Homosexualité dans les religions

Bûcher du chevalier Hohenberg et de son valet, accusés de sodomie, devant Zürich, 1482.

Le regard des religions sur l'homosexualité varie en fonction de la dénomination religieuse et des époques. Plusieurs religions portent un regard négatif sur l' homosexualité, voire la condamne. C'est souvent le cas de l' islam, du christianisme et du judaïsme. Les personnes homosexuelles ont subi et subissent encore des discriminations voire des persécutions de la part d'autorités religieuses ou sous des motifs religieux.

Religions abrahamiques

L'homosexualité dans le judaïsme

Dans le judaïsme, les peuples ayant précédé Israël semblent avoir pratiqué la prostitution féminine et masculine rituelle au service de Baal ou Ba'al (hébreu : בָּעַל, Báʿal, qui signifie diable ou mari) et d' Astarté ou Ashtarot (עשתרת) en hébreu, et la Bible condamne les pratiques idolâtres [1]. Babylone est qualifiée de "prostituée". Sous le règne de Roboam, fils de Salomon, les textes rapportent que la prostitution masculine était officielle dans le pays [2]. La condamnation de ces pratiques idolâtres intègre celle de l'homosexualité. Elle apparaît dans le Lévitique [3] et ne semble concerner que les relations entre hommes.

Le roi David embrassant Jonathan (manuscrit médiéval)

Deux passages dans la Torah semblent les condamner :

Dans le Lévitique : la relation sexuelle entre hommes est présentée comme une « abomination » ("To'évah" en hébreu).

1. "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination." : Lévitique 18:22

L'interprétation du rabbin Gabriel Farhi [4] énonce qu'il ne s'agirait pas ici d'une condamnation de pratiques sexuelles entre deux hommes au sens strict mais que la condamnation porte sur le "comme", autrement dit un homme qui a des relations sexuelles avec un homme devrait faire autrement qu'avec une femme. Cette interprétation ne condamnerait dès lors que le rapport sexuel anal (autorisé avec une femme). La sodomie pose en effet la question du consentement du partenaire passif (l'interdit condamnerait dans ce verset le viol homosexuel pratiqué par les Cananéens). La sodomie d'un homme consisterait alors à féminiser le partenaire passif en l'assimilant à une femme, d'où son interdiction.

2. "L'homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c'est une abomination qu'ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux." : Lévitique 20:13. Notons que la peine de mort n'est pas appliquée car depuis la chute du Temple, un sanhédrin ne peut se constituer pour la prononcer.

Si ces deux passages interdisent des pratiques, les sentiments et le désir homosexuel ne sont pas condamnés.

Traditionnellement les deux versets ont été interprétés comme une prohibition totale des pratiques homosexuelles mais des interprétations modernes remarquent qu'ils se trouvent à la fin d'une série des lois que interdissent l'inceste homme/femme, ils pourraient donc s'interpréter comme une interdiction à l'inceste homme/homme. Aucune mention n'est faite aux femmes.

Selon John Boswell, l'hostilité et les préjugés du judaïsme face aux pratiques liées à l'homosexualité pourraient s'expliquer par leur lien avec des rituels liés au paganisme et la prostitution sacrée [5]. Alain Daniélou [6] nous indique que les anciens Hébreux ont connu la prostitution sacrée [7] masculine et féminine.

Le récit de Sodome et Gomorrhe quant à lui est évoqué dans les récits de la Genèse. Au verset 19:5 de la Genèse, les habitants de Sodome veulent "connaître" (= "iada'" en hébreu, qui signifie avoir des relations sexuelles) les compagnons de Loth qui leur proposent en échange ses filles. Le verset énonce: "Ils appelèrent Loth et lui dirent : où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Amène-les-nous pour que nous les connaissions" (Genèse 19:5). À la suite de ce verset, les mots latin sodomia et français sodomie et leurs dérivés, tel sodomite ont été appliqués très improprement à l'homosexualité (pas seulement masculine), le terme ancien de gomorrhéenne ayant été utilisé abusivement pour désigner spécialement les lesbiennes.

