Institut d'études politiques de Paris

Institut d’études politiques de Paris
Institut d'études politiques de Paris
Informations
Fondation 1872
Fondateur Émile Boutmy
Type Grand établissement ( EPSCP) [1]
Régime linguistique Français
Anglais
Budget 172 millions d’euros de budget [2]
Dotation 68,7 millions d'euros [3]
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 15″ nord, 2° 19′ 42″ est
Ville Paris
Pays Drapeau de la France  France
Région Île-de-France
Campus Paris (1871), Nancy (2000), Dijon (2001), Poitiers (2001), Menton (2005), Le Havre (2007), Reims (2009)
Direction
Président Olivier Duhamel
Directeur Frédéric Mion
Chiffres clés
Enseignants-chercheurs 216 [4] [4]
Étudiants 13 000 [5]
Doctorants 350 [6]
Diplômés/an 2 094 (en 2016 en master) [7]
Divers
Mascotte Le lion et le renard
Affiliation Fondation Nationale des Sciences Politiques, Sorbonne Paris Cité, Conférence des grandes écoles (CGE)
Site web www.sciencespo.fr

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Institut d’études politiques de Paris

L'institut d'études politiques de Paris (IEP de Paris), communément désigné par le nom « Sciences Po », est un établissement public d’enseignement supérieur et de recherche dans les domaines des sciences humaines et sociales et des relations internationales. Des enseignements de droit, de finance, de comptabilité, de management, de gestion des ressources humaines, de communication, de marketing, de journalisme, d' urbanisme et d' environnement sont également dispensés.

L’IEP de Paris recrute ses étudiants dans le monde entier par le biais de diverses procédures d’admission. Sciences Po propose une formation divisée entre :

  • une offre de formation initiale qui va du Collège universitaire (le 1er cycle en trois ans avec une troisième année obligatoire à l'étranger) au doctorat, en passant par sa formation de niveau master proposée dans ses sept écoles professionnelles (l'Ecole d'affaires publiques, l'Ecole d'affaires internationale [PSIA], l'Ecole de droit, l'Ecole du Management et de l'Innovation, l'Ecole urbaine et l'Ecole de journalisme et l'Ecole doctorale) [8].
  • une offre de formation continue à destination des professionnels [9].

Près de 73 % de ses diplômés travaillent dans le secteur privé, 8 % dans une organisation internationale ou au sein des institutions européennes et 19 % dans le secteur public [10], et pour des domaines variés : le conseil, le marketing et la communication, la finance, la comptabilité et la gestion administrative, les relations internationales et la sécurité [11].

Sciences Po propose une préparation aux concours administratifs français, aux concours européens ainsi qu'aux concours judiciaires et juridiques. L'école est notamment réputée pour posséder la meilleure classe préparatoire aux concours de l'ENA et au concours de l'ENM.

Sciences Po est membre de la ComUE USPC.

Issu de la nationalisation de l' École libre des sciences politiques, fondée en 1872 par Émile Boutmy, l'IEP de Paris a le statut particulier de grand établissement, ce qui lui permet d'avoir un processus de recrutement très sélectif. C’est l’un des dix instituts d'études politiques en France. La Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et l'IEP de Paris sont juridiquement liés et forment l'ensemble surnommé Sciences Po.

L'IEP de Paris est en partenariat avec 470 universités dans le monde entier. Parmi elles, de grandes institutions universitaires :

Histoire

De 1872 à 1945

Médaille d' Émile Boutmy fondateur et directeur de l'École des sciences politiques par Oscar Roty.

L'IEP de Paris, plus connu sous le nom "SciencesPo" est issu de l'École libre des sciences politiques, établissement privé fondé en 1872 par Émile Boutmy pour répondre à la crise politique et morale qui frappe la France au lendemain de la guerre de 1870. Elle entend former de nouvelles élites et produire des savoirs modernes pour une France nouvelle. Le fondateur de Sciences Po veut que ses élèves s’intéressent aux enjeux contemporains et ne se contentent pas d’une culture classique déconnectée du présent. « Le moins que l’on puisse attendre d’un homme cultivé, c’est qu’il connaisse son temps» [12]. L'école en tire sa tradition d'innovation pédagogique, ses premières structures, son surnom, et ses bâtiments de la rue Saint-Guillaume. L' École libre des sciences politiques fut établie en opposition à la Faculté de droit de Paris qui, à cette époque, formait alors les « élites » des grands corps de l'État. Le statut d'école libre de l'ELSP lui permet alors de bénéficier des financements d'importants fonds de dotation privés nationaux et internationaux [réf. nécessaire].

