Italie

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Italie (homonymie).

République italienne

Repubblica italiana (it)

Drapeau
Drapeau de l’Italie
Blason
Armoiries de l’Italie
Hymne national Fratelli d’Italia
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président de la République Sergio Mattarella
Président du Conseil Matteo Renzi
Langues officielles Italien [1], [2]
Capitale Rome

41° 53′ N, 12° 29′ E

Géographie
Plus grande ville Rome
Superficie totale 301 336  km2
( classé 72e)
Superficie en eau 3,4
Fuseau horaire

UTC +1: ( CET);

Heure d'été: UTC +2: ( CEST)
Histoire
Fondation de Rome. VIIIe siècle VIIIe siècle av. J.-C.
Vexilloid of the Roman Empire.svg Empire romain. 27 av. J.-C.
Iron Crown.JPG Royaume d'Italie. Avec le couronnement de Pépin d'Italie en 781.
Flag of Italy (1861-1946).svg Unification
Flag of Italy.svg République
Démographie
Gentilé Italien
Population totale (2015) 60 795 612 [3] hab.
( classé 23e)
Densité 202 hab./km2
Économie
PIB nominal ( 2015) en diminution 1815,757 milliards de $
-15,23% [4] ( 8e/62)
PIB (PPA) ( 2015) en augmentation 2170,909 milliards de $
+1,77% [4] ( 10e/62)
PIB nominal par hab. ( 2015) en diminution 29866,581 $
-15,25% [4] (14e/30)
PIB (PPA) par hab. ( 2015) en augmentation 35708,311 $
+1,75% [4] (14e/30)
Taux de chômage ( 2015) Decrease Positive.svg 11,5% de la pop. active
Dette publique brute ( 2014) Increase Negative.svg 2 134,74 milliards d' (132,1% du PIB)
+ 2,8%
IDH ( 2012) en stagnation 0,881 (très élevé) ( 25e)
Monnaie Euro [5] ( EUR​)
Divers
Code ISO 3166-1 ITA, IT​
Domaine Internet .it
Indicatif téléphonique +39

L’Italie, en forme longue la République italienne (en italien Italia Prononciation du titre dans sa version originale  Écouter et Repubblica italiana), est un pays d’ Europe du Sud correspondant physiquement à une partie continentale, une péninsule située au centre de la mer Méditerranée et une partie insulaire constituée par les deux plus grandes îles de cette mer, la Sicile et la Sardaigne, et beaucoup d'autres îles plus petites (hormis la Corse, rattachée administrativement à la France). Elle est rattachée au reste du continent par le massif des Alpes. Le territoire italien correspond approximativement à la région géographique homonyme.

L’apport de l’Italie à la civilisation occidentale est immense : elle est notamment le berceau de la civilisation étrusque, de la Grande-Grèce, de l' Empire romain, du Saint-Siège, des républiques maritimes, de l' humanisme et de la Renaissance. Existant en tant qu’ État unitaire depuis le Risorgimento (Renaissance ou Résurrection) mené par le royaume de Sardaigne en 1861, l'Italie est une république depuis l'abolition par référendum de la monarchie italienne en 1946. Elle est membre fondateur de l’ Union européenne et de la zone euro.

L'Italie est, en ce début de XXIe siècle, un acteur majeur de la scène internationale, forte de ses soixante millions d’habitants, de sa position de huitième puissance économique mondiale et de son rôle au sein de nombreuses organisations internationales ( Union européenne, Organisation du traité de l'Atlantique nord, G7, Organisation de coopération et de développement économiques).

Histoire

Articles détaillés : Histoire de l'Italie et Chronologie de l'Italie.

Étymologie

Bas-relief représentant des têtes de taureaux dans la Nécropole de Su Crucifissu Mannu prés de Porto Torres en Sardaigne datant du IVe millénaire av. J.-C.. Ces représentations abstraites de taureaux sont retrouvées en grand nombre en Italie.
Bas-relief représentant des têtes de taureaux dans la Nécropole de Su Crucifissu Mannu prés de Porto Torres en Sardaigne datant du IVe millénaire IVe millénaire av. J.-C.. Ces représentations abstraites de taureaux sont retrouvées en grand nombre en Italie.
 
