Hockey sur glace

Wikipédia:Bons articles Vous lisez un «  bon article ».
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hockey.
Hockey sur glace
Description de l'image Ice hockey pictogram.svg.
Fédération internationale IIHF (fondée en 1908)
Sport olympique depuis 1920
Joueurs licenciés 1 632 677 en 2013 [1]
Champions du monde en titre masculin Drapeau du Canada Canada
féminin Drapeau : États-Unis États-Unis
Description de cette image, également commentée ci-après

Début de la demi-finale des Jeux olympiques de 2006 entre la Finlande et la Russie

Le hockey sur glace, appelé le plus souvent hockey, est un sport d’équipe se jouant sur une patinoire spécialement aménagée. L’objectif de chaque équipe est de marquer des buts en envoyant un disque de caoutchouc vulcanisé, appelé rondelle ou palet, à l’intérieur du but adverse situé à une extrémité de la patinoire. L’équipe se compose de plusieurs lignes de cinq joueurs, qui se relaient sur la glace, ainsi que d'un gardien de but, qui se déplacent en patins à glace et manipulent la rondelle à l’aide d’un bâton de hockey également appelée crosse en France ou canne de hockey en Belgique et en Suisse.

Le hockey est originaire du Canada et s’est développé à la fin du e siècle en Amérique du Nord. Sport de vitesse, il est souvent qualifié de « sport collectif le plus rapide du monde » [2], mais c’est aussi un sport violent avec ses mises en échec parfois dangereuses [3].

Au niveau mondial, le hockey est pratiqué dans de nombreux pays et un des championnats les plus connus au monde est celui de la Ligue nationale de hockey en Amérique du Nord qui existe depuis 1917. Des compétitions internationales récurrentes sont également organisées par la Fédération internationale de hockey sur glace, plus connu sous le sigle anglais IIHF. Ainsi, chaque année des championnats du monde sont organisés que ce soit pour le hockey sur glace féminin ou masculin et ceci pour différentes catégories d'âges. Enfin, tous les quatre ans ont lieu les Jeux olympiques où un tournoi féminin et un autre masculin sont organisés.

Histoire

Article détaillé : Chronologie du hockey sur glace.

Les origines

Peinture de Bruegel
Détail de Chasseurs dans la neige par Pieter Bruegel en 1565 avec des joueurs tenants des bâtons courbés.

Depuis l’ Antiquité, l’homme a joué à des jeux où un objet était frappé avec un bâton incurvé. Ainsi, sur un kouros datant de 400 ans av. J.-C., deux hommes nus sont en train de jouer à un jeu, courbés en avant avec un objet en forme de crosse à la main et une balle entre eux deux [4]. Plus tard, une peinture de Pieter Bruegel, Chasseurs dans la neige (1565), montre des joueurs qui utilisent des bâtons courbés pour jouer avec un petit objet sur la glace [5].

L’utilisation du mot « hockey » pour désigner de tels jeux est attestée depuis 1785 (1527 pour hockie) mais son étymologie est incertaine. Il dérive peut-être du vieux mot français d’origine germanique hoquet qui désigne un bâton de berger en forme de crochet [6] ou encore du mot Iroquois hoghee [7].

Les immigrants européens ont introduit en Amérique du Nord une multitude de jeux similaires au hockey, tels que la crosse française, le shinty écossais, le hurling irlandais et le hockey sur gazon, joué en Angleterre. Ces jeux semblent avoir été adaptés pour être joués sur la glace et avoir importé certains aspects du jeu de la crosse (comme la dureté physique) joué par les Amérindiens de la famille iroquoise [7]. Plusieurs villes du Canada peuvent prétendre à être le berceau du hockey sur glace, Halifax, Windsor ou encore Kingston, mais la fondation du jeu moderne du hockey sur glace a lieu à Montréal au Québec [7].

La fondation du jeu moderne

Photo noir et blanc d’un match de hockey joué en extérieur devant une ville enneigée.
Hockey sur glace à l’ université McGill de Montréal en 1884.