Après la période de fondation, l’École libre se recentre sur la préparation aux concours des grands corps de l’État tout en formant aux carrières des affaires.

En 1879, le don de la Duchesse de Galliera permet l’acquisition de l’hôtel de Mortemart au 27, rue Saint-Guillaume et entérine l’installation définitive de Sciences Po dans le quartier Saint-Germain-des-Prés [13].

En, 1919, les premières femmes étudiantes sont admises à Sciences Po [13].

En 1923, L’École libre des sciences politiques signe le premier accord de Junior YearAbroad avec l' Université du Delaware et accueille en moyenne 20% d'étudiants étrangers durant l'entre-deux-guerres [13].

En 1941, une grande réforme pédagogique instaure une scolarité en trois ans, composée d’une année préparatoire (l’AP) et de deux années de deuxième cycle au sein de quatre sections (Service Public, Ecofi, Section générale et Section internationale), qui conduit à l’obtention du prestigieux diplôme de Sciences Po à l’issue d’une série d’épreuves dont le « grand O » (grand oral) [14].

1945 : de l'Ecole libre à Sciences Po

En 1945, Charles de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République française, confia à Michel Debré une Mission provisoire de la réforme de la Fonction publique, chargée notamment de réfléchir à la formation et la sélection des hauts fonctionnaires. Outre la création de l' École nationale d'administration (ENA), Debré proposa la nationalisation de l' École libre des sciences politiques, qu'avait déjà tentée le Front populaire. Lors des négociations avec Michel Debré et Jean-Marcel Jeanneney, les responsables de l'École, qui était une société privée ( André Siegfried, Roger Seydoux, Jacques Chapsal, respectivement directeur, directeur adjoint et président du Conseil d’administration de l’ELSP), s'opposèrent cependant à une nationalisation totale [13].

Un accord fut finalement trouvé pour remplacer l'École par deux structures distinctes et complémentaires :

  • Une entité sui generis de statut privé, la Fondation nationale des sciences politiques, à laquelle fut transmis le patrimoine de l'École et sa gestion administrative et financière.
  • Une entité publique, l'Institut d'études politiques de l'Université de Paris, composante de l' Université de Paris, auquel fut attribuée la mission de formation initiale. L'Université de Paris délégua par convention la gestion administrative et financière de l'Institut à la FNSP.

D'autres instituts d'études politiques sont créés par la suite dans d'autres grandes villes en France.

De l'après-guerre à 1969

L' École nationale d'administration, créée en même temps que l'IEP, s'installe dans un bâtiment acheté par la FNSP, l'hôtel de Cossé, dit de la Meilleraye, situé au no 56 de la rue des Saint-Pères, derrière l'IEP ; les jardins des deux établissements sont voisins.

En 1947, Jacques Chapsal devient directeur en remplacement de Roger Seydoux, qui s'engage dans une carrière diplomatique ; il occupera ce poste jusqu'en 1979.

En 1956, Jean Touchard, secrétaire général de la FNSP, créé le Cycle supérieur d’études politiques – ou troisième cycle de formation à la recherche. Avec l’instauration des deux premiers laboratoires de recherche de la Fondation, le centre de recherches internationales ( CERI) en 1952 [15] et le centre de recherches politiques ( CEVIPOF) en 1960 [13], Sciences Po se constitue en université de recherche.

L' université de Paris est démembrée en 1969 par la loi Edgar-Faure [16]. L'institut prend alors son nom actuel d'Institut d'études politiques de Paris et devient un établissement public à caractère scientifique et culturel, distinct des universités, en application du décret du 18 janvier 1969 [17]. Sa gestion fut déléguée à la FNSP.

