Jérôme Monod

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Jérôme Monod
Illustration.
Jérôme Monod en 2011.
Fonctions
Directeur de cabinet du Premier ministre

(1 an)
Premier ministreJacques Chirac
PrédécesseurJacques Pélissier
SuccesseurDaniel Doustin
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissanceParis (7e), France
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décèsLourmarin (Vaucluse), France
NationalitéFrançais
Parti politiqueRPR
UMP
ProfessionIndustriel
ReligionProtestant

Jérôme Monod, né le à Paris Paris 7e et mort le à Lourmarin[1], est un industriel et homme politique français.

En politique, il est connu pour son rôle auprès de Jacques Chirac. Il a notamment été secrétaire général du Rassemblement pour la République (RPR) de 1976 et 1978 et conseiller de Jacques Chirac à partir de 2000. Dans le monde des affaires, il a été le PDG de la Lyonnaise des eaux de 1980 à 1997.

Biographie

Origines et formation

Issu d’une grande famille protestante du pays de Gex qui, sous Louis XV, préfère l’exil à l’abjuration avant de revenir s’installer en France à la Révolution, Jérôme Monod fait partie des 1 200 descendants de Jean Monod (1765-1836) : une famille dont de nombreux membres ont acquis une certaine notoriété dans des domaines aussi divers que la médecine, les arts, l’université, la banque ou la religion[2].

Petit-fils de banquier et de pasteur, fils de chirurgien, Jérôme Monod est le cousin du réalisateur Jean-Luc Godard[3], du biologiste Jacques Monod et du naturaliste Théodore Monod. Il a épousé en 1964 Françoise Gallot, catholique, petite-fille d’Henri Queuille, ancien élu radical de Corrèze et plusieurs fois président du Conseil sous la IVe République. Il est le père de Fabrice Monod, journaliste et fondateur d'Initiés-tv[4].

Il fait ses études à l'École alsacienne[3], en khâgne au lycée Henri-IV, les poursuit à l'Institut d'études politiques de Paris puis devient boursier Fullbright et part pour la Nouvelle-Angleterre, suivre une année de cours à l'université Wesleyenne (Middletown)[5].

De retour des États-Unis, il entre en 1955 à l’ENA (promotion « France-Afrique »[6]), dont il sort en 1957 auditeur à la Cour des comptes. Il est alors « rappelé » pour être envoyé en Algérie.

Carrière

L’aménagement du territoire

En 1959, à 29 ans, il entre au cabinet du Premier ministre Michel Debré. Il y reste jusqu'en 1962, année où il devient conseiller technique et adjoint au directeur de cabinet de Maurice Schumann, ministre chargé de l'aménagement du territoire.

De 1962 à 1966, il est conseiller référendaire à la Cour des comptes.

En 1963, Jérôme Monod rejoint Olivier Guichard à la délégation de l’aménagement du territoire (DATAR) créée cette même année, et lui succède comme délégué adjoint en 1966, quand ce dernier est nommé ministre. Il apprécie chez son mentor les convictions gaullistes ainsi qu’une vision du monde profondément libérale centrée sur le « facteur humain »[5]. Il met en œuvre la stratégie de Guichard qui passe par la décentralisation industrielle en province. Il installe aussi des instruments et des infrastructures en vue de la reconversion des bassins houillers et de la création d’emplois de remplacement issus des industries nouvelles. Il négocie par ailleurs l’implantation de Ford à Bordeaux[7]. Il devient délégué à la DATAR en 1968, où il restera jusqu'en 1975.

Jérôme Monod rachète aussi à la famille Fournier (pour le compte de l’État) l’île de Porquerolles, menacée d’urbanisation, ceci pour un montant de 30 millions de francs. Puis il fait l’acquisition (toujours pour le compte de l'État) d’une partie de l’étang de Vaccarès afin de faciliter la création du parc naturel régional de Camargue. En 1975, il préside à la création du Conservatoire du littoral installé à Rochefort.

Il est à l’initiative de la création du CIASI (Comité interministériel d’aménagement des structures industrielles) chargé, en 1975, de sauver les entreprises industrielles qui battent de l’aile ou d’organiser leur fermeture en évitant les drames régionaux sur le plan de l’emploi[5]. La doctrine Monod[8] énonçait que, si l'on voulait contenir les conflits locaux, il fallait que l'État ait une politique et des outils d'intervention. Aussi, lorsqu'une affaire risquait de déraper, le pouvoir politique pouvait s'en emparer et exercer sa fonction d'arbitre ou, plus souvent, d'État-providence.

Avec Michel Pébereau, il forme alors un tandem efficace et traite par exemple, en 1975, le cas des usines Garnier, fabricant de matériel agricole en Bretagne[5].

La politique

Depuis les années 1970, Jérôme Monod est un des amis politiques les plus écoutés de Jacques Chirac (dont il est directeur de cabinet à Matignon en 1975) et l'un des artisans de la fondation du RPR ; en 1976, il devient ainsi, sur les instances de Marie-France Garaud et Pierre Juillet[3], le premier secrétaire général du RPR. Le parti de droite unifié remporte alors toutes les élections (cantonales, municipales, législatives…) jusqu’en 1978, date à laquelle il quitte la politique pour rejoindre, un an plus tard, le monde de l’entreprise.