Tombe des géants d'Osono en Sardaigne en forme de tête de taureau du IIe millénaire av. J.-C.
Evolution du territoire dénommé Italia du Ve siècle Ve siècle av. J.-C. à Dioclétien [6]

Au Ve siècle Ve siècle av. J.-C. le nom « Italia » désigne à l'origine seulement une partie de ce qu'est maintenant l'Italie du Sud. Selon Antiochos de Syracuse, c'est la partie du sud de la péninsule ( Bruttium), l'actuelle région italienne de la Calabre habitée par les Italos (et plus précisément l' isthme de Catanzaro). Au IIe siècle IIe siècle av. J.-C., l'historiographe grec Polybe appelle Italie le territoire compris entre le Détroit de Messine et les Apennins septentrionaux, bien que son contemporain romain Caton l'Ancien étende le concept territorial de la péninsule jusqu'à l'arc alpin. C'est sous le règne de l'Empereur Auguste ( Ier siècle Ier siècle av. J.-C.) que le terme a été étendu officiellement pour couvrir la péninsule jusqu'aux Alpes, unifiant ainsi la zone géographique italienne et unifiant pour la première fois l'ensemble du peuple ethnoculturel italique qui y vivait. La Sicile, la Sardaigne et la Corse ne feront pas partie de l'Italie avant le IIIe siècle, conséquence des réformes administratives de Dioclétien, même si leurs rapports culturels étroits avec la péninsule permettent de les considérer comme partie intégrante de l'Italie.

Le nom Italia pourrait aussi venir du nom d'Italos, fils de Telegonos et de Pénélope, roi des Œnotres ou Œnotriens, royaume correspondant à une partie de la Calabre et des Pouilles, allant jusqu'à Tarente au sud. "Italos devint un législateur si apprécié pour sa justice et sa manière de gouverner, que son peuple appela ses territoires du nom d'Italie en son honneur, en sa mémoire", d'après l'Énéide de Virgile.

Une des plus anciennes inscriptions faisant apparaître le mot Italie sous la forme ITALIA se trouve sur une monnaie datant du Ier siècle Ier siècle av. J.-C., retrouvée dans l'ancienne Corfininium dans les Abruzzes, capitale de la Confédération italique. La monnaie avait été frappée par la confédération des peuples italiques, en guerre contre Rome pour obtenir la citoyenneté romaine ( Guerre sociale). Le taureau était un symbole fort dans les royaumes italiques et était souvent dépeint donnant un coup de corne au loup romain, symbole provocant de l'Italie libre pendant la Guerre sociale (Rome) au Ier siècle Ier siècle av. J.-C.

Le terme même d’Italia évolue pendant l'Antiquité. Pour les Grecs, il s'agissait seulement du royaume voisin d' Italos. Une origine populaire rapproche l'étymologie à un épisode de la mythologie grecque des travaux d'Héraclès. En effet, après avoir volé les 115 bœufs de Géryon, le héros mena le troupeau le long des côtes italiennes, lorsqu'un taureau s'échappa jusqu'en Sicile. Héraclès l'y retrouva et appela le pays Italia. Une autre version grecque emploie les termes Ouitalia et Ouitalios, en les rapprochant du grec étalon (anciennement Wetalon) signifiant : « taureau ». Il est possible également que les ítalos prenaient leur nom de l'animal, le taureau, et que dans un printemps sacré, ils les avait guidés jusqu'aux lieux ou ils se sont certainement installés. L'historien grec Dionysius de Halicarnasse expose ce compte rendu ensemble avec la légende que l'Italie a porté le nom d'Italus, mentionné aussi par Aristote et Thucydide.

Une autre étymologie est proposée, sur le rapprochement de it- et de aithô, en grec : ce verbe signifie « brûler », et on le retrouverait dans le radical du nom du volcan Etna. Sa présence serait justifiée du fait que, « Italie » étant un nom donné par les Grecs, venant de l'est, ils voient le soleil couchant rougeoyer et brûler l'horizon à l'endroit de la péninsule. On trouve le terme aithalia également utilisé à l'époque antique pour les îles de Lemnos (sans doute du fait de son activité métallurgique) et d' Elbe, pour la même raison qu'« Italie ». Son usage pour l'Etna ou Aithna est transparent. Le nom d’aithalia aurait été donné en premier lieu aux côtes sud de la Botte, là où les Grecs ont accosté en premier, sur le continent.