Néanmoins les textes bibliques évoquent aussi la tendre amitié qui unit le deuxième roi d'Israël David (Bible) à Jonathan (Bible) (en hébreu: יְהוֹנָתָן / יוֹנָתָן "celui que Dieu a donné") fils de Saul : « Or il advint que l'âme de Jonathan se lia à l'âme de David et que Jonathan l'aima comme lui-même » [8]. Après la mort de ce dernier au combat, David se plaint : « Je suis en détresse à cause de toi, mon frère Jonathan, tu m'étais très cher, ton amour était pour moi plus merveilleux que l'amour des femmes » [9]. Les pratiques homosexuelles semblent bien avoir existé comme le rapporte l'historien Juif Flavius Josèphe en parlant des religieux Zélotes (en grec : ζηλωτής zelotes ; Qiniim en hébreu) révolutionnaires lors de la résistance désespérée de Jérusalem assiégée par les Romains [10]. Mais la position du Judaïsme reste la condamnation de l'acte. (Lire à ce titre : l' homosexualité dans le Judaïsme). Les religions héritières de la loi de Moïse ont intégré ce rejet du Lévitique de l'homosexualité. Le judaïsme libéral accepte l'homosexualité, y compris pour les rabbins dans le cas du judaïsme libéral américain. En France, l'association Beit Haverim milite dans le sens d'une prise en compte de l'homosexualité dans la communauté juive française.

La destruction de Sodome (Tableau de Johann Georg Trautmann (1713-1769)

L'homosexualité dans le christianisme

L' acte homosexuel est considéré comme un péché. Il reprend à son compte la même interdiction du Lévitique que le Judaïsme, sans la condamnation; et y adjoint des extraits des épîtres de Paul (notamment 1 Corinthiens VI, 9-10 [11] et Romains, I, 26-28 [12]. Paul de Tarse, dit ainsi que le chrétien est affranchi de la loi source de péché [13]. Néanmoins, après dix siècles de liberté sexuelle au sein de la Rome antique, l'un des premiers empereurs romains chrétiens, saint Théodose proclame le 6 août 390 un édit condamnant à mort par l'épée les passifs (un « homme s'accouplant comme une femme » selon le Code de Théodose [14]). Ce passage vers une répression directe de certains rapports sexuels doit être replacé dans le contexte de l'apparition et de l'affirmation du christianisme à la fin de l'Empire romain : émerge une attitude sociale, la morale chrétienne, opposée à celle de la décadence impériale.

D'après l'historien John Boswell, le christianisme aurait pratiqué des unions de même sexe jusqu'au e siècle côté latin et plus tard encore (au moins jusqu'au e siècle) côté oriental. Il aurait cité un cas romain remontant à un siècle et demi [15]. Cependant ses interprétations sont très critiquées par d'autres historiens qui l'accusent de confondre systématiquement liens spirituels et charnels [16]. Des prélats et certains papes auraient eu des comportements manifestement homosexuels [réf. nécessaire] sans pour autant avoir de relations sexuelles. Les témoignages sont nombreux tout au long de l'histoire à commencer par celui du roi Edgar d'Angleterre dit le Pacifique (943-975) qui s'adressant à ses évêques, donne une description peu flatteuse de ce qu'il avait vu lors d'un de ses voyages à Rome :

Benoît XVI (2008)

« ... On ne voit à Rome que débauches, dissolution, ivrogneries et impuretés... les maisons des prêtres sont devenues les retraites honteuses des prostituées, des bateleurs, jongleurs, équilibristes, acrobates.... et des sodomites... on joue nuit et jour dans la demeure du pape. »

Catholicisme romain

L' Église catholique romaine est tolérante envers « la condition ou tendance homosexuelle » des croyants, tout en rejetant les « actes » [17]. La Congrégation pour la doctrine de la foi, sous la houlette du cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI) a rappelé, en 1986 [18] et 2003 [19], cette position, enjoignant, en particulier, aux évêques et aux législateurs catholiques de s'opposer aux législations en faveur du mariage entre personnes de même sexe ou de son équivalent dans les autres législations. Selon l'Association David et Jonathan "ce texte durcit la position traditionnelle de l’Église concernant les homosexuels. La distinction entre tendances et actes homosexuels, sur laquelle insistaient tous les textes du Magistère jusqu’ici, disparaît de fait [réf. nécessaire]. La tendance homosexuelle devient incompatible avec une authentique chasteté et en elle-même coupable". Le dernier texte publié par le Saint-Siège ce sujet remontait à 1961. Le Vatican lui-même a mis en place deux mouvements fondés sur la morale catholique romaine de l'amitié et de l'abstinence complète : le mouvement Courage et les Rencontres Fraternelles Aelred. Ces mouvements militent contre le mariage entre personnes de même sexe et mettent l'accent sur la chasteté intégrale encadrée par des pratiques religieuses et des organisations religieuses.

