Hôtel de Rohan (Paris)

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Hôtel de Rohan
Hôtel de Rohan.jpg

Hôtel de Rohan (Paris)

Présentation
Type
Architecte
Construction
Commanditaire
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Flag of France.svg  France
Commune
Paris
Adresse
87 rue Vieille du Temple
Coordonnées

L’hôtel de Rohan, construit par l' architecte Pierre-Alexis Delamair, à partir de 1705 pour la famille de Rohan, abrite aujourd'hui, avec l' hôtel de Soubise attenant, une partie des Archives nationales. Ce monument fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .

Historique

L'hôtel de Rohan sous les quatre cardinaux

Armand Gaston Maximilien de Rohan, fils de la princesse de Soubise et évêque de Strasbourg depuis 1704 et futur cardinal de Rohan, fit construire à partir de 1705 par l'architecte Pierre-Alexis Delamair, un hôtel particulier sur un terrain contigu à l'hôtel de Soubise, occupé par ses parents.

Après la mort d'Armand-Gaston en 1749, trois cardinaux de Rohan et évêques de Strasbourg ont vécu successivement dans cet hôtel. Tout d'abord, le neveu d'Armand-Gaston de Rohan qui lui succéda et prit le nom de Cardinal de Soubise. C'est lui qui fit achever la cour des écuries par son architecte Saint-Martin. Après lui viendra en 1756, Louis-Constantin de Rohan-Montbazon, ancien capitaine de vaisseau entré dans les ordres et mort en 1779 et enfin Louis-René-Edouard, frère du maréchal de Rohan-Montbazon, qui sera en 1785 victime de l’escroquerie du « collier de la reine ».

L'hôtel de Rohan après la révolution

Sous la révolution, l'hôtel de Rohan fut mis sous séquestre et le mobilier dispersé, notamment la très riche bibliothèque dont une partie se trouve aujourd'hui rassemblée à la Bibliothèque de l'Arsenal. L'hôtel de Rohan suivit le sort de l'hôtel de Soubise et fut acquis par Napoléon Ier en 1808. L'imprimerie impériale, puis royale, puis nationale s'installa dans ces locaux en 1809. Resserrée au début de son implantation dans le quadrilatère de l'hôtel de Rohan, sur un terrain de 8 000 mètres carrés l'imprimerie, ne cessa de s'agrandir sur toutes les parcelles encore vierges de bâtiments, allant jusqu'à couvrir plus de 10 000 mètres carrés vers 1920 et finit par ne plus avoir de place dans ses vieux locaux inadaptés.

L'hôtel de Rohan est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 27 novembre 1924 [1].

Lorsque l' Imprimerie nationale quitta les lieux en 1927 pour s'installer dans les locaux construits pour elle rue de la Convention, le directeur des Archives, Charles-Victor Langlois, batailla pour sauver l'ensemble et le faire attribuer aux Archives nationales.

Les Archives nationales à l'hôtel de Rohan

Le 25 novembre 1926, le Sénat adopta l'article unique qui sauvait l'hôtel de Rohan de la destruction. La loi fut enfin promulguée le 4 janvier 1927. Le décret d'affectation aux Archives nationales fut signé le 22 janvier 1927. En vertu de la loi du 9 décembre 1927 et de la loi de finances du 27 décembre suivant, des crédits d'un montant respectif de 800 000 et 1 million de francs, furent inscrits au budget de l'administration des Beaux-Arts pour permettre d'entreprendre la remise en état et l'aménagement des bâtiments de l'hôtel de Rohan. Bien que la direction de l’École des chartes ait renoncé le 11 novembre 1928 à la proposition de s'installer dans l'hôtel de Rohan, on en resta au projet de remise en état des bâtiments examiné par la commission des Monuments historiques, à savoir la restauration du gros œuvre, la reconstruction du petit et du grand escalier et la remise en état des appartements du premier étage. Il ne fut pas question de réaménager ce qui était autrefois la célèbre bibliothèque réunie par le cardinal Armand-Gaston de Rohan. La restauration fut menée de façon exemplaire par Robert Danis, qui restitua notamment de toutes pièces le grand escalier que l'Imprimerie avait détruit pour y aménager des bureaux. Le palais rénové fut inauguré le 30 mai 1938 par le président de la République Albert Lebrun.

L'importance des surfaces nouvelles obtenues dans l'hôtel rénové ne cessa pas de susciter des convoitises d'autres services de l’État : Ministère des finances ou marine marchande. Mais, la proposition de loi sur les archives notariales constituait un solide argument pour accueillir un service neuf qui put occuper pleinement les locaux. Ce fut le Minutier central des notaires parisiens qui fut ainsi installé dans l'hôtel de Rohan en 1932. L'hôtel fut équipé de rayonnages dans tous les anciens locaux de service. C'est dans les écuries, autour de la cour des « Chevaux du Soleil », qu'on logea ainsi les minutes des notaires de Paris.

La dépose et la mise à l'abri en septembre 1939, dans les caveaux du Panthéon, des éléments majeurs des décors du XVIIIe siècle de l'hôtel de Rohan et leur repose en 1946, ont sans doute permis, outre leur sauvetage pendant la guerre, d'assurer leur restauration (entre autres pour ce qui concerne les décors du salon des Singes) et leur mise en valeur à l'issue de celle-ci.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, bien des agrandissements et des modifications ont été programmées par les directeurs généraux successifs des Archives de France, sans jamais porter atteinte au site urbain constitué par les deux hôtels et leur jardin central. À la demande de Charles Braibant, l'architecte Ch. Musetti fut ainsi appelé à bâtir un bloc de magasins le long du jardin, venant compléter le plan inachevé des architectes de la Monarchie de Juillet. Il édifia ensuite entre 1962 et 1968, à la demande d' André Chamson, deux ailes basses en équerre joignant l'hôtel de Rohan à l'hôtel de Jaucourt récemment acquis. Enfin c'est encore lui qui dota les Archives des premiers équipements techniques indispensables (atelier photographique, atelier des microfilms) à l'angle des rues Vieille-du-Temple et des Quatre-Fils.

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