Avant et pendant Rome

Avant le développement de Rome, l'Italie était composée de plusieurs cultures et civilisations, pour la plupart indo-européennes ( Italiotes ou italiques), sur un substrat ligure du Néolithique. Sur ces cultures qualifiées d'autochtones, empiétaient :

Sous la République romaine, la limite nord de l'Italie s'arrête à la Gaule cisalpine, au niveau des fleuves Aesis - puis en -59 le Rubicon - et Magra. En -42, la Cisalpine est réunie à l'Italie qui s'arrête désormais aux Alpes. Cette dernière limite est fixée au trophée des Alpes mais est ensuite déplacée. Rome attribue la citoyenneté romaine à l'ensemble des Italiens dès -89, elle ne l'étend à tout l'Empire que trois siècles plus tard ( édit de Caracalla, 211- 212)

Rome et son empire

Article détaillé : Italie (époque romaine).
Photographie représentant Romulus et Rémus nourris par la louve capitoline
Romulus et Rémus nourris par la louve, mythe fondateur de la civilisation romaine, musées du Capitole ( Rome).

Selon la légende, la fondation de Rome est due à Romulus et Rémus au milieu du VIIIe siècle VIIIe siècle av. J.-C.. La civilisation de Rome connut une première phase d'expansion sous le gouvernement des rois de Rome, qui sont également les fondateurs symboliques de nombreuses institutions romaines. L'unification de la péninsule est conduite à l'époque de la République. Après la victoire de Rome contre Carthage lors de la première guerre punique, les principales îles de la Méditerranée occidentale passèrent également sous le contrôle de Rome. Les deuxième et troisième guerres puniques lui assurèrent le contrôle de tout le pourtour du bassin occidental de la Méditerranée.

Au Ier siècle, Rome domine tout le bassin méditerranéen, mais après la mort de Jules César, le 15 mars 44, la république sombre dans la guerre civile. Son successeur Octave (futur empereur Auguste) après avoir vaincu Marc-Antoine et Cléopâtre transforme la République en Empire et met ainsi fin à de longues années d'instabilité politique. Le gouvernement des territoires contrôlés par Rome se caractérise par le respect des cultures locales et par le développement économique favorisé par la réalisation de grandes infrastructures.

Empire Romain à son apogée.
L'Italie et ses régions à l'époque de l' Empire romain au Ier siècle Ier siècle av. J.-C..
Le Trophée des Alpes (aujourd'hui dans la commune français de La Turbie marquait la frontière côtière entre l'Italie et la Gaule augustéennes

L'empire était composé de l'Italie (métropole de l'empire) et des provinces romaines (territoires situés à l'extérieur de la péninsule). Juridiquement le territoire de l'Italie était assimilé à celui de la ville de Rome, ses habitants libres étaient tous citoyens romains grâce au droit du sol (jus soli). Les citoyens romains pouvaient servir dans les légions mais avaient aussi beaucoup de privilèges sociaux par rapport aux non-citoyens. Le programme politique des empereurs était d'intégrer de plus en plus les provinces à la civilisation romaine, ceci, au fil des siècles, a eu comme conséquence une perte progressive de l'hégémonie de l'Italie sur les provinces. Au IIIe et IVe siècle l'Empire romain se transforme, de facto, d'un empire colonial à un empire universel où tous les hommes libres étaient citoyens d'une même nation. À cette époque les légionnaires sont principalement recrutés parmi les citoyens romains issus des provinces, notamment d'Illyrie et de Thrace. En mars 293 [7], la première Tétrarchie est officiellement mise en place, l'empire est donc divisé en deux pour être mieux gouverné ( Empire romain d'Occident et Empire romain d'Orient ou Empire byzantin). Milan devient la capitale de l'Empire romain d'Occident.

En 313, l'empereur Constantin promulgue l' Édit de Milan qui met fin aux persécutions contre les chrétiens et garantit à tous les citoyens la liberté de culte. Le christianisme se propage en Italie surtout à partir de la ville de Rome, cité cosmopolite dans laquelle vivaient de nombreux immigrés originaires des provinces d'orient, où le christianisme était plus répandu. L'église romaine récupère un certain nombre de traditions païennes et les assimile dans sa liturgie. Les cultes polythéistes sont ainsi transformés en vénération des saints et de la Vierge Marie. Par exemple, beaucoup de temples dédiés à Vénus se transforment en églises consacrées à la mère de Jésus et dans les petites villes les cérémonies dédiées à un dieu protecteur deviennent des fêtes patronales en l'honneur d'un saint que l'imaginaire populaire associe au dieu précédent: protecteur des malades, de l'agriculture, de la chasse, des soldats, des marins etc. Par cette politique l'église romaine arrive à mieux faire accepter aux italiens, très attachés à leurs traditions, le passage au christianisme, le même processus aura lieu dans les provinces. En 380 l'empereur Théodose élève le christianisme au rang de religion d'État.

