Holocauste

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Un holocauste ( grec ancien : ὁλόκαυστος ; de ὅλος, entier + καύστος, brûlé) est, dans la Grèce antique, un sacrifice où l'offrande est entièrement consumée.

Pratiqué par les Grecs dans le cadre des rituels chthoniens, il l'est aussi dans la tradition juive. Ce terme apparaît dans l' Ancien Testament lorsque Noé remercie Dieu de l'avoir sauvé des eaux [Note 1].

Selon la terminologie créée par le Tribunal de Nuremberg, le terme « génocide » est le plus souvent utilisé après la Seconde Guerre mondiale pour désigner les massacres perpétrés par le régime nazi et en particulier le massacre des juifs dans les camps d'extermination ; toutefois, le terme « holocauste » est aussi parfois utilisé [1], [2]. Il se répand en particulier après la diffusion du téléfilm américain Holocauste en 1979. Cependant, le terme «  Shoah » s'impose en Europe francophone à la suite du film du même nom de Claude Lanzmann diffusé à partir de 1985.

L'holocauste dans le monde antique

Le sens des sacrifices dans la Grèce antique

Pour les Grecs anciens, les dieux, qui vivent dans les nuées, se nourrissent d'odeurs délectables. On les satisfait en leur envoyant des fumées plaisantes (d'où le mot parfum : « par la fumée »). Ces odeurs agréables peuvent être celles de la chair rôtie mais aussi la fumée de matières végétales que l'on brûle.

Le sacrifice quotidien des Grecs est de brûler des herbes odorantes pour se concilier les divinités par des odeurs plaisantes. De façon plus solennelle et communautaire, il consiste, lorsqu'ils en ont les moyens, à rôtir une pièce de viande  ; on invoque les dieux pendant que la chair cuit et que les exhalaisons montent vers le ciel ; puis la communauté se partagent la viande au cours d'un festin sacré. Dans d'autres circonstances, par exemple les funérailles, on consume des matières odorantes comme l' encens, la myrrhe, l' aloès, le benjoin ; cette fumée agréable escorte l'âme du défunt montant vers le ciel afin de lui ménager un accueil favorable des dieux [Note 2].

L'holocauste est un sacrifice extraordinaire ; toute la communauté est impliquée ; l'offrande est de prix : c'est un animal ou des animaux qu'il a fallu élever, auxquels on est parfois attaché ; la victime est entièrement brûlée ; toute l'offrande est consommée/consumée en fumée odorante pour les dieux. Le plus souvent, on pratiquait un holocauste annuel. Ce pouvait être des volailles, un mouton ou une chèvre dans les petits villages ; à Athènes, à la haute époque, on sacrifiait jusqu'à cent bœufs.

Dans le monde ancien

Dans tout le monde ancien la pratique des sacrifices est de même nature, avec des variantes, et a le même sens. On pratique partout des holocaustes solennels. Si, en Grèce, l'holocauste est un sacrifice de prix qui implique la communauté entière, ce n'est pas pour autant nécessairement un sacrifice animal : c'est la communion sacrificielle qui est importante. Chez les Juifs, l'holocauste implique le sacrifice d'un animal.

À l'époque classique, les sacrifices humains ont disparu dans l'est méditerranéen. Ils subsistent à Carthage jusqu'à l'époque des guerres puniques, où l'on sacrifie des enfants en holocauste à Ba'al Hammon dans les circonstances exceptionnelles. Selon César, les Gaulois pratiquent aussi les holocaustes d'humains [3], [Note 3].

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