Histoire des États-Unis

Ne doit pas être confondu avec Histoire de l'Amérique.
Formation du territoire américain (1810-1920). En vert, les territoires américains ; en orange les États fédérés de l'Union.

Lorsque les premiers colons anglais sont arrivés à Jamestown ( Virginie) en 1607, le continent américain connaissait une faible densité de population depuis plusieurs millénaires. Désireux de s'affranchir de la métropole et de gouverner par eux-mêmes, ces colons ont proclamé leur indépendance en 1776 et créé une nouvelle nation qu'ils baptisèrent États-Unis d'Amérique. Bien qu'ayant traversé une guerre civile au début des années 1860, la jeune République s'est développée rapidement grâce à l'afflux d'immigrés européens au e siècle. À l'issue de la Première Guerre mondiale, les États-Unis sont devenus la plus grande puissance mondiale, devançant les grands pays d' Europe. Ils n'ont plus quitté ce rang par la suite, prenant la tête du « monde libre » après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la défaite subie à la fin de la longue guerre du Viêt Nam en 1975 a remis en cause les certitudes américaines même si la désagrégation du bloc soviétique au début des années 1990 a favorisé le maintien de leur prédominance internationale.

Des origines à la fin de la guerre de Sept Ans

La période précolombienne

Les Anasazis construisent des cités bien avant l'arrivée de Christophe Colomb. Mesa Verde ( Colorado).
Article détaillé : Amérindiens aux États-Unis.

Le débat sur l'origine et la date de l'arrivée des Amérindiens en Amérique du Nord n'est pas clos. La théorie la plus communément admise est celle de l'immigration depuis l' Asie de tribus de chasseurs venus en Amérique du Nord il y a 12 000 ans par le détroit de Béring. Pendant la dernière ère glaciaire, il y a près de 20 000 ans, le niveau de la mer était très bas, asséchant partiellement le détroit qui constituait alors une plaine d'environ 1 000 kilomètres de largeur, et créant un gigantesque pont de glace, permettant ainsi le passage entre les continents asiatique et nord-américain. Les principaux sujets de débats portent surtout sur la date de l'arrivée des peuples asiatiques. Si les découvertes archéologiques estiment leur arrivée a -12 000 ans, certains scientifiques pensent qu'elle pourrait remonter à plus de 30 000 ans.

Après le recul des glaciers (8 000 ans avant notre ère) vers le pôle Nord, les ancêtres des Amérindiens seraient revenus dans le Nord repeupler une bonne partie du territoire nord-américain. Ils auraient peuplé tout le continent en longeant la côte du Pacifique jusqu'à la pointe méridionale de l'Amérique du Sud, où les Incas et les Aztèques, par exemple, ont créé de grands empires. D'autres groupes de chasseurs auraient remonté vers le nord jusqu'aux Grands Lacs et au-delà, se déployant jusqu'à l' océan Atlantique.

Certains scientifiques pensent que d'autres peuples auraient pu arriver sur les côtes nord, il y a 17 000 ans avant notre ère, lors de la déglaciation des régions du nord. D'autres spécialistes croient que les premiers habitants auraient traversé l' océan Pacifique par bateau pour arriver d'abord en Amérique du Sud [1].

Avant l'arrivée des Européens, plusieurs civilisations se sont développées sur le territoire actuel des États-Unis : les Mound Builders ont aménagé les premiers tertres vers 3400 av. J.-C. [2]. La cité de Cahokia, près de Saint-Louis comptait au XIIe siècle quelque 15 000 [3] à 30 000 habitants [4] et 120 tumulus [5].

Malgré les difficultés à établir des statistiques, la plupart des historiens s'accordent pour estimer la population autochtone des actuels États-Unis entre 1,5 million [6] et 8 millions de personnes en 1492 [7]. Au XVIe siècle, les terres situées à l'est des montagnes Rocheuses sont peuplées par des tribus amérindiennes : Cheyennes, Crows, Sioux, Hurons, Iroquois, Cherokees et Creeks qui chassent du bison mais aussi pratiquent la culture, la cueillette, l' élevage et la pêche. Les Iroquois vivent dans la vallée du Saint-Laurent, dans le secteur des lacs Érié et Ontario, dans la vallée du fleuve Hudson et dans la partie ouest des Appalaches. Ils comptent six grandes tribus. Des tribus d'éleveurs et d'agriculteurs, Apaches, Comanches ou Pueblos, habitent les Rocheuses [8].

