Hauts-de-France

Hauts-de-France
Logo de la région.
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Administration
Pays Drapeau de la France  France
Siège de la préfecture Lille
Départements et collectivités territoriales Aisne (02)
Nord (59)
Oise (60)
Pas-de-Calais (62)
Somme (80)
Arrondissements 26
Cantons 145
Communes 3 810
Conseil régional Conseil régional des Hauts-de-France
Président Xavier Bertrand ( LR)
2016-2021
Préfet Michel Lalande
ISO 3166-2 FR-HDF
Démographie
Gentilé Pas de gentilé
Population 6 006 156 hab. (2014)
Densité 189 hab./km2
Rang (population) 3e sur 18
Langues
régionales
Picard, flamand français, flamand occidental
Géographie
Superficie 31 813 km2
Rang 9e sur 18
Localisation
Localisation de Hauts-de-France
Liens
Site web hautsdefrance.fr

Les Hauts-de-France [1], [2] /o də fʁɑ̃s/ sont une région administrative du Nord de la France, créée par la réforme territoriale de 2014. Résultat de la fusion du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie (elles-mêmes créées en 1972), elle s'est d'abord appelée provisoirement Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Elle s'étend sur 31 813 km2 et compte cinq départements : l' Aisne, le Nord, l' Oise, le Pas-de-Calais et la Somme. Elle est présidée par Xavier Bertrand depuis le , et son chef-lieu est Lille [1].

La région est limitrophe de la région parisienne située au sud, de la Normandie à l'ouest et du Grand Est à l'est. De plus, elle est frontalière de la Belgique sur toute sa partie nord-est, et est bordée par la Manche et la mer du Nord, à l'ouest et au nord.

Avec 6 006 156 habitants (population municipale au ) [3] et une densité de population de 189 hab/km2, elle représente la 3e région la plus peuplée du pays et la 2e la plus densément peuplée de France métropolitaine après l' Île-de-France.

Histoire

Le territoire avant les Hauts-de-France

Carte de la région avec ses départements, montrant les provinces qui existaient sur son territoire au e siècle.

Il s'agit d'un territoire avec des origines assez contrastées. Jusqu'au XVIIIe siècle, il est divisé en plusieurs provinces dont les principales sont la Picardie (autour d' Amiens, Saint-Quentin, Boulogne et Calais), la Flandre (autour de Lille et Dunkerque) et l' Artois (autour d' Arras, Lens et Béthune), tandis que l' Île de France s'étendait jusqu'à Beauvais et Laon. Encore aujourd'hui, les différences géographiques, culturelles et économiques se retrouvent dans cette délimitation historique et certaines de ces appellations sont encore couramment utilisées. La Révolution française marque la création des départements actuels.

La position frontalière des Hauts-de-France en a fait une place économique et militaire stratégique. De tous temps, elle fut au cœur d'importants conflits.

Création de la région

Idée de fusion de la Picardie avec la Champagne-Ardenne

Dans sa tribune du , le président François Hollande pose les bases de la réforme territoriale de 2014. Il propose alors de passer de 22 à 14 régions métropolitaines. La carte jointe à la tribune indique que le Nord-Pas-de-Calais resterait en l'état tandis que la Picardie fusionnerait avec la Champagne-Ardenne [4].

Le socialiste Claude Gewerc, président du conseil régional de Picardie, se dit alors « très surpris » du mariage annoncé de sa région avec sa voisine champenoise. Il rajoute que des trois possibilités de rassemblement ( Normandie, Nord-Pas-de-Calais et Champagne-Ardenne), cette dernière n'avait pas « [sa] préférence » [5]. Christophe Coulon, président du groupe UMP au conseil régional, critique pour sa part la réforme et constate, malgré des points communs, qu'il n'y a ni un flux « économique » ni « humain » entre les deux régions [5]. Plusieurs élus du parti ont également demandé l'organisation d'un référendum, notamment Xavier Bertrand [6].

Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste à l' Assemblée nationale et députée de la Somme, estime que la non-fusion entre Picardie et Nord-Pas-de-Calais résulte de la volonté de François Hollande de ne pas donner « une grande région à Marine Le Pen ». Elle ajoute que la fusion avec le Nord-Pas-de-Calais « ce ne serait pas dans la joie, mais ce serait dans une logique » [7]. Les élus FN du conseil régional picard ont eux aussi critiqué la réforme et indiqué que le non-mariage entre la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais était une volonté « politico-électorales » du président afin d'éviter la prise de la nouvelle région par le parti [8].

Du côté nordiste, à l'image de Daniel Percheron, l'ensemble de la majorité régionale se félicite de l'autonomie de la région : l'entité étant suffisamment grande aux yeux des responsables politiques. Cette position est également défendue par Philippe Rapeneau, chef de l'opposition régionale. Les frontistes nordistes rejoignent pour leur part leurs collègues picards [9].

