Italie

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République italienne

Repubblica italiana (it)

Drapeau
Drapeau de l'Italie.
Blason
Armoiries de l'Italie.
Description de l'image EU-Italy.svg.
Hymne national Fratelli d'Italia
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président de la République Sergio Mattarella
Président du Conseil Paolo Gentiloni
Langues officielles Italien [1], [2]
Capitale Rome

41° 53′ N, 12° 29′ E

Géographie
Plus grande ville Rome
Superficie totale 301 336 km2
( classé 72e)
Superficie en eau 3,4
Fuseau horaire

UTC +1: ( CET);

Heure d'été: UTC +2: ( CEST)
Histoire
Fondation de Rome VIIIe siècle VIIIe siècle av. J.-C.
Empire romain 27 av. J.-C.
Couronnement de Pépin d'Italie 781
Unification
République
Démographie
Gentilé Italien
Population totale (2017) 61 302 519 [3] hab.
( classé 23e)
Densité 202 hab./km2
Économie
PIB nominal ( 2017) en augmentation 2 036,971 milliards de USD
+1,5 % [4] ( 8e/62)
PIB (PPA) ( 2016) en augmentation 2 170,909 milliards de USD
+1,77 % [4] ( 10e/62)
PIB nominal par hab. ( 2015) en diminution 29 866,581 USD
-15,25 % [4] (14e/30)
PIB (PPA) par hab. ( 2015) en augmentation 35 708,311 USD
+1,75 % [4] (14e/30)
Taux de chômage ( 2015) Decrease Positive.svg 11,5 % de la pop. active
Dette publique brute ( 2014) Increase Negative.svg 2 134,74 milliards d' (132,1 % du PIB)
+ 2,8 %
IDH ( 2012) en stagnation 0,881 (très élevé  ; 25e)
Monnaie Euro [5] ( EUR​)
Divers
Code ISO 3166-1 ITA, IT​
Domaine Internet .it
Indicatif téléphonique +39

L'Italie, en forme longue la République italienne (en italien Italia Prononciation du titre dans sa version originale  Écouter et Repubblica italiana), est un pays d' Europe du Sud correspondant physiquement à une partie continentale, une péninsule située au centre de la mer Méditerranée et une partie insulaire constituée par les deux plus grandes îles de cette mer, la Sicile et la Sardaigne, et beaucoup d'autres îles plus petites (hormis la Corse, rattachée administrativement à la France). Elle est rattachée au reste du continent par le massif des Alpes. Le territoire italien correspond approximativement à la région géographique homonyme.

L'Italie apporte une contribution importante à la civilisation occidentale : elle est notamment le berceau de la civilisation étrusque, de la Grande-Grèce, de l' Empire romain, du Saint-Siège, des républiques maritimes, de l' humanisme et de la Renaissance. Existant en tant qu' État unitaire depuis 1861 à la suite du Risorgimento (Renaissance ou Résurrection) mené par le royaume de Sardaigne, l'Italie est une république depuis l'abolition par référendum de la monarchie italienne en 1946. Elle est membre fondateur de l' Union européenne et de la zone euro.

L'Italie est, en ce début de XXIe siècle, un acteur majeur de la scène internationale, forte de ses soixante millions d'habitants, de sa position de huitième puissance économique mondiale et de son rôle au sein de nombreuses organisations internationales ( Union européenne, Organisation du traité de l'Atlantique nord, G7, Organisation de coopération et de développement économiques).

Histoire

Articles détaillés : Histoire de l'Italie et Chronologie de l'Italie.

Étymologie

Bas-relief représentant des têtes de taureaux dans la nécropole de Su Crucifissu Mannu prés de Porto Torres en Sardaigne datant du IVe millénaire av. J.-C.. Ces représentations abstraites de taureaux sont retrouvées en grand nombre en Italie.
Bas-relief représentant des têtes de taureaux dans la nécropole de Su Crucifissu Mannu prés de Porto Torres en Sardaigne datant du IVe millénaire IVe millénaire av. J.-C.. Ces représentations abstraites de taureaux sont retrouvées en grand nombre en Italie.
 
Tombe des géants d'Osono en Sardaigne en forme de tête de taureau du IIe millénaire av. J.-C.
Évolution du territoire dénommé Italia du Ve siècle Ve siècle av. J.-C. à Dioclétien [6].