Origine des Amérindiens

Parmi les hypothèses expliquant l'arrivée des Amérindiens, la plus connue laisserait entendre que des tribus de Mongolie et de Sibérie, par petites bandes de chasseurs, auraient émigré depuis l'Asie par le détroit de Béring, profitant d'une baisse du niveau de la mer. Selon cette théorie, ces chasseurs auraient alors peuplé l'Amérique tout entière et seraient les ancêtres de tous les peuples autochtones du continent [9]. La découverte en 1996 dans l' État de Washington d'un homme d'origine « caucasienne » (l' Homme de Kennewick) et daté de 9000 ans, a cependant rendu plus probable la théorie de colonisation de l'Amérique du Nord par plusieurs vagues migratoires successives au cours de plusieurs millénaires [10]. À l'instar de l'Homme de Kennewick, les restes d'un homme - en partie momifié - également de type caucasien ont été retrouvés sur le site de la grotte des Esprits, au Nevada, daté entre -11 000 et -8 000.

À la suite de cette découverte, la question de l'origine des Amérindiens a longtemps alimenté le débat entre les archéologues. En effet, la morphologie faciale des plus anciens squelettes trouvés sur le continent, datant de 12 000 ans, ne ressemble pas à celle des actuels Amérindiens. À la suite de la théorie de l'archéologue américain Dennis Stanford, qui pointait la possibilité qu'une migration humaine soit venue d' Europe bien avant le début de l'époque coloniale, certains scientifiques ont enquêté afin de savoir s'il était possible que les Amérindiens aient un lien de parenté avec les anciens Européens (Solutréens.) Ainsi, une équipe internationale, dirigée par le généticien Eske Willerslev, du Muséum d'histoire naturelle du Danemark, a révélé, après des recherches sur le squelette d'un enfant mort il y a 25 000 ans en Sibérie, une similitude génétique entre le fossile sibérien et certains Amérindiens. Eske Willerslev a estimé à l'époque que « 14 % à 38 % des ancêtres des Amérindiens peuvent avoir pour origine génétique cette population sibérienne du paléolithique », qui avait elle-même des racines européennes [11].

Cependant, une étude encore plus récente, entreprise sur le plus vieux squelette humain du continent américain, découvert il y a moins de 10 ans, a mis fin au débat sur les origines des Amérindiens [12]. Les nombreuses études effectuées ont révélé que son origine génétique est bien asiatique, et non européenne [13], [14] ; résultat confirmé par une autre découverte, celle du squelette d'un enfant ayant vécu il y a 12 600 ans. Le séquençage génomique du fossile révèle également une parenté avec les Amérindiens dont les ancêtres s'avèrent effectivement être des Sibériens ; mais des Sibériens originaires d'Asie et non d'Europe, comme il l'a été cru dans un premier temps [15]. Ces résultats relancent la théorie selon laquelle les Amérindiens ont une origine unique, et que les chasseurs venus d'Asie sur le continent Nord-Américain par le détroit de Béring il y a près de 12 000 ans seraient bien les ancêtres de tous les Amérindiens.

L'histoire de la colonisation du Nouveau Monde ne s'est pas effectuée d'un seul coup, comme on a longtemps cru, mais a probablement été le fruit de plusieurs migrations successives au cours des millénaires. Ces migrations ont pu venir de plusieurs régions du monde, principalement d'Asie, mais aussi, peut-être, d'Europe. La plus ancienne semble bien être celle des tribus préhistoriques asiatiques, arrivées par le détroit de Béring, dont descendent les Amérindiens.

Découvertes et exploration

Au XVIe siècle, le conquistador Coronado se lance à la recherche des légendaires cités d'or, dans le Sud-Ouest des États-Unis actuels.

L'exploration du territoire des futurs États-Unis commence peu de temps après la découverte et exploration de l'Amérique par Christophe Colomb. Elle est d'abord le fait des Espagnols : Ponce de León qui découvre les côtes de Floride en 1513, Pánfilo de Narváez pour la partie septentrionale du golfe du Mexique (de la Floride jusqu'au Texas) en 1528 [16]. Cependant, le territoire exploré intéresse peu les Espagnols car on n'y trouve pas d' or. Le premier poste permanent est fondé en Floride en 1565. À l'Ouest, les missions de jésuites qui tentent d'évangéliser les Indiens [8] et les encomiendas colonisent le Nouveau-Mexique, l' Arizona et la Californie à partir de la fin du XVIe siècle.