Au milieu des années 1960, la première année d’études (Année préparatoire - AP) de l'Institut d'études politiques de Paris devait migrer sur le campus alors naissant de Nanterre. Le projet fut suffisamment avancé pour qu’une antenne administrative de IEP soit installée dans un bâtiment de Nanterre. La première rentrée de l’année préparatoire était prévue pour septembre 1968, mais les événements de Mai 68 confortèrent les réticences devant un déménagement vers cette banlieue et Sciences Po Paris resta intra muros. La direction rapatria l’AP dans les anciens locaux de l’OTAN à Dauphine, où elle restera jusqu’en 1975, tandis que l' Université Paris X-Nanterre, en pleine croissance, récupéra, de facto, le bâtiment (aujourd'hui bâtiment G), notamment au profit des enseignements de sciences économiques [14].

De 1969 à 1996

L'Institut d'études politiques de Paris devient un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, statut créé par la Loi Faure, en application du décret du [17].

De 1969 à 1975, les cours de première année (« année préparatoire ») sont donnés au Centre universitaire Dauphine, puis font leur retour à quelques mètres de la Rue Saint-Guillaume en 1975 grâce à la location d’un nouveau site, le 9, rue de la Chaise [13].

Jusqu'en 1978, l'École nationale d'administration était située rue des Saints-Pères, dans un bâtiment qui n'était séparé du 27, rue Saint-Guillaume que par un jardin. Ainsi, dans le jargon des élèves de Sciences Po Paris, « traverser le jardin » signifiait réussir le concours d'entrée à l'ENA. En 1978, l'ENA emménage à l'hôtel de Feydeau de Brou, au no 13 de la rue de l'Université et abandonne le bâtiment de la rue des Saints-Pères, qui est affecté à l'IEP. Le mur séparant les deux jardins est abattu et les deux bâtiments sont reliés par un jardin ; la pente légère au milieu de celui-ci signale aujourd'hui l'ancienne séparation.

En 1973, l'IEP crée une offre de formation continue [18].

En 1979, Jacques Chapsal quitte le poste directorial après trente-deux ans de mandat, et Michel Gentot lui succède.

Le décret du 10 mai 1985 [19] lui accorde le statut de grand établissement créé par la loi Savary [20]. Ce statut particulier lui donne une large autonomie et lui permet notamment de fixer librement le montant de ses droits de scolarité, en vertu de l'arrêté du 5 août 1991 [21], qui délègue la fixation des montants des droits de scolarité afférents aux diplômes propres au conseil d'administration des établissements. Ce statut permet à Sciences Po de préserver son autonomie en matière de gestion financière et de ressources humaines, de recrutement étudiant et enseignant, et de choix pédagogiques et scientifiques.

La promotion 1986, qui compte parmi ses élèves nombre de futures célébrités — Isabelle Giordano, Alexandre Jardin, David Pujadas, Anne Roumanoff, etc. —, sera l'objet en 2004 d'un livre de la journaliste Ariane Chemin, La Promo.

En 1987, le politologue Alain Lancelot succède à Michel Gentot comme directeur.

En 1989, la réforme pédagogique des études initiée par le directeur Alain Lancelot met l’accent sur la culture générale, l’internationalisation, la professionnalisation [22].

À partir de la fin des années 1980, les frais de scolarité annuels connaissent une croissance soutenue. Ces droits n’avaient pas évolué depuis 1967, lorsqu’ils avaient été fixés à 190 francs (237 actuels environ avec l’inflation) [23]. Sous la direction de Michel Gentot, ils passent à 500 FF à la rentrée 1984 (140 actuels avec l’inflation) pour atteindre 920 FF (237 actuels environ) annuels à la rentrée 1986. Dans le même temps, il mit en place une politique d’exonération de droits (qui représentent 350 000 FF en 1986) et développa l’attribution de bourses sur critères sociaux (soit un budget de 650 000 FF en 1986) [24]. Son successeur Alain Lancelot poursuit cette politique :  de 1000 FF (249 environ) en 1987, les droits d’inscription atteindront 5 600 FF (1 157 ) en 1994 [25]. En contrepartie, l’institution augmente très substantiellement l’aide sociale : en 1991, la part des droits allouée à la redistribution sociale (exonérations et bourses) oscille entre 36 et 39 % (6 MF) ; l’exonération profite à un étudiant sur quatre (26 %) et 421 étudiants (12 %) bénéficient de bourses complémentaires Institut-Fondation [26].