Au Ve siècle Ve siècle av. J.-C. le nom « Italia » désigne à l'origine seulement une partie de ce qu'est maintenant l'Italie du Sud. Selon Antiochos de Syracuse, c'est la partie du sud de la péninsule ( Bruttium), l'actuelle région italienne de la Calabre habitée par les Italos (et plus précisément l' isthme de Catanzaro). Au IIe siècle IIe siècle av. J.-C., l'historiographe grec Polybe appelle Italie le territoire compris entre le Détroit de Messine et les Apennins septentrionaux, bien que son contemporain romain Caton l'Ancien étende le concept territorial de la péninsule jusqu'à l'arc alpin. C'est sous le règne de l'Empereur Auguste ( Ier siècle Ier siècle av. J.-C.) que le terme a été étendu officiellement pour couvrir la péninsule jusqu'aux Alpes, unifiant ainsi la zone géographique italienne et unifiant pour la première fois l'ensemble du peuple ethnoculturel italique qui y vivait. La Sicile, la Sardaigne et la Corse ne feront pas partie de l'Italie avant le e siècle, conséquence des réformes administratives de Dioclétien, même si leurs rapports culturels étroits avec la péninsule permettent de les considérer comme partie intégrante de l'Italie.

Le nom Italia pourrait aussi venir du nom d'Italos, fils de Telegonos et de Pénélope, roi des Œnotres ou Œnotriens, royaume correspondant à une partie de la Calabre et des Pouilles, allant jusqu'à Tarente au sud. "Italos devint un législateur si apprécié pour sa justice et sa manière de gouverner, que son peuple appela ses territoires du nom d'Italie en son honneur, en sa mémoire", d'après l'Énéide de Virgile.

Une des plus anciennes inscriptions faisant apparaître le mot Italie sous la forme ITALIA se trouve sur une monnaie datant du Ier siècle Ier siècle av. J.-C., retrouvée dans l'ancienne Corfininium dans les Abruzzes, capitale de la Confédération italique. La monnaie avait été frappée par la confédération des peuples italiques, en guerre contre Rome pour obtenir la citoyenneté romaine ( Guerre sociale). Le taureau était un symbole fort dans les royaumes italiques et était souvent dépeint donnant un coup de corne au loup romain, symbole provocant de l'Italie libre pendant la Guerre sociale (Rome) au Ier siècle Ier siècle av. J.-C.

Le terme même d’Italia évolue pendant l'Antiquité. Pour les Grecs, il s'agissait seulement du royaume voisin d' Italos. Une origine populaire rapproche l'étymologie à un épisode de la mythologie grecque des travaux d'Héraclès. En effet, après avoir volé les cent quinze bœufs de Géryon, le héros mena le troupeau le long des côtes italiennes, lorsqu'un taureau s'échappa jusqu'en Sicile. Héraclès l'y retrouva et appela le pays Italia. Une autre version grecque emploie les termes Ouitalia et Ouitalios, en les rapprochant du grec étalon (anciennement Wetalon) signifiant : « taureau ». Il est possible également que les ítalos prenaient leur nom de l'animal, le taureau, et que dans un printemps sacré, ils les avait guidés jusqu'aux lieux ou ils se sont certainement installés. L'historien grec Dionysius de Halicarnasse expose ce compte rendu ensemble avec la légende que l'Italie a porté le nom d'Italus, mentionné aussi par Aristote et Thucydide.

Une autre étymologie est proposée, sur le rapprochement de it- et de aithô, en grec : ce verbe signifie « brûler », et on le retrouverait dans le radical du nom du volcan Etna. Sa présence serait justifiée du fait que, « Italie » étant un nom donné par les Grecs, venant de l'est, ils voient le soleil couchant rougeoyer et brûler l'horizon à l'endroit de la péninsule. On trouve le terme aithalia également utilisé à l'époque antique pour les îles de Lemnos (sans doute du fait de son activité métallurgique) et d' Elbe, pour la même raison qu'« Italie ». Son usage pour l'Etna ou Aithna est transparent. Le nom d’aithalia aurait été donné en premier lieu aux côtes sud de la Botte, là où les Grecs ont accosté en premier, sur le continent.

