Gustave Flaubert

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Flaubert (homonymie).
Gustave Flaubert
Description de cette image, également commentée ci-après

Gustave Flaubert.

Naissance
Rouen
Décès (à 58 ans)
Croisset
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Réalisme
Genres

Œuvres principales

Gustave Flaubert est un écrivain français né à Rouen le [1] et mort à Croisset, lieu-dit de la commune de Canteleu, le .

Prosateur de premier plan de la seconde moitié du XIXe siècle, Gustave Flaubert a marqué la littérature universelle par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société, et par la force de son style dans de grands romans comme Madame Bovary ( 1857), Salammbô ( 1862), L'Éducation sentimentale ( 1869), ou le recueil de nouvelles Trois contes ( 1877).

Biographie

Enfance

Né dans une famille de la petite bourgeoisie catholique et d'ancêtres protestants [2], Gustave Flaubert est le deuxième enfant d’ Achille Cléophas Flaubert (1784-1846), chirurgien- chef très occupé à l' Hôtel-Dieu de Rouen, et de son épouse, Anne Justine Caroline Fleuriot (1793-1872), fille d'un médecin de Pont-l'Évêque [3].

Acte de naissance de Gustave Flaubert en 1821.

Il naît le après une sœur et deux frères décédés en bas âge [4], et sera délaissé en faveur de son frère aîné, brillant élève admiré par la famille (prénommé Achille comme son père à qui il succédera d'ailleurs comme chirurgien-chef de l'Hôtel-Dieu de Rouen). Gustave Flaubert passe une enfance sans joie, marquée par l'environnement sombre de l'appartement de fonction de son père à l'hôpital de Rouen (aujourd'hui musée Flaubert et d'histoire de la médecine [5]), mais adoucie par sa complicité avec sa sœur cadette, Caroline, née trois ans après lui [6].

Adolescent aux exaltations romantiques, il est déjà attiré par l'écriture au cours d'une scolarité vécue sans enthousiasme comme interne au Collège royal, puis au lycée de Rouen, à partir de l'année 1832. Il y rencontre Ernest Chevalier avec qui il fonde en 1834 Art et Progrès, un journal manuscrit où il fait paraître son premier texte public [7]. Il est renvoyé en décembre 1839 pour indiscipline et passe seul le baccalauréat en 1840. Après avoir réussi l'examen, ses parents lui financent un voyage dans les Pyrénées et en Corse [8], que Flaubert relatera dans l'ouvrage de jeunesse publié de manière posthume sous le nom de Voyage dans les Pyrénées et en Corse ou dans certaines éditions des Mémoires d'un fou.

Le premier événement notable dans sa jeunesse est sa rencontre à Trouville-sur-Mer, durant l'été 1836, d' Élisa Schlésinger qu'il aimera d'une passion durable et sans retour. Il transposera d'ailleurs cette passion muette, avec la charge émotionnelle qu'elle a développée chez lui, dans son roman L'Éducation sentimentale, en particulier dans la page célèbre de « l'apparition » de madame Arnoux au regard du jeune Frédéric et dans leur dernière rencontre poignante.

Formation

Dispensé de service militaire grâce au tirage au sort qui lui est favorable, Flaubert entreprend sans conviction, en 1841, des études de droit à Paris, ses parents souhaitant qu'il devienne avocat. Il y mène une vie de bohème agitée, consacrée à l' écriture [9]. Il y rencontre des personnalités dans le monde des arts, comme le sculpteur James Pradier, et celui de la littérature, comme l'écrivain Maxime Du Camp, qui deviendra son grand ami, et le poète et auteur dramatique Victor Hugo. Il abandonne le droit, qu'il abhorre, en janvier 1844 après une première grave crise d' épilepsie [10]. Il revient à Rouen, avant de s'installer en juin 1844 à Croisset, au bord de la Seine, à quelques kilomètres en aval de Rouen. Il y rédige quelques nouvelles et une première version de L'Éducation sentimentale. Au début de l'année 1846, meurent, à peu de semaines d'intervalle, son père, puis sa jeune sœur (deux mois après son accouchement — Gustave prendra la charge de sa nièce, Caroline). Son père laisse en héritage une fortune évaluée à 500 000 francs : il peut désormais vivre de ses rentes et se consacrer entièrement à l'écriture [11]. C'est également au printemps de cette année que commence sa liaison houleuse et intermittente sur une dizaine d'années avec la poétesse Louise Colet. Jusqu'à leur rupture — sa dernière lettre à Louise Colet est datée du 6 mars 1855 —, il entretient avec elle une correspondance considérable dans laquelle il développe son point de vue sur le travail de l'écrivain, les subtilités de la langue française et ses vues sur les rapports entre hommes et femmes. Gustave Flaubert, au physique de plus en plus massif, est cependant un jeune homme sportif : il pratique la natation, l'escrime, l'équitation, la chasse…