En effet, le 3 mars 1875 un match de hockey sur glace avec des règles est joué pour la première fois en intérieur, au Victoria Skating Rink sous l’impulsion de James Creighton, membre du club de patinage et juge de patinage artistique [8]. Le match oppose deux équipes composées de neuf joueurs chacune, des gardiens de buts, un arbitre, un palet, des règles sur lesquelles les protagonistes se sont mis d'accord, un temps de jeu limité à raison de 60 minutes et enfin un score noté [9]. La plupart des matchs ayant eu lieu avant ce match sont souvent des matchs extérieurs, avec des balles et rarement des règles bien définies. Le choix d'une rondelle en bois en lieu et place d'une balle de crosse se justifie par la volonté de ne pas abîmer les vitres des fenêtres et pour limiter les risques de blessure dans le public. Les crosses du match sont fournies par Creighton qui les a fait venir de la Nouvelle-Écosse où elles ont été fabriquées par les Micmacs [10]. Ce match est annoncé au public dans les pages d'un journal de Montréal, la Gazette de Montréal [11].

La tenue des joueurs est rudimentaire puisqu'ils portent des maillots de rugby, des shorts et des bas de laine mais sans aucune protection. Les patins qu'ils portent viennent également de Nouvelle-Écosse où ils ont été fabriqués par la Starr Manufacturing Company ; il s'agit d'une simple lame de métal qui vient serrer la chaussure du joueur et peut être libérée par un levier [12]. Même si le jeu moderne ne naît pas concrètement ce soir, le mouvement est lancé et la structure va petit à petit se mettre en place [13]. Le match prend fin au milieu de la deuxième période à la suite d'une bagarre entre les joueurs de hockey et les membres du club de patinage de Victoria [14].

Huit ans après ce premier match, le hockey est un sport exclusivement réservé aux garçons de bonnes familles et le Canada compte moins de 100 joueurs. Cependant le jeu devient de plus en plus populaire au sein de l'élite anglophone et en 1883, l' Association des athlètes amateurs de Montréal (MAAA) a pour tâche d'organiser un tournoi de hockey sur glace pour le défilé du Carnaval d'hiver de Montréal de 1883. Le Carnaval est peu fréquenté par les francophones mais les Américains y viennent en nombre. Grâce à la couverture du tournoi par les journaux, pour la première fois le hockey brille sur la scène internationale. Même si en fin de compte, le Carnaval est une manifestation bourgeoise, il s'agit surtout d'une vitrine extraordinaire pour le hockey et l’engouement se répand à l'est des États-Unis et du Canada [13].

Lord Stanley et les premiers défis

Photographie en noir et blanc d'une équipe de hockey sur glace avec 3 joueurs debouts et sept autres assis devant
Les joueurs de l' Association athlétique amateur de Montréal remportent le premier Dominion Challenge Trophy en 1893.

En 1888, le Canada accueille un nouveau Gouverneur général en la personne de Frederick Stanley, un sportif qui aime la chasse, les chevaux de course et la pêche [13], [15]. La famille Stanley assiste pour la première fois à un match de hockey au cours du Carnaval d'hiver de Montréal de 1898 et toute la famille est conquise [15]. Ainsi, Lord Stanley fait construire une patinoire près de sa résidence, Rideau Hall, à Ottawa [16] et sur cette patinoire, une de ses filles, Isobel, participe au premier match de hockey sur glace féminin [17]. Deux des garçons, Arthur et Algernon, forment leur propre équipe, les Rideau Hall Rebels. Comme la vie de la famille du Gouverneur est largement couverte par la presse canadienne mais également par la presse américaine, de nombreuses personnes entendent alors parler du hockey sur glace [13]. En 1892, les fils du Gouverneur parviennent à convaincre leur père d'acheter une coupe en argent pour 50 dollars pour la meilleure équipe du Canada [13]. L'équipe qui remporte le trophée ne peut pas le conserver et doit le remettre en jeu régulièrement. La coupe est nommée initialement Dominion Challenge Trophy, trophée qui sera nommé plus tard Coupe Stanley [18]. En 1893, à la fin de la saison de l' Association de hockey amateur du Canada, les joueurs du club de hockey de Montréal, équipe dépendante de l'Association des athlètes amateurs de Montréal, finissent à la première place du classement et remportent la coupe offerte par le Gouverneur du Canada. En mai 1893, un article de la Gazette renomme le trophée The Stanley Hockey Championship Cup [19]. Le coût pour une paire de patins est d'un dollar et de 25 cents pour un bâton micmac alors que le hockey se joue dans plusieurs villes du Canada (Ottawa, Calgary, Montréal, …). Ainsi, il se crée même un championnat de la ligue des noirs de la Nouvelle-Écosse. À Montréal, l'élite francophone commence à jouer au hockey dans les collèges classiques catholiques. En effet, ces derniers sont également fréquentés par les Irlandais qui y jouent depuis quinze ans et présentent donc le jeu aux francophones [13].

