Hongrie

Hongrie

Magyarország (hu)

Drapeau
Drapeau de la Hongrie
Blason
Armoiries de la Hongrie
Hymne national Himnusz
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président de la République János Áder
Président de la Diète László Kövér
Premier ministre Viktor Orbán
Langues officielles Hongrois
Capitale Budapest

47° 30′ N, 19° 15′ E

Géographie
Plus grande ville Budapest
Superficie totale 93 029  km2
( classé 110e)
Superficie en eau 0,74 %
Fuseau horaire

UTC +1: ( CET);

Heure d'été: UTC+2: ( CEST)
Histoire
- Principauté de Hongrie
 - Royaume de Hongrie
896
1000
Démographie
Gentilé Hongrois
Population totale (oct 2011) 9 937 628 [1] hab.
( classé 78e)
Densité 107 hab./km2
Économie
PIB nominal ( 2013) 133,4 milliards de $ [2]
PIB (PPA) 234,3 milliards de $ [2]
PIB nominal par hab. ( 2013) 13 388 $ [3] (57e)
PIB (PPA) par hab. ( 2013) 23 236 $ [3] (48e)
IDH ( 2009) en augmentation 0,879 (très élevé) ( 43e)
Monnaie Forint ( HUF​)
Divers
Code ISO 3166-1 HUN, HU​
Domaine Internet .hu
Indicatif téléphonique +36

La Hongrie (en hongrois : Magyarország, [ˈmɒɟɒɾoɾsaːg] Prononciation du titre dans sa version originale  Écouter) est une république constitutionnelle unitaire située en Europe centrale. Elle a pour capitale Budapest, pour langue officielle le hongrois et pour monnaie le forint. Son drapeau est constitué de trois bandes horizontales, rouge, blanche et verte et son hymne national est l' Himnusz. D'une superficie de 93 030 km2, elle s'étend sur 250 km du nord au sud et 524 km d'est en ouest. Elle a 2 009 km de frontières avec l' Autriche à l'ouest, la Serbie, la Croatie et la Slovénie au sud et sud-ouest, la Roumanie au sud-est, l' Ukraine au nord-est et la Slovaquie au nord.

Après des siècles où le territoire actuel de la Hongrie était habitée par les Celtes, les Romains, les Huns, les Slaves, les Gépides et les Avars, la Hongrie fut fondée à la fin du IXe siècle par le prince et commandant militaire Árpád après la conquête du territoire ( honfoglalás). Son arrière-petit-fils Étienne Étienne Ier de Hongrie, en l'an 1000, convertit le pays au catholicisme. Après la bataille de Mohács en 1526, la Hongrie perdit sa souveraineté au profit de l'Empire ottoman (1541-1699). Elle fut sous la tutelle des Habsbourg et, plus tard, elle fit partie de l'Empire austro-hongrois (1867-1918).

Ses frontières actuelles furent établies en 1920 avec le traité de Trianon, quand le pays perdit 71 % de son territoire, et 32 % de magyarophones, qui habitèrent désormais la Slovaquie, la Croatie, rattachée au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, ou la Transylvanie, rattachée à la Roumanie. La situation des populations hongroises se retrouvant hors des nouvelles frontières motive de la part de la Hongrie une politique explicitement irrédentiste et explique ainsi le ralliement du pays à l' Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale. L'ancienne domination hongroise dans le bassin des Carpates ainsi que le sort des minorités hongroises sont toujours au cœur des relations que la Hongrie entretient avec ses pays voisins. Pendant quatre décennies de communisme (1947-1989), le pays attira l'attention internationale avec la révolution de 1956 et l' ouverture de la frontière avec l'Autriche en 1989 qui accéléra la chute du bloc soviétique.

Peuplée d'environ 10 millions d'habitants, la Hongrie est une puissance moyenne à l'échelle de l' Europe. Elle est dotée d'une économie de type capitaliste avec un secteur public encore important. Comme de nombreux pays anciennement communistes, son modèle productif a longtemps été dominé par l'industrie (fabrication de camions, d'autobus, de matériel ferroviaire et de moteurs dans le cadre du Comecon). Sa capacité agricole est très élevée mais le secteur s'est délesté d'une part importante de sa main-d'œuvre au bénéfice de sa modernisation. Comme de nombreux pays européens, l' économie de la Hongrie s'est considérablement tertiarisée ces dernières années. La Hongrie se distingue enfin dans le secteur de la recherche et de l'innovation technologique. Elle compte un nombre élevé de prix Nobel, et ses échanges scientifiques sont de haut niveau.

