Guerre des Gaules

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la campagne militaire de César. Pour les écrits de Jules César, voir Commentaires sur la Guerre des Gaules.
Guerre des Gaules
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de la Guerre des Gaules.
Informations générales
Date58 à 51/50 50 av. J.-C.
LieuGaule, Germanie, Bretagne
IssueVictoire romaine
Changements territoriauxConquête de la Gaule
Belligérants
République romaine
• Alliés celtes et germains
Celtes (Gaulois et Bretons)
Belges
Aquitains
Germains
Commandants
Jules César
Titus Labienus
Marc Antoine
Quintus Tullius Cicero
Publius Licinius Crassus
Decimus Junius Brutus Albinus
Servius Sulpicius Galba
Orgétorix
Divico
Cassivellaunos
Vercingétorix
Dumnorix
Commios
Vercassivellaunos
Viridomaros
Eporédorix
Camulogène
Litaviccos
Viridovix
Lucterios
Sedullos
Ambiorix
Boduognatos
Correus
Galba
Arioviste[a 1]
Forces en présence
6 à 12 légions[I 1] :
~30/50 000 hommes
+ ~4/10 000 auxiliaires + troupes celtes alliées
~100 000 à Bibracte (58)[a 2]
~300 000 à Alésia (52)[a 3]
~120 000 hommes (58)[a 4]
Pertes
Une ou plusieurs dizaines de milliers de soldats ;
Centaines de citoyens[I 2]
max.1 000 000 morts,
~1 000 000 réduits en esclavage[a 5]
~80 000 morts

Batailles

Magetobriga (60) · Arar (58) · Cavillonum (58) · Bibracte (58) · Ochsenfeld (58) · L'Aisne (57) · Le Sabis (57) · Octodure (57) · Morbihan (navale) (56) · Vernix (56) · Expédition de Bretagne (55 et 54) · Aduatuca (54) · Avaricum (52) · Gergovie (52) · Lutèce (52) · Alésia (52) · Uxellodunum (51)
La Gaule jusqu'en 59 av. J.-C.
La campagne de César en 58 av. J.-C.
La campagne de César en 57 av. J.-C.
La campagne de César en 56 av. J.-C.
La campagne de César en 55 av. J.-C.
La campagne de César en 54 av. J.-C.
La campagne de César en 53 av. J.-C.
La campagne de César en 52 av. J.-C.
La campagne de César en 51 av. J.-C.
La Gaule romaine à partir de 50 av. J.-C.

La Guerre des Gaules est une série de campagnes militaires menées par le proconsul romain Jules César contre plusieurs tribus gauloises. La guerre de Rome contre les tribus gauloises dure de 58 à 51/50 50 av. J.-C., et aboutit à la décisive bataille d'Alésia en 52 52 av. J.-C., qui mène l'expansion de la République romaine sur l'ensemble de la Gaule.

Alors que militairement tout aussi fort que les Romains, la division interne entre les tribus gauloises facilite la victoire de César, et la tentative d'unification des Gaulois par Vercingétorix contre l'invasion romaine est apparue trop tard. Bien que César ait décrit cette invasion comme une action préventive et défensive, la plupart des historiens s'accordent à dire que la guerre est menée principalement pour stimuler la carrière politique de César et pour rembourser ses dettes massives. Cette guerre ouvre la voie à la guerre civile de César qui le laisse seul dirigeant de la République romaine. Cependant, la Gaule est d'une importance significative pour les Romains, car ils ont été attaqués par divers membres des tribus natives de la Gaule et plus au nord. La conquête de la Gaule a permis à Rome de sécuriser la frontière naturelle du Rhin. Elle est décrite par César dans ses Commentarii de Bello Gallico, qui reste, concernant le conflit, la source historique la plus importante.

Commentaires sur la Guerre des Gaules

Une édition de 1783.