Le hockey se joue aussi à Winnipeg avec la création en 1892 de la Manitoba Hockey Association qui comprend trois équipes : les Rifles de Fort Osborne, Hockey Club de Winnipeg et les Victorias de Winnipeg [20]. La ville a l'avantage d'avoir de la glace plus longtemps que Montréal et ainsi les saisons comportent plus de matchs [13]. Les Victorias, nommés ainsi en l'honneur de la Reine Victoria du Royaume-Uni [20], passe une petite annonce en 1895 dans le journal local afin de trouver de nouveaux joueurs. Dan Bain, sportif reconnu et talentueux dans de nombreuses disciplines, fait un essai au sein de l'équipe et bien qu'il joue avec sa propre crosse qui est cassée et réparée avec un bout de fil, il est engagé après cinq minutes de jeu [21]. En 1896, les joueurs de Winnipeg défient les Victorias de Montréal, détenteurs de la Coupe Stanley. La rencontre a lieu le 14 février 1896 dans la salle du Victoria Skating Rink de Montréal pleine de supporteurs des deux formations. Les joueurs de Winnipeg ayant mis au point un tir du poignet, le gardien de l'équipe, George « Whitey » Merritt, joue avec des jambières de cricket. Ce nouvel équipement permet à Merritt de repousser tous les lancers de Montréal alors que son équipe inscrit deux buts pour un blanchissage [Note 1], [21]. L'équipe devient la première équipe extérieure à une ville du Québec à remporter le trophée [22] et fait un retour triomphal à Winnipeg en étant accueillie à la gare du Canadien Pacifique par une foule de partisans. Deux traditions de la Coupe Stanley voient le jour : la presse publie que le bol contient deux gallons de bière et au retour à Winnipeg, les joueurs défilent dans la rue principale à bord d'une voiture [21].

En 1902, après deux titres en 1899 et 1900, les Shamrocks de Montréal, équipe composée principalement de joueurs originaires d'Irlande, cherchent à retrouver un second souffle. Ils recrutent alors deux joueurs francophones des Montagnards de Montréal, Louis Hurtubise et Louis Viaut, qui jouent leur premier match contre les puissants Silver Seven d'Ottawa. Les Shamrocks remportent le match qui devient un événement et un moment charnière : le public découvre en effet que les joueurs francophones savent jouer au hockey et à un bon niveau [23]. En décembre 1904, les Nuggets de Dawson City, petite ville du nord-ouest du Canada lancent un défi aux « Silver Seven » pour la Coupe Stanley. Après avoir traversé tout le Canada, les Nuggets rejoignent Ottawa en janvier et avec seulement un repos de deux jours, ils sont opposés aux champions en titre menés par Frank McGee [24]. Ce dernier est un buteur hors pair alors que depuis qu'il a reçu un palet dans son visage à 18 ans, il ne voit plus que d'un seul œil [25]. L'équipe d'Ottawa bat Dawson City 9 buts à 2 puis écrase littéralement leurs adversaires 23-2. Au cours du deuxième match, 14 buts sont inscrits par McGee dont huit en moins de neuf minutes [26].

