Histoire de la Birmanie

L' histoire de la Birmanie (ou Union du Myanmar) est très complexe. Elle se déroule à l'intérieur des frontières actuelles du pays, mais implique aussi les peuples des états voisins, sur les territoires actuels de la République populaire de Chine, de l' Inde et du Bangladesh, du Laos et de la Thaïlande, et plus tard les puissances coloniales : Portugal, France et surtout Royaume-Uni. Elle est marquée par les luttes de l'ethnie birmane pour imposer son hégémonie aux autres ethnies, particulièrement shans dans le nord, et môns dans le sud.

La Birmanie traditionnelle

Les Môns

L'occupation humaine de la région remonte à au moins 11 000 ans. Mais la première civilisation connue est celle des Môns qui arrivent à partir du IIIe millénaire IIIe millénaire av. J.-C. environ. Ils fondent peut-être leur premier royaume, Suvarnabhumi, autour du port de Thaton vers le IIIe siècle IIIe siècle av. J.-C. C'est au début de cette époque que la tradition orale date leur premier contact avec le bouddhisme par des marins et au IIe siècle IIe siècle av. J.-C. des moines bouddhistes leur sont envoyés par Ashoka.

Mélangeant leur culture et celle de l' Inde, ils dominent le sud de ce qui deviendra la Birmanie du VIe jusque vers le milieu du e siècle ( Royaume de Thaton, culture de Dvaravati).

La plupart de leurs écrits ont été détruits durant des guerres.

Les Pyus

Cités-États des Pyus

Les Pyus arrivent en Birmanie vers le e siècle et établissent des cité-royaumes à Binnaka, Mongamo, Sri Ksetra et Halingyi. Durant cette période, la Birmanie est sur la route commerciale entre la Chine et l' Inde. D'après des sources chinoises, les Pyus contrôlent alors dix-huit royaumes et sont un peuple humain et pacifique. La guerre était pratiquement inconnue aux Pyus et leurs disputes étaient souvent résolues par des duels entre champions ou par des démonstrations de force. Ils portaient même des cotonnades de soie à la place de la soie actuelle afin de ne pas tuer les vers à soie. Les crimes étaient punis par le fouet et la prison était inconnue bien que les crimes graves pussent se solder par une peine de mort [1]. Les Pyus pratiquaient le Bouddhisme Theravâda. Tous les enfants étaient éduqués en tant que novices dans les temples de l'âge de sept ans à l'âge de vingt ans.

Les cités-états n'ont jamais été unifiées en un royaume Pyu mais les plus puissantes dominaient et exigeaient un tribut des cités plus petites. La cité la plus puissante était Sri Ksetra. Des fouilles archéologiques attestent que c'était la plus grande cité construite en Birmanie. La date exacte de sa fondation est inconnue mais les chroniques de Pyu indiquent un changement de dynastie en l'an 94 ce qui laisse supposer que la fondation était antérieure à cette date. Sri Ksetra semble abandonnée vers l'an 656 pour une capitale plus au nord. La cité est aujourd'hui inconnue mais des historiens pensent que c'était Halingyi (Halim). Quel que soit le lieu de cette nouvelle capitale, elle fut mise à sac par le royaume de Nanzhao au milieu du e siècle, marquant la fin de la domination Pyu.

Le royaume de Pagan

Article détaillé : Royaume de Pagan.

Au nord, les Birmans commencent également à s'infiltrer dans la région. En 849, ils fondent un royaume puissant, centré autour de la ville de Pagan (orthographiée à présent Bagan) et prennent la place laissée par les Pyus. Ce royaume grandit dans un certain isolement jusqu'au règne d' Anawrahta ( 1044- 1077) qui unifie la Birmanie en prenant la ville Môn de Thaton en 1057.

Ses successeurs Kyanzittha (règne de 1084 à 1112) et Alaungsithu (règne de 1112 à 1167) consolident le royaume : au milieu du e siècle, la majeure partie de l' Asie du Sud-Est continentale est sous la domination du royaume de Pagan ou de l' empire khmer.

Le royaume de Pagan finit par perdre de sa puissance au fur et à mesure que ses terres et ses ressources tombent aux mains des communautés bouddhiques. Il est menacé par les Mongols au nord. Le dernier vrai souverain de Pagan, Narathihapati (règne de 1254 à 1287), confiant dans sa force militaire, les attaque dans le Yunnan en 1277 : il est écrasé à la bataille de Ngasaunggyan. Les Mongols envahissent le nord du pays en 1283, puis l'ensemble après son assassinat en 1287. L'unité de la Birmanie se défait alors rapidement.