De nos jours, excepté dans les formes religieuses à tendance intégriste catholique, orthodoxe, évangélique ou autres [20], on ne réclame pas des homosexuels l'abstinence mais plutôt de la retenue et de la discrétion [21]. Dans l'Église catholique romaine, on met l'accent sur l'accueil et la bienveillance à l'égard des personnes homosexuelles. En juillet 2013, le pape François expose : « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? ». Il rappelle que « le catéchisme de l’Église catholique dit très bien qu'on ne doit pas marginaliser ces personnes qui doivent être intégrées dans la société » [22].

Églises orthodoxes

Le patriarche orthodoxe de Moscou et de toute la Russie Alexis II déclara devant l'assemblée du Conseil de l'Europe, en octobre 2007, que « l'Église orthodoxe russe éprouve amour et compassion pour le pécheur mais pas pour ses péchés. Tel est l'enseignement moral de la Bible. Le péché, c'est l'adultère, l'infidélité, des relations sexuelles irresponsables et tous les actes qui altèrent la conscience de l'homme. (...) Si certains se livrent à une propagande en faveur de l'homosexualité, il est du devoir de l'Église de dire où est le Bien car l'homosexualité est une maladie qui modifie la personnalité de l'homme. Ce n'est donc pas l'une de ces pathologies dont on peut parler avec détachement comme de la kleptomanie par exemple. (...) Ces convictions ne doivent conduire à aucune discrimination » [23]. Son successeur, le patriarche Cyrille Cyrille Ier, à l'occasion d'un voyage en Ukraine, en juillet 2010 [24], exprima partager la vision du pape Benoît XVI sur de nombreuses questions actuelles, spécialement les questions morales et ecclésiales. Concernant l'homosexualité, il nota que « la Parole de Dieu est déformée afin de correspondre au critère laïciste libéral. Il est écrit très clairement qu'il s'agit d'un péché [25] ».

Le , les 13 membres du comité permanent de l' Église orthodoxe de Grèce déclarèrent que la proposition de loi d'union matrimoniale civile, envisagée par le gouvernement grec, serait une « bombe catastrophique » logée dans les fondements même de la société grecque, minant le mariage et la vie de famille [26]. Le Synode affirma, de la part de l'Église de Grèce, que « l'Église accepte et bénit le mariage établit selon les traditions orthodoxes, et considère tout autre type de relation semblable comme étant de la prostitution ».

Dans son document portant sur « le mariage, la famille, la sexualité et la sainteté de la vie [27] », le Saint Synode de l'Église orthodoxe aux États-Unis déclara en juillet 1992 que « l'homosexualité doit être perçue comme le résultat de la rébellion de l'humanité contre Dieu, et donc, contre sa nature propre et son propre bien-être. Elle ne doit pas être considérée comme une manière de vivre et d'agir pour des hommes et des femmes faits à l'image et à la ressemblance de Dieu. Les hommes et les femmes ayant des sentiments et des émotions homosexuels doivent être traités avec la compréhension, l'acceptation, l'amour, la justice et la miséricorde dus à tous les êtres humains. (…) Les personnes [homosexuelles] instruites et trouvant conseil dans la foi chrétienne orthodoxe et la vie ascétique et qui veulent encore justifier leur attitude, ne peuvent pas participer aux mystères sacramentels de l'Église, puisque le faire ne les aiderait pas, mais, au contraire, leur ferait du mal ».