Il se rend à Paris avec son ami Louis-Hyacinthe Bouilhet pour assister à la Révolution de 1848 [12]. Il lui porte un regard très critique que l'on retrouve dans L'Éducation sentimentale. Poursuivant ses tentatives littéraires, il reprend entre mai 1848 et septembre 1849 la première version commencée en 1847 de La Tentation de saint Antoine inspirée par un tableau qu'il a vu à Gênes en 1843 au cours du voyage de noces de sa sœur que la famille accompagnait. Puis, Gustave Flaubert organise, avec Maxime Du Camp, un long voyage en Orient qui se réalise entre 1849 et 1852. Dans son carnet de voyage, il fait le pari de « tout dire », depuis la descente éblouissante du Nil jusqu'à sa fréquentation des bordels [13]. Ce voyage, qui le conduit en Égypte et à Jérusalem en passant, au retour, par Constantinople et l' Italie, nourrira ses écrits ultérieurs de ses observations, de ses expériences et de ses impressions, par exemple dans Hérodias [14].

Premiers romans

Portrait de Gustave Flaubert par Eugène Giraud, vers 1856.

Le , Flaubert, encouragé par ses amis Louis Bouilhet et Maxime Du Camp commence la rédaction de Madame Bovary, en s'inspirant d'un fait divers normand (cf. Delphine Delamare). Il achèvera son roman réaliste et psychologique en mai 1856 après 56 mois de travail. Il fréquente épisodiquement les salons parisiens les plus influents du Second Empire, comme celui de Madame de Loynes dont il est très amoureux ; il y rencontre entre autres George Sand. À la fin de l'année 1856, Madame Bovary paraît dans La Revue de Paris, puis, après avoir rencontré l'éditeur Michel Lévy [15], le roman sort en librairie en avril 1857 et fait l’objet d’un procès retentissant pour atteinte aux bonnes mœurs : Flaubert est acquitté grâce à ses liens avec la société du Second Empire et avec l'impératrice, ainsi qu'à l'habileté de son avocat, tandis que Baudelaire, poursuivi par le même tribunal, pour les mêmes raisons, après publication de son recueil Les Fleurs du mal dans la même année 1857, est condamné [16]. À partir de la parution de Madame Bovary, Flaubert poursuit une correspondance avec Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, femme de lettres vivant à Angers, et dévouée aux pauvres. Flaubert se partage, dès 1855, entre Croisset et Paris où il fréquente les milieux littéraires et côtoie les frères Goncourt, Sainte-Beuve, Baudelaire, Théophile Gautier, puis, à partir de 1863, Tourgueniev et la Princesse Mathilde.

Le , Flaubert entame la rédaction de Salammbô, roman historique qui évoque la guerre des Mercenaires à Carthage, conflit s'étant déroulé entre les première et seconde guerres puniques. Pour cela, il voyage au cours des mois d'avril et juin 1858 en Tunisie, afin de se documenter et de voir Carthage. Le roman paraît après une longue maturation, en 1862.

Deux ans plus tard, le , Flaubert entreprend la version définitive de L'Éducation sentimentale, roman de formation marqué par l'échec et l'ironie, avec des éléments autobiographiques comme la première passion amoureuse ou les débordements des révolutionnaires de 1848. Le roman est publié en novembre 1869 : mal accueilli par la critique, il ne s'en vend que quelques centaines d'exemplaires.

Flaubert continue sa vie mondaine : il rencontre l'empereur, reçoit la Légion d'honneur en 1866 et resserre ses liens avec George Sand qui le reçoit à Nohant. En juillet 1869, il est très affecté par la mort de son ami Louis Bouilhet. Rien ne permet d'affirmer qu'il ait été l'amant de la mère de Guy de Maupassant, sœur de son ami d'enfance, Alfred Le Poittevin, bien que, dans son livre La Vie érotique de Flaubert, publié en 1984 par Jean-Jacques Pauvert, Jacques-Louis Douchin l'affirmât. Quoi qu'il en soit, Flaubert sera très proche du jeune Maupassant qui le considérera comme un père spirituel.