30 ans après le premier match de Creighton et ses amis, le jeu est devenu plus rapide, plus excitant et surtout beaucoup plus rude : en 1904, on compte quatre morts au cours des différentes rencontres. La violence est déjà un composant essentiel du hockey sur glace. Malgré tout de nombreuses équipes et ligues sont créées et presque tout le monde gravitant autour du hockey sur glace gagne de l'argent. Les seuls laissés pour compte sont les joueurs qui doivent rester amateurs et ne peuvent pas vivre de leur sport [13].

Les débuts en Europe

Photographie du document fondateur de l'IIHF
Document fondateur de la LIHG

En 1892 et à des milliers de kilomètres de là, le baron Pierre de Coubertin joue également au hockey sur glace sur les bassins gelés du château de Versailles. La France est alors le premier pays d'Europe où le hockey se joue [27]. La première patinoire de France est construite cette même année 1892 rue de Clichy dans le 9e arrondissement de Paris. Deux ans plus tard, c'est la création du Hockey Club de Paris qui évolue dans cette même patinoire, Pôle nord. Un des premiers matchs internationaux a lieu le 12 décembre 1897 avec une opposition entre le HCP et le Prince's Club de Londres [28]. Deux matchs ont lieu et les joueurs de Londres l'emportent à chaque fois, 23-6 et 11-5 [29]. En 1906-1907, le premier championnat de France est mis en place avec quatre équipes et le Sporting Club de Lyon, fondé en 1903, remporte ce premier championnat en battant en finale le Club des Patineurs de Paris 8-2 devant 3 000 spectateurs [30]. À l'invitation du français Louis Magnus, des représentants du hockey sur glace de Belgique, de France, de Grande-Bretagne, et de Suisse sont réunis le à Paris et ensemble ils fondent la Ligue Internationale de Hockey sur Glace afin d'unifier les différentes règles du hockey sur glace. Louis Magnus est désigné président et Robert Planque secrétaire général. Au cours de cette année, les quatre pays représentés, ainsi que la Bohême, deviennent membres de la LIHG et le premier congrès se déroule à Paris [31].

Alors que depuis 1904, une Ligue de hockey sur glace de la Suisse romande existe, ce n'est que le 27 septembre 1908, que la Suisse se dote d'une fédération, le Schweizerischer Eishockeyverband [32], [33] et à la fin de la saison 1908-1909, le Hockey Club Bellerive Vevey remporte le premier championnat Suisse [32]. La Fédération de Belgique de hockey sur glace est créée le 8 décembre 1908 alors que le bandy est très répandu dans le pays [34]. Le 10 novembre 1909, la première patinoire de hockey est construite en Autriche, autre pays où se pratique le bandy [35].

Le premier championnat d'Europe de hockey a lieu en 1910 à Montreux. Après le retrait de la France, seulement quatre nations participent à cette première internationale : l' Allemagne, représentée par le Berliner SC, le Prince's club Londres en tant qu' équipe de Grande-Bretagne, la Suisse et enfin la Belgique. Ces deux dernières formations sont des mélanges de joueurs d'au moins deux équipes. Une particularité de ce tournoi est qu'une même équipe peut jouer deux matchs la même journée. Enfin, une équipe d'étudiants canadiens d' Oxford participe au tournoi. Avec deux victoires en trois rencontres, les joueurs de Londres sont sacrés champions [36]. Le 15 janvier 1912, l'Union autrichienne de hockey est créée et l'Autriche rejoint la Fédération internationale de hockey [35] alors que la Belgique organise son premier championnat remporté par le Brussels Royal IHSC [34].

La première ligue professionnelle

Aux États-Unis et au début du XXe siècle, l'industrie du cuivre est en plein essor afin de répondre aux demandes croissantes en électricité. Le Michigan possède de nombreuses mines et la ville de Houghton en est un des exemples. Les habitants de la ville ont un petit peu d’argent et beaucoup de temps libre car ils sont pour la majorité isolés de leur famille restée au pays [37]. Le Portage Lakes Hockey Club attire les foules et James R. Dee, son propriétaire, veut en faire une entreprise lucrative. Ainsi, en 1902, l’amphidrome est construit par Dee qui la qualifie de plus grande patinoire intérieure des États-Unis. Pour remplir sa patinoire, Dee décide de créer la première ligue professionnelle au monde et pour trouver des joueurs, il s’adresse à Jack « Doc » Gibson, un dentiste venant de Berlin en Ontario. Gibson est passionné de hockey mais a été banni du hockey en Ontario après avoir accepté des pièces d'or par le maire de Berlin à la suite d'une victoire contre la ville voisine [38].