En 1994, Alain Lancelot lance une réforme visant à réduire cette part des droits de scolarité affectée à l’aide sociale, en remplaçant les bourses par des emprunts à intérêt faible et remboursables après l'entrée dans la vie professionnelle. Ceci provoque l'un des mouvements de protestation les plus longs de l'histoire de l'établissement depuis 1968. Une «  grève générale et illimitée » finit par éclater en janvier 1995 ; l'amphithéâtre Émile-Boutmy est occupé trois jours durant et est rebaptisé du nom du castrat Farinelli, au motif que la direction voulait « couper les bourses ». La réforme est finalement retirée et l’institution adopte une “charte sociale” qui indexe le montant affecté aux bourses sur les rentrées des droits d’inscriptions [26]. Alain Lancelot ne demandera pas le renouvellement de son mandat l'année suivante. Richard Descoings, son directeur adjoint, lui succède alors.

1996 à 2012 : l'ère Descoings

Le hall d'entrée de Sciences Po, dit la péniche

Richard Descoings engage dès son arrivée au poste de directeur l'internationalisation du recrutement de l'institut, qui accueille aujourd'hui 47% d'étrangers parmi ses étudiants [27]. Ce mouvement s'accompagne d'une croissance soutenue du nombre d'élèves : les effectifs passent de 4 254 pour l'année universitaire 1999-2000 à 5 717 pour 2002-2003.

Pour soutenir ce mouvement d’internationalisation et de montée en puissance des effectifs, Richard Descoings installe des campus de premier cycle hors de Paris : à Nancy en 2000 [28], puis Poitiers [29] et Dijon [30] en 2001.

L'article 74 de la loi du 2 juillet 1998 [31], qui modifie l'ordonnance du , renforce les liens entre Institut et Fondation, qui sont désormais d'ordre législatif.

Au printemps 2001, l'établissement annonce la création de Convention éducation prioritaire (CEP), conclues avec des lycées situés en zone d'éducation prioritaire près de Paris et de Nancy[Référence ?] et permettant à certains de leurs élèves d'entrer en première année dans le cadre d'une procédure d'admission ad hoc, sur dossier puis sur entretien. Les « conventions ZEP », présentées le 26 février, sont l'un des premiers programmes de discrimination positive en France, et suscitent à ce titre un débat très vif, que ce soit au sein de l'établissement ou dans la presse. La première année, les CEP permettent à 17 étudiants d'entrer en première année. Le nombre de conventions et d'admis ira croissant, atteignant à la rentrée 2005 trente-trois lycées et cinquante-sept admis [32]. La première promotion incluant des élèves bénéficiaires de ces conventions est diplômée en 2006 [33].

À la rentrée 2000, la scolarité est étendue à cinq ans : l'année préparatoire (AP) disparaît et est remplacée par un premier cycle de trois années, correspondant à la licence, celui de l'Institut d'Études Politiques de Paris, à la différence des autres IEP à l'exception de Grenoble, étant diplômant: ainsi, après un premier cursus de composé de quatre semestres d'étude et d'une année à l'étranger, les étudiants obtiennent le "Diplôme du Collège Universitaire de Sciences Po". Les quatre sections du cycle du diplôme sont supprimées et remplacées par vingt-trois majeures. L'IEP entend ainsi proposer une scolarité complète du baccalauréat jusqu'à l'entrée sur le marché du travail ou dans un troisième cycle universitaire ; il reste toutefois possible d'entrer en quatrième année après un autre cursus.

