Hôtel de Rohan (Paris)

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Hôtel de Rohan
Hôtel de Rohan, garden facade, 12-2017.jpg

Hôtel de Rohan (Paris)

Présentation
Type
Style
Architecte
Construction
Commanditaire
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Commune
Paris
Adresse
87 rue Vieille du Temple
Coordonnées

L’hôtel de Rohan, construit par l'architecte Pierre-Alexis Delamair, à partir de 1705 pour la famille de Rohan, abrite aujourd'hui, avec l'hôtel de Soubise attenant, une partie des Archives nationales. Ce monument fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .

Historique

L'hôtel de Rohan sous les quatre cardinaux

Armand Gaston Maximilien de Rohan, fils de la princesse de Soubise, évêque de Strasbourg depuis 1704 et futur cardinal de Rohan, fait construire à partir de 1705, par l'architecte Pierre-Alexis Delamair, un hôtel particulier sur un terrain contigu à l'hôtel de Soubise, occupé par ses parents.

Après la mort d'Armand-Gaston, en 1749, trois cardinaux de Rohan et évêques de Strasbourg vécurent successivement dans cet hôtel.

Tout d'abord, Armand de Rohan-Soubise, neveu d'Armand-Gaston de Rohan qui lui succède et prend le nom de Cardinal de Soubise. C'est lui qui fait achever la cour des écuries par son architecte, Saint-Martin.

Après lui vient en 1756, Louis-Constantin de Rohan-Montbazon, ancien capitaine de vaisseau, entré dans les ordres, évêque-prince de Strasbourg en 1756, cardinal en 1761, qui meurt en 1779.

Ce dernier a pour successeur à l'hôtel de Rohan et à l'évêché de Strasbourg son cousin, Louis-René-Edouard de Rohan, qui sera cardinal et Grand Aumônier de France, et, en 1785, l'une des victimes de l’escroquerie du Collier de la reine.

Après la Révolution

Sous la Révolution, l'hôtel de Rohan est mis sous séquestre et le mobilier dispersé, notamment la très riche bibliothèque, disposée au rez de chaussée, dont une partie se trouve aujourd'hui rassemblée à la Bibliothèque de l'Arsenal.

L'hôtel de Rohan suit le sort de l'hôtel de Soubise et est acquis par l'Etat, sur ordre de Napoléon Ier, en 1808. L'imprimerie impériale, puis royale, puis nationale s'installe dans les lieux en 1809.

Resserrée au début de son implantation dans le quadrilatère de l'hôtel de Rohan, sur un terrain de 8 000 mètres carrés, l'imprimerie, ne cesse de s'agrandir sur toutes les parcelles encore vierges de bâtiments, allant jusqu'à couvrir plus de 10 000 mètres carrés vers 1920. Le jardin de l'hôtel est alors couvert d'ateliers, qui masquent sa façade occidentale, au niveau du rez-de-chaussée.

Les espaces intérieurs de l'hôtel sont utilisés comme bureaux. L'Imprimerie Nationale finit par manquer d'espace, dans des locaux inadaptés à ses activités.

Les façades du bâtiment principal de l'hôtel de Rohan sont classées Monuments historiques par arrêté du 27 novembre 1924. Sont également classés, le grand vestibule, au rez de chaussée du corps de logis principal, le grand salon du premier étage, voisin du Cabinet des singes (déjà classé depuis 1900), la voussure du grand escalier détruit, l'escalier de gauche à rampe armoriée, montant jusqu'au deuxième étage [1].

Lorsque l'Imprimerie nationale quitte les lieux en 1927 pour s'installer dans les locaux construits pour elle rue de la Convention, le directeur des Archives de France, Charles-Victor Langlois, bataille pour sauver l'ensemble et le faire attribuer aux Archives nationales. A cet effet, il publie dès 1922 un historique et un descriptif détaillés des lieux.

Les Archives nationales à l'hôtel de Rohan

Le 25 novembre 1926, le Sénat adopte l'article unique d'une loi qui sauvait l'hôtel de Rohan de la destruction. La loi est enfin promulguée le 4 janvier 1927, puis Le décret d'affectation aux Archives nationales signé le 22 janvier 1927. En vertu de la loi du 9 décembre 1927 et de la loi de finances du 27 décembre suivant, des crédits d'un montant respectif de 800 000 et 1 million de francs, sont inscrits au budget de l'administration des Beaux-Arts pour permettre d'entreprendre la remise en état et l'aménagement des bâtiments de l'hôtel de Rohan. Bien que la direction de l’École des chartes ait renoncé le 11 novembre 1928 à la proposition de s'installer dans l'hôtel de Rohan, on en resta au projet de remise en état des bâtiments examiné par la commission des Monuments historiques, à savoir la restauration du gros œuvre, la reconstruction du petit et du grand escalier et la remise en état des appartements du premier étage. Il ne fut pas question de réaménager au rez de chaussée ce qui était autrefois la célèbre bibliothèque réunie par le cardinal Armand-Gaston de Rohan.

La restauration est menée avec une fidélité exemplaire par l'architecte Robert Danis, qui restitue notamment de toutes pièces, le grand escalier, que l'Imprimerie Nationale avait fait détruire pour y aménager des bureaux [2].

Le palais rénové est inauguré le 30 mai 1938 par le président de la République Albert Lebrun.

L'importance des surfaces nouvelles obtenues dans l'hôtel rénové ne cessa pas de susciter les convoitises d'autres services de l’État : Ministère des finances ou marine marchande. Mais, la proposition de loi sur les archives notariales constituait un solide argument pour accueillir un nouveau service, qui put occuper pleinement les locaux. Ce fut le Minutier central des notaires parisiens, installé dans l'hôtel de Rohan en 1932.

Tous Les anciens locaux de service de l'hôtel, en particulier les écuries, autour de la cour des Chevaux du soleil, sont alors équipés de rayonnages, pour accueillir les anciennes minutes des notaires parisiens.

La dépose et la mise à l'abri en septembre 1939, dans les caveaux du Panthéon, des éléments majeurs des décors du XVIIIe siècle de l'hôtel de Rohan et leur repose en 1946, ont sans doute permis, outre leur sauvetage pendant la guerre, d'assurer leur restauration (entre autres pour ce qui concerne les décors du salon des Singes) et leur mise en valeur à l'issue de celle-ci.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, bien des agrandissements et des modifications ont été programmées par les directeurs généraux successifs des Archives de France, sans jamais porter atteinte au site urbain constitué par les deux hôtels et leur jardin central.

À la demande de Charles Braibant, l'architecte Ch. Musetti est ainsi appelé à bâtir un bloc de magasins le long du jardin, venant compléter le plan inachevé des architectes de la Monarchie de Juillet.

Il édifie ensuite, entre 1962 et 1968, à la demande d'André Chamson, deux ailes basses en équerre joignant l'hôtel de Rohan à l'hôtel de Jaucourt récemment acquis. Enfin c'est encore lui qui dote les Archives des premiers équipements techniques indispensables, atelier photographique, atelier de microfilmage, à l'angle des rues Vieille-du-Temple et des Quatre-Fils.

Utilisation dans la fiction

L'hôtel de Rohan est aussi utilisé comme décor pour le tournage de films, en particulier en 1983 pour le tournage de Papy fait de la résistance, de Jean-Marie Poiré.

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