Dans l' orthodoxie, la position reste donc la condamnation de l'homosexualité. Cette attitude va jusqu'à l'implication politique. Ainsi, le patriarche de Roumanie Teoctist Ier (1915-2007) s'est opposé publiquement avec l'appui du saint Synode de Roumanie en 1996 et en 2000 au fait que la Chambre des Députés roumaine envisageait d’abolir une loi réprimant par la prison le délit d’homosexualité. Dans son homélie pascale de 2001 il fustigeait vivement l'homosexualité [28].

Le Saint Synode de l’Église d’Amérique quant à lui, s'est opposé à cette attitude et s'est exprimé en 1992 par une écoute pastorale à ce sujet, tout en soulignant que l’homosexualité, comme telle, était une révolte de la nature contre Dieu, comme le sont tous les péchés : « Les hommes et les femmes ayant des sentiments et des émotions homosexuels doivent être traités avec la compréhension, l'acceptation, l'amour, la justice et la miséricorde dus à tous les êtres humains. (…) Les personnes (homosexuelles) instruites et trouvant conseil dans la foi chrétienne orthodoxe et la vie ascétique et qui veulent encore justifier leur attitude, ne peuvent pas participer aux mystères sacramentels de l'Église, puisque le faire ne les aiderait pas, mais, au contraire, leur ferait du mal ». La voie proposée reste donc la compréhension, l'écoute, l'abstinence et l'ascèse. Le métropolite Michel Laroche du représentant du patriarcat de Kiev en France partage la même opinion [29] et propose de laisser les solutions pastorales de ces questions aux prêtres de paroisses et aux moines tout en citant Luc (évangéliste) : « Ne jugez-pas et vous ne serez pas jugés ».

Églises orthodoxes-orientales

Pour l' Église copte orthodoxe, selon la Bible, la tradition copte et le credo, l'homosexualité est un péché et Dieu les condamne [30]. Le père M. Mikhail (États-Unis) [31] affirme que l'orientation sexuelle vient d'une prédisposition datant de la petite enfance, est donc acquise et constitue un choix [30]. « Une personne homosexuelle se fait des illusions si elle pense pouvoir pratiquer ce style de vie et aller au ciel. L'homosexualité est un péché et la personne homosexuelle qui veut guérir doit la reconnaître comme telle et se repentir » [30].

Églises protestantes et Communion anglicane

Mgr Desmond Tutu, 2004.

Le Romains au chapitre 1 v. 27, ou encore selon les interprétations qui sont faites de certains passages de l'ancien et du nouveau testament.

Certains mouvements se sont cependant grandement libéralisés :

L' homosexualité dans l'anglicanisme, par exemple, semble échapper au rejet de l'homosexualité issu du christianisme et au-delà, du judaïsme, avec bénédiction du mariage entre personnes de même sexe et consécration d'évêques ouvertement gays ou lesbiennes ce qui est cause de division. Sur ce point, la crise est ouverte depuis l'ordination d'un pasteur vivant ouvertement une relation homosexuelle stable, Gene Robinson, comme évêque du New Hampshire en 2003 par l' Église épiscopale des États-Unis. Elle a conduit à un certain nombre de changements d'obédience par des paroisses et des diocèses qui tout en voulant rester dans la Communion anglicane, se sont mis sous la juridiction de provinces plus conservatrices notamment en Afrique, exceptée l'Afrique du Sud. En Afrique du Sud, l'archevêque primat Desmond Mpilo Tutu Prix Nobel de la Paix, déclare en 1998 « Puisque nous considérons que l'amour concerne tout l'être et pas seulement la dimension sexuelle, et qu'il ouvre au don de soi et à la compassion, quelles raisons aurions nous de croire que cette qualité doit être réservée aux couples hétérosexuels ? » [32]. Il est encore plus direct en novembre 2007, n'hésitant pas à lancer " If God, as they say, is homophobic, I wouldn't worship that God." [33] qu'on peut traduire par « Si Dieu, comme ils le disent, est homophobe, je ne rendrais pas de culte à ce Dieu ».

De même, l' Église évangélique luthérienne en Amérique (ELCA) a voté en août 2009 pour permettre aux homosexuels monogames (et non plus simplement célibataires) d'être ordonné pasteurs [34].

Le synode de l' Église protestante unie de France réuni du 14 au 17 mai 2015 à Sète a décidé d’ouvrir la possibilité de la pratique d’une bénédiction liturgique pour les couples mariés de même sexe [35].