Avant et pendant Rome

Avant le développement de Rome, l'Italie était composée de plusieurs cultures et civilisations, pour la plupart indo-européennes ( Italiotes ou italiques), sur un substrat ligure du Néolithique. Sur ces cultures qualifiées d'autochtones, empiétaient :

Sous la République romaine, la limite nord de l'Italie s'arrête à la Gaule cisalpine, au niveau des fleuves Aesis - puis en -59 le Rubicon - et Magra. En -42, la Cisalpine est réunie à l'Italie qui s'arrête désormais aux Alpes. Cette dernière limite est fixée au trophée des Alpes mais est ensuite déplacée. Rome attribue la citoyenneté romaine à l'ensemble des Italiens dès -89, elle ne l'étend à tout l'Empire que trois siècles plus tard ( édit de Caracalla, 211- 212).

Rome et son empire

Article détaillé : Italie (époque romaine).
Photographie représentant Romulus et Rémus nourris par la louve capitoline
Romulus et Rémus nourris par la louve, mythe fondateur de la civilisation romaine, musées du Capitole ( Rome).

Selon la légende, la fondation de Rome est due à Romulus et Rémus au milieu du VIIIe siècle VIIIe siècle av. J.-C.. La civilisation de Rome connut une première phase d'expansion sous le gouvernement des rois de Rome, qui sont également les fondateurs symboliques de nombreuses institutions romaines. L'unification de la péninsule est conduite à l'époque de la République. Après la victoire de Rome contre Carthage lors de la première guerre punique, les principales îles de la Méditerranée occidentale passèrent également sous le contrôle de Rome. Les deuxième et troisième guerres puniques lui assurèrent le contrôle de tout le pourtour du bassin occidental de la Méditerranée.

Au er siècle avant Jésus Christ, Rome domine une grande partie du bassin méditerranéen, mais après la mort de Jules César, le 15 mars -44, la République sombre dans la 3ème guerre civile de son histoire. Son successeur, fils adoptif par testament et petit-neveu, Octave (futur empereur Auguste) d'abord fort mal préparé à mener sa conquête du pouvoir arrive à éliminer progressivement ses rivaux : en -42, une coalition des forces octaviennes et antoniennes détruisent les forces des tyrannicides dans la plaine de Philippes en Macédoine, en -36 il soumet Sextus Pompée alors maître des îles tyrrhéniennes et se débarrasse de son ancien collègue triumvir Lépide. Enfin en -31 il affronte et défaite l'armada de Marc-Antoine et Cléopâtre VII à la bataille d'Actium ce qui fait de lui le maître de l'Empire. A partir de Janvier -27, faisant mine de restaurer la République dans son fonctionnement traditionnel, il la transforme progressivement en Empire (son "règne" est une période nommé par les historiens le Principat) et met ainsi fin à de longues années d'instabilité politique. Son régime se fonde sur un consensus : le désir de paix sociale après 3 guerres civiles destructrices. Le gouvernement des territoires contrôlés par Rome évolue et s'améliore relativement à ce qu'étaient les pratiques de gestion républicaine. Le fer de lance de la gestion est le respect des cultures locales ( par exemple le respect scrupuleux des traditions religieuses de chaque province), des formes d'autonomies (les premières a en bénéficier furent les anciennes cités-Etat de Grèce) qui s'approfondissent et s'étendent au fur et à mesure que la romanisation des provinciaux avance et le développement économique favorisé par la réalisation de grandes infrastructures et surtout la Pax romana.

Empire Romain à son apogée.
L'Italie et ses régions à l'époque de l' Empire romain au Ier siècle Ier siècle av. J.-C.
Le Trophée des Alpes (aujourd'hui situé dans la commune française de La Turbie) marquait la frontière côtière entre l'Italie et la Gaule augustéenne.

