Isolationnisme aux États-Unis

« Pas d'engagements à l'étranger ». Slogan dans une manifestation anti-guerre antérieure à l' attaque de Pearl Harbor, tel que représenté dans le film de propagande Why We Fight (1942), destiné à retourner l' opinion publique sur ce sujet.

L'isolationnisme est une tendance de la politique étrangère des États-Unis pour une intervention minimale dans les affaires du monde. Il a longtemps été l'un des fondements de la politique étrangère des États-Unis, érigé en doctrine par le président James Monroe en 1823. Il a été historiquement défendu par les deux franges de l’échiquier politique américain, mais il a été mis à mal au 20e et au 21e siècles.

Histoire

George Washington : partisan de l'isolationisme

À l’origine historique de l’ isolationnisme américain était la volonté de maintenir une politique consensuelle vis-à-vis des anciens puissances colonisatrices (surtout le Royaume-Uni et la France). En effet, le président George Washington, lors de son second mandat, devait faire face à deux courants. Le premier courant, défendu par le secrétaire au Trésor, Alexander Hamilton, voulait un rapprochement avec le Royaume-Uni au détriment de la France. Le second courant, mené par Thomas Jefferson, qui était sympathique à la France, s'opposait à toute concession aux ex-colonisateurs, surtout au Royaume-Uni.

Un extrait du « message d’adieu » de Washington, écrit par Hamilton, explique leprincipe : « La grande règle vis-à-vis des nations étrangères est, en étendant nos relations commerciales, de n'avoir avec elles qu'aussi peu de liens politiques qu'il est possible.... L'Europe a toute une série d’intérêts de premier plan qui ne nous concernent pas ou qui ne nous touchent que de très loin.... Notre véritable politique doit être d’éviter des alliances permanentes avec quelque partie que ce soit du monde étranger. »

La souveraineté absolue et la liberté entière des États-Unis sont ainsi postulées.

Doctrine Monroe

Le 2 décembre 1823, lors d'un discours au Congrès, le président Monroe énonce le principe de ce qui deviendra la doctrine Monroe. Elle annonce que le continent américain est fermé à toute tentative de colonisation européenne, et aucune intrusion dans la politique américaine de la part des États européens ne sera tolérée. En contrepartie, les Américains ne feront pas d'intrusion en Europe.

Interruption de l'isolationnisme par Woodrow Wilson

Avec le retour des démocrates à la Maison Blanche en 1912, l'isolationnisme devient la base de la politique étrangère américaine. Après s’être opposé à toute grande intervention extérieure, Woodrow Wilson est réélu en 1916 avec le slogan « Il nous a gardé hors de la guerre [1]. »

Plus de 115 000 soldats américains auront perdu la vie pendant le conflit de la Première Guerre mondiale, et plus de 200 000 seront blessés [2] après que Wilson décide que son pays doit se joindre à la guerre.

Avec la rédaction des quatorze points de Wilson et la signature des traités de paix après la guerre, Wilson effectue la première visite à l'étranger d'un président des États-Unis en exercice [3] et tente de promouvoir sa doctrine d'une diplomatie ouverte et pacifique. Pour cela, il compte sur la Société des Nations dont il soutient la création.

Le Congrès refuse de se joindre et ne ratifie pas le traité fondateur de l'organisation. Cela aurait supposé mettre un terme à l'isolationnisme américain, qui était encore très populaire.

Retour de l'isolationisme pendant les années 1920 et 1930

La Société des Nations n'est pas respectée par les régimes autoritaires, et son échec lors de la seconde guerre italo-éthiopienne scellera son sort. Les États-Unis entrent alors dans une période d'isolationnisme. Cette tendance se renforcera avec la crise de 1929 et le président Franklin Roosevelt ne parviendra pas à intéresser ses concitoyens au conflit qui se déroule en Europe et en Asie pendant les années 1930.

Il faudra attendre la Charte de l'Atlantique et l' attaque de Pearl Harbor le prétexte pour entrer en guerre. Les États-Unis reviennent aux affaires du monde. À partir de ce moment-là, le retour à l'isolationnisme américain semble impossible.

Fin de l'isolationnisme

Le , le Sénat des États-Unis adopte la résolution Vandenberg, qui permet au gouvernement américain de conclure des alliances militaires en temps de paix, ce qui confirme l'abandon de la doctrine isolationniste traditionnelle [4].

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