Houari Boumédiène

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Houari Boumédiène
Illustration.
Houari Boumédiène.
Fonctions
Président de la République algérienne démocratique et populaire

(2 ans et 17 jours)
Élection10 décembre 1976
GouvernementBoumédiène IV
PrédécesseurLui-même (président du Conseil de la Révolution)
SuccesseurRabah Bitat (intérim)
Chadli Bendjedid
Président du Conseil de la Révolution
(chef de l'État)

(11 ans, 5 mois et 21 jours)
GouvernementBoumédiène I, II et III
PrédécesseurAhmed Ben Bella
SuccesseurLui-même (président de la République)
Secrétaire général du mouvement des non-alignés

(2 ans, 11 mois et 11 jours)
PrédécesseurKenneth Kaunda
SuccesseurWilliam Gopallawa
Président du Front de libération nationale

(13 ans, 6 mois et 8 jours)
PrédécesseurAhmed Ben Bella
SuccesseurChadli Bendjedid
Vice-président du Conseil des ministres algérien

(1 an, 9 mois et 1 jour)
PrésidentAhmed Ben Bella
GouvernementBen Bella II et III
PrédécesseurRabah Bitat
SuccesseurPoste supprimé
Ministre de la Défense algérien

(16 ans et 3 mois)
PrésidentAhmed Ben Bella
Lui-même
GouvernementBen Bella I, II et III
Boumédiène I, II, III et IV
PrédécesseurPoste créé
SuccesseurChadli Bendjedid
Biographie
Nom de naissanceMohamed ben Brahim Boukharouba
Date de naissance ou 1925
Lieu de naissanceAïn Hassaïnia (Algérie)
Date de décès (à 46 ans)
Lieu de décèsAlger (Algérie)
Nature du décèsMaladie de Waldenström[1]
NationalitéDrapeau de l'Algérie Algérienne
Parti politiqueFront de libération nationale (FLN)
Diplômé deUniversité al-Azhar
ProfessionMilitaire
ReligionIslam sunnite
RésidencePalais d'El Mouradia, Alger

Algeria coa (1962).svg
Seal of Algeria (1971-1976).svg Seal of Algeria.svg
Présidents de la République algérienne
démocratique et populaire

Mohamed Boukharouba (en arabe : محمد بوخروبة) , dit Houari Boumédiène (en arabe : هواري بومدين , né officiellement le à Aïn Hassainia[2] située près de Guelma et mort le à Alger, est un colonel et un homme d'État algérien. Il est le 2e chef de l'État de 1965 à 1976 puis 2e président de la République de 1976 à 1978.

Militaire de carrière, chef de l'État-Major Général de l'Armée de libération nationale de 1959 à 1962, il occupe de hautes fonctions d'État, tel que ministre de la Défense sous Ben Bella I en , poste qu'il cumule avec celui de vice-président du Conseil durant la présidence d'Ahmed Ben Bella de à .

À la suite d'un coup d’État qualifié de « réajustement révolutionnaire », Houari Boumédiène devient en date du président du Conseil de la Révolution, jusqu'au , date à laquelle il est élu président de la République, jusqu'à sa mort le tout en gardant son portefeuille de ministre de la Défense. Il a été président du Front de libération nationale dès le coup d'État et durant son mandat à la présidence de la République.

L'Algérie connait un développement économique et social important sous son gouvernement. Entre 1962 et 1982, la population algérienne passe de 10 à 20 millions de personnes et, massivement rurale avant l'indépendance, est urbanisée à 45 %. Le revenu annuel par habitant, qui n’excédait pas 2 000 francs en 1962, dépasse 11 000 francs vingt ans plus tard, tandis que le taux de scolarisation oscille de 75 à 95 % selon les régions, loin des 10 % de l'Algérie française. Toutefois, il maintient un régime à parti unique et la priorité donnée au développement industriel lui fait négliger l'agriculture[3].

Il fut secrétaire général du mouvement des non-alignés de à . En son honneur l'aéroport d'Alger porte son nom : aéroport d'Alger - Houari Boumédiène, ainsi que sa commune de naissance.

Biographie

Histoire et origine

Mohamed Ben Brahim Boukharouba est né officiellement[N 1] le à Aïn Hassainia, située à environ 15 km à l'ouest de Guelma en Algérie, pendant la colonisation française. D'autres sources donnent 1925[4]. Ses aïeux étaient de farouches cavaliers ayant participé à la révolte des Mokrani en 1871. Il est issu d'une famille de paysans pauvres et guerrière originaire de petite Kabylie, les Boukharouba, du mot berbérisé Takheroubt dont l'origine provient de l'arabe kharouba qui signifie « clan »[5].