L'empire était composé de l'Italie (métropole de l'empire) et des provinces romaines (territoires situés à l'extérieur de la péninsule). Juridiquement le territoire de l'Italie était assimilé à celui de la ville de Rome, ses habitants libres étaient tous citoyens romains grâce au droit du sol (jus soli). Les citoyens romains pouvaient servir dans les légions mais avaient aussi beaucoup de privilèges sociaux par rapport aux non-citoyens. Le programme politique des empereurs était d'intégrer de plus en plus les provinces à la civilisation romaine, ceci, au fil des siècles, a eu comme conséquence une perte progressive de l'hégémonie de l'Italie sur les provinces. Au IIIe et IVe siècle l'Empire romain se transforme, de facto, d'un "empire colonial" à un empire universel où tous les hommes libres étaient citoyens d'une même nation. La date charnière de cette transformation est l'Edit de Caracalla de 211 qui octroie la citoyenneté romaine à tout homme libre de l'Empire, mesure qui fut précédé de très nombreux octrois soit à titre individuel, soit à titre collectif au cours des premiers siècles de l'Empire. À cette époque les légionnaires sont principalement recrutés parmi les citoyens romains issus des provinces, notamment d'Illyrie et de Thrace. Si l'apogée territoriale et économique de l'Empire couvre les Ier et IIème siècle, le IIIème siècle marque quant à lui une période sombre appelé "Anarchie militaire" ou "Troubles de l'Empire", marqué par des crises politiques à répétition, sur fond d'invasion barbares régulières. Les Empereurs se succèdent au grès des coup d'Etat ou des assassinats politiques. C'est seulement l'arrivée de Dioclétien au pouvoir, en 284 qui met en place le système de la Tétrarchie qui met fin à une instabilité préjudiciable pour l'Empire : Grossièrement, ce système se base sur un partage territorial de l'Empire entre 2 empereurs nommés les "Augustes", assistés de deux "dauphins" qui portent le titre de "César". Ce système qui divise l'empire le rend paradoxalement plus apte à répondre aux incursions ennemies (chaque pars se défend elle-même et prête renfort à sa consoeur). Ce système est une tentative pour faire abstraction du système de succession héréditaire, mais qui ne survivra pas à la disparition politique de son fondateur. En 306, d'un commun accord, les deux Auguste (Dioclétien lui-même et son homologue Constance Chlore) quittent le pouvoir et se retire de la vie politique. La Tétrarchie n'y survit pas et les règles de successions dynastiques reprennent le dessus avec l'arrivée de la Dynastie des Constantiniens. Après le terrible IIIème siècle, le IVème siècle est un siècle de sécurité et de progrès économique qui voit d'autre part l'Empire progressivement se christianiser.

Depuis le début du règne de Dioclétien (284), une nouvelle vague de percussions menées par l'Etat romain frappe les chrétiens, avec un nombre important de supplicié. Devant l'échec de ses actions violentes, l'empereur Galère signe en 311, un premier édit de tolérance, mais c'est une tolérance "négative" à l'inverse de l' édit de Milan, lui édictant une tolérance "positive", signé 313 par Constantin. Ce texte met fin aux persécutions contre les chrétiens et garantit à tous les citoyens la liberté de culte. La déclaration se réfère à un monothéisme vague (pour ne choquer ni païens ni chrétiens) et déclare que l'Etat donne la liberté de conscience à ses citoyens, pieuses intentions vites remises en question par l'implication de l'Etat romain dans le schisme donatiste. Le christianisme, se propage en Italie surtout à partir de la ville de Rome, cité cosmopolite dans laquelle vivaient de nombreux immigrés originaires des provinces d'orient, où le christianisme était plus répandu (Les plus fortes concentrations s'enregistrent en Judée et en Egypte). L'église romaine récupère un certain nombre de traditions païennes et les assimile dans sa liturgie : par exemple, la date du 25 décembre pour la célébration de Noël coïncide avec les fêtes du dieu SOL, très vénéré au début du IVème siècle. Idem, le choix de dimanche pour le "Jour du Seigneur", jour hebdomadaire des célébrations solaires (qui est resté dans l'anglais Sunday ou encore l'allemand Sontag) Les cultes polythéistes sont ainsi transformés en vénération des saints et de la Vierge Marie. Par exemple, beaucoup de temples dédiés à Vénus se transforment en églises consacrées à la mère de Jésus et dans les petites villes les cérémonies dédiées à un dieu protecteur deviennent des fêtes patronales en l'honneur d'un saint que l'imaginaire populaire associe au dieu précédent: protecteur des malades, de l'agriculture, de la chasse, des soldats, des marins etc. Par cette politique l'église romaine arrive à mieux faire accepter aux italiens, très attachés à leurs traditions, le passage au christianisme, le même processus aura lieu dans les provinces. En 380 l'empereur Théodose élève le christianisme au rang de religion d'État.