La Hongrie est membre du Groupe de Visegrád, de l' Union européenne, de l' OTAN, de l' OMC et de l' ONU.

Nom et attributs

Étymologie

Carte histoire de l'Ungaria par Sambucus, 1578.

Le royaume de Hongrie fondé en 1001 et disparu en 1946 portait en hongrois le nom de Magyar Királyság dont est issu l'appellation de la Hongrie contemporaine : Magyarország : « le pays des Magyars ». En hongrois, magyar désigne à la fois l'État et le nom du groupe ethnique issu de l' Oural et leurs descendants supposés. Du mot magyar est issu l'adjectif et le substantif « magyar » en français ou encore magyarisch et Magyar en allemand. Dans la plupart des langues du monde, c'est pourtant la racine latine Hungaria qui est utilisée pour désigner l'État, qu'il s'agisse du royaume ou de la république. C'est le cas de l'anglais notamment : Kingdom of Hungary, Republic of Hungary, Hungary.

L'arabe reprend le terme Magyar puisque le pays s'appelle « El Majar ».

En slovaque, en slovène et en croate et serbe, le terme magyar et la racine latine hungaria coexistent et permettent justement de différencier le sens politique (la nation hongroise comme construction politique, ainsi que sa matérialisation géopolitique : l'État hongrois) du sens ethno-culturel (les minorités magyares). Dans ces langues, avant la partition du traité de Trianon en 1920, la « Hongrie » était désignée sur la base latine : Uhorsko (slovaque), Ogrska (slovène) et Ugarska/Угарска (croate et serbe) tandis que depuis 1920, on lui préfère l'adjectif ethnique substantivé : Maďarsko (slovaque), Madžarska (slovène) et Mađarska/Мађарска (croate et serbe). Cette évolution de la désignation du territoire hongrois ne se retrouve pas chez les Autrichiens, les Roumains et les Ukrainiens : respectivement Ungarn, Ungaria et Угорщина (Uhorščyna). Pourtant, les racines latine et hongroise de l' ethnonyme sont bien présentes en roumain pour différencier l'habitant de la Hongrie (ungur) du « Hongrois ethnique », minorité officielle de Roumanie : maghiar.

Quant au nom de Hongrie, hongrois, il semble qu'il soit issu d'une confusion chez certains peuples (dont les Occidentaux) entre les Magyars et des peuples turcs dont certains s'étaient joints à eux durant les migrations, notamment les Onoghours (en latin Hungari, ou « Hunnougour issus des hordes hunniques » chez Théophylacte Simocatta).

Armoiries, drapeau et fêtes nationales

Les éléments des armoiries de la Hongrie datent du Moyen Âge. Le blason actuel est utilisé pour la première fois sous le règne de Louis Louis Ier ( 1342- 1382). La couronne surplombant le blason apparaît sous le règne de Ladislas Ladislas Ier Jagellon ( 1440- 1444). Il s'agit à l'origine d'un diadème classique, mais sur le sceau de Matthias Corvin de 1464, elle commence à ressembler davantage à la couronne d' Étienne Étienne Ier de Hongrie. La version finale des armoiries est élaborée sous le règne de Matthias II, au début du XVIIe siècle. Son usage devient régulier sous le règne de Marie-Thérèse d'Autriche.

Armorial de la Hongrie
Coat of arms of Hungary.svg Blason Parti, au premier fascé de huit pièces de gueules et d’argent, au deuxième de gueules à la croix patriarcale pattée d’argent, issante d’une couronne d’or, plantée au sommet d’un mont de trois coupeaux de sinople. Le blason est timbré de la couronne de saint Étienne.
Notes Les éléments composant le blason actuel sont apparus selon l'ordre suivant. La croix de Lorraine est le symbole national hongrois, Étienne Étienne Ier de Hongrie ayant reçu le titre de roi apostolique du pape Sylvestre II (la croix de Lorraine est appelée également la croix apostolique) en raison de sa participation active à la christianisation du pays. Elle est utilisée depuis le règne de Charles-Robert Charles-Robert Ier, membre de la dynastie angevine, détentrice de la couronne hongroise au XIVe siècle. Les trois collines sont le produit des rapports dynastiques avec Naples au XIIIe siècle. Au début, la croix de Lorraine reposait sur trois pieds. Ensuite, ces trois pieds sont devenus des collines blanches, qui se sont encore transformées pour donner celles que nous avons aujourd'hui. L'association de la croix et des collines est également présente dans les armoiries de la Slovaquie. Les bandes rouges et blanches sont apparues à la fin du XIIe, début XIIIe : elles sont les couleurs, disposées ainsi, de la bannière d' Árpád, fondateur de la première dynastie des rois de Hongrie et chef des tribus magyares lors de l' Honfoglalás en 896. La couronne sous la croix de Lorraine est quant à elle présente depuis 600 ans.
Statut Officiel
Le drapeau hongrois flottant au vent.

