Histoire contemporaine du Japon

Le nom d'histoire contemporaine du Japon désigne la période ayant suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale (soit depuis le ). La Constitution d'après-guerre a été modifiée, le nouveau texte entrant en application en 1947. Cette période est appelée l' après-guerre (戦後, Sengo ?) ou le Japon d'après-guerre (戦後日本, Sengo-Nihon ?).

Après la défaite dans la Seconde Guerre mondiale, le Japon est devenu un état de la démocratie parlementaire. Mais, cette période d'après-guerre se caractérise par l'Alliance américano-japonaise avec par exemple la création de l'United States Forces Japan act (USFJ) (在日米軍 Zainichi Beigun en japonais).

L'occupation américaine

Article détaillé : Occupation du Japon.

Démocratisation du pays

Le , l'empereur Hirohito annonce lors d'une allocution radiophonique la capitulation du pays [1]. Le 17, le prince Naruhiko Higashikuni est chargé de former un gouvernement transitoire afin de gérer le pays en attendant l'arrivée des troupes alliées. Le 2 septembre, il signe la reddition du pays, et le 8, Douglas MacArthur qui est responsable de l'administration de l' occupation américaine installe son administration à Tokyo, face au palais impérial. Environ 400 000 soldats américains débarquent dans le pays jusqu'à la fin du mois d'octobre de la même année [2]. Dès le 19 septembre, 40 hauts cadres de l'armée dont Hideki Tōjō sont arrêtés, et le 4 octobre, l'occupant se porte garant des libertés civiles des Japonais [3] : près de 2 500 prisonniers politiques sont libérés, le droit de vote est accordé aux femmes, son âge légal est fixé à vingt ans ; la liberté syndicale est réinstaurée, et dès la fin de l'année 400 000 personnes sont adhérentes d'un syndicat [4]. Le système éducatif commence à être réformé dès l'automne 1945 [5], et en 1948 le Rescrit impérial sur l'éducation est aboli [6].

Photo noir et blanc de trois rangeés de pupitres d'un parlement devant lesquels sont assises des femmes.
Les premières femmes sont élues au parlement lors des élections législatives japonaises de 1946.

Un nouveau système politique se met en place. Alors que la question de son abdication et celle de son inculpation se posent, l'empereur Hirohito annonce au qu'il renonce à sa nature de «  divinité à forme humaine » [4]. Les législatives organisées en avril 1946 débouchent sur un renouvellement profond de la représentation nationale [7]. Une nouvelle constitution est annoncée en , votée le 3 novembre, et entre en vigueur le  : si l'empereur garde une place symbolique, le parlement détient l'essentiel du pouvoir, et les droits de l'homme sont garantis. Son article 9 proclame le renoncement du Japon à la guerre [8]. Début 1946, environ 200 000 personnes sont déclarées inéligibles par l'occupant en raison de leurs liens avec le régime précédent [7]. Les procès de Tokyo jugent de à les anciens responsables du régime [8] ; sur 50 000 inculpés, 10 % sont condamnés, dont 984 à des peines capitales. À l'occasion de ces procès, l'opinion publique japonaise prend connaissance des crimes commis par son armée, comme à Nankin ou à Bataan [9].

Dans le domaine économique, le pays est miné par des problèmes de ravitaillement, les infrastructures étant en ruine. Une situation de pénurie perdure jusqu'en 1948. Le crime organisé prospère, tandis que se développe une économie souterraine. Jusqu'à un million de Japonais périssent de sous-alimentation, et l'inflation est endémique jusqu'à la fin de la décennie [7]. Les grands conglomérats que sont les Zaibatsu comme Mitsui ou Sumitomo sont dissous en , et fin 1946, une réforme agraire permet à 80 % des paysans d'accéder à la propriété [5].

Fin de l'occupation

Photo noir et blanc d'un homme en costume sombre, assis devant un table blanche, un stylo à la main. Six hommes en costume sombres se tiennent debout derrière lui.
Le traité de San Francisco est signé par Shigeru Yoshida pour le Japon le et met fin à la période de l'occupation.

Les débuts de la guerre froide en 1946 obligent les États-Unis à revoir leur relation avec le Japon : en Extrême-Orient, la Corée du Nord communiste est créée en 1948, et l'année suivante les communistes achèvent leur conquête de la Chine continentale. La priorité est alors donnée au redressement économique de l'archipel. Après un intermède socialiste assuré par Tetsu Katayama, les libéraux arrivent au pouvoir en 1948 avec Yoshida. En octobre de la même année, l'occupant instaure une nouvelle politique économique dirigée par Joseph Dodge : une politique déflationniste est mise en place, et les libertés publiques sont réduites [10]. En 1950 des purges politiques visant les communistes touchent plus de 10 000 personnes [11]. L'occupant décide de réarmer en partie le pays, alors que la guerre de Corée vient d'éclater, ce qui relance l'activité de pans entiers de son économie : dès 1951, la production industrielle bondit de 12 % [12].

C'est dans ce climat international tendu, que s'ouvrent les négociations du traité de paix. Malgré l'opposition de gauche qui tente d'obtenir la neutralité du pays, et la droite conservatrice de Hatoyama et Kishi qui envisage de reconstituer une armée sitôt l'indépendance recouvrée, le premier ministre Yoshida accepte les conditions américaines qui prévoient l'instauration de bases militaires permanentes dans le pays [12]. Le , 49 États ratifient par écrit le traité de paix avec le Japon [13].