Une réunion pour former la Ligue internationale de hockey a lieu le 5 novembre 1904 et elle réunit des promoteurs de Pittsburgh, Sault-Sainte-Marie et Houghton [39]. À la fin de l'hiver 1904, le club de Portage Lake, qui compte dans ses rangs Hod Stuart, bat les Bankers de Pittsburgh pour remporter le titre de champion des États-Unis. James Dee en veut plus et lance un défi aux Montréal AAA pour jouer un match pour la Coupe Stanley mais la formation de Montréal décline [40]. Malgré tout, Gibson rentre au Canada et fait passer le mot qu'au Michigan les joueurs sont payés pour jouer au hockey. L'exode des joueurs de hockey débute : Jean-Baptiste Laviolette, 26 ans, et Didier Pitre sont parmi les premiers joueurs à tenter l’aventure et à quitter Montréal [41]. Une autre vedette de l'époque rejoint la LIH : Frederick « Cyclone » Taylor. Ce jeune joueur de 21 ans est depuis peu banni du hockey en Ontario pour avoir refusé la proposition du secrétaire de l'Association de hockey de l'Ontario, William Hewitt. Même si Hewitt veut voir Taylor dans son équipe des Marlboros de Toronto, le jeune joueur doit continuer à travailler pour aider sa famille à vivre [23]. Taylor se voit proposer un contrat par le Portage Lakes Hockey Club de 400 dollars plus les frais de déplacement pour rejoindre le Michigan [38].

Pendant ce temps les magnats du hockey au Canada fulminent de voir leurs meilleurs joueurs partir aux États-Unis. Ils ripostent et brandissent leur menace habituelle : le bannissement des joueurs professionnels mais l’appât de l’argent est plus important [42]. Cependant en 1907, une récession frappe l'économie américaine en même temps que le marché du cuivre et Gibson et les autres Canadiens sont de retour au Canada [43]. Malgré cette courte existence, la LIH a changé le visage du hockey en Amérique du Nord car désormais le hockey professionnel existe et on ne peut plus faire marche arrière. En 1907, les Thistles de Kenora remportent la Coupe Stanley : c'est la dernière fois qu'une petite ville remporte la Coupe et également la dernière équipe amateur à mettre la main sur le trophée [44].

Les prémices de la LNH

Le 13 novembre 1909, à la suite d’un différend qui oppose les propriétaires des clubs membres de l’ Eastern Canada Amateur Hockey Association et le nouveau propriétaire des Wanderers de Montréal [Note 2], James Strachan, une nouvelle ligue voit le jour. Ce dernier s'associe avec John Ambrose O'Brien, le fils du Sénateur Michael John O'Brien propriétaire des Creamery Kings de Renfrew en Ontario. Ensemble, ils créent l' Association nationale de hockey (ANH). Jimmy Gardner, un directeur des Wanderers, et Ambrose O’Brien ont l’idée d’exploiter commercialement la rivalité entre les anglophones et les francophones de Montréal et d’établir un club de hockey majoritairement, sinon totalement, composé de joueurs d’expression française : le « Club Athlétique Canadien », connu par la suite sous le nom de Canadiens de Montréal.

Une guerre au plus offrant se déroule afin de recruter les meilleurs joueurs en activité. Ainsi, Frank et Lester Patrick se joignent à Renfrew pour la somme de 3 000 dollars pour Frank et 2 000 pour son frère [45]. Les Comets signent Art Ross pour 2 700 dollars [45]. Renfrew signe un autre gros nom du hockey de l'époque : Cyclone Taylor rejoint les Creamery Kings, très vite surnommés Millionaires, pour 5 250 dollars et une saison d'une douzaine de matches. Il est alors le joueur le mieux payé de toute la ligue et même le sportif canadien le mieux payé – sa paye étant supérieure à celle du premier ministre canadien, qui touche alors 2 500 dollars par année [45]. En 1910-1911, l'ANH décide d'abandonner la forme classique de deux périodes et de diviser le temps de jeu en trois périodes de vingt minutes [46].