En 2003, une réforme des frais de scolarité est annoncée, établissant un barème de frais d'inscription allant de la gratuité pour les boursiers à 4 000 pour les étudiants issus des familles ayant les revenus les plus élevés ; elle entre en vigueur à la rentrée 2004. À la rentrée 2005, les critères sont revus et le barème modifié, les frais atteignant jusqu'à 5 000 . Les frais de scolarité atteignent jusqu'à 13 820 euros par an pour les élèves issus des familles les plus aisées en 2011 [34].

À la rentrée 2004, le cycle du diplôme est de nouveau transformé : le diplôme de l'établissement et les diplômes d'études supérieures spécialisées (DESS) sont remplacés par un « master [35] », sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat et décliné en onze mentions. Les diplômes d'études approfondies (DEA) sont remplacés par un master recherche, organisé en cinq mentions, et obtenu en un an, ou bien en deux ans dans le cadre d'une double scolarité avec le cursus du diplôme de Sciences-Po.

La rentrée 2004 voit également la création d'une école de journalisme pour accueillir les étudiants de la nouvelle mention « Journalisme » du diplôme de Sciences Po. Cette décision intervient dans une période de crise pour le secteur, le Centre de formation des journalistes (CFJ) ayant même été contraint à un dépôt de bilan l'année précédente. L'École de la communication de Sciences Po est créée en septembre 2007.

Les transformations menées durant les années Descoings rapprochent Sciences-Po des classiques business school américaines [36]. Les enquêtes sociologiques sur l'origine sociale des étudiants montrant la place de plus en plus importante des étudiants issus de familles aux revenus élevés, la discrimination positive ne drainant qu'une centaine d'élèves par an [36] tout en étant le paravent utile d'une révolution idéologique qui remplace la méritocratie classique des concours, associée à des coûts modestes de scolarité, par une explosion de ces coûts pour la grande majorité des élèves au sein d'un système hybride de financement typiquement français qui autorise toutes les dérives de rémunération pour le directeur de l'institut sous l'œil indulgent du conseil de direction de l'établissement [36].

2012 : succession difficile et remise en cause de la gestion de l'établissement par la Cour des Comptes

À la suite du décès de Richard Descoings, Hervé Crès, directeur adjoint, est nommé administrateur provisoire de Sciences-Po Paris [37]. Il est élu à ce poste le par le conseil de direction [38].

À la suite d'un contrôle réalisé entre fin 2011 et juin 2012, la Cour des comptes publie en novembre 2012 un rapport où elle critique sévèrement la direction de l'IEP pour sa gestion financière au cours des années 2005 à 2010. La juridiction financière souligne le "dynamisme de l'institution", mais également une série de dysfonctionnements dans la gestion de l'établissement : elle note des « primes exorbitantes » que s'accordent les dirigeants de l'Institut. Le salaire de Richard Descoings a ainsi augmenté de 60,4 % entre 2005 à 2011 (en 2011 505 806 euros annuellement, alors que pour comparaison un président d'université perçoit en moyenne 160 095 euros). Elle met en avant des primes qui ne reposent sur aucun contrat formel. Les primes de Jean-Claude Casanova passant de 16 500 euros en 2007 à 69 000 euros en 2009 [39]. La Cour des comptes indique que ces augmentations se sont déroulées sans que le conseil d'administration en soit informé, et surtout que ces augmentations ne sont pas en accord avec les règles fixées par le Code général des impôts. Elle identifie la source de ces dérives de gestion dans “l’insuffisante vigilance des conseils chargés d’administrer Sciences Po et l’incapacité dans laquelle l’État a été d’exercer son rôle de tutelle”, ainsi que dans le manque de transparence des statuts de l'IEP qui a entraîné "une organisation source de nombreux dysfonctionnements".