Au Ve siècle, la ville de Ravenne (nord-est de l'Italie) devient capitale de l'empire d'occident, elle sera la dernière. À cette époque, l’empire est confronté à une longue série d' invasions barbares : les Wisigoths, les Huns, les Ostrogoths, les Vandales et les Francs. Sous le coup de ces invasions, l'Empire romain d'Occident s'effondra rapidement. Les barbares qui avaient été accueillis en tant que fédérés à l'intérieur des limes, forment des royaumes qui sont de plus en plus autonomes par rapport au pouvoir impérial. En 476, Odoacre, un patricien d'origine germanique, renonce à assumer le titre d'empereur et à gouverner les provinces, il s'autoproclame simplement roi d'Italie, cette date marque la fin de l'Empire romain d'Occident. L'Empire romain d’Orient résiste encore un millénaire.

La statue ci-dessus de la louve romaine est authentique, mais pas les deux jumeaux qui ont été rajoutés à la renaissance.

Italie médiévale

Articles détaillés : Italie médiévale et République maritime.

L'Italie médiévale est le théâtre d'une grande rivalité entre les villes du nord de la Péninsule, qui deviennent des centres textiles et des centres financiers et monétaires pour certaines d'entre elles. Florence, Gênes, Venise créent des monnaies en or, en créant chacune une pièce fabriquée dans ce métal, plus difficile à rogner et à falsifier. Le florin, principale monnaie du Moyen Âge, est créé en 1252 par la corporation des changeurs et banquiers (Arte del Cambio) de Florence, l'une des cinq corporations majeures et contribue au succès de la ville, qui l'impose en Europe. Le dynamisme du quartier d'affaires vénitien lui permet une expansion navale et la construction d'un arsenal qui est le plus important au monde et quadruple en quelques décennies.

Renaissance

Article détaillé : Renaissance italienne.

La Renaissance italienne, qui culmine au XVe siècle, prend racine en Toscane (Italie Centrale), concentrée autour de Florence et Sienne, puis a des répercussions importantes à Venise [8] puis s’installe à Rome, où fleurit une architecture à la mode antique.

La péninsule se distingue par les œuvres littéraires de Pétrarque, Castiglione et Machiavel ou les travaux d’artistes comme Michel-Ange et Léonard de Vinci et les grands travaux architecturaux, comme le Dôme de Florence et la basilique Saint-Pierre à Rome. La Renaissance italienne est aussi marquée par l'installation en France de financiers et d'artistes. Ainsi, les banques italiennes de Florence et Lucques, implantées à Lyon, comme la Banque Gadagne et les Capponi, qui fusionnent [9] et prêtent aux souverains espagnols et français qui se combattent. Le banquier Albisse Del Bene, issu d'une famille d'exilés florentins, est munitionnaire des armées et contrôle la levée des impôts dans toutes les régions de France [10].

Vers l'unification

150e anniversaire

Du XIVe au XVIe siècle [11], c'est la Renaissance en Italie avec des artistes tels que Michel-Ange ou Raphaël, et des scientifiques comme Galilée qui font littéralement « renaître » l'art et la science, d'abord dans la péninsule puis dans l'Europe tout entière. À l'époque de Léonard de Vinci, l'Italie reste très morcelée sur le plan politique. Elle est constituée d'une mosaïque de principautés (duchés, cités-États…). Les princes italiens organisent chacun leur propre cour et se livrent souvent à des guerres sanglantes avec de multiples interventions extérieures, notamment de la France et de l' Espagne ( guerres d'Italie). Les guerres incessantes du XVIe siècle dues aux ingérences des grands états européens ainsi que la montée en puissance de l'Autriche et des principautés allemandes expliquent en partie le déclin des principautés italiennes du XVIIe au XIXe siècle.

La Révolution française et les guerres d'Italie qui s'ensuivent font naître au sein de l’intelligentsia italienne l'espoir d'une Italie unifiée, espoir vite effacé après que la péninsule se trouve de nouveau découpée en différents états.

Après les campagnes napoléoniennes, la Maison de Savoie, qui voit une occasion d'agrandir le royaume de Sardaigne, utilise les poussées nationalistes et s'engage dans trois guerres d’indépendance contre l' Empire Austro-Hongrois, la deuxième se faisant avec l'appui extérieur de la France. En 1859, la France du Second Empire et le royaume de Sardaigne concluent une alliance dans le but de rejeter l'Autriche hors de l'Italie du nord, la France devant recevoir la Savoie et le comté de Nice en récompense pour son aide. Toutefois, après l'occupation de la Lombardie, Napoléon III signe l' Armistice de Villafranca qui met fin à la campagne d'Italie, laissant ainsi la Vénétie autrichienne. N'ayant pas rempli ses obligations, Cavour refuse de céder la Savoie et Nice à la France. Toutefois, la défaite de l'Autriche affaiblit les petits États de la péninsule où des gouvernements libéraux se forment demandant l'annexion au royaume de Sardaigne. Cavour arrache l'accord de la France mais doit sacrifier la Savoie et Nice. La cession de Nice soulève de vives protestations, en particulier de Giuseppe Garibaldi, né à Nice.