Le , le projet de loi est déposé par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, au Sénat, alors à majorité de gauche [10]. La carte proposée par le ministère est la même que celle de la tribune. Le , Carlos Da Silva présente au nom de la commission des Lois de l'Assemblée nationale un nouveau texte de loi. La carte qui l'accompagne présente une nouvelle fois la fusion de la Picardie avec la région Champagne-Ardenne et l'autonomie du Nord-Pas-de-Calais [11].

Idée de fusion de la Picardie avec le Nord-Pas-de-Calais

Le découpage des régions est amendé lors des travaux préparatoires de la chambre basse et, le , l'article 1er proposé au vote entraîne la fusion du Nord-Pas-de-Calais avec la Picardie, tandis que la Champagne-Ardenne rejoint la Lorraine et l' Alsace.

Ce mariage provoque immédiatement une levée de boucliers de la part des principaux élus socialistes du département du Nord. Ainsi, dans un communiqué de presse, la maire de Lille Martine Aubry et la majorité des députés socialistes du département définissent cette union comme une « aberration économique et sociale » [12]. Cette position est défendue par le républicain Éric Woerth, maire de Chantilly, qui estime que les intérêts de l'Oise sont à Paris et non à Lille [13].

En revanche, de nombreux élus se montrent davantage enthousiastes. La réunion de deux régions culturellement et économiquement proches, ainsi que la réunification de la Picardie historique sont soulignés. Pour Claude Gewerc, c'est « déjà une meilleure solution » que celle proposée précédemment [13]. À droite, Gérald Darmanin, maire de Tourcoing, Daniel Fasquelle, maire du Touquet-Paris-Plage, et Xavier Bertrand, ont indiqué être favorables à l'union des deux régions [14], [15]. Tout en étant opposés à la réforme territoriale, les élus du Front national, à l'instar de Florian Philippot, se sont déclarés satisfaits de la fusion qui leur offrirait une victoire « quasi assurée » lors des prochaines régionales [16].

En dépit de plusieurs amendements restaurant l'autonomie des deux régions déposés, entre autres par Bernard Roman [17], l'Assemblée nationale vote en première lecture le projet de loi le lors du vote solennel [18]. Ni le passage devant les deux assemblées en seconde lecture, ni en commission mixte paritaire, ni en nouvelle lecture devant les deux chambres, ni en lecture définitive à l'Assemblée nationale n'ayant modifié l'union entre les deux régions, le mariage est officiellement entériné par le vote du [19], [20]. Le conseil constitutionnel n'ayant pas censuré la loi [21], la promulgation de celle-ci au journal officiel le [22] entérine la naissance de la région « Nord-Pas-de-Calais-Picardie » le .

Origine du nom

Le nom « Nord-Pas-de-Calais-Picardie » n'avait pas vocation à être définitif. Juxtaposant les noms des anciennes régions par ordre alphabétique, il était celui retenu par la loi en attendant qu'un nouveau nom soit choisi par décret en Conseil d'État sur proposition du conseil régional de la région fusionnée, décision devant intervenir avant le [23]. Le but était de choisir un nom simple et court, pouvant s'exporter à l'étranger et être facilement enregistré par tous les Français, tout en prenant en compte l'importante diversité des territoires de la région [24].

Dès l'été 2014, la Mission linguistique francophone avait publié une préconisation appelant à ne pas laisser de côté la question onomastique, et à lier donc étroitement l'adoption d'une nouvelle carte des régions de France à une réflexion sur leurs noms [25]. Ce club de linguistes recommandait notamment d'écarter toutes les désignations comportant un nom de point cardinal (Nord, Grand Est, Sud-Ouest) afin de ne pas les « confisquer » au français courant (ce qui a, par ailleurs, toujours fait défaut au département du Nord). Pour la nouvelle région élargie du nord de la France, ils proposaient le nom Haut-de-France, première occurrence attestée de la future appellation (elle sera seulement remodelée au pluriel par mimétisme avec le nom du département des Hauts-de-Seine).

Du 22 au , une consultation est organisée dans les lycées et les centres d'apprentissage de la région pour proposer un nouveau nom. À l'issue de cette consultation, trois noms sont sélectionnés par le conseil régional : « Hauts-de-France », « Nord-de-France » et « Terres-du-Nord » [26]. La notion de « haut » de la carte de France comme synonyme du nord du pays attire leur attention.

Lors de la séance plénière de l'assemblée régionale du , le conseil régional adopte l’appellation « Hauts-de-France » [27]. Ce nom est validé par le Conseil d'État le [1]. Celui-ci est néanmoins critiqué par de nombreux Historiens (car excluant toute mention des territoires historiques) et géographes (le terme « haut » se rapportant normalement à l' amont d'un fleuve ou à l'altitude d'une région) [28].

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