorique de l'évolution des êtres vivants [1].

Biographie

Jeunesse

Il est né dans la Somme, dans le village de Bazentin, d'une vieille famille noble comptant de nombreux militaires [2].

Il poursuit des études chez les jésuites d' Amiens, de 1755 à 1759, avant d'entamer une carrière militaire en 1761, sous le nom de Chevalier de Saint-Martin. Il devient officier sur le champ de bataille de Villinghausen, le 16 juillet de la même année.

Obligé de quitter l'armée, en 1765, à la suite d'un accident, il travaille pendant quelque temps pour un comptable, puis se consacre à des études de médecine et se passionne pour la botanique.

Vie scientifique

En 1779, l' Imprimerie royale publie sa Flore française, où il donne des clefs dichotomiques permettant à chacun d'identifier les plantes. Cet ouvrage lui apporte une notoriété immédiate, et lui vaut d'être élu à l' Académie des sciences l'année suivante, avec l'appui de Buffon. D'abord membre adjoint, il devient titulaire en 1783 puis, enfin, pensionnaire, en 1790, année où, spécialiste de botanique, il n'hésite pas, à cinquante ans, à se reconvertir avec succès, étant nommé « professeur d'Histoire naturelle des Insectes et des Vers » au Jardin du Roi.

Il participe, en 1793, à la transformation du Jardin du Roi en Muséum national d'histoire naturelle, sous l'impulsion de Joseph Lakanal. Il y devient professeur de zoologie, chargé d'enseigner la zoologie des invertébrés. Il passera plusieurs années à établir une classification raisonnée des animaux invertébrés, qui représentent environ 80 % du règne animal. Il fonde également la paléontologie des invertébrés. Il travaille sur les coquilles de fossiles du bassin parisien.

C'est lui qui invente le mot « biologie » pour désigner « la science qui étudie les caractères communs aux animaux et aux plantes ».

Deux ouvrages lui valent d'être considéré comme le fondateur du transformisme : Philosophie zoologique ( 1809) et l'introduction de l'Histoire naturelle des animaux sans vertèbres ( 1815–1822).

Il fut quatre fois veuf [3].

Fin de vie

Lamarck , dans "Le progrès médical", Paris, 1929

Lamarck meurt le , à l'âge de 85 ans, dans sa maison au Muséum. Ses restes sont inhumés dans la fosse commune du cimetière Montparnasse. Pour Goulven Laurent [4], il faut mettre cela « sur le manque de piété filiale » de son fils Auguste. Mais pour d'autres auteurs c'est un signe de misère : ainsi Jean-Henri Humbert [5] écrit que Lamarck, « dénué de ressources », doit céder son herbier au botaniste allemand Johannes Roeper (1801-1885) ; plus près de nous, Jaussaud et Brygoo [6] affirment que « [Lamarck est] mort pauvre dans son logis du Muséum ». Or l'étude de Michel Guédès [7] sur les revenus de Lamarck montre que celui-ci cumulait divers revenus (comme son traitement de professeur du Muséum, ses revenus de l'Académie des sciences, de la vente de ses ouvrages, etc.) atteignant la somme respectable de 9 500 F de l'époque, plus de neuf fois le salaire d'un ouvrier [8] mais moins d'un quart des revenus opulents de Cuvier (41 200 F). Lamarck vécut donc la fin de sa vie de façon tout à fait correcte. Mais il est vrai qu'il était aveugle pendant les dix dernières années de sa vie, peut-être en raison de l'abus du travail à la loupe et au microscope [3]

C'est sur le plan scientifique que son œuvre fut méconnue du public, mal comprise par ses contemporains, dénigrée et déformée par ses adversaires. Cette incompréhension est illustrée par une rencontre entre Napoléon Napoléon Ier et Lamarck, qui lui présente un de ses livres [9] ; François Arago la relate ainsi :

« L'Empereur […] passa à un autre membre de l'Institut. Celui-ci n'était pas un nouveau venu : c'était un naturaliste connu par de belles et importantes découvertes, c'était M. Lamarck. Le vieillard présente un livre à Napoléon.

« Qu'est-ce que cela ? » dit celui-ci. « C'est votre absurde Météorologie, c'est cet ouvrage dans lequel vous faites concurrence à Matthieu Laensberg, cet annuaire qui déshonore vos vieux jours ; faites de l'histoire naturelle, et je recevrai vos productions avec plaisir. Ce volume, je ne le prends que par considération pour vos cheveux blancs. — Tenez ! » Et il passe le livre à un aide de camp.

Le pauvre M. Lamarck, qui, à la fin de chacune des paroles brusques et offensantes de l'Empereur, essayait inutilement de dire : « C'est un ouvrage d'histoire naturelle que je vous présente », eut la faiblesse de fondre en larmes [10]. »

Cuvier composa un éloge funèbre où il ne se priva pas de tourner en ridicule et de déformer les idées transformistes de Lamarck, auxquelles il était violemment opposé. Cet éloge, qualifié « d'éreintement académique » ne fut lu à l'Académie des sciences que le 26 novembre 1832. Il fut également traduit en anglais et il constitue fort probablement l'origine de l'idée erronée selon laquelle Lamarck attribuerait la transformation des animaux à leur « volonté » et au « désir ».

Other Languages
azərbaycanca: Jan-Batist Lamark
беларуская: Жан-Батыст Ламарк
беларуская (тарашкевіца)‎: Жан-Батыст Лямарк
हिन्दी: लैमार्क
Bahasa Indonesia: Jean-Baptiste de Lamarck
македонски: Жан Батист Ламарк
मराठी: लामार्क
Bahasa Melayu: Jean-Baptiste Lamarck
नेपाली: लामार्क
srpskohrvatski / српскохрватски: Jean-Baptiste Lamarck
Simple English: Jean-Baptiste de Lamarck
українська: Жан Батист Ламарк
oʻzbekcha/ўзбекча: Lamark Jan Batist Pyer Antuan de Mone
Tiếng Việt: Jean-Baptiste Lamarck