Le jeune Mohamed Boukharouba assiste aux événements sanglants du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, dont il dira plus tard : « Ce jour-là, j'ai vieilli prématurément. L'adolescent que j'étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu'il fallait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là »[6].

Il s'inscrit à Constantine, comme élève de littérature de langue arabe. Il étudie à la zaouïa Khattenia et à l'institut Ben Badis. Il entre, comme beaucoup de jeunes de sa génération aux « scouts musulmans », première pépinière du nationalisme algérien et milite dans le parti nationaliste le plus radical, le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).

En 1950. il poursuit ses études à l'université Zitouna de Tunis, et il s'en va, un an plus tard, suivre au Caire, en auditeur libre, l'enseignement de la prestigieuse université religieuse al-Azhar et les cours du soir de « l'école Khiddouia ». Il ne peut compter alors que sur une maigre bourse et il gagne sa vie comme instituteur.

Toujours militant du MTLD, il aide les représentants de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc au « bureau du Maghreb arabe » qui travaillent à préparer, contre le système colonial français, une insurrection à l'échelle de toute l'Afrique du Nord. Il tourne la ronéo, tire des tracts, développe sa formation politique et bientôt sa formation militaire. Il fait en effet partie du groupe de quinze étudiants que le bureau du Maghreb arabe envoie suivre à partir d'août 1953 des séances d'instruction à l'école de guerre d'Alexandrie et qui reçoit ensuite un entraînement militaire dans un camp proche du Caire. Très désargentés, les sept Algériens du groupe, lorsqu'ils se rendent dans la capitale, habitent une villa appartenant au bureau du Maghreb arabe. Deux délégués algériens à cet organisme, Mohamed Khider et Hocine Aït Ahmed, leur demandent au printemps suivant de quitter les lieux.

Guerre d'indépendance

Article détaillé : Clan d'Oujda.

Après le déclenchement de l'insurrection algérienne de novembre 1954 - (Toussaint rouge), le Néo-Destour obtient l'autonomie interne de la Tunisie et il préfère négocier avec le gouvernement français la future indépendance du pays plutôt que d'arracher cette indépendance par les armes. Le « groupe des 15 » est dissous.

Ben Bella, troisième représentant de l'Algérie au bureau du Maghreb, fait embarquer sur le Dinah[7], le yacht ancré à Alexandrie de la reine Dina de Jordanie, un stock d'armes destiné aux résistants algériens qui doivent le réceptionner à Nador, au Maroc espagnol. Convoyé par neuf hommes sous le commandement d'un Soudanais, Brahim Niyal, et de Boukharouba, le navire arrive à bon port, non sans contretemps et péripéties. Boukharouba remet un message de Ben Bella au chef FLN Larbi Ben M'hidi qui acheminera vers la wilaya V la plus grosse partie de la cargaison d'armes.

Le trafic d'armes s'organise depuis Nador jusqu'à Nemours, à travers mille et un détours. Boukharouba est l'un des principaux organisateurs de ces transports de matériel de guerre et lorsqu'il rentre au Maroc il se montre parmi les plus assidus des militants qui à la base d'Oujda, suivent les cours (stratégie, histoire, économie et politique) du Centre de formation et de perfectionnement du FLN.

Il travaille avec Boussouf, lui-même premier lieutenant de Ben M'hidi chef de la wilaya V. En 1956, Ben M'hidi laisse le commandement de la wilaya V à Boussouf pour entrer au CNRA, et quand Boussouf en septembre 1957, quitte le sol algérien, son successeur à la tête de la wilaya V est son ex-adjoint Boukharouba - ou plutôt Houari Boumédiène car le nouveau colonel commandant en Oranie a pris comme nom de guerre celui du célèbre mystique soufi Sidi Boumédiène, saint et savant musulman, dont un sanctuaire à Tlemcen perpétue la mémoire.

Organisateur d'une wilaya qu'il dirige depuis le PC d'Oujda, au Maroc, nommé chef du commandement opérationnel de l'Ouest dès qu'il a gagné Tunis, désigné enfin comme chef de l'État-Major Général de l'ALN nouvellement créée, Boumédiène n'a pas cessé de prendre, au sein du FLN, des responsabilités de plus en plus lourdes.

Tout le monde dans les milieux, politiques comme dans la presse, s'interroge, dès lors, à son sujet[réf. nécessaire]. Comme il est volontiers discret et taciturne, qu'il prend vis-à-vis des journalistes et des diplomates une « distanciation » évidente et qu'il protège sa vie privée, on le présente souvent dans les capitales occidentales comme un dirigeant énigmatique, comme une sorte de sphinx[réf. nécessaire] sur le « mystère » duquel on greffe des légendes abusives.