Le , Napoléon III et Victor-Emmanuel II signent le traité de Turin, qui prévoit l'annexion de la Savoie et de Nice à la France. À la suite de l' expédition des Mille au sud et la descente subséquente des Piémontais du nord, le royaume de Sardaigne réussit à unifier une grande partie de la péninsule (à l'exclusion de Rome et de Venise) et à provoquer la proclamation du royaume d'Italie le , ayant comme capitale Turin, puis Florence à partir de 1865.

En 1866, Venise est annexée au royaume d'Italie, suivie par Rome, en 1870. Ceci provoque le début d'une fracture entre l'État italien et l' Église qui durera jusqu'aux Accords du Latran, en 1929. La forme de gouvernement proclamée est celle d'une monarchie constitutionnelle, avec un parlement élu au suffrage restreint. Rome devient officiellement capitale de l'Italie en 1871.

En même temps, dans le Nord de la péninsule, se développe une puissante industrialisation liée aux capitaux d'une agriculture modernisée dans la plaine du Pô, les ressources hydroélectriques des Alpes et la délocalisation des industries du sud notamment textile vers le nord [12]. Cette industrialisation se concentre essentiellement sur le « Triangle d'Or », Turin, Milan et Gênes. Le Sud reste dominé par la production agricole mais aussi par des structures agraires quasi féodales : c'est le système des latifundia, grandes exploitations aux propriétaires absentéistes et routiniers, aux ouvriers agricoles sous-payés et des microfundia, minuscules propriétés destinées principalement à l'auto-consommation. Cette situation économique conduit au développement du brigandage, mouvement insurrectionnel politique et social de l'Italie méridionale, violemment réprimé et donnera naissance au début de l' immigration méridionale.

De la Première à la Seconde Guerre mondiale

Bien qu'ayant adhéré secrètement à la Triple-Alliance en 1882, l'Italie reste neutre au début de la Première Guerre mondiale, puis décide de s'allier à la Triple-Entente. Le 24 mai 1915, l'Italie déclare la guerre à l' Autriche-Hongrie. La guerre s'avère plus difficile que prévu : les armées autrichiennes et italiennes ne parviennent pas à prévaloir l'une sur l'autre. En 1917, après la défaite russe, les Allemands concentrent sept divisions sur le front italien pour aider leurs alliés autrichiens. Dans la bataille qui suit, à Caporetto, les Italiens subissent une très grave défaite et reculent de plus de 100 km sur la ligne du Piave. En juin 1918, s'engage la Bataille du Piave au cours de laquelle, les Autrichiens essayent sans succès de briser la ligne nord du front italien. Le 24 octobre, l'armée italienne lance une offensive victorieuse à Vittorio Veneto et contraint l'Autriche-Hongrie à la capitulation. Le 4 novembre est signée l' armistice de Villa Giusti. Par le traité de Versailles, les frontières italiennes furent rectifiées en sa faveur. Toutefois l'Italie n'obtint pas tous les territoires qu'elle revendiquait, notamment sur la question de l' irrédentisme, qui fut ressentie comme une « victoire mutilée », ce qui va favoriser l'agitation nationaliste et l'ascension de Mussolini.

Benito Mussolini était dans les années 1900 un jeune militant socialiste proche du syndicalisme révolutionnaire, un groupe qui ne croyait pas au « parlementarisme bourgeois » et était favorable à une révolution violente. Toutefois lors de l'entrée en guerre de l'Italie en 1915, Mussolini avait mûri également un fort penchant nationaliste. Il estimait notamment que la guerre était anticapitaliste car elle exaltait la valeur des masses paysannes et ouvrières au combat. Il estime toutefois qu'une révolution socialiste ne peut se réaliser qu'à travers la collaboration de toutes les classes, populaires et bourgeoises, pour le salut de la nation. Il est donc contraire à la lutte des classes.

De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique et politique. Mussolini l'exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et le patronat ( Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant des troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du fascisme. Après la marche sur Rome en octobre 1922, le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, lui confie le gouvernement. En 1924 le parti fasciste remporte les élections législatives. Le député socialiste Matteotti dénonce les violences et les intimidations dont sont victimes les opposants politiques. Il sera assassiné quelques jours plus tard. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, Mussolini installe progressivement l'appareil fasciste dans le pays. Son alliance militaire avec l' Allemagne nazie provoquera l'entrée de l'Italie dans la guerre aux côtés des forces de l' Axe.

