Jacques Offenbach

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Jacques Offenbach
Description de cette image, également commentée ci-après
Offenbach par Nadar (1878).
SurnomLe Petit Mozart des Champs-Élysées
Nom de naissanceJacob Offenbach
Naissance
Cologne Rhénanie-du-Nord-Westphalie
Décès (à 61 ans)
Paris (France)
Lieux de résidenceParis, Étretat
Activité principaleCompositeur, violoncelliste
StyleMusique romantique
Activités annexesDirecteur de la musique à la Comédie-Française, directeur de théâtre
Lieux d'activitéParis, Vienne
Années d'activité1838 - 1880
CollaborationsLudovic Halévy, Henri Meilhac
ÉditeursBrandus, Heugel, Choudens
FormationConservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
ÉlèvesLéo Delibes
Distinctions honorifiques
Chevalier de la Légion d'honneur[1]

Œuvres principales

Scènes principales

Jacques (Jacob) Offenbach est un compositeur et violoncelliste français d'origine allemande[2], né le à Cologne et mort le à Paris.

Biographie

Jacob Offenbach naît en 1819 à Cologne dans le Grand-Duché du Bas-Rhin en Prusse, où son père, Isaac Judas Eberst (1779-1850)[3], est cantor de la synagogue. En vertu du décret de Bayonne, celui-ci adopte le patronyme d'« Offenbach » vers 1810, qui est le nom de la ville dont il est originaire : Offenbach-sur-le-Main, près de Francfort-sur-le-Main.

Le jeune Jacob révèle très jeune ses dons pour le violoncelle, ce qui conduit son père à lui faire poursuivre dès 1833 ses études musicales à Paris, seule ville où un artiste juif peut à l'époque faire carrière[4]. Offenbach est admis à titre dérogatoire au Conservatoire de Paris, dans la classe de violoncelle d'Olivier-Charlier Vaslin. Indiscipliné, il quitte l'établissement au bout d'un an pour rejoindre l'orchestre de l'Ambigu-Comique, puis celui de l'Opéra-Comique. Ayant francisé son prénom en « Jacques », il mène parallèlement une carrière de soliste virtuose. En 1847, il devient directeur musical de la Comédie-Française, grâce à la notoriété acquise par ses mélodies. En 1844, après s'être converti au catholicisme, il se marie avec Hérminie Marie Manuela de Alcain [Alcan] (1826-1887) qui lui donnera cinq enfants[5]. Il crée en 1855 son propre théâtre, les Bouffes-Parisiens, situés sur les Champs-Élysées, afin d'y faire exécuter ses œuvres. Il travaille entre autres avec les librettistes Henri Meilhac et Ludovic Halévy et y engage ses interprètes fétiches, Hortense Schneider et Jean Berthelier.

Émule de Rossini et de Mozart, il est le créateur de l'opéra bouffe français, que l'on confondra par la suite avec l'opérette, genre dans lequel il excelle également mais dont on doit la paternité à son rival – et néanmoins ami – le compositeur-interprète Hervé. Parmi la centaine d'œuvres qu'il compose en 40 ans d'activité, plusieurs sont devenues des classiques du répertoire lyrique, d’Orphée aux Enfers (1858), son premier grand succès, grâce notamment à son « galop » infernal[6], aux Contes d'Hoffmann (1881), en passant par La Belle Hélène (1864), La Vie parisienne (1866), La Grande-duchesse de Gérolstein (1867) ou Les Brigands (et le fameux « bruit de bottes » des carabiniers qui arrivent « toujours trop tard ») (1869). Son succès populaire est l'objet de nombreuses jalousies et critiques. C'est ainsi que Théophile Gautier propage son image de jettatore (jeteur de sorts) qu'il avait lui-même créée[4].

La guerre franco-prussienne de 1870 met brutalement fin à cette « fête impériale » dont Offenbach est devenu en quinze ans l'une des figures emblématiques. Cible d'attaques virulentes des deux côtés du Rhin en raison de son origine germanique (les uns l'accusant d'être un traître, les autres un espion), il quitte Paris quelques jours avant que l'armée prussienne n'en commence le siège (19 septembre 1870). Durant l'année qui suit, on le retrouve à Bordeaux, à Milan, à Vienne ou encore à Saint-Sébastien[7].

Tombe de Jacques Offenbach au Cimetière de Montmartre.

Il est de retour à Paris en mai 1871, mais l'heure n'est plus à l'humour bouffon, et son Boule-de-neige, créé aux Bouffes-Parisiens (d'après Barkouf), en fait les frais, tout comme son opéra-comique Fantasio, d'après la pièce homonyme de Musset. Il lance alors un nouveau genre, l'« opéra bouffe-féerie » : grâce à quoi Le Roi Carotte, écrit sur un livret de Victorien Sardou, attire à nouveau les foules au théâtre de la Gaîté, dont Offenbach prend la direction en juin 1873. Ses capacités de gestionnaire sont néanmoins inversement proportionnelles à ses qualités artistiques : le coût exorbitant des productions (par exemple le canon géant dans Le Voyage dans la Lune ou les costumes de La Haine) le conduit à la faillite en 1875. Il règle ses dettes grâce à sa fortune personnelle et en donnant une tournée de concerts aux États-Unis en 1876.

Toujours à l'affût des aspirations du public, il adopte avec succès la mode de l'opéra-comique patriotique ou historique dans lequel Charles Lecocq est passé maître depuis l'immense succès de La Fille de madame Angot (1873), et compose Madame Favart (1878), puis La Fille du tambour-major (1879), qui demeure l'une de ses œuvres les plus populaires.

Offenbach meurt des suites de la goutte dans la nuit du 4 au , à 3 heures et demie, au 8 boulevard des Capucines. Son décès survient quatre mois avant la création de son opéra fantastique Les Contes d'Hoffmann, alors en répétitions à l'Opéra-Comique[8]. Le compositeur ne pensait pas que cet ouvrage allait lui apporter enfin la reconnaissance officielle à laquelle il avait aspiré tout au long de sa carrière, et devenir l'un des opéras français les plus joués au monde[9].

Il est enterré au cimetière de Montmartre (9e division). Sa tombe, réalisée par Charles Garnier, est ornée d'un buste à son effigie dû au sculpteur Jules Franceschi[10],[11].

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