Hérésie

Dans l’ Antiquité, le mot hérésie désignait simplement une école de pensée : le jardin d’ Épicure était une telle haíresis. Au fil des conciles qui définirent progressivement les dogmes chrétiens durant le premier millénaire de notre ère, la notion d'« hérésie » fut fréquemment opposée à celle d'«  orthodoxie ». Elle acquit une valeur péjorative dans l'historiographie des églises trinitaires ( catholique ou orthodoxe), et depuis lors, le mot hérésie désigne avant tout une opinion, doctrine ou dogme considéré comme sortant du cadre de ce qui est généralement admis ou tenu pour acquis dans les domaines de la pensée, de la connaissance, de la religion. Selon Michel Serres, on est toujours l'hérétique de quelqu'un : les trinitaires eux-mêmes sont des « hérétiques » aux yeux des chrétiens anté-chalcédoniens qui ont conservé les doctrines d'avant l'année 451.

L’hérésiologue est un spécialiste de l’étude des hérésies ou un auteur d’ouvrage contre les hérésies.

Les Écritures triomphant sur l'Hérésie, dans l'église Gustaf Vasakyrkan de Stockholm.

Étymologie et sémantique

Hérésie provient du grec αἵρεσις / haíresis : choix, préférence pour une idée ou pensée. Dans le contexte antique, où la religion était plus rituelle que dogmatique, l’haíresis n’a pas l’aspect dramatique qu'elle revêtira dans le christianisme. En effet, l’Antiquité polythéiste sépare le mythe de la philosophie. Le monothéisme en revanche introduit la théologie [ref. nécessaire], l’étude scolastique du divin, qui englobe et transcende ces deux domaines, soumettant la philosophie à la théologie qui édicte des « vérités révélées » sur Dieu : les dogmes.