Au début du e siècle, en 402, la ville de Ravenne (nord-est de l'Italie) devient capitale de l'empire d'Occident, elle sera la dernière. Bien sûr, Rome n'occupait plus vraiment, depuis le IIIème siècle, la fonction de capitale sinon une "capitale symbolique", lieu d'ancrage de la mémoire et des traditions romaines. Des capitales plus effectives (et surtout plus proche des fronts) l'avaient depuis longtemps supplantée. Dans la nuit du 31 décembre 406 au 1er Janvier 407, le front rhénan est dégarni pour des raisons de défense de l'Italie péninsulaire. Cette nuit-là le Rhin gèle et perd son aspect de barrière naturelle, facilitant le passage massif de barbares (Alamans, Wisigoth, Ostrogoth, Vandales) face à un limes aminci (seulement défendu par quelques troupes de fédérés francs). C'est le début de la décennie terrible (407-420) : l’empire est confronté à une longue série d' invasions barbares : les Wisigoths, les Huns, les Ostrogoths, les Vandales et les Francs. L'année 410 marque durablement les esprits, les barbares mettent Rome à sac mettant fin à 8 siècle de sécurité intramuros. Le préfet de la Ville de l'époque Rutilius Namatianus écrit en poème dans lequel il parle de "la Mère du Monde assassinée". En dépit de ces très grands chocs psychologiques, l'Empire ne s'effondre cependant pas immédiatement : En 420, la situation s'est stabilisée mais l'empire a déjà perdu sa première province (La Bretagne), a connu deux décennies de destructions diverses, et des barbares sont présents dans tout l'Empire d'Occident. De plus à cette date un quart de l'armée romaine a été anéanti et le limes et très mal défendu. L'Empire connait une phase de redressement sous l'action énergique du général Aétius (il défait notamment Attila à la bataille des Champs Catalauniques en 451), mais ressort très affaibli de la période d'instabilité politique ouverte par l'assassinat d'Aétius par Valentinien III en septembre 454 (L'Empereur sera lui aussi assassiné un an après mettant fin à la dynastie des théodosiens). L'Empire perd son meilleur général. Les barbares qui avaient été accueillis en tant que fédérés à l'intérieur des limes, forment des royaumes qui sont de plus en plus autonomes par rapport au pouvoir impérial. Ce morcellement progressif de l'Empire est favorisé par l'incompétence des 8 empereurs qui se succèdent de 455 à 476, la plupart faibles et peu entreprenant. Rome est de nouveau mise à sac en mai 455. Vers 470, l'Empire d'Occident s'est réduit à l'Italie et quelques possessions en Gaule. En 476, Odoacre, un patricien d'origine germanique, renonce à assumer le titre d'empereur et à gouverner les provinces, il s'autoproclame simplement roi d'Italie, cette date marque la fin de l'Empire romain d'Occident. Symboliquement, il envoie à Constantinople les insignes impériales à l'empereur d'Orient Zénon. L'Empire romain d’Orient résiste encore un millénaire, disparaissant avec la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453.

La statue ci-dessus de la louve romaine est authentique, mais pas les deux jumeaux qui ont été rajoutés à la Renaissance.

Italie médiévale

Articles détaillés : Italie médiévale et République maritime.

L'Italie médiévale est le théâtre d'une grande rivalité entre les villes du Nord de la Péninsule, qui deviennent des centres textiles et des centres financiers et monétaires pour certaines d'entre elles. Florence, Gênes, Venise créent des monnaies en or, en créant chacune une pièce fabriquée dans ce métal, plus difficile à rogner et à falsifier. Le florin, principale monnaie du Moyen Âge, est créé en 1252 par la corporation des changeurs et banquiers (Arte del Cambio) de Florence, l'une des cinq corporations majeures et contribue au succès de la ville, qui l'impose en Europe. Le dynamisme du quartier d'affaires vénitien lui permet une expansion navale et la construction d'un arsenal qui est le plus important au monde et quadruple en quelques décennies.