Le 7 décembre 1911, les frères Patrick utilisent les finances familiales et créent une nouvelle ligue de hockey à l'Ouest du Canada : l' Association de hockey de la Côte du Pacifique (PCHA) dont les règles sont calquées sur celles de l' Association nationale de hockey, la grande ligue de hockey de l'époque [47]. Il existe désormais deux compétitions de grande ampleur au Canada : la PCHA à l'Ouest et l'ANH à l'Est et à l'issue de la saison 1914-1915, les Millionnaires de Vancouver battent les Silver Seven d'Ottawa pour mettre la main sur la Coupe Stanley [48].

Le 28 octobre 1916, le président historique de l'ANH, Emmett Quinn, décide de démissionner ; il est à la tête de l'ANH depuis 1910 et est remplacé par le Major Frank Robinson [49]. Afin d'exclure les Blueshirts de Toronto d' Edward J. Livingstone de la ligue, les présidents des autres équipes se réunissent à l' Hôtel Windsor le et décident de dissoudre l'Association et de créer une nouvelle structure sans lui : la Ligue nationale de hockey [50]. De son côté la PCHA voit ses finances se dégrader petit à petit et en 1924, les Maroons de Vancouver déposent le bilan. Il ne reste alors plus que deux équipes qui rejoignent la Western Canada Hockey League [51]. Deux saisons plus tard, les finances de la WCHL ne sont pas meilleures et cette dernière met également fin à ses activités. La majorité des anciens joueurs de la PCHA et de la WCHL rejoignent alors la Ligue nationale de hockey [52].

Les Jeux olympiques et l'expansion du hockey en Europe

En janvier 1920, le Comité international olympique annonce que lors des Jeux olympiques d'été prévus en avril 1920 à Anvers en Belgique, une compétition de hockey aura lieu entre les équipes masculines des différentes nations. Six joueurs sont alignés de chaque côté alors que les changements de ligne ne peuvent s'effectuer que lors d'un arrêt du jeu [53]. Les sept équipes participant au tournoi sont les suivantes : la Belgique, le Canada, les États-Unis, la France, la Suède, la Suisse et la Tchécoslovaquie [54]. La Suisse compte dans ses rangs Max Sillig, président de la LIHG [53] alors que le Canada est représenté par les Falcons de Winnipeg, équipe détentrice de la Coupe Allan et composée uniquement de joueurs de familles originaires d' Islande [55]. Il est décidé de distribuer les médailles selon le « système Bergvall » : l'une des sept équipes est tirée au sort et exemptée du premier tour – la France. La première phase se joue avec trois matchs au premier tour puis les trois vainqueurs et l'équipe exempte du premier tour se rencontrent. Une finale est organisée à l'issue de laquelle la médaille d'or est donnée à la meilleure équipe. Par la suite, les trois équipes éliminées par l'équipe championne participent à une deuxième phase avec une équipe exemptée de premier tour. L'équipe qui sort victorieuse de ce tour reçoit la médaille d'argent. Enfin, les trois équipes éliminées par les deux équipes médaillées se rencontrent dans une troisième phase afin d'attribuer la médaille de bronze [53]. Les Falcons, emmenés par Frank Fredrickson, remportent le tournoi grâce à trois victoires [53] 15-0 contre la Tchécoslovaquie, 2-0 contre les États-Unis puis 12-1 contre la Suède. La Tchécoslovaquie est exemptée du premier tour de la deuxième phase mais perd en finale contre les États-Unis 16-0. La troisième phase oppose la Tchécoslovaquie, la Suède et la Suisse. Une nouvelle fois exemptée du premier match, la Tchécoslovaquie remporte son premier match du tournoi lors de la dernière rencontre contre la Suède 1-0 ; l'équipe se classe alors troisième [53], [54]. Cinq ans plus tard, le CIO déclare que finalement, le tournoi de 1920 n'était pas un tournoi officiel et que la médaille d'or remportée par le Canada ne compte pas [56]. Le résultat sera rétabli plus tard et la médaille d'or officiellement remportée par le Canada [57]. En 1983, la Fédération internationale de hockey sur glace reconnaît ce tournoi comme son premier championnat du monde [58].

