Horus

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Horus
Divinité égyptienne
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Horos, Hor
Nom en hiéroglyphes
G5 G7

ou
G9

ou
H Hr
r
Translittération Hannig Ḥr
Représentation homme à tête de faucon
Parèdre Hathor
Culte
Région de culte Égypte antique
Temple(s) Nekhen
Lieu principal de célébration Héliopolis, Kôm Ombo, Edfou
Symboles
Attribut(s) Œil Oudjat

Horus (de l' égyptien Hor / Horou) est l'une des plus anciennes divinités égyptiennes. Les représentations les plus communes le dépeignent comme un faucon couronné du pschent ou comme un homme hiéracocéphale. Son nom signifie « le Lointain » en référence au vol majestueux du rapace. Son culte remonte à la préhistoire égyptienne. La plus ancienne cité à s'être placée sous son patronage semble être Nekhen, la « Ville du Faucon » ( Hiérakonpolis). Dès les origines, Horus se trouve étroitement associé à la monarchie pharaonique en tant que dieu protecteur et dynastique. Les Suivants d’Horus sont ainsi les premiers souverains à s'être placés sous son obédience. Aux débuts de l’époque historique, le faucon sacré figure sur la palette du roi Narmer et, dès lors, sera constamment associé au pouvoir royal.

Dans le mythe le plus archaïque, Horus forme avec Seth un binôme divin caractérisé par la rivalité, chacun blessant l'autre. De cet affrontement est issu Thot, le dieu lunaire, considéré comme leur fils commun. Vers la fin de l' Ancien Empire, ce mythe est réinterprété par les prêtres d' Héliopolis en intégrant le personnage d' Osiris, l'archétype du pharaon défunt divinisé. Cette nouvelle théologie marque l'apparition du mythe osirien où Horus est présenté comme le fils posthume d'Osiris né des œuvres magiques d' Isis, sa mère. Dans ce cadre, Horus joue un rôle majeur. En tant que fils attentionné, il combat son oncle Seth, le meurtrier de son père, le défait et le capture. Seth humilié, Horus est couronné pharaon d'Égypte et son père intronisé roi de l'au-delà. Cependant, avant de pouvoir combattre vigoureusement son oncle, Horus n'est qu'un être chétif. En tant que dieu-enfant ( Harpocrate), Horus est l'archétype du bambin soumis à tous les dangers de la vie. Frôlant la mort à plusieurs reprises, il est aussi l'enfant qui, toujours, surmonte les difficultés de l'existence. À ce titre, il est un dieu guérisseur et sauveur très efficace contre les forces hostiles.

Outre ses traits dynastique et royaux, Horus est une divinité cosmique, un être fabuleux dont les deux yeux sont le soleil et la lune. L'œil gauche d'Horus, ou œil Oudjat, est un puissant symbole associé aux offrandes funéraires, à Thot, à la Lune et à ses phases. Cet œil, blessé par Seth et guéri par Thot, est l'astre nocturne qui constamment disparaît et réapparaît dans le ciel. Sans cesse régénérée, la lune est l'espoir pour tous les défunts égyptiens d'une possible renaissance.

Sous ses multiples aspects, Horus est vénéré dans toutes les régions égyptiennes. À Edfou, un des plus beaux temples ptolémaïques, le dieu reçoit la visite annuelle de la statue de la déesse Hathor de Dendérah et forme, avec Harsomtous, une triade divine. À Kôm Ombo, Horus l'Ancien est associé à Sobek, le dieu crocodile. Fort de cette renommée, le culte d'Horus s'est exporté hors d'Égypte, plus particulièrement en Nubie. À partir de la basse époque, grâce aux cultes isiaques, la figure d'Harpocrate s'est largement popularisée à travers tout le bassin méditerranéen sous influence hellénistique puis romaine.

