Hip-hop expérimental

Hip-hop expérimental
Origines stylistiquesHip-hop alternatif[1], musique expérimentale, musique d'avant-garde, neo-psychedelia, rock alternatif, musique électronique, acid jazz, folk
Origines culturellesMilieu des années 1980[1] ; États-Unis
Instruments typiquesChant, guitare, instruments de musique électronique, batterie
PopularitéRestreinte au début et à la fin des années 1990, largement underground depuis la fin des années 2000
Voir aussiAvanthop, hip-hop psychédélique

Sous-genres

Hip-hop underground, trip hop, hipster-hop, nerdcore, hip-hop industriel

Le hip-hop expérimental, ou abstract hip-hop, est un courant du hip-hop[1] se démarquant du reste de la scène rap par de nombreux aspects : thèmes très éloignés des préoccupations habituelles du hip-hop (faits de société, gangs, criminalité, politique, inégalités) et où l'on retrouve plus volontiers des paroles poétiques, abstraites, en général dénuées de tout message velléitaire et/ou engagé, mais chargées d'une substance se voulant éthérée, subtile, lyrique. Cependant la majorité des productions relevant du hip-hop expérimental sont complètement dénuées de paroles, auquel cas on désigne parfois ce sous-genre comme 'hip-hop instrumental. En effet, le genre musical est une totale mise en avant des DJ et Beat-makers qui se détachent du côté lyrique pour produire une musique plus libre et plus riche[2].

Caractéristiques

La production du hip-hop expérimental est très éclectique, et reprend une large variété de genres musicaux. En plus d'éléments sonores extraits de la musique électronique et du dub, les musiciens s'inspirent d'autres styles incluant rock, soul, reggae, musique classique et jazz. En général, la production du hip-hop expérimental se construit et se base sur des groupes et musiciens de hip-hop des années 1990 comme Wu-Tang Clan, A Tribe Called Quest, De La Soul et The Pharcyde. James Dewitt Yancey, également connu sous les noms de J Dilla ou Jay Dee, est l'un des pionniers du genre. L'approche de J Dilla est un échantillonnage novateur[3]. Certains producteurs inspirés de l'approche de J Dilla sont Madlib, Flying Lotus, Karriem Riggins, et Hudson Mohawke.

Un des aspects les plus importants du hip-hop expérimental reste le sampling qui permet aux différents producteurs d’explorer des univers variés, exploitants tous les genres musicaux afin de créer des ambiances uniques. On peut notamment citer DJ Shadow réel pilier du mouvement qui composera des albums uniquement basés sur cette technique. C’est ainsi qu’apparaitra le mot de Crate-Digger, soit « creuseur de caisse » désignant les producteurs ou DJs qui fouillaient les caisses de Vinyles afin de trouver le sample parfait. À travers ce courant, la technique dans le hip-hop est ainsi poussée jusqu'à de nouveaux sommets. On note aussi l'utilisation des scratchs récurrente.

Certains comparent l'émergence du hip-hop expérimental (au milieu des années 1990) à l'apparition du rock progressif à la fin des années 1960 : on retrouve en effet la grandiloquence sonore, l'utilisation de thématiques musicales empruntées à d'autres genres, des morceaux longs et étoffés, des paroles complexes et fréquemment impénétrables, la mise au point de « concept albums », une recherche technique poussée, etc. De par son éloignement du terreau identitaire du rap et donc de l'association à une culture particulière, on pourrait s'attendre à une large diffusion de cette musique [réf. nécessaire]. Or, le hip-hop expérimental reste au contraire encore cantonné à une frange mineure de l'auditoire hip-hop, malgré un succès critique indéniable [réf. nécessaire].