Il redevient un des plus proches conseillers politiques de Jacques Chirac en 2000[9], pour préparer à la fois l'élection présidentielle de 2002 et la création de l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Chirac élu président de la République, Monod, conseiller du Président, dispose d'un bureau à l'Élysée, dans le salon d'Argent. Véritable « éminence grise » du président[10], avec Alain Juppé (qui devient président de l'UMP), il participe de près aux tractations internes à cette formation, y compris dans la préparation des élections régionales de 2004 (il aurait notamment proposé des postes sur les listes des élections européennes de 2004 aux anciens ministres comme Roselyne Bachelot, Noëlle Lenoir ou Luc Ferry).

Proche de Chirac, ses relations avec Nicolas Sarkozy ne sont notoirement pas des meilleures. Mais en janvier 2007, il annonce son soutien au candidat de l'UMP à la présidentielle.

En 2001, il est candidat à l'élection municipale de Lourmarin[11], où il possède le domaine viticole du château Fontvert[12].

L'entreprise

Agacé par l'influence de Garaud et Juillet, Jérôme Monod s’écarte des institutions du RPR en 1978[3]. Il rejoint le monde de l’entreprise et entre à la Lyonnaise des Eaux en octobre 1979 pour succéder à Pierre Chaussade, ancien préfet et président depuis 1970. Il en devient président-directeur général en 1980.

En juin 1985, il poursuit l'internationalisation de la Lyonnaise des Eaux avec un premier contrat de concession d'eau potable remporté à Macao. En 1987, en partenariat avec le groupe New World de Hong Kong, il signe les premiers contrats en Chine, comme celui de la construction d’usines Degrémont de traitement de l'eau potable dans le Guandong.

Il élargit encore le champ des ambitions du groupe à l'Asie-Pacifique en 1990. À cette date, l'acquisition de Dumez accélère le développement hors de France, grâce aux réseaux et à la culture du groupe de BTP mais plus tard la fusion avec les activités de construction laisse aussi plusieurs milliards de francs de pertes dans les comptes de la Lyonnaise des Eaux[13].

En 1996, il préside au rapprochement du groupe avec l’ancienne Compagnie financière de Suez qui choisit ainsi une orientation plus industrielle que financière, sous la direction générale de Gérard Mestrallet. L’opération crée un groupe de taille mondiale dans l’énergie et les services collectifs. Jérôme Monod préside le conseil de surveillance de Suez Lyonnaise des Eaux tout en restant actif dans le développement du groupe à l’international.

Âgé de soixante-dix ans, il quitte la présidence en 2000 pour retourner auprès de Jacques Chirac à l'Élysée.

Cercles

Dans son livre Les Vagues du temps, Jérôme Monod, adhérent de l’association française des entreprises privées (AFEP), s’est dit déçu après son adhésion à l’AFEP en 1981. Il déplore que dans les années 1980 cette association de grandes entreprises ait placé l’intérêt corporatiste avant l’intérêt général.

Il apprécie en revanche d’avoir fait partie du comité d’orientation de l’ERT (European Round Table) fondée en 1983 par Pehr G. Gyllenhammar et Wisse Dekker (en), respectivement patron de Volvo et Philips. L’ERT réunissait une quarantaine de patrons de grandes entreprises privées à l’époque et se donnait pour mission d’étudier les points clés qui pouvaient favoriser la croissance économique et la prospérité en Europe. Jérôme Monod qui signe, en septembre 1991, le rapport de l'ERT « Reshaping Europe », devient président de l’ERT en 1994. En 1999, il publie avec le psychanalyste et écrivain Ali Magoudi, un « Manifeste pour une Europe souveraine » et défend l’idée d’une conception européenne jusqu’au-boutiste, d’une union souveraine des républiques et des monarchies dotée des clés de la souveraineté, avec ses frontières, son état civil, sa morale… bref une nation européenne. Il quitte la présidence de l’ERT en 2000.

En juin 1998, Jérôme Monod copréside le dialogue économique transatlantique (TABD) et agit au titre du monde des affaires européennes. Le TABD prône une unification des normes de part et d’autre de l’Atlantique. Monod se heurte très vite à la division des Européens face aux Américains qui recherchaient une alliance économique bilatérale plus forte avec les pays de la Rive Atlantique.

En 2002, à la demande de Jacques Chirac et de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, il s’attelle au projet de Global compact. Ce « Pacte mondial » demande un engagement volontaire de la part des grandes entreprises mondiales sur 9 principes ayant trait aux droits de l’homme et aux devoirs des entreprises. Est venu s’y s’ajouter un dixième point sur l’impulsion de Jérôme Monod, « agir contre la corruption sous toutes ses formes ». Les bonnes pratiques des entreprises en la matière sont recensées sur un site dédié de l’ONU. Les sociétés qui ne respectent pas le pacte sont rayées du site ce qui fut entre autres le cas de Wendel. En juin 2008, 5 800 entreprises réparties dans 120 pays avaient adhéré au pacte.

Jérôme Monod joue également un rôle central dans la création de la Fondation pour l'innovation politique qu'il préside jusqu'au 14 octobre 2004 et dont il demeure président d'honneur par la suite. Le rôle du politique est selon lui primordial pour sortir de la crise[14].

Il a été membre de la Fondation Concorde, proche de Jacques Chirac, qui regroupe diverses personnalités en vue de « promouvoir l'activité économique et l'entrepreneuriat » en particulier.

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