Présentation

Dieu faucon

ḥr "Horus"
G5

Horus est l'une des plus anciennes divinités égyptiennes. Ses origines se perdent dans les brumes de la préhistoire africaine. À l'instar des autres principales déités du panthéon égyptien, il est présent dans l' iconographie dès le IVe millénaire av. J.-C. [1]. La dénomination contemporaine d'Horus est issue du théonyme grec Ὧρος (Hōros) élaboré au cours du Ier millénaire av. J.-C. au moment de la rencontre des cultures égyptienne et grecque. Ce théonyme est lui-même issu de l' égyptien ancien Hor qui étymologiquement signifie « le lointain », « le supérieur ». L' écriture hiéroglyphique ne restituant pas les voyelles, l'exacte prononciation égyptienne n'est plus connue, probablement Horou ou Hârou [2]. Dans la langue proto-égyptienne, Horus devait désigner le faucon d'où son idéogramme. Dès la période protodynastique (aux alentours de 3300 3300 av. J.-C.), le hiéroglyphe du faucon Hor désigne aussi le souverain, qu'il soit en exercice ou défunt, et peut même équivaloir au mot netjer, « dieu », avec toutefois une connotation de souveraineté. Dans les Textes des Pyramides, l'expression Hor em iakhou, « Horus dans le rayonnement », désigne ainsi le roi défunt, devenu un dieu parmi les dieux à son entrée dans l'au-delà [3].

En Égypte antique, plusieurs espèces de faucons ont coexisté. Les représentations de l'oiseau d'Horus étant le plus souvent très stylisées, il est assez difficile de l'identifier formellement à une espèce en particulier. Il semble toutefois que l'on puisse y voir une image du faucon pèlerin (Falco peregrinus). Ce rapace de taille moyenne et au cri perçant est réputé pour sa rapidité en piqué lorsque, du haut du ciel, il fond sur ses petites proies terrestres. Ce faucon présente aussi la particularité d'avoir des plumes sombres sous les yeux (la « moustache » selon les ornithologues) qui dessinent une sorte de croissant. Cette marque distinctive n'est pas sans rappeler le graphisme de l'œil Oudjat associé à Horus et aux autres dieux hiéracocéphales [4].

Iconographie

dessin
Relevé de la Stèle de Qahedjet, IIIe dynastie, Musée du Louvre.

La divinité d'Horus se manifeste dans l' iconographie de multiples façons. Dans la plupart des cas, il est représenté comme un faucon, comme un homme à tête de faucon ou, pour évoquer sa jeunesse, comme un jeune enfant nu et chauve. La forme animale est la plus ancienne. Jusqu'à la fin de la période protodynastique, les animaux, dont le faucon, apparaissent comme étant bien plus efficaces et bien supérieurs aux hommes. De ce fait, les puissances divines sont alors exclusivement figurées sous une forme animale. Le faucon et son majestueux vol planant dans le ciel ont été manifestement interprétés comme la marque ou le symbole du soleil, son nom « le Lointain » faisant référence à l'astre diurne. Vers la fin de la Ire dynastie, aux alentours de 2800 av. J.-C., en parallèle au développement de la civilisation égyptienne (diffusion de l'agriculture, de l'irrigation et de l'urbanisme), la mentalité religieuse s'infléchit et les forces divines commencent à s'humaniser. À cette époque apparaissent les premiers dieux entièrement anthropomorphes et momiformes ( Min et Ptah). Concernant Horus, durant les deux premières dynasties, la forme animale reste la règle. Les premières formes composites (hommes à tête animale) font leur apparition à la fin de la IIe dynastie et, en l'état des connaissances, la plus ancienne représentation connue d'Horus en homme hiéracocéphale date de la IIIe dynastie. Elle figure sur une stèle à présent conservée au Musée du Louvre [n 1] où le dieu est montré en compagnie du roi Houni-Qahedjet (≈ 2580 2580 av. J.-C.) [5].