Parce qu'il préfère parler arabe que français, qu'il n'aime pas tellement paraître en public et parce que la présence d'un interlocuteur qu'il connaît ou devine mal le rend laconique et contracté, gêné et gênant, on l'assimile à un « moine-soldat » timide, ascétique et glacé[réf. nécessaire]. Il ne dissimule pas son attachement farouche aux valeurs culturelles ancestrales que l'islam[réf. nécessaire] véhicule au Maghreb et parce qu'il affirme la nécessité de construire, après l'indépendance, en Algérie comme en Égypte, un État fort puissamment structuré. On[Qui ?] prétend enfin que Boumédiène est « nassérien ». En fait il n'apprécie guère le verbalisme emphatique de l'Orient et il se méfie de toutes les idéologies d'importation, de tous les modèles étrangers, bien qu'arabes, susceptibles, à ses yeux, de dénaturer ou de corrompre l'originalité, la spécificité algérienne[réf. nécessaire].

Coup d'État et prise de pouvoir

Tahar Zbiri dans ses Mémoires, indique que durant une rencontre avec Boumédiène en juin 1962 dans la base de l'Est, ce dernier lui confie: « Il faut viser le pouvoir ». Ce qui indique sa détermination à prendre le pouvoir, même en usant de la force conséquente de l'armée des frontières qui était sous son contrôle depuis 1958[8],[9].

Le colonel Houari Boumédiène est fortement opposé aux accords d'Évian qu'il qualifie de traîtrise et de déshonneur pour la patrie et le sang versé.« Les Algériens refusent la position du GPRA et n'acceptent ni concession ni orgueil. La victoire on nous la donne pas, on l'arrache ! »[10] . Les troubles qui font suite à la fin de la guerre d'Algérie sont marqués par des luttes des clans au sein du Front de libération nationale (FLN). Deux factions revendiquent le pouvoir : d'un côté le pouvoir civil et l'organe qui l'incarne, le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) appuyé par les wilayas III et IV, de l’autre côté le pouvoir militaire à travers le « clan d'Oujda » et son « armée des frontières », dirigée par le colonel Boumédiène. Ce règlement de comptes, le colonel Boumédiène et ses compagnons vont l'arbitrer en faveur de Ben Bella, qui leur paraît le plus attaché aux options socialistes qu'ils ont choisies.

L'armée des frontières, avec à sa tête Boumédiène, entre dans Alger le 9 septembre 1962, entraînant une intensification des tractations politiques pour renverser les alliances au profit des nouveaux responsables algériens. Battu militairement, l'instance civile, le GPRA, capitule sans condition. C'est le « clan d'Oujda » qui obtient le pouvoir en Algérie. Sa nature est clairement politico-militaire même si, sous l'effet de la pression de la rue, un semblant de consensus politique a été réalisé par l'intégration de quelques opposants, comme Ferhat Abbas. Sur le fond, la victoire de Ben Bella et de l'armée des frontières tranche définitivement la question de la primauté du militaire sur le civil en Algérie.

Houari Boumédiène devient vice-président de la République et ministre de la Défense. Il est également chef d'État-major général de « l'armée des frontières » forte de 35 000 hommes, bien équipée et disciplinée. Il dirige la Sécurité militaire, véritable police secrète à la disposition du chef des armées. Mais, entre 1962 et 1965, les dissensions s'accentuent entre le président en place Ahmed Ben Bella et le « clan d'Oujda » d'Houari Boumédiène.

Proche de l'arabophonie et de la vision unique, refusant les accords conclus entre Ben Bella avec l'opposition conduite par Hocine Aït Ahmed, alors responsable du FFS, Boumédiène conteste le régime de son allié Ben Bella. Lorsque le 28 mai 1965, ce dernier annonce qu'il retire à Abdelaziz Bouteflika, autre membre du « clan d'Oujda », son portefeuille de ministre des Affaires étrangères, les événements se précipitent. Boumédiène et ses proches décident le de mener un coup d'État au terme duquel il devient le nouveau président de l'Algérie. Il réfute toutefois le terme de « coup d’État » et a toujours affirmé avoir mené un « redressement révolutionnaire ». La nuance importait à ses yeux : alors que le coup d’État conduit à un changement de régime, Boumédiène affirmait appliquer avec rigueur et fidélité les principes de la révolution du 1er novembre. Il expliquait d'autre part que son « redressement révolutionnaire » s'était effectué sans effusion de sang et avait maintenu dans leurs fonctions les membres de l’administration de Ben Bella[3].

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