Le drapeau de la Hongrie est composé de trois bandes horizontales rouge (dessus), blanche et verte. Sa forme tricolore est inspirée du drapeau français et des idées de la Révolution de 1789 alors que ses couleurs sont une reprise des armoiries historiques de la Hongrie. Le drapeau fait sa première apparition lors de Révolution hongroise de 1848 mais ne s'impose au sein de l' Autriche-Hongrie bicéphale qu'en 1867. Jusqu'en 1945, le drapeau est frappé d'une couronne royale en son centre. La loi fondamentale de la Hongrie entrée en vigueur en 2012 donne une interprétation officielle des couleurs : le rouge pour la force, le blanc pour la fidélité, le vert pour l'espoir.

La figuration d'un blason sur sa partie centrale a été l'objet de forts enjeux symboliques durant tout le XXe siècle. Lors de l' insurrection de Budapest en 1956, les insurgés découpent les armes du régime communiste et leur préfère un trou symbole de la liberté retrouvée. La forme actuelle du drapeau est ainsi adoptée en 1957. Depuis 1990, la version blasonnée est tolérée et parfois utilisée par les pouvoirs publics.

Il existe trois fêtes officielles en Hongrie. Le 15 mars, le Nemzeti ünnep (« fête nationale ») commémore la Révolution hongroise de 1848. Le 20 août, le Szent István ünnepe (« fête de saint Étienne », fête de l'État) célèbre la fondation de l'État hongrois en 1000. Enfin, le 23 octobre, le Forradalom ünnepe est organisé en l'honneur de l' Insurrection de Budapest de 1956. Selon l'article J de la nouvelle loi fondamentale, le 20 août occupe désormais le premier rang puisque c'est la seule « fête d'État officielle » (hivatalos állami ünnep).

Regalia

Le trésor de la couronne royale exposés sous la coupole du Parlement à Budapest.

Les regalia sont les symboles de la souveraineté hongroise. Elles sont constituées de plusieurs pièces : la couronne de saint Étienne (Szent István Korona), le sceptre (jogar), l' orbe (országalma), le manteau du couronnement (palást) et l'épée (kard).

La couronne des rois de Hongrie était utilisée depuis le XIIIe siècle. Chaque couronnement fait référence à celui d’ Étienne Étienne Ier, couronné roi de Hongrie le avec une couronne envoyée par le pape Sylvestre II. La couronne avait été apportée par le légat Astéric (ou Anastase), futur archevêque d’ Esztergom. La couronne que l’on peut voir aujourd’hui est différente de l’original. Étienne Ier perdit son fils unique et renvoya avant de mourir sa couronne au Vatican, en signe de soumission. Depuis, elle a été volée et on perd sa trace au XVIe siècle.

Les spécialistes considèrent que la couronne actuelle se compose d’une partie byzantine (corona graeca), datant des années 1070. Cette dernière a été offert par le basileus Michel VII à la princesse Synadene, qui était l’épouse du roi Géza Géza Ier. L’autre partie est plus récente et a sans doute été ajoutée au XIIIe siècle, sous le règne de Béla III de Hongrie.

La légende veut que la croix surmontant la couronne du roi de Hongrie soit penchée en raison du voyage mouvementé entre Rome et la Hongrie, le pape Sylvestre II ayant fait envoyer ladite couronne par une escorte à cheval. Abîmée au cours de ce voyage, la couronne aurait été apportée ainsi au roi Étienne Étienne Ier (István Ier). Il pourrait s'agir aussi du fait que lorsque les Turcs ont envahi le pays, elle aurait été enterrée pour être cachée, mais déformée.

Cas unique en Europe, les regalia médiévales de Hongrie sont toutes parvenues jusqu’à nos jours, mises à part les chausses qui ont brûlé pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis le , elles sont conservées au Parlement hongrois, sauf le manteau du couronnement qui est visible au musée national hongrois. Le sceptre du Xe siècle est surmonté d’une boule de cristal gravée de lions. L’épée est une production italienne du XIVe siècle. L’épée du couronnement d’Étienne Ier est gardée dans la cathédrale Saint-Vitus depuis 1368.