Renaissance

Article détaillé : Renaissance italienne.

La Renaissance italienne, qui culmine au XVe siècle, prend racine en Toscane (Italie Centrale), concentrée autour de Florence et Sienne, puis a des répercussions importantes à Venise [7] puis s’installe à Rome, où fleurit une architecture à la mode antique.

La péninsule se distingue par les œuvres littéraires de Pétrarque, Castiglione et Machiavel ou les travaux d’artistes comme Michel-Ange et Léonard de Vinci et les grands travaux architecturaux, comme le Dôme de Florence et la basilique Saint-Pierre à Rome. La Renaissance italienne est aussi marquée par l'installation en France de financiers et d'artistes. Ainsi, les banques italiennes de Florence et Lucques, implantées à Lyon, comme la Banque Gadagne et les Capponi, qui fusionnent [8] et prêtent aux souverains espagnols et français qui se combattent. Le banquier Albisse Del Bene, issu d'une famille d'exilés florentins, est munitionnaire des armées et contrôle la levée des impôts dans toutes les régions de France [9].

Vers l'unification

150e anniversaire.

Du e au e siècle [10], c'est la Renaissance en Italie avec des artistes tels que Michel-Ange ou Raphaël, et des scientifiques comme Galilée qui font littéralement « renaître » l'art et la science, d'abord dans la péninsule puis dans l'Europe tout entière. À l'époque de Léonard de Vinci, l'Italie reste très morcelée sur le plan politique. Elle est constituée d'une mosaïque de principautés (duchés, cités-États…). Les princes italiens organisent chacun leur propre cour et se livrent souvent à des guerres sanglantes avec de multiples interventions extérieures, notamment de la France et de l' Espagne ( guerres d'Italie). Les guerres incessantes du e siècle dues aux ingérences des grands états européens ainsi que la montée en puissance de l'Autriche et des principautés allemandes expliquent en partie le déclin des principautés italiennes du e au e siècle.

La Révolution française et les guerres d'Italie qui s'ensuivent font naître au sein de l’intelligentsia italienne l'espoir d'une Italie unifiée, espoir vite effacé après que la péninsule se trouve de nouveau découpée en différents états.

Après les campagnes napoléoniennes, la Maison de Savoie, qui voit une occasion d'agrandir le royaume de Sardaigne, utilise les poussées nationalistes et s'engage dans trois guerres d’indépendance contre l' Empire Austro-Hongrois, la deuxième se faisant avec l'appui extérieur de la France. En 1859, la France du Second Empire et le royaume de Sardaigne concluent une alliance dans le but de rejeter l'Autriche hors de l'Italie du nord, la France devant recevoir la Savoie et le comté de Nice en récompense pour son aide. Toutefois, après l'occupation de la Lombardie, Napoléon III signe l' Armistice de Villafranca qui met fin à la campagne d'Italie, laissant ainsi la Vénétie autrichienne. N'ayant pas rempli ses obligations, Cavour refuse de céder la Savoie et Nice à la France. Toutefois, la défaite de l'Autriche affaiblit les petits États de la péninsule où des gouvernements libéraux se forment demandant l'annexion au royaume de Sardaigne. Cavour arrache l'accord de la France mais doit sacrifier la Savoie et Nice. La cession de Nice soulève de vives protestations, en particulier de Giuseppe Garibaldi, né à Nice.

Le , Napoléon III et Victor-Emmanuel II signent le traité de Turin, qui prévoit l'annexion de la Savoie et de Nice à la France. À la suite de l' expédition des Mille au sud et la descente subséquente des Piémontais du nord, le royaume de Sardaigne réussit à unifier une grande partie de la péninsule (à l'exclusion de Rome et de Venise) et à provoquer la proclamation du royaume d'Italie le , ayant comme capitale Turin, puis Florence à partir de 1865.

En 1866, Venise est annexée au royaume d'Italie, suivie par Rome, en 1870. Ceci provoque le début d'une fracture entre l'État italien et l' Église qui durera jusqu'aux accords du Latran, en 1929. La forme de gouvernement proclamée est celle d'une monarchie constitutionnelle, avec un parlement élu au suffrage restreint. Rome devient officiellement capitale de l'Italie en 1871.