Mussolini déclare la guerre à l'Angleterre et à la France le 10 juin 1940 à la veille de l'entrée des Allemands dans Paris. Lors de la signature du Pacte d'Acier en 1939 avec l'Allemagne, l'Italie avait estimé de ne pas pouvoir participer à une guerre de vaste ampleur avant l'année 1943, à cause de l'usure et de la vétusté de son armement. Les victoires éclair des Allemands poussèrent Mussolini à entrer en guerre dès 1940, pensant que l'issue en était proche. Les capacités industrielles de l'Italie à cette époque étaient très limitées et, contrairement à la Première Guerre mondiale où elle combattait sur un seul front, l'armée italienne était forcée de s'engager sur quatre fronts différents : en Libye, en Afrique orientale, dans les Balkans et en Russie. Les Italiens subissent plusieurs graves défaites et sont de plus en plus dépendants de leurs alliés allemands. Après la défaite de El Alamein et le débarquement anglo-américain au Maghreb (novembre 1942), Italiens et Allemands abandonnent l'Afrique (mai 1943). De plus, les armées du IIIe Reich ayant subi une grave défaite à Stalingrad en janvier 1943, l'armée italienne de Russie se désagrège dans une déroute catastrophique.

Le 10 juillet 1943, les Alliés débarquent en Sicile puis pénètrent dans le sud de l'Italie ; Mussolini est renversé puis emprisonné, sur ordre du roi. Le dictateur est délivré par un commando allemand ( 12 septembre). Alors que ceux-ci se transforment d'alliés en occupants, le Duce installe sous l'ordre de Hitler une République sociale italienne (appelée aussi République de Salò) dans le nord du pays. Le maréchal Pietro Badoglio signe la capitulation le 8 septembre 1943, l'Italie du Sud poursuit la guerre au côté des Alliés, en même temps que s'engage une guerre civile en Italie du nord (fasciste) de Mussolini soutenue par les Allemands. L'Italie devient alors un vaste champ de bataille où s'affrontent plusieurs armées étrangères. Le 28 avril 1945, tentant de fuir vers la Suisse, Mussolini est exécuté (puis pendu) par des partisans communistes.

Époque contemporaine

En juin 1946, un référendum serré met fin à la monarchie, la République italienne est proclamée et la famille royale est exilée.

L’Italie s'installe alors dans un régime parlementaire, dominé par la démocratie chrétienne et des partis laïques antifascistes, qui favorise, malgré de fréquentes crises ministérielles, à la fois la reconnaissance internationale, l'intégration européenne et un développement économique sans précédent. Vedette de la " Piazza Affari" milanaise, Fiat est le symbole du miracle italien, dont la période va des élections d'avril 1948 aux Jeux Olympiques de Rome en 1960 : 700 000 automobiles en 1955, 10 millions cinq ans après [13]. Le fabricant de scooters Vespa n'est pas en reste. Entre 1945 et 1965, il s'en vendra 3,5 millions.

Un parti communiste italien de plus en plus fort, et relativement modéré, empêche toute alternance électorale jusqu'en 1976, moment du compromis historique mais aussi des années de plomb, marquées par le terrorisme d'extrême gauche. Peu à peu, la démocratie chrétienne, tout en restant incontournable, laisse une partie du pouvoir à des partis moins importants comme le parti républicain italien ou le parti socialiste italien. Des réformes sociales majeures sont adoptées après référendum (le divorce, l' avortement) ou après le vote de lois, ainsi qu'une transformation du Système de retraite en Italie, afin de développer des formules de retraite par capitalisation.

Les gratte-ciel de Milan.

Un climat affairiste, de plus en plus corrompu, s'installe, ce qui provoque l'opération judiciaire dite Mani pulite (Mains propres). Il s'ensuit une réorganisation politique massive qui voit l'explosion des trois grandes forces politiques (la démocratie chrétienne, le parti communiste et le parti socialiste) en une myriade de partis, changements accentués par le référendum de 1993 et l'adoption en 1994 d'une loi électorale posant les bases d'un système électoral mixte. Ces changements provoquent la descente politique de Silvio Berlusconi dont les affaires avaient bénéficié du gouvernement du socialiste Bettino Craxi. S'il est rapidement lâché par ses alliés (comme la Ligue du Nord), il n'en revient pas moins au pouvoir en 2001 avec une victoire électorale écrasante, après un intermède, dominé par le centre-gauche, incapable de faire aboutir une réforme constitutionnelle majeure. Ce gouvernement Silvio Berlusconi II est jusqu'à présent le plus long de toute l'histoire républicaine.

