Histoire du christianisme

L'histoire du christianisme commence au Ier siècle au sein de la diaspora juive après la crucifixion de Jésus de Nazareth, dont la date probable se situe vers l'année 30. Les premières communautés, qui ne se définissent pas encore comme chrétiennes, sont fondées par plusieurs disciples de Jésus, en particulier dans les villes de Rome, Éphèse, Antioche, Alexandrie.

Le christianisme se développe dès le IIe siècle dans l' Empire romain, mais aussi en Perse et en Éthiopie. Quand il devient la religion officielle de l'Empire romain au IVe siècle, les premiers conciles définissent peu à peu un ensemble de dogmes. Mais les christologies déclarées hérétiques dans l'Empire ne disparaissent pas pour autant. Parmi elles, l' arianisme et le nestorianisme perdurent pendant plusieurs siècles.

Au VIIe siècle, le passage d’une grande partie des chrétiens du Moyen-Orient et d'Espagne sous domination musulmane modifie le paysage du christianisme. Au VIIIe siècle la querelle des images puis le débat sur le Saint-Esprit donnent lieu à de nouvelles controverses qui, ajoutées aux rivalités politiques, aboutissent à la séparation des Églises d'Orient et d'Occident.

Le christianisme européen, parvenu à son apogée, s'étend jusqu'en Amérique à partir du e siècle, au moment même où il se fractionne de nouveau, cette fois en raison de la Réforme protestante. Les guerres de religion qui s'ensuivent mettront plusieurs siècles à s'estomper au profit d'une rivalité plus feutrée, puis d'une recherche d'unité et de tentatives d' œcuménisme.

Les trois grandes confessions chrétiennes, le catholicisme, l' orthodoxie et le protestantisme, regroupent au e siècle près de 2 milliards et demi de fidèles répartis sur tous les continents.

Schéma diachronique (non exhaustif) de la diversité des christianismes : l'épaisseur des branches évoque l'importance numérique approximative des fidèles de chaque confession.
L' Ichtus (du grec ancien ἰχθύς / ikhthús « poisson ») est un symbole chrétien utilisé du Ier siècle au IVe siècle.

Historiographie

Pain et poisson (symboles paléochrétiens), Catacombe de Saint-Calixte, Rome.

Longtemps, dresser l’histoire du christianisme fut une entreprise difficile. En effet, elle était cantonnée dans l’ apologie de l’ Église dominante dans le contexte géopolitique où se situait le candidat historien [1]. Par exemple, des auteurs fondamentaux comme Michel Le Quien (Oriens Christianus) ou Charles George Herbermann (Encyclopédie catholique) utilisent le mot «  catholique » dans le sens actuel du terme pour désigner toute l' église des cinq premiers patriarcats d'avant 1054, les auteurs orthodoxes font de même; ce qui fait apparaître tantôt l' Église de Rome, tantôt les églises orthodoxes, comme seules héritières légitimes de l'église primitive. Depuis Walter Bauer [2], on considère qu’aucune unité doctrinale n’existait dans le christianisme ancien; et depuis Adolf von Harnack [3], que le dogme cause le schisme et que l’ hérésie et l’ orthodoxie font système. Ainsi, l’histoire du christianisme est une longue suite de fractures mais, si son élaboration a souvent relevé de la justification anachronique a posteriori (sans rapport avec une stricte recherche de la restitution de faits), la méthode historique scientifique et l’évolution de disciplines telles que les sciences des religions, permettent désormais d’en cerner les vicissitudes et d’éclairer les enjeux qui ont présidé à son développement.

La question des origines du christianisme est problématique en soi, selon qu'on se réfère à la théologie dogmatique de telle ou telle Église ou aux diverses écoles d'historiens [N 1]; Jésus-Christ est considéré comme l'unique Sauveur [4]. Pourtant, si la conscience de cette réalité ne fait aucun doute, la formulation ne va pas sans tâtonnements. Les Pères de l'Église fondent alors leur réflexion sur les textes de la Bible, regardés comme un ensemble cohérent dont les différentes parties se complètent [N 2]. Durant plusieurs siècles, l'alternance des opinions et des doctrines [5] amène les théologiens à définir avec une précision de plus en plus fine le dogme de l'Église.

Pour l' antiquité tardive, l'historiographie occidentale [6]et [7] préfère envisager l'affirmation d'un christianisme occidental en tant que "nouvelle civilisation" née sous l’impulsion des Francs, comme "synthèse entre la civilisation romaine et celle des Barbares", et dont la religion sera une forme particulière de christianisme qui deviendra le catholicisme romain par opposition au christianisme byzantin décrit comme un christianisme devenu oriental. Cette vision est héritée de Hieronymus Wolf. Mais pour l'historiographie des pays orthodoxes [8], c'est tout le monde romain puis «  barbare » qui, au fil des sept premiers conciles, a été orthodoxe («  Pentarchie »), avant que les suites du schisme de 1054, et notamment les innovations de l'église de Rome au fil de ses 14 conciles ultérieurs ( Filioque, Purgatoire, autorité temporelle des papes, célibat des prêtres, inquisition et bien d'autres nouveautés doctrinales ou canoniques) fassent naître, non pas une nouvelle civilisation, mais simplement une église séparée ; quant aux églises restées « orthodoxes » (patriarcats de Jérusalem, Alexandrie, Antioche et Constantinople, puis ceux apparus ensuite), elles n'ont rien de spécifiquement "oriental" dans cette vision, mais sont la continuation après 1054 de l'église du premier millénaire, de sa doctrine et de ses pratiques.

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