Dernières années

Gustave Flaubert.

Durant l'hiver 1870-1871, les Prussiens occupant une partie de la France dont la Normandie et Croisset, Flaubert se réfugie avec sa mère chez sa nièce, Caroline, à Rouen ; sa mère meurt le . À cette époque, il connaît des difficultés financières liées à la faillite de son neveu par alliance : il vend ses fermes et quitte par économie son appartement parisien alors que sa santé devient délicate. Il achève et publie toutefois le la troisième version de La Tentation de saint Antoine, juste après l'échec de sa pièce de théâtre Le Candidat en . Sa production littéraire continue avec les Trois contes, volume qui comporte trois nouvelles : Un cœur simple, centré sur la figure de Félicité inspirée par Julie, nourrice puis domestique qui servira la famille Flaubert, puis Gustave seul jusqu'à la mort de ce dernier, La Légende de saint Julien l'Hospitalier, conte hagiographique des temps médiévaux écrit en cinq mois en 1875, et Hérodias autour de la figure de saint Jean Baptiste, écrit dans l'hiver 1875-1876. La publication du volume le est bien accueillie par la critique.

Tombeau de Flaubert et de sa famille à Rouen.

De 1877 à 1880, il poursuit la rédaction de Bouvard et Pécuchet, qu'il avait entamée en 1872-1874 : l'œuvre satirique pour laquelle il réunissait une documentation immense restera inachevée, elle sera publiée en l'état dans l'année 1881, un an après sa mort.

Ses dernières années sont assombries par la disparition de ses amis, les difficultés financières et des problèmes de santé. Il meurt subitement le , à Canteleu, au hameau de Croisset, foudroyé par une hémorragie cérébrale. Son enterrement au cimetière monumental de Rouen se déroule le , en présence de nombreux écrivains importants qui le reconnaissent comme leur maître, qu'il s'agisse d' Émile Zola, d' Alphonse Daudet, d' Edmond de Goncourt, de Théodore de Banville ou de Guy de Maupassant, dont il avait encouragé la carrière depuis 1873 [17].

La Bibliothèque historique de la ville de Paris possède le manuscrit de L'Éducation sentimentale, ainsi que 36 carnets de notes de voyages et de lectures écrites de la main de l'écrivain. Ce fonds a été légué par sa nièce en 1931.

Other Languages
aragonés: Gustave Flaubert
asturianu: Gustave Flaubert
azərbaycanca: Qüstav Flober
Bikol Central: Flaubert
беларуская: Гюстаў Флабер
беларуская (тарашкевіца)‎: Гюстаў Флябэр
български: Гюстав Флобер
brezhoneg: Gustave Flaubert
Mìng-dĕ̤ng-ngṳ̄: Gustave Flaubert
čeština: Gustave Flaubert
Esperanto: Gustave Flaubert
Gàidhlig: Gustave Flaubert
客家語/Hak-kâ-ngî: Gustave Flaubert
interlingua: Gustave Flaubert
Bahasa Indonesia: Gustave Flaubert
Lëtzebuergesch: Gustave Flaubert
latviešu: Gistavs Flobērs
македонски: Гистав Флобер
кырык мары: Флобер, Гӱстав
Plattdüütsch: Gustave Flaubert
Nederlands: Gustave Flaubert
norsk nynorsk: Gustave Flaubert
Piemontèis: Gustave Flaubert
português: Gustave Flaubert
Runa Simi: Gustave Flaubert
sicilianu: Gustave Flaubert
srpskohrvatski / српскохрватски: Gustave Flaubert
Simple English: Gustave Flaubert
slovenčina: Gustave Flaubert
slovenščina: Gustave Flaubert
српски / srpski: Гистав Флобер
Türkmençe: Gýustaw Flober
українська: Гюстав Флобер
oʻzbekcha/ўзбекча: Gyustav Flober
Tiếng Việt: Gustave Flaubert
West-Vlams: Gustave Flaubert
吴语: 福楼拜
მარგალური: გუსტავ ფლობერი
Bân-lâm-gú: Gustave Flaubert
粵語: 福樓拜