La plus vieille compétition de club en Europe voit le jour en 1923 : la Coupe Spengler a lieu chaque année à Davos et se déroule entre Noël et le Nouvel an. Les équipes participantes sont invitées par l'équipe hôte, le Hockey Club Davos [59]. En janvier 1925, le 1. ČsŠK Bratislava l'emporte contre le SK Velké Meziříčí sur le score de 9-2 au cours du premier match de l'histoire entre deux équipes tchécoslovaques [60] alors que Bratislava perd le premier match de son histoire un mois plus tôt contre Wiener EV [61]. L'année suivante, la première patinoire artificielle est créée en Suisse dans la ville de Davos [33].

Au début des années 1940, James T. Sutherland, le président de l' Association canadienne de hockey amateur, désire fonder un Temple de la renommée du hockey sur glace nord-américain [62]. En 1943, la LNH et l'ACHA trouvent un accord pour que le temple soit situé dans la ville de Kingston, supposé le berceau du hockey sur glace. Le 10 septembre 1943, Stuart Crawford, maire de la ville de Kingston est désigné premier président du Temple et les premiers joueurs à en faire partie sont : Hobey Baker, Charlie « Chuck » Gardiner, Eddie Gerard, Francis « Frank » McGee, Howie Morenz, Tom Phillips, Harvey Pulford, William « Hod » Stuart et Georges Vézina [63].

Les femmes ne sont autorisées à participer aux Jeux Olympiques qu'en 1988.

Le hockey féminin

Article détaillé : Hockey sur glace féminin.
Photographie en noir et blanc d'une équipe de hockey sur glace féminine
Dans les années 1930, les Rivulettes dominent le hockey sur glace féminin du Canada

L'histoire du hockey sur glace féminin débute quasiment en même temps que le premier match de hockey sur glace masculin a lieu en salle. En effet, en 1889, quelques mois après que Lord Stanley a vu son premier match de hockey lors du Carnaval d'hiver de Montréal, la presse locale rapporte qu'une de ses filles, Isobel, a joué au sein d'une équipe composée de jeunes filles de la maison du gouverneur et a battu une autre formation féminine [64]. Au cours des années qui suivent, différentes équipes féminines font parler d'elles : en 1896, une jeune fille reconnue comme étant une des personnes les plus rapides sur patins de toute la Saskatchewan, Annie McIntyre, forme une équipe de hockey. Le 11 mars 1897, le journal Medicine Hat Times fait part d'une rencontre entre deux équipes féminines. Avant la fin du siècle, des équipes se créent un peu partout au Canada : Calgary, Banff, Medicine Hat, Vancouver, Kingston, Toronto, Ottawa, Montréal ou encore Québec. En 1900, la première ligue féminine est organisée au Québec ; elle comporte alors trois formations de Montréal, une de Québec et une dernière de Trois-Rivières [64].

Au fur et à mesure des années qui passent, les rencontres de hockey féminin deviennent de plus en plus populaires et des compétitions d'un côté à l'autre du Canada sont organisées. Dans les années 1930, certaines rencontres attirent près de 3 000 spectateurs. Au cours de cette même période, l'équipe la plus connue du Canada est celle des Rivulettes de Preston qui remporte la majorité des titres entre 1931 et 1940. Au cours des dix saisons, l'équipe remporte toutes les éditions du championnat de l'Ontario, Ladies Ontario Hockey Association Senior Division et met la main sur quatre trophées de la meilleure équipe du Canada, en 1935, 1937, 1938 et 1939 [65]. Selon les relevés des résultats réalisés par des historiens du hockey sur glace féminin, l'équipe ne perd que deux rencontres en près de 350 parties disputées [64], [66].