Autres Églises chrétiennes

L' Église vieille-catholique ou Union catholique internationale d'Utrecht regroupe les héritiers de l'Église janséniste d'Utrecht et, depuis 1870, les héritiers des catholiques qui refusent le dogme de l'infaillibilité pontificale et la juridiction universelle de l'évêque de Rome. Cette Église défend des positions plus libérales que l'Église catholique romaine et accepte les bénédictions de couples homosexuels. En 1996 l'Église vieille-catholique hollandaise déclara qu'une bénédiction des relations entre personnes de même sexe était possible, mais sans encore accorder le droit de se marier. En effet, le mariage est, selon les vieux-catholiques, un sacrement. Mais dès 2002, un rapport de cette même église conseilla d'engager les discussions au sujet du mariage. Lors de son synode national de 2006, l'Église catholique-chrétienne, branche suisse de l'Église vieille-catholique, rappela que « la préférence sexuelle d’un être humain et sa façon de la vivre dans une perspective chrétienne ne peut être en soi un critère déterminant » pour l’exercice d’un ministère dans l’Église, mais souligna, cependant, l’importance d’une certaine intelligence pastorale dans l’engagement de membre du clergé vivant en partenariat homosexuel [36]. D'autre part, la bénédiction des couples homosexuels qui n'est, pour cette Église suisse, ni un sacrement ni un mariage religieux, consiste en une prière prononcée soit dans une célébration à part entière, à l’église ou dans un contexte privé (par exemple, dans l’appartement du couple), soit au cours d’une eucharistie paroissiale [36].

La Société religieuse des Amis (quakers) (Religious Society of Friends) [37] publie en 1963 un ouvrage intitulé Towards a Quaker View of Sex [38] (« Vers une vision quaker de la sexualité ») qui expose des vues très libérales et fait beaucoup dans le changement d'attitude envers les personnes homosexuelles [39], [40]. En 1987, le comité exécutif des quakers britanniques reconnaît qu'il n'y a pas de raisons essentielles à ce que ne soient pas célébrées des unions de personnes de même sexe [40]. L'Assemblée annuelle britannique des quakers accepte formellement le mariage entre personnes de même sexe en 2009, avec mandat d'obtenir du gouvernement les nécessaires changements légaux [41], [42].

L'homosexualité dans l'islam

Article détaillé : Homosexualité dans l'islam.

L' islam, considère l' homosexualité comme étant un péché contre l'ordre établi par Dieu. La charia, loi islamique, condamne fortement l'homosexualité dans toutes les écoles juridiques et prescrit la peine de mort ou une peine discrétionnaire [43] comme sanction en cas de pratique. L'homosexualité masculine est un crime dans la plupart des pays à majorité musulmane.

Dans le Coran, il est clair que Dieu a détruit la cité de Loth qui a exercé ces pratiques. Voici quelques citations :

Le Coran [26:165-166]

« Accomplissez-vous l’acte charnel avec les mâles de ce monde ? Et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Mais vous n’êtes que des gens transgresseurs». «Si tu ne cesses pas, Lot, tu seras certainement du nombre des expulsés». «Je déteste vraiment ce que vous faites. »

Le Coran [27:54-55]

« [Et rappelle-leur] Lot, quand il dit à son peuple : «Vous livrez-vous à la turpitude [I'homosexualité] alors que vous voyez clair». Vous allez aux hommes au lieu de femmes pour assouvir vos désirs ? Vous êtes plutôt un peuple ignorant. »

Le Coran [7:80-81]

« Et Lot, quand il dit à son peuple : «Vous livrez vous à cette turpitude que nul, parmi les mondes, n’a commise avant vous ? Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple outrancier.» »

Le Coran [29:28-30]

« Et Lot, quand il dit à son peuple : «Vraiment, vous commettez la turpitude où nul dans l’univers ne vous a précédés. Aurez-vous commerce charnel avec des mâles ? Pratiquerez-vous le brigandage ? Commettrez-vous le blâmable dans votre assemblée ? » »

Le Coran [21:74]

« Et Lot ! Nous lui avons apporté la capacité de juger et le savoir, et Nous l’avons sauvé de la cité où se commettaient les vices; ces gens étaient vraiment des gens du mal, des pervers. »