Parmi les plus célèbres représentations figure un fragment d'une statue conservée au Musée égyptien du Caire et montrant Khéphren assis sur son trône ( IVe dynastie). Le faucon est debout sur le dossier du siège et ses deux ailes ouvertes enveloppent la nuque royale afin de signifier sa protection. Dans le même musée est conservée la statue en or de l'Horus de Nekhen. Sa datation est discutée : VIe ou XIIe dynastie [n 2]. Il ne subsiste plus que la tête du falconidé coiffée d'une couronne constituée de deux hautes plumes stylisées. Ses yeux en pierre d' obsidienne imitent le regard perçant de l'oiseau vivant. Le Metropolitan Museum of Art de New York possède quant à lui une statuette où le roi Nectanebo II de la XXXe dynastie, dernier pharaon de l'Égypte indépendante, est montré petit et debout entre les pattes d'un majestueux faucon couronné du pschent [6].

Un dieu complexe

Le panthéon égyptien compte un grand nombre de dieux faucons ; Sokar, Sopdou, Hemen, Houroun, Dédoun, Hormerty. Horus et ses multiples formes occupent toutefois la première place. Dieu à multiples facettes, les mythes qui le concernent s'enchevêtrent. Il est toutefois possible de distinguer deux aspects principaux : une forme juvénile et une forme adulte. Dans sa pleine puissance guerrière et sa maturité sexuelle, Horus est Horakhty, le soleil au zénith. À Héliopolis, en tant que tel, il est vénéré concurremment avec . Dans les Textes des Pyramides, le pharaon défunt ressuscite sous cette apparence de faucon solaire. Par un syncrétisme fréquent dans la religion égyptienne, Horakhty fusionne avec le démiurge héliopolitain, sous la forme de Rê-Horakhty. À Edfou, il est Horbehedety, le soleil ailé des temps primordiaux. À Kôm Ombo, il est Horus l'Ancien (Haroéris), un dieu céleste imaginé comme un immense faucon dont les yeux sont le Soleil et la Lune. Quand ces astres sont absents du ciel, cet Horus est dit aveugle. À Nekhen (Hiérakonpolis), la capitale des tout premiers pharaons, ce faucon céleste est Hor-Nekheny, dont les aspects guerriers et royaux sont très prononcés [7].

Le jeune Horus apparaît lui aussi sous de multiples formes. Dans le mythe osirien, Horus est le fils d' Osiris et d' Isis. Osiris, assassiné par son frère Seth, est ramené à la vie, le temps d'une union charnelle, grâce aux efforts conjugués d'Isis et de Nephtys. C'est de cette union miraculeuse que naît Horus l’Enfant, ( Harpocrate), aussi dénommé Harsiésis, (Horus fils d’Isis) et Hornedjitef (Horus qui prend soin de son père). Sous ce dernier aspect, pour venger la mort de son père, Horus affronte son oncle Seth. Après moultes péripéties, il gagne le combat et reçoit le trône d'Égypte en héritage. La vaillance et la fidélité familiale d'Horus font de ce dieu l' archétype du Pharaon. Cependant, sa légitimité est sans cesse contestée par Seth. Lors d'un combat qui l’oppose à son rival, Horus perd son œil gauche, qui est reconstitué par Thot. Appelé Oudjat ou œil d'Horus, cet œil, que les Égyptiens ont porté sur eux sous forme d’ amulette, possède des vertus magiques et prophylactiques. Cet œil gauche reconstitué morceau par morceau par Thot représente la lune qui jour après jour s’accroît. À l'opposé de Seth, qui représente la violence et le chaos, Horus pour sa part incarne l’ordre et, tout comme pharaon, il est l’un des garants de l’harmonie universelle ; cependant, il ne faut pas réduire la théologie complexe des Égyptiens à une conception manichéenne du Bien et du Mal, car, dans un autre mythe, Seth est l’auxiliaire indispensable de dans son combat nocturne contre le serpent Apophis. Bien et mal sont des aspects complémentaires de la création, tous deux présents en toute divinité [7].

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