IMA (périodique)

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IMA, l’ami des jeunes est un journal de bandes dessinées qui a existé de mars 1955 à décembre 1958 pendant 156 numéros et sous un format légèrement inférieur à A4.

Contexte

Si l’on suit le site Historique périodiques il existe, dans l’espace franco-belge et sans compter les petits formats et assimilés, quelque 25 revues destinées à la jeunesse en 1955 [1]. Au quotidien la réalité est légèrement différente selon l’endroit où l’on réside. Pour plusieurs d’entre elles la diffusion est loin d’être nationale. A titre d’exemple, Héroic-Albums s’est vu gratifier en 1952 d’un avis défavorable par la Commission de Censure [2] et n’est plus distribué en France[3] mais reste évidemment accessible aux frontaliers de la Belgique.

Certains journaux ne sont réellement accessibles que dans un cadre confessionnel tel Le Chœur qui d’ailleurs ne diffuse qu’une seule bande. D’autres ont une portée seulement régionale[4], une distribution nationale coûte cher, d'autres sont davantage orientés vers les jeux par exemple que la BD, tel Francs-Jeux[5]. Ce schéma théorique doit donc être réduit.

Il n’en reste pas moins vrai qu’une petite dizaine de revues, pour filles ou pour garçons, est à peu près disponible partout en France en ce début 1955[6] . La quasi intégralité est hebdomadaire, mais cette règle sera variable dans le temps. A titre d’exemple IMA va commencer sa carrière comme mensuel, avant de passer bimensuel pour terminer hebdomadaire.

La concurrence est donc rude. Pour s’assurer d’une très relative pérennité, il parait astucieux de se faire parrainer par un annonceur. La chose a été rodée à la radio américaine dès les années 30. D’ailleurs en cette année 1955, les postes périphériques [7] comme on les appelait à l’époque comme Radio-Luxembourg ou Europe 1 proposent des émissions qui sont réglées par un annonceur exclusif à chaque fois. Il s’agit donc quasiment d’une location d’antenne.

Les exemples existent également en bandes dessinées. Pistolin, lancé la même année qu’IMA est en fait une émanation des chocolats Pupier, persuadés il est vrai par ... Goscinny, Uderzo et Charlier, excusez du peu[8]

Cette France des années 50 découvre peu à peu la consommation de masse mais la grande distribution n’existe pas encore, les supermarchés étant encore anecdotiques [9]. Les produits alimentaires du quotidien s’achètent chez les commerçants spécialisés (boucher, boulanger, charcutier, ...) ou pour l’essentiel en épicerie. Il existe en 1950 un peu moins de 400.000 commerces alimentaires [10]. Pour fidéliser cette clientèle certaines chaines coopératives ont mis en place des systèmes de points, un peu comme le pratiquent certaines stations essence aujourd’hui. Chaque passage à l’épicerie donne droit, en fonction de l’addition, à des points que l’on colle sur un carnet ad hoc. En fonction des points collectés on a alors droit à des cadeaux plus ou moins importants.

IMA est un système qui ne se limite pas à une seule enseigne alimentaire. La société a persuadé un certain nombre de grandes marques de mettre sur leurs étiquettes des timbres, appelés Point IMA que le l’on découpe et contre lesquels il est possible d’obtenir des cadeaux. Parmi ces marques on citera les potages Liebig, les chocolats Lindt, Rozan et Menier, les conserves Cassegrain, les moutardes Amora, les produits d'entretien Javel La Croix, Mir, etc. Le système existe avec un grand succès en Belgique sous l’appellation du Timbre Tintin.

Mais IMA va un peu plus loin puisque, outre le Club des Amis d'IMA, un accord avec Radio Monte-Carlo permet d'assurer une émission hebdomadaire diffusée chaque dimanche à 20 heures[11] . La création d’un journal pour enfant participe à cette politique de promotion et fidélisation. Ce qui n’empêchera pas non plus de vendre le journal comme tout autre.

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