Henry Ford

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Henry Ford
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Portrait d'Henry Ford réalisé par Fred Hartsook en 1919.

Naissance
Dearborn, États-Unis
Décès (à 83 ans)
Dearborn, États-Unis
Nationalité Américaine
Diplôme
Profession
Activité principale
Ascendants
William Ford et Mary Ford
Conjoint
Clara Jane Bryant (1866-1950)
Descendants

Henry Ford ( à Dearborn, Michigan, États-Unis – † , Dearborn) est un industriel de la première moitié du XXe siècle et le fondateur du constructeur automobile Ford. Son nom est notamment attaché au fordisme, une méthode industrielle alliant un mode de production en série fondé sur le principe de ligne d’assemblage et un modèle économique ayant recours à des salaires élevés. La mise en place de cette méthode au début des années 1910 révolutionne l’industrie américaine en favorisant une consommation de masse et lui permet de produire à plus de 15 millions d’exemplaire la Ford T ; il devient alors l’une des personnes les plus riches et les plus connues au monde.

Ford a une vision globale de son action : il voit dans la consommation la clé de la paix. Son important engagement à réduire les coûts aboutit à de nombreuses innovations techniques mais également commerciales ; il met ainsi en place tout un système de franchises qui installe une concession Ford dans toutes les villes en Amérique du Nord et dans les grandes villes des six continents. La Fondation Ford hérite de la majeure partie de la fortune de Ford, mais l’industriel veille néanmoins à ce que sa famille en conserve le contrôle de façon permanente. D’ailleurs, il assumera très longtemps le poste de président de la Ford Motor Company.

Le diplôme de docteur en ingénierie lui est délivré par l’ Université du Michigan et le collège de l’État du Michigan et il reçoit par ailleurs un LL.D. honoraire de l’ Université de Colgate. En collaboration avec Samuel Crowther, il écrit My Life, and Work (1922), Today and Tomorrow (1926) et Moving Forward (1930) qui décrivent le développement de son entreprise et expose ses théories sociales et industrielles. Son nom est également associé au livre The International Jew ainsi qu’au journal The Dearborn Independent, ce qui lui vaudra de nombreuses controverses concernant son antisémitisme et ses liens avec le régime nazi, certains voyant en lui l'un des maîtres à penser de Hitler.

Les premières années

Ses origines irlandaises et son enfance à Dearborn

Le père d’Henry Ford, William Ford ( 1826- 1905), est natif de la paroisse de Kilmalooda, située dans le comté de Cork en Irlande. En 1847, âgé de 21 ans, il immigre avec sa famille aux États-Unis où, l’année suivante, son père John Ford fait l’acquisition auprès d’un vieil homme également originaire de Cork, d’une ferme dans le comté de Wayne près de Détroit [1]. C’est dans cette ferme où il travaille avec son père que William fait la connaissance de Mary Litogot ( 1839- 1876), dont il tombe amoureux. Née dans le Michigan de parents immigrés belges, elle est la fille adoptée d’un des employés de la ferme, Patrick Ahern [1]. William et Mary officialisent leur union le [1] ; après leur mariage, ils décident de s’installer ensemble à Fair Lane, la résidence où vivent les parents de Mary, à Dearborn. Le , Mary donne naissance à Henry Ford, l’aîné d’une fratrie qui comptera six enfants [2].

Portrait d'Henry Ford en 1888 ; il est alors âgé de 25 ans.