En 2006, la gauche, menée par Romano Prodi, revient au pouvoir à la suite d'une courte victoire aux élections législatives. En août 2006, Ehud Olmert demande à Romano Prodi que l'Italie prenne la direction de la Finul renforcée après le conflit israélo-libanais, ce qui fut le cas en février 2007.

Other Languages
Аҧсшәа: Италиа
Acèh: Itali
адыгабзэ: Италие
Afrikaans: Italië
Akan: Italy
Alemannisch: Italien
አማርኛ: ጣልያን
aragonés: Italia
Ænglisc: Italia
العربية: إيطاليا
ܐܪܡܝܐ: ܐܝܛܠܝܐ
مصرى: ايطاليا
অসমীয়া: ইটালী
asturianu: Italia
Aymar aru: Italiya
azərbaycanca: İtaliya
تۆرکجه: ایتالیا
башҡортса: Италия
Boarisch: Italien
žemaitėška: Italėjė
Bikol Central: Italya
беларуская: Італія
беларуская (тарашкевіца)‎: Італія
български: Италия
भोजपुरी: इटली
Bislama: Itali
বাংলা: ইতালি
བོད་ཡིག: ཨི་ཏ་ལི།
বিষ্ণুপ্রিয়া মণিপুরী: ইতালি
brezhoneg: Italia
bosanski: Italija
ᨅᨔ ᨕᨘᨁᨗ: Italia
буряад: Итали
català: Itàlia
Chavacano de Zamboanga: Italia
Mìng-dĕ̤ng-ngṳ̄: É-dâi-lé
нохчийн: Итали
Cebuano: Italya
Chamoru: Italia
ᏣᎳᎩ: ᎢᏔᎵ
Tsetsêhestâhese: Italy
کوردیی ناوەندی: ئیتالیا
corsu: Italia
Nēhiyawēwin / ᓀᐦᐃᔭᐍᐏᐣ: ᐃᑕᓖ
qırımtatarca: İtaliya
čeština: Itálie
kaszëbsczi: Italskô
словѣньскъ / ⰔⰎⰑⰂⰡⰐⰠⰔⰍⰟ: Їталїꙗ
Чӑвашла: Итали
Cymraeg: Yr Eidal
dansk: Italien
Deutsch: Italien
Zazaki: İtalya
dolnoserbski: Italska
ދިވެހިބަސް: އިޓަލީވިލާތް
ཇོང་ཁ: ཨྀཊ་ལི་
eʋegbe: Italy
Ελληνικά: Ιταλία
emiliàn e rumagnòl: Itâglia
English: Italy
Esperanto: Italio
español: Italia
eesti: Itaalia
euskara: Italia
estremeñu: Italia
فارسی: ایتالیا
Fulfulde: Italiya
suomi: Italia
Võro: Itaalia
Na Vosa Vakaviti: Italia
føroyskt: Italia
arpetan: Étalia
Nordfriisk: Itaalien
furlan: Italie
Frysk: Itaalje
Gaeilge: An Iodáil
Gagauz: İtaliya
贛語: 意大利
Gàidhlig: An Eadailt
galego: Italia
Avañe'ẽ: Itália
गोंयची कोंकणी / Gõychi Konknni: इटली
𐌲𐌿𐍄𐌹𐍃𐌺: 𐌹𐍄𐌰𐌻𐌹𐌰
ગુજરાતી: ઈટલી
Gaelg: Yn Iddaal
Hausa: Italiya
客家語/Hak-kâ-ngî: Yi-thai-li
Hawaiʻi: ʻĪkālia
עברית: איטליה
हिन्दी: इटली
Fiji Hindi: Italy
hrvatski: Italija
hornjoserbsce: Italska
Kreyòl ayisyen: Itali
magyar: Olaszország
Հայերեն: Իտալիա
interlingua: Italia
Bahasa Indonesia: Italia
Interlingue: Italia
Igbo: Italy
Ilokano: Italia
Ido: Italia
íslenska: Ítalía
italiano: Italia
ᐃᓄᒃᑎᑐᑦ/inuktitut: Italy
日本語: イタリア
Patois: Itali
la .lojban.: italias
Basa Jawa: Itali
ქართული: იტალია
Qaraqalpaqsha: İtaliya
Taqbaylit: Ṭelyan
Адыгэбзэ: Италэ
Kongo: Italia
Gĩkũyũ: Itari
қазақша: Италия
kalaallisut: Italia
ភាសាខ្មែរ: អ៊ីតាលី
ಕನ್ನಡ: ಇಟಲಿ
한국어: 이탈리아
Перем Коми: Италья
къарачай-малкъар: Италия
Ripoarisch: Italie