En même temps, dans le Nord de la péninsule, se développe une puissante industrialisation liée aux capitaux d'une agriculture modernisée dans la plaine du Pô, les ressources hydroélectriques des Alpes et la délocalisation des industries du sud notamment textile vers le nord [11]. Cette industrialisation se concentre essentiellement sur le « Triangle d'Or », Turin, Milan et Gênes. Le Sud reste dominé par la production agricole mais aussi par des structures agraires quasi féodales : c'est le système des latifundia, grandes exploitations aux propriétaires absentéistes et routiniers, aux ouvriers agricoles sous-payés et des microfundia, minuscules propriétés destinées principalement à l'auto-consommation. Cette situation économique conduit au développement du brigandage, mouvement insurrectionnel politique et social de l'Italie méridionale, violemment réprimé et donnera naissance au début de l' immigration méridionale.

De la Première à la Seconde Guerre mondiale

Bien qu'ayant adhéré secrètement à la Triple-Alliance en 1882, l'Italie reste neutre au début de la Première Guerre mondiale, puis décide de s'allier à la Triple-Entente. Le 24 mai 1915, l'Italie déclare la guerre à l' Autriche-Hongrie. La guerre s'avère plus difficile que prévu : les armées autrichiennes et italiennes ne parviennent pas à prévaloir l'une sur l'autre. En 1917, après la défaite russe, les Allemands concentrent sept divisions sur le front italien pour aider leurs alliés autrichiens. Dans la bataille qui suit, à Caporetto, les Italiens subissent une très grave défaite et reculent de plus de 100 km sur la ligne du Piave. En juin 1918, s'engage la Bataille du Piave au cours de laquelle, les Autrichiens essayent sans succès de briser la ligne nord du front italien. Le 24 octobre, l'armée italienne lance une offensive victorieuse à Vittorio Veneto et contraint l'Autriche-Hongrie à la capitulation. Le 4 novembre est signée l' armistice de Villa Giusti. Par le traité de Versailles, les frontières italiennes furent rectifiées en sa faveur. Toutefois l'Italie n'obtint pas tous les territoires qu'elle revendiquait, notamment sur la question de l' irrédentisme, qui fut ressentie comme une « victoire mutilée », ce qui va favoriser l'agitation nationaliste et l'ascension de Mussolini.

Benito Mussolini était dans les années 1900 un jeune militant socialiste proche du syndicalisme révolutionnaire, un groupe qui ne croyait pas au « parlementarisme bourgeois » et était favorable à une révolution violente. Toutefois lors de l'entrée en guerre de l'Italie en 1915, Mussolini avait mûri également un fort penchant nationaliste. Il estimait notamment que la guerre était anticapitaliste car elle exaltait la valeur des masses paysannes et ouvrières au combat. Il estime toutefois qu'une révolution socialiste ne peut se réaliser qu'à travers la collaboration de toutes les classes, populaires et bourgeoises, pour le salut de la nation. Il est donc contraire à la lutte des classes.

Benito Mussolini avec Adolf Hitler.

De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique et politique. Mussolini l'exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et le patronat ( Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant des troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du fascisme. Après la marche sur Rome en octobre 1922, le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, lui confie le gouvernement. En 1924 le parti fasciste remporte les élections législatives. Le député socialiste Matteotti dénonce les violences et les intimidations dont sont victimes les opposants politiques. Il sera assassiné quelques jours plus tard. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, Mussolini installe progressivement l'appareil fasciste dans le pays. Son alliance militaire avec l' Allemagne nazie provoquera l'entrée de l'Italie dans la guerre aux côtés des forces de l' Axe.

Mussolini déclare la guerre à l'Angleterre et à la France le 10 juin 1940 à la veille de l'entrée des Allemands dans Paris. Lors de la signature du Pacte d'Acier en 1939 avec l'Allemagne, l'Italie avait estimé de ne pas pouvoir participer à une guerre de vaste ampleur avant l'année 1943, à cause de l'usure et de la vétusté de son armement. Les victoires éclair des Allemands poussèrent Mussolini à entrer en guerre dès 1940, pensant que l'issue en était proche. Les capacités industrielles de l'Italie à cette époque étaient très limitées et, contrairement à la Première Guerre mondiale où elle combattait sur un seul front, l'armée italienne était forcée de s'engager sur quatre fronts différents : en Libye, en Afrique orientale, dans les Balkans et en Russie. Les Italiens subissent plusieurs graves défaites et sont de plus en plus dépendants de leurs alliés allemands. Après la défaite de El Alamein et le débarquement anglo-américain au Maghreb (novembre 1942), Italiens et Allemands abandonnent l'Afrique (mai 1943). De plus, les armées du IIIe Reich ayant subi une grave défaite à Stalingrad en janvier 1943, l'armée italienne de Russie se désagrège dans une déroute catastrophique.