Le Coran [54:33-34]

« Le peuple de Lot traita de mensonges les avertissements. Nous lâchâmes sur eux un ouragan, excepté la famille de Lot que Nous sauvâmes avant l’aube, »

Interrogé sur la question, Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, souligne que les pays sanctionnant l'homosexualité par la peine de mort répondent d'une mauvaise interprétation des textes sacrés, « sur des hadiths non authentiques ». Pour Oubrou, « aucun texte univoque, authentique, ne fait mention d'une quelconque sanction contre les homosexuels. Éthiquement parlant, le Coran n'admet pas l'homosexualité. Mais le passage de cette condamnation morale a une condamnation juridique n'existe pas ». Mais cette position d'ouverture reste très marginale dans le monde musulman : L'Islam ne fait pas exception à la règle de rejet global de l'homosexualité même si on observe selon les temps et les lieux une différence sur les peines appliquées.

Anciens manuscrits musulmans de Mauritanie

L'évolution actuelle sur la question laisse une place à l'ouverture de certains imams comme l'imam Tareq Oubrou, pour qui ni le Coran ni la Sunna ne condamnent l'homosexualité, ajoutant que l' homophobie est contraire aux principes de l'Islam. L'imam de Bordeaux Tareq Oubrou souligne que l'homosexualité « n'est pas préconisée par l'islam, mais que les musulmans homosexuels sont des musulmans à part entière. Le fait de les stigmatiser, de les violenter, de les harceler est antinomique avec l'éthique commune ». Abdel Nour Brado, représentant de la Junta Islamica de Cordoue déclare qu'« il n'y a dans le Coran aucune référence contre l'homosexualité. Il faut débattre de ce sujet entre nous et comprendre que célébrer des mariages religieux entre gays serait la meilleure réponse des musulmans vivant en occident à ceux qui persécutent les homosexuels dans le monde musulman » mais ce point de vue reste tout à fait marginal dans la réalité du monde musulman contemporain.

Plusieurs associations de gays musulmans se sont créées au cours des dernières années, dont la Fondation Al-Fatiha (créée en 1998 aux États-Unis), HM2F (pour "Homosexuel-les Musulman-es de France", créée en janvier 2010 par Ludovic-Mohamed Zahed ; également auteur de l'ouvrage intitulé "Le Coran et la Chair", ou Merhaba (en Belgique). L'association chrétienne française David et Jonathan a également ouvert le groupe Abu Nuwas pour répondre à une demande de jeunes gays musulmans. Mais ces actions restent l'exception.

Dans la quasi-totalité des pays dont la population est essentiellement musulmane, l'homosexualité est considérée comme un délit conduisant à des peines allant jusqu'à 10 ans de prison. Cette pratique est cependant passible de la peine de mort dans 7 pays : Mauritanie, Soudan, Nigéria, Somalie, Arabie Saoudite, Yémen et Iran.

Même lorsque l'homosexualité n'est pas illégale Turquie, la censure officielle peut être dure: en 2010, Selma Aliye Kavaf, alors ministre aux Affaires familiales, a parlé de «maladie» en évoquant l'homosexualité. Des charges pour homosexualité peuvent également être utilisées dans la répression politique. Depuis 1998, le leader de l'opposition malaysienne Anwar Ibrahim a été jugé plusieurs fois pour sodomie [44].

Un des cas emblématique récent est celui du prince saoudien Saoud ben Abdelaziz ben Nasser Al Saoud condamné le 20 octobre 2010 à la prison à perpétuité, avec peine de sûreté de vingt ans et purge sa peine au Royaume-Uni, où il pouvait demander asile à l'issue de celle-ci, l'homosexualité étant punie de la peine de mort en Arabie saoudite.

Conclusion sur les religions monothéistes

Certains observateurs notent que ces trois religions abrahamiques, de même que plusieurs confessions protestantes, si souvent antagoniques, « s'accordent sur un point : leur rejet de l'acte homosexuel » et leurs chefs spirituels, à de rares exception près, œuvrent ensemble pour dénoncer l'acte homosexuel et s'opposer à son institution [45], [46].

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