Henry fréquente l’école jusqu’à l’âge de 15 ans [2]. Il n’éprouve que peu d’intérêt pour ses études et se révèle piètre élève ; d’ailleurs, il n’apprendra jamais à orthographier ni à lire correctement, et ne s’exprimera toujours que de la manière la plus simple [2]. S’il n’aime guère plus la vie agricole, Henry Ford se passionne en revanche très tôt pour la mécanique. À l’âge de 12 ans, il reçoit une montre de poche de son père qu’il parvient à démonter et remonter de nombreuses fois, gagnant une réputation de réparateur de montres auprès de ses voisins et amis [3]. Selon Henry Ford, « une immense quantité de savoir peut être acquise simplement en bricolant des choses. La manière dont tout est fabriqué ne peut pas uniquement s’apprendre des livres » [3]. Par la suite, Ford passe le plus clair de son temps dans un atelier qu’il équipe lui-même et où il construit, à l’âge de 15 ans, sa première machine à vapeur [4], [5].

Sa jeunesse

Malgré les besoins de l'exploitation agricole familiale, Henry Ford, à l’âge de 16 ans, est autorisé par ses parents à partir travailler à Détroit [6], [2] ; il y est notamment employé comme apprenti dans un atelier d’usinage de fer [2]. Son salaire hebdomadaire de 2,50 $ ne lui permet cependant pas de payer sa chambre et ses repas si bien qu’il travaille également de nuit dans un atelier de réparation de montres et d’horloges. Après trois années passées à Détroit, Ford retourne travailler à la ferme. C’est à cette période qu’il fabrique pour Westinghouse – une entreprise de location et de réparation de moteurs – une petite machine agricole à vapeur, dont le châssis et une partie du moteur sont issus d’une vieille tondeuse à gazon [6], [2]. Plusieurs années après la mort de sa mère en 1876, Henry fait la rencontre de Clara Bryant, la fille de Melvin Bryant, un fermier du comté de Wayne. Ils se marient le et donnent naissance à un fils dénommé Edsel Ford, le [6].

En 1891, Ford retourne à Détroit, accompagné de sa famille, en tant qu’ ingénieur mécanicien chez Edison Illuminating Company. Devenu ingénieur en chef en 1893, il a suffisamment de temps et d’argent pour se consacrer à quelques expériences personnelles sur les moteurs à essence [2]. Elles aboutissent en 1896 avec l’achèvement de son propre véhicule automobile nommé «  Ford Quadricycle » [7], un véhicule de 4 chevaux à 4 roues refroidi par eau. La même année, lors d’une convention tenue à Manhattan Beach, à New York, destinée à trouver des investisseurs, Ford est présenté à Thomas Edison, expliquant que « ce jeune homme venait de mettre au point une petite automobile à essence » [8]. Après lui avoir posé quelques questions, Edison finit par déclarer : « Young man, that’s the thing! You have it! Your car is self contained and carries its own power plant. » [8] (« Jeune homme, vous l’avez ! Votre voiture est un contenant qui transporte sa propre centrale d'énergie. »)

Encouragé par cette approbation, Ford démissionne de la société Edison et fonde le , avec le soutien de l’industriel William H. Murphy, la Detroit Automobile Company dans le but de produire des automobiles. Sans succès, l’entreprise est dissoute en janvier 1901. Pour autant, Ford et Murphy ne se découragent pas et créent une nouvelle entreprise : la Henry Ford Company [9]. Pour se faire connaître, Ford fait preuve d’imagination. En octobre 1901, avec l’aide de son associé Childe Harold Wills, il participe à une course de 10 miles sur le circuit de Grosse-Pointe au volant d’une automobile de compétition qu’il a conçue, la 999. Ford la remporte devant Alexander Winton [10], un coureur réputé [9]. Grâce à cette victoire largement diffusée dans la presse, Ford se fait connaitre à travers tous les États-Unis [9].

Cependant en 1902, Ford est en profond désaccord avec plusieurs actionnaires de l’entreprise ; ces derniers désirent mettre sur le marché dès à présent une voiture de tourisme tandis que Ford insiste encore et toujours pour poursuivre l’amélioration de l’automobile sur laquelle il travaille [11], [2]. Ford décide donc de quitter la Henry Ford Company. Elle sera reprise par Henry M. Leland qui la renomme Cadillac Automobile Company [11].