La fin de la Seconde Guerre mondiale met un coup d'arrêt au hockey féminin : l'interdiction des mises en échec et la séparation en deux sphères — avec des villes qui vont jusqu'à interdire aux hommes d'assister aux matchs féminins— ont raison de l'engouement pour la pratique féminine [67]. De 1936 à 1948, et de 1951 à 1960, il n'y a aucune compétition nationale au Canada. Il faudra attendre les années 1960 avant de revoir du hockey féminin [68]. En 1989, la Fédération internationale réalise un sondage auprès des nations adhérentes pour savoir si une compétition féminine internationale aurait des chances de réussir. À la suite du retour positif du sondage, le premier championnat d'Europe féminin a lieu en 1989 [69]. La saison suivante, le premier championnat du monde est organisé avec les cinq meilleures équipes européennes en 1989, le Canada, les États-Unis et le Japon. Invaincues du tournoi, les deux équipes nord-américaines se retrouvent en finale et la médaille d'or revient au Canada qui l'emporte 5-2 [70]. En 1998, en même temps que les joueurs de la LNH font leur début au cours des Jeux olympiques de 1998, les joueuses de hockey font également leur entrée dans le monde du sport olympique alors que la médaille d'or est remportée par les États-Unis qui battent le Canada en finale [71]. Il s'agit alors de la première défaite en compétition internationale du Canada [72]

Bien qu’il n’existe pas autant de ligues féminines que de ligues masculines, il en existe de tous niveaux. Ainsi en Amérique du Nord, la Ligue canadienne de hockey féminin, fondée en 2007, et la Ligue féminine de hockey de l'Ouest, fondée en 2004, sont les deux ligues majeures du Canada et des États-Unis [73]. De plus il existe plusieurs championnats européens féminins, des équipes nationales, olympiques, universitaires et de loisirs [72]. La grande différence entre le hockey sur glace masculin et féminin est l’interdiction des charges chez les femmes [74].

Other Languages
Afrikaans: Yshokkie
العربية: هوكي الجليد
azərbaycanca: Buzüstü xokkey
башҡортса: Шайбалы хоккей
Boarisch: Eishockey
žemaitėška: Leda rėtolīs
беларуская: Хакей з шайбай
беларуская (тарашкевіца)‎: Хакей з шайбай
български: Хокей на лед
বাংলা: আইস হকি
bosanski: Hokej na ledu
čeština: Lední hokej
Cymraeg: Hoci iâ
dansk: Ishockey
Deutsch: Eishockey
English: Ice hockey
Esperanto: Glacihokeo
eesti: Jäähoki
euskara: Izotz hockey
føroyskt: Íshockey
Frysk: Iishokky
עברית: הוקי קרח
हिन्दी: आइस हॉकी
Fiji Hindi: Ice hockey
hrvatski: Hokej na ledu
magyar: Jégkorong
Bahasa Indonesia: Hoki es
Interlingue: Hockey sur glacie
íslenska: Íshokkí
한국어: 아이스하키
Lëtzebuergesch: Äishockey
Limburgs: Ieshockey
lietuvių: Ledo ritulys
latviešu: Hokejs
олык марий: Шайбан хоккей
македонски: Хокеј на мраз
मराठी: आइस हॉकी
Bahasa Melayu: Hoki ais
नेपाल भाषा: आइस हकी
Nederlands: IJshockey
norsk nynorsk: Ishockey
norsk: Ishockey
português: Hóquei no gelo
саха тыла: Муус хоккей
Scots: Ice hockey
srpskohrvatski / српскохрватски: Hokej na ledu
Simple English: Ice hockey
slovenčina: Ľadový hokej
slovenščina: Hokej na ledu
Gagana Samoa: Hockey
српски / srpski: Хокеј на леду
svenska: Ishockey
ślůnski: Ajshokej
Türkçe: Buz hokeyi
татарча/tatarça: Алкалы хоккей
українська: Хокей із шайбою
اردو: آئس ہاکی
Winaray: Ice hockey
ייִדיש: אייז האקי
中文: 冰球
Bân-lâm-gú: Peng-kiû
粵語: 冰球