Au Nord-Est, Jean Cabot, un Italien, atteint le Labrador en 1497 pour le compte du roi d'Angleterre Henri VIII, mais cette expédition reste sans lendemain. Verrazano explore pour François François Ier les côtes du Nouveau Monde de la Caroline du Nord jusqu'à la Nouvelle-Écosse (1524). Au XVIIe siècle, la présence d'abondants bancs de poissons attire les Européens dans ces régions orientales : les Français au nord, les Hollandais et les Suédois autour de l'embouchure de l' Hudson [16]. Ils nouent des contacts avec les Hurons et les Penobscots au nord, les Algonquins au centre, Delawares au sud. En 1609, Henry Hudson fonde à l'extrémité de la presqu'île de Manhattan, la Nouvelle-Amsterdam, pour le compte des Hollandais. Peter Minuit achète l'île pour 24 dollars aux Algonquins en 1624 [réf. nécessaire]. Une colonie hollandaise s'y implante. Les premiers établissements suédois dans le Delaware datent de 1638. Dans tous ces établissements, le commerce de la fourrure avec les Indiens est très florissant. Au Nord du Saint-Laurent, les Français s'installent au Québec.

Au XVIIe siècle, des explorateurs étendent les possessions françaises vers la région des Grands Lacs et vers le Mississippi. Louis Jolliet et Jacques Marquette explorent le fleuve jusqu'à son confluent avec l' Arkansas en 1673. Cavelier de La Salle atteint le golfe du Mexique en 1682. La domination française s'étend alors sur toute la région du Mississippi, baptisée «  Louisiane » en l'honneur de Louis XIV. En 1717, la France accorde le monopole du commerce local à la Compagnie d'Occident du financier écossais John Law [8].

Naissance des colonies britanniques

Le littoral américain qui va de la baie de Fundy au Nord à l'embouchure de la Savannah au Sud, littoral le long duquel se sont installés les treize colonies anglaises d'Amérique, est plutôt inhospitalier et ne comporte aucune richesse naturelle. Ceci explique pourquoi les Espagnols et les Français, partis avant les Anglais dans la course à la colonisation du continent américain, ont négligé cette partie du Nouveau Monde [17]. C'est sous le règne d' Élisabeth Élisabeth Ire que commence l'aventure coloniale anglaise en Amérique du Nord. Dans la lutte contre l'Espagne, l'Amérique du Nord, reconnue par Humphrey Gilbert, représente une position stratégique. Les missions de colonisation sont confiées à Walter Raleigh en 1585 et en 1587. Des colons anglais débarquent dans l'île de Roanoke. Ils disparaissent mystérieusement, sans doute sous les coups des Indiens [16]. Jamestown est fondé en Virginie en 1607 par un groupe de marchands, muni d'une charte au profit de la Virginia Company of London [16]. En 1620, les 102 «  pèlerins », des protestants dissidents, arrivés à bord du Mayflower, s'installent près du cap Cod dans le Massachusetts. Entre ces deux sites d'implantation anglaise, des colonies hollandaises (dans la baie d'Hudson) et suédoises (dans le Delaware) sont déjà en place. Les Anglais les éliminent progressivement et sont maîtres de toute la côte à la fin du XVIIe siècle [18]. Les remous de l' histoire de l'Angleterre au XVIIe siècle ont une grande influence sur le peuplement des colonies. Dans un premier temps, les dissidents y trouvent refuge ; après la proclamation de la République en 1648, ils sont suivis par des aristocrates et des catholiques ; enfin, ce sont de nouveau les puritains, puis les jacobites qui débarquent [19]. Des Suédois, des Allemands, des Hollandais et des protestants français chassés par la révocation de l'édit de Nantes viennent commencer une autre existence.

