Ievgueni Zamiatine

Ievgueni Zamiatine
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Portrait de Ievgueni Zamiatine par Boris Koustodiev, 1923.

Nom de naissance Ievgueni Ivanovitch Zamiatine
Naissance
Lebedian, Oblast de Lipetsk,
Drapeau de la Russie  Russie
Décès (à 53 ans)
Paris Paris 16e, Drapeau de la France  France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Russe
Genres

Œuvres principales

Ievgueni Ivanovitch Zamiatine ( russe : Евгений Иванович Замятин), né le 20 janvier 1884 ( dans le calendrier grégorien) à Lebedian, oblast de Lipetsk en Russie et mort le (à 53 ans) dans le 16e arrondissement de Paris [1], parfois appelé en français Eugène Zamiatine ou Evgueni Zamiatine, est un écrivain russo-soviétique, également ingénieur naval et professeur.

Ievgueni Zamiatine connaissait bien les œuvres de H. G. Wells. Son œuvre est constamment animée par une volonté hérétique qui lui vaudra les foudres de la censure des gouvernements tsariste, puis communiste.

Son roman le plus connu, Nous autres, exprime sa déception à l'égard de la révolution d'Octobre. Ce roman de science-fiction est une «  dystopie », ou contre-utopie ; il est souvent présenté comme la source d'inspiration du Meilleur des mondes ( 1932) d' Aldous Huxley, de 1984 ( 1949) de George Orwell et d’ Un bonheur insoutenable ( 1970) d' Ira Levin [2].

Biographie

Tombe d'Ievgueni Zamiatine

Zamiatine est né le 20 janvier 1884 ( dans le calendrier grégorien). Son père est prêtre orthodoxe, maître d'école et sa mère, musicienne. Il fait ses études au lycée de Voronej, puis étudie la construction navale à l’ Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg de 1902 à 1908 et rejoint rapidement les bolcheviks.

Il participe à la révolution de 1905, pendant laquelle il rencontre Lioudmila Oussova, une étudiante en médecine, avec laquelle il se marie en 1908, mais il est arrêté, puis assigné à résidence à Lebedian [3]. Il tente de rentrer clandestinement à Saint-Pétersbourg, mais doit se réfugier en Finlande. C'est l'époque où il commence à écrire, surtout des nouvelles, d'un style résolument moderne : la première, intitulée Seul, écrite en 1907 (alors qu'il finissait ses études d'ingénieur de construction navale), fait la peinture de la conscience tourmentée d'un étudiant arrêté pour des activités politiques, et enfermé dans une cellule, qui devient un univers fantasmatique, dans lequel le jeune homme perd progressivement le sens du réel. Ses écrits et actions politiques lui valent un nouvel exil en 1911. Ces épisodes d'éloignement lui inspirent Province. À peine rentré à Saint-Pétersbourg après l'amnistie de 1913, la publication d'Au diable vauvert lui vaut les foudres de la censure tsariste et un nouvel exil, en Carélie cette fois [3].

Muni de son diplôme d'ingénieur naval, il est en Angleterre en 1916 pour superviser la construction de navires brise-glace pour l'Empire russe [3].

Après la Révolution de février, il rentre d'Angleterre en septembre 1917 et participe avec enthousiasme au foisonnement littéraire, se réclamant du néo-réalisme. Il participe à de nombreuses revues et publie des classiques étrangers. Professeur de littérature à la « Maison des Arts » de Petrograd aux côtés d' Iouri Tynianov et Korneï Tchoukovski, il inspire les «  Frères Sérapion », un groupe de jeunes écrivains. Il est alors une personnalité importante de la scène littéraire soviétique [3].

D'abord bolchevique, Zamiatine quitte le parti en 1917. Il critique aussi les écrivains prolétariens, trop proches du pouvoir politique [3].

En 1920 paraît La Caverne, un recueil de nouvelles. Son roman Nous autres, écrit en 1920- 1921 et publié quatre ans plus tard en langue anglaise [2], lui apporte la notoriété, même s'il est interdit en URSS. Ce roman et le scandale politico-littéraire qu'il engendre occultent le reste de sa production littéraire [3]. Nous Autres inspira à George Orwell le contexte de son roman 1984.

Pour éviter les problèmes de censure, Zamiatine écrit des pièces de théâtre [3].

Inquiété par la Guépéou à partir de 1922, son nom figure la même année sur une liste d'intellectuels que le gouvernement se prépare à expulser. Des amis étant intervenus contre son gré, il est obligé de rester en Russie. Interdit de publication en 1924, accusé d' antisoviétisme lors d'une violente campagne de presse après la parution de Nous autres à l'étranger [4], il écrit en 1931, comme Mikhaïl Boulgakov, à Staline, mais uniquement pour obtenir l'autorisation de quitter l' URSS (au contraire de son ami, qui finit par accepter un emploi au Théâtre d'art de Moscou). Requête acceptée grâce à l'appui de Maxime Gorki [3].

Il quitte l'URSS en 1931 et, après un passage par Berlin, s'installe à Paris en 1932. Zamiatine y écrit encore quelques nouvelles, ainsi que le scénario de l'adaptation cinématographique des Bas-fonds de Gorki par Jean Renoir. Il meurt le d'une angine de poitrine. Il est enterré au cimetière de Thiais [3]. Un mois après sa mort, au cours d'une soirée commémorative, Vladimir Nabokov et Ivan Bounine lurent deux de ses nouvelles.

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