Ava et Pégou

Articles détaillés : Royaume d'Ava et Royaume d'Hanthawaddy.

À la chute de Pagan, la Birmanie est à nouveau divisée.

En Basse-Birmanie, les Môns refondent un royaume à Martaban (1287), puis à Pégou ( 1369), le royaume d'Hanthawaddy. En Haute-Birmanie, l'éphémère royaume de Myinsaing (1298-1312) laisse la place aux royaumes de Sagaing et Pinya, de part et d'autre de l' Irrawaddy. Toujours menacés par les shan, ils sont réunifiés en 1364 par le royaume d'Ava, centré sur sa nouvelle capitale, Ava : la culture birmane y connaît un renouveau, âge d'or de la littérature birmane.

Ava et Hanthawaddy s'affrontent pour l'hégémonie durant la Guerre de Quarante ans (1385-1424), mais aucun ne l'emporte, et un statu quo s'établit.

Sous le règne du roi Dhammazedi ( 1472- 1492), le royaume d'Hanthawaddy devient un grand centre de commerce et de bouddhisme theravâda, tandis que le royaume d'Ava entre lentement en décadence.

Les deux états disparaissent à quelques années d'intervalle : le Royaume d'Ava devant les Shans en 1527 et celui d' Hanthawaddy victime du sursaut birman en 1539.

La dynastie Toungou

Article détaillé : Dynastie Taungû.

En 1535, des survivants d'Ava emmenés par Tabinshwehti (règne de 1530 à 1550) établissent un nouveau royaume autour de Taungû et unifient à nouveau la Birmanie.

À cette période la situation géo-politique de l'Asie du Sud-Est a bien changé. Les Thai ont établi le royaume d'Ayutthaya (le Siam ou actuelle Thaïlande) pendant que les Portugais ont conquis Malacca. L'arrivée des marchands européens permet à la Birmanie de redevenir un centre commercial important et Tabinshwehti déplace la capitale à Pégou en raison de sa place dans le commerce. Son successeur et beau-frère Bayinnaung (règne de 1551 à 1581) poursuit sa politique de conquête de territoires voisins dont Manipur ( 1560) et Ayutthaya ( 1564, 1569). Mais ces guerres épuisent le royaume, et peu de temps après Manipur et Ayutthaya sont à nouveau indépendants.

Face à des révoltes dans plusieurs villes et des incursions portugaises, la dynastie Taungû abandonne la Basse-Birmanie et refonde la dynastie à Ava. Le petit-fils de Bayinnaung, Anaukpeitlun, réunifie le pays en 1613 et repousse définitivement les tentatives de conquête portugaise. Son successeur Thalun rétablit les règles de l'ancien royaume de Pagan mais dépense trop d'argent pour des motifs religieux et ne prête pas assez attention à la partie sud de son pays. Encouragés par les Français en Inde, Pégou se rebelle contre Ava, affaiblissant le royaume qui s'effondre finalement en 1752.

La dernière dynastie : Konbaung

La Pagode Shwedagon à Rangoun
Article détaillé : Dynastie Konbaung.

Peu après, une nouvelle dynastie apparaît et amène le pouvoir de la Birmanie à son apogée. Alaungpaya, chef populaire des Birmans, repousse les forces de Pégou hors du nord de la région en 1753. En 1759, il reprend Pégou – tout en exterminant une grande partie de la population Môn – ainsi que le sud de la Birmanie et Manipur. Il s'empare de Rangoun, puis, en 1760, du Tenasserim et marche sur Ayutthaya mais il est mortellement blessé au cours du siège. Son fils Hsinbyushin (règne de 1763 à 1776) conquiert la ville à la fin de l'année 1767.

La Chine des Qing commence alors à s'intéresser au pays. Hsinbyushin repousse quatre tentatives d'invasion entre 1766 et 1769 tout en élargissant les limites des frontières avec la Chine.

Un autre fils d'Alaungpaya, Bodawpaya (règne de 1781 à 1819), perd Ayutthaya mais conquiert l' Arakan ( 1784) et le Tenasserim ( 1793).

Sous le règne de Bagyidaw ( 1819- 1837), en , le général Maha Bandula conquiert l' Assam : la Birmanie se retrouve alors face aux intérêts britanniques en Inde.

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