Dans ce rapport [40] de 210 pages sont également dénoncés un emprunt structuré dit “toxique”, potentiellement risqué pour l’institution”, le coût moyen élevé des étudiants (le quotidien Le Monde calcule ainsi que le coût de la scolarité pour un étudiant payant les droits maximums au tarif 2010 serait « de 51 700 euros sur cinq ans, contre plus de 35 000 euros pour HEC et 38 500 euros pour l'Essec »), les salaires de certains enseignants qui « effectuent 30 % de leur service mais sont payés 100 % » [41] et enfin l'absence de tout contrôle exercé par l'État [42]. Dans son rapport final, la Cour des comptes « se réserve de donner des suites juridictionnelles au vu des pièces en sa possession » [43]. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche estimant alors que "les conditions ne sont pas réunies pour donner suite aux délibérations des deux conseils dirigeants de Sciences Po et pour procéder à la nomination d’un directeur", a également pour effet de suspendre la nomination de Hervé Crès et de remettre en cause la gouvernance exercée alors par Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau qui sont visés par ce dossier [44].

Ce rapport accablant entraîne un vent de fronde dans l'établissement : le 27 novembre, une assemblée générale, réunissant 230 étudiants, enseignants et salariés, - sur une communauté étudiante, enseignante et salariée d’environ 10 000 personnes -, a demandé « au président du conseil d'administration (Jean-Claude Casanova) et au président du conseil de direction ( Michel Pébereau) de présenter leur démission » [45]. Michel Pébereau a fait savoir fin 2012 qu'il ne serait pas candidat à sa succession, et quitté la présidence du conseil de direction en mars 2013 [46], Jean-Claude Casanova ne préside plus le conseil d'administration de la FNSP depuis mai 2016, Olivier Duhamel lui ayant succédé à ce poste. Le 27 décembre 2012, une tribune signée par deux directeurs de recherche et un professeur de Sciences Po et intitulée « Jean-Claude Casanova doit partir » est publiée dans le journal Le Monde [47] : elle rappelle les dérives relevées par la Cour des comptes et la responsabilité qu'en porte Jean-Claude Casanova en tant président du conseil d'administration de la FNSP mais elle pointe aussi du doigt la tentative de « passer en force » dans « la procédure de désignation du futur administrateur de la FNSP et directeur de l'Institut d'études politiques », (à savoir la nomination d'Hervé Crès, très favorable à une orientation néo-libérale [48]) sous couvert de préserver l'indépendance de l'institution, indépendance que l’État ne cherche pourtant nullement à remettre en cause.

Nommé administrateur provisoire de Sciences Po le 28 novembre 2012, le conseiller d'État Jean Gaeremynck assure ces fonctions jusqu'à la désignation de Frédéric Mion comme nouveau directeur, en mars 2013.

2013 - 2017 : mandat de Frédéric Mion

Frédéric Mion, diplômé de Sciences Po, de l’ENA et de l’École Normale Supérieure, ancien Secrétaire général du groupe Canal+, est nommé directeur de Sciences Po le 1er mars 2013. Il entend poursuivre le développement de Sciences Po comme une “université sélective de rang international”, ambition précisée dans le document d’orientation stratégique intitulé “Sciences Po 2022” et publié au printemps 2014 [49].

La structuration du 2e cycle en écoles professionnelles se poursuit avec la création successive de l’École d’affaires publiques et de l’École urbaine (2015) [50], puis de l’École du management et de l’innovation (2016) [51]. Une réforme du 1er cycle est engagée en mars 2017 [52].

Début 2016, Sciences Po s’est doté d’une gouvernance rénovée avec l’entrée en vigueur de nouveaux statuts pour les deux entités qui la composent : la Fondation nationale des Sciences Politiques (FNSP) et l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) [53]. Cette réforme, “la plus profonde depuis 1945”, clarifie la gouvernance de Sciences Po qui se dote de nouvelles règles, qui répondent aux observations de la Cour de comptes dans son rapport de 2012.

Sciences Po réalise fin 2016 l’acquisition d’un nouveau site, l’ hôtel de l’Artillerie (d'une superficie de 14 000 m2, situé dans le 7e arrondissement de Paris, dont elle entend faire le nouveau cœur de son campus urbain et un lieu de “renouvellement pédagogique” [54].

Other Languages
English: Sciences Po
Bahasa Indonesia: Institut Ilmu Politik Paris
Nederlands: Sciences Po
Tagalog: Sciences Po
Tiếng Việt: Sciences Po