Le récit de la Guerre des Gaules est principalement basé sur l'œuvre de son principal artisan, Jules César, et ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, qui sont considérés comme un ouvrage d'histoire. Les sept premiers livres sont écrits par César pendant la campagne militaire depuis 58 av. J.-C., sont publiés à Rome par deux ou trois[1], puis rassemblés en trois mois après la reddition d'Alésia vers 52/51 av. J.-C[2]. Le huitième livre est écrit plus tard par Aulus Hirtius, qui y décrit les derniers combats de 51 av. J.-C. et la situation en Gaule en 50 av. J.-C[a 6].

L'intention avouée de César est, selon Aulus Hirtius, de « fournir des documents aux historiens sur des événements si considérables[a 6] »[3]. Cette œuvre n'est pas un ouvrage d'histoire traditionnel mais appartient au genre des Commentarii, recueil de notes brutes (commentarius) prises sur le terrain destinées à servir de base factuelle, d'où l'organisation strictement chronologique des huit livres, leur aspect strictement factuel et leur style extrêmement concis. L'ouvrage, écrit à la troisième personne, ne fournit aucune indication directe sur les opinions, pensées et jugements de César. Ses adjoints joignent des descriptions ethnographiques ou géographiques tirées d'auteurs grecs, et trient les données factuelles (notes dictées, lettres, rapports aux Sénat) rassemblées durant la guerre. César n'a ensuite plus qu'à rédiger la version définitive.

Statue de César (Nicolas Coustou, 1713).

Dès sa parution, l'ouvrage est jugé comme un chef-d'œuvre littéraire. Cicéron admire ces « Commentaires (...) nus, simples, élégants, dépouillés (...) de tout ornement oratoire », et affirme qu'« en se proposant de fournir des matériaux où puiseraient ceux qui voudraient écrire l'histoire (...) [César] a ôté l'envie d'écrire, car il n'y a rien de plus agréable dans l'histoire qu'une brièveté pure et lumineuse »[a 7].

Ces commentaires sont la seule source de première main disponible ; les textes de Tite-Live sont perdus, et aucun autre ouvrage contemporain conservé n'évoque le sujet. Son auteur étant le principal protagoniste de la conquête, sa fiabilité a souvent été mise en doute. Tout d'abord par d'autres témoins de l'entourage de César ayant une vision différente (notamment Asinius Pollion, dont ne subsistent malheureusement que quelques fragments), puis par les pourfendeurs du césarisme, comme Montaigne, qui dans ses Essais dénonce les « fausses couleurs de quoi [César] veut couvrir sa mauvaise cause et l'ordure de sa pestilente ambition »[a 8]. À partir du milieu du e siècle, le débat passe du plan idéologique au plan beaucoup plus scientifique.

La valeur factuelle de l'ouvrage est reconnue, et les spécialistes de l'Antiquité considèrent que César n'aurait pu trop déformer la réalité, étant donnée la multiplicité des sources d'information dont disposaient ses contemporains (notamment par ses lieutenants lors de la campagne, choisis par le Sénat, parfois opposants à César sur la scène politique, tel Titus Labienus, qui sera son pire adversaire pendant la guerre civile qui s'ensuit). Comme toujours, en matière historique notamment, il faut prendre d'indispensables précautions face à un instrument de travail incontournable[4].

Jérôme Carcopino, dans son œuvre Jules César, utilisée pour rédiger cet article, souligne que « contrairement à Jullian et à Constans, [il] croit qu'il faut se méfier beaucoup de César, trop homme d'action pour être bon historien de lui-même, trop intelligent et habile pour ne point dissimuler sous la perfection de son art translucide les libertés qu'il lui arrive de prendre avec la vérité [...] [Il] l'a donc critiqué, non seulement par comparaison avec les sources secondaires [...] mais par comparaison avec lui-même et avec les vraisemblances pragmatiques »[5]. Michel Rambaud analyse dans sa thèse[6] les subtils procédés rhétoriques qui permettent de présenter César sous un jour qui convient aux intérêts d'alors du proconsul : descriptions systématiquement mélioratives du général, minoration du rôle de ses légats, valorisation de la vaillance des adversaires dans le seul but de valoriser sa victoire, etc. Au total, on peut considérer que tout l'art de César à cet égard est de parvenir à un équilibre subtil en présentant les choses à son avantage sans perdre sa crédibilité par des manipulations excessives de la réalité.

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