Boston, le centre économique et culturel de la Nouvelle-Angleterre, s'est développée au XVIIe siècle
Philadelphie est la ville la plus peuplée au XVIIIe siècle : Independence Hall

Au XVIIIe siècle, on peut distinguer trois types de colonies :

  • La Nouvelle-Angleterre regroupe quatre colonies : le New Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut et le Rhode Island. Elles sont peuplées de petits propriétaires et entrepreneurs. Les ports sont voués à la pêche à la morue vers Terre-Neuve, au commerce de produits coloniaux vers les Antilles, en violation du pacte colonial [20]. La Nouvelle-Angleterre est peuplée de puritains. La religion y marque profondément la vie politique. En effet chaque communauté religieuse a l'habitude de s'administrer de manière autonome. Le même modèle est reproduit pour l'administration publique. Dans chaque bourgade, la communauté se réunit et délibère pour prendre les décisions concernant l'intérêt commun. La Nouvelle-Angleterre devient donc une démocratie de fait [21]. Sur le plan social, celui qui s'écarte de la religion est aussitôt mis à l'écart de la vie du groupe. La vie communautaire, très développée, aboutit à un strict contrôle de mœurs de chacun. Les Puritains ont fondé les premiers collèges, futures universités comme Harvard dès 1636. La ville principale, Boston, compte environ 20 000 habitants au milieu du XVIIIe siècle.
  • Les colonies du Sud sont au nombre de cinq : le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Géorgie. Plus vastes que les colonies du Nord, elles sont essentiellement agricoles. La forme principale d'exploitation du sol est la plantation cultivée grâce à une main-d'œuvre d' esclaves importés d' Afrique. On y cultive l' indigo, le tabac, le riz et à partir de la fin du XVIIIe siècle, le coton. L'organisation n'est guère démocratique. On trouve d'un côté les esclaves noirs plus nombreux que les Blancs [22] et de l'autre l'aristocratie politique qui gouverne les colonies. Cette dernière a transporté en Amérique les usages des élites européennes.
  • Le groupe intermédiaire de quatre colonies, New York, le New Jersey, le Delaware, la Pennsylvanie, est situé au centre et regroupe des colonies sans liens entre elles et sans identité commune. Le peuplement y est le plus diversifié. On note la présence de Hollandais et de Suédois aux côtés des Britanniques. La ville principale est à l'époque Philadelphie, capitale de la Pennsylvanie peuplée par des quakers. Son urbanisme en avance sur celui de l'Europe fait de cette cité de 30 000 habitants la ville la plus admirée d'Amérique du Nord [23].
Les expériences scientifiques de Benjamin Franklin

Les protestants encouragent la scolarité et les études. Aussi, la vie intellectuelle est intense. On trouve dans les colonies bon nombre des sociétés philosophiques et des loges maçonniques. Dès le XVIIe siècle les premières universités sont fondées : Harvard en 1636, Yale en 1716, Princeton en 1746 [24]. Avec Benjamin Franklin, l'Amérique peut même s'honorer de fournir son premier grand savant au monde.

Les colonies sont toutes dotées de constitutions. Elles sont dirigées par un gouverneur qui représente la Couronne anglaise et qui est issu des vieilles familles de la colonie. Une assemblée élue représente les colons. La répartition des pouvoirs est calquée sur la monarchie parlementaire britannique. L'assemblée vote les impôts. Le gouverneur exerce le pouvoir exécutif. Mais ce qui fédère les colonies, c'est essentiellement la lutte contre un ennemi commun. Le premier ennemi est l'Indien. La cohabitation entre les premiers occupants, des semi-nomades ayant besoin de grands espaces, et les colons sédentaires cherchant des terres nouvelles à exploiter au fur et à mesure que leur nombre augmentait, est impossible. Les guerres indiennes, faites essentiellement d'embuscades et de petits coups de main [25], marquent non seulement cette période mais aussi toute l'histoire des États-Unis jusqu'à la fin du XIXe siècle. Les Français représentent une autre menace. Les colons britanniques aimeraient s'étendre vers l'Ouest mais les immenses territoires qui vont de l'embouchure du Saint-Laurent à celle du Mississippi appartiennent aux Français et encerclent entièrement les treize colonies. Cependant les colons anglais ont l'avantage du nombre ; ils sont environ 1,5 million sur un territoire relativement limité alors que les Français ne sont guère plus de 60 000 sur un territoire immense [26]. À l'issue de la guerre de Sept Ans, les Français perdent la plupart de leurs possessions sur le continent nord-américain.

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