Le 10 juillet 1943, les Alliés débarquent en Sicile puis pénètrent dans le sud de l'Italie ; Mussolini est renversé puis emprisonné, sur ordre du roi. Le dictateur est délivré par un commando allemand ( 12 septembre). Alors que les Allemands se transforment d'alliés en occupants, le Duce installe, sous l'ordre de Hitler, une République sociale italienne (appelée aussi République de Salò) dans le nord du pays. Le maréchal Pietro Badoglio signe la capitulation le 8 septembre 1943, l'Italie du Sud poursuit la guerre au côté des Alliés, en même temps que s'engage une guerre civile en Italie du nord (fasciste) de Mussolini soutenue par les Allemands. L'Italie devient alors un vaste champ de bataille où s'affrontent plusieurs armées étrangères. Le 28 avril 1945, tentant de fuir vers la Suisse, Mussolini est exécuté (puis pendu) par des partisans communistes.

Époque contemporaine

Le , un référendum met fin à la monarchie, la République italienne est proclamée et la famille royale est exilée.

L’Italie s'installe alors dans un régime parlementaire, dominé par la Démocratie chrétienne et des partis laïques antifascistes, qui favorise, malgré de fréquentes crises ministérielles, à la fois la reconnaissance internationale, l'intégration européenne et un développement économique sans précédent. Vedette de la " Piazza Affari" milanaise, Fiat est le symbole du miracle italien, dont la période va des élections d'avril 1948 aux Jeux Olympiques de Rome en 1960 : 700 000 automobiles en 1955, 10 millions cinq ans après [12]. Le fabricant de scooters Vespa n'est pas en reste. Entre 1945 et 1965, il s'en vendra 3,5 millions.

Un Parti communiste italien de plus en plus fort, et relativement modéré, empêche toute alternance électorale jusqu'en 1976, moment du compromis historique mais aussi des années de plomb, marquées par le terrorisme d'extrême gauche. Peu à peu, la démocratie chrétienne, tout en restant incontournable, laisse une partie du pouvoir à des partis moins importants comme le Parti républicain italien ou le Parti socialiste italien. Des réformes sociales majeures sont adoptées après référendum (le divorce, l' avortement) ou après le vote de lois, ainsi qu'une transformation du Système de retraite en Italie, afin de développer des formules de retraite par capitalisation.

Les gratte-ciel de Milan.

Un climat affairiste, de plus en plus corrompu, s'installe, ce qui provoque l'opération judiciaire dite Mani pulite (Mains propres). Il s'ensuit une réorganisation politique massive qui voit l'explosion des trois grandes forces politiques (la démocratie chrétienne, le parti communiste et le parti socialiste) en une myriade de partis, changements accentués par le référendum de 1993 et l'adoption en 1994 d'une loi électorale posant les bases d'un système électoral mixte. Ces changements provoquent la descente politique de Silvio Berlusconi dont les affaires avaient bénéficié du gouvernement du socialiste Bettino Craxi. S'il est rapidement lâché par ses alliés (comme la Ligue du Nord), il n'en revient pas moins au pouvoir en 2001 avec une victoire électorale écrasante, après un intermède, dominé par le centre-gauche, incapable de faire aboutir une réforme constitutionnelle majeure. Ce gouvernement Silvio Berlusconi II est jusqu'à présent le plus long de toute l'histoire républicaine.

En 2006, la gauche, menée par Romano Prodi, revient au pouvoir à la suite d'une courte victoire aux élections législatives. En août 2006, Ehud Olmert demande à Romano Prodi que l'Italie prenne la direction de la Finul renforcée après le conflit israélo-libanais, ce qui fut le cas en février 2007.

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