Kurdî: Îtalya
коми: Италия
kernowek: Itali
Кыргызча: Италия
Latina: Italia
Ladino: Italia
Lëtzebuergesch: Italien
лезги: Италия
Luganda: Yitale
Limburgs: Italië
Ligure: Italia
lumbaart: Itàlia
lingála: Italya
لۊری شومالی: ایتالیا
lietuvių: Italija
latgaļu: Italeja
latviešu: Itālija
मैथिली: इटाली
Basa Banyumasan: Italia
мокшень: Италие
Malagasy: Italia
олык марий: Италий
Māori: Itāria
Baso Minangkabau: Italia
македонски: Италија
മലയാളം: ഇറ്റലി
монгол: Итали
मराठी: इटली
Bahasa Melayu: Itali
Malti: Italja
Mirandés: Eitália
မြန်မာဘာသာ: အီတလီနိုင်ငံ
مازِرونی: ایتالیا
Dorerin Naoero: Itari
Nāhuatl: Italia
Napulitano: Italia
Plattdüütsch: Italien
Nedersaksies: Italiën
नेपाली: इटाली
नेपाल भाषा: इटाली
Nederlands: Italië
norsk nynorsk: Italia
norsk bokmål: Italia
Novial: Italia
Nouormand: Italie
Sesotho sa Leboa: Italia
Diné bizaad: Ídelii
Chi-Chewa: Italia
occitan: Itàlia
Livvinkarjala: Itualii
Oromoo: Xaaliyaanii
ଓଡ଼ିଆ: ଇଟାଲୀ
Ирон: Итали
ਪੰਜਾਬੀ: ਇਟਲੀ
Pangasinan: Italia
Kapampangan: Italya
Papiamentu: Italia
Picard: Italie
Deitsch: Idali
Pälzisch: Italien
पालि: इटली
Norfuk / Pitkern: Italii
polski: Włochy
Piemontèis: Italia
پنجابی: اٹلی
Ποντιακά: Ιταλία
پښتو: اېټاليا
português: Itália
Runa Simi: Italya
rumantsch: Italia
Romani: Italiya
Kirundi: Ubutariyano
română: Italia
armãneashti: Italia
tarandíne: Itaglie
русский: Италия
русиньскый: Італія
Kinyarwanda: Ubutaliyani
संस्कृतम्: इटली
саха тыла: Италия
sardu: Itàlia
sicilianu: Italia
Scots: Italy
سنڌي: اٽلي
sámegiella: Itália
Sängö: Italùii
srpskohrvatski / српскохрватски: Italija
සිංහල: ඉතාලිය
Simple English: Italy
slovenčina: Taliansko
slovenščina: Italija
Gagana Samoa: Italia
chiShona: Italy
Soomaaliga: Talyaaniga
shqip: Italia
српски / srpski: Италија
Sranantongo: Italiyanikondre
SiSwati: INtaliyane
Sesotho: Ithali
Seeltersk: Italien
Basa Sunda: Italia
svenska: Italien
Kiswahili: Italia
ślůnski: Italijo
தமிழ்: இத்தாலி
తెలుగు: ఇటలీ
tetun: Itália
тоҷикӣ: Итолиё
ትግርኛ: ጣልያን
Türkmençe: Italiýa
Tagalog: Italya
Setswana: Italia
Tok Pisin: Itali
Türkçe: İtalya
татарча/tatarça: Италия
chiTumbuka: Italy
Twi: Italy
reo tahiti: ’Itāria
тыва дыл: Италия
удмурт: Италия
ئۇيغۇرچە / Uyghurche: ئىتالىيە
українська: Італія
اردو: اطالیہ
oʻzbekcha/ўзбекча: Italiya
Tshivenda: Italy
vèneto: Itałia
vepsän kel’: Italii
Tiếng Việt: Ý
West-Vlams: Itoalië
Volapük: Litaliyän
walon: Itåleye
Winaray: Italya
Wolof: Itaali
吴语: 意大利
მარგალური: იტალია
ייִדיש: איטאליע
Yorùbá: Itálíà
Zeêuws: Itâlië
中文: 意大利
文言: 義大利
Bân-lâm-gú: Í-tāi-lī
粵語: 意大利
isiZulu: ITaliya