Guerre de Trente Ans

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Guerre de Trente Ans
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Informations générales
Date1618 - 1648
LieuEurope
Casus belliDéfenestration de Prague
Issue

Traités de Westphalie

Belligérants
Drapeau de la Suède Royaume de Suède
Flag of Bohemia.svg Royaume de Bohême
Drapeau de Danemark-Norvège Danemark-Norvège (1625-1629)
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Électorat de Saxe Électorat de Saxe
Flag of The Electoral Palatinate (1604).svg Palatinat du Rhin
Flag of Brandenburg-Prusia.pngBrandebourg-Prusse
War Flag of Hungary.svg Royaume de Hongrie[3]
Flag of Transylvania before 1918.svg Principauté de Transylvanie
Flag of the Cossack Hetmanat.svg Zaporogue
Union protestante (1618-1621)
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Drapeau du Royaume du Portugal Royaume de Portugal
Drapeau de l'Autriche Archiduché d'Autriche
Drapeau de la Lorraine Duché de Lorraine
Drapeau de l'Électorat de Bavière Électorat de Bavière
Catholic League (Germany).svg Ligue catholique
War Flag of Hungary.svg Royaume de Hongrie
Flag of Croatia Landesfarben.gif Royaume de Croatie
Drapeau de Danemark-Norvège Danemark-Norvège (1643-1645)
Commandants
Flag of Sweden.svg Gustave II Adolphe

Flag of Sweden.svg Johan Banér
Flag of Sweden.svg Lennart Torstenson
Flag of Sweden.svg Carl Gustaf Wrangel
Flag of Sweden.svg Charles X Gustave

Flag of Bohemia.svg Frédéric V

Flag of Denmark.svg Christian IV
Flag of Denmark.svg Ernst von Mansfeld

Statenvlag.svg Maurice de Nassau
Statenvlag.svg Piet Hein

Royal Standard of the King of France.svg Louis XIII
Royal Standard of the King of France.svg Cardinal de Richelieu
Royal Standard of the King of France.svg Louis II de Bourbon-Condé
Royal Standard of the King of France.svg Vicomte de Turenne

Flag of Electoral Saxony.svg Bernard de Saxe-Weimar
Flag of Electoral Saxony.svg Jean-Georges Ier de Saxe

Flag of The Electoral Palatinate (1604).svg Frédéric V du Palatinat

Flag of England.svg Duc de Buckingham

Flag of Transylvania before 1918.svg Gabriel Bethlen
Flag of Cross of Burgundy.svg Philippe III

Flag of Cross of Burgundy.svg Philippe IV
Flag of Cross of Burgundy.svg Ferdinand d'Autriche
Flag of Cross of Burgundy.svg Comte d'Olivares
Flag of Cross of Burgundy.svg Ambrogio Spinola
Flag of Cross of Burgundy.svg Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Comte de Tilly
Flag of Cross of Burgundy.svg Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Jean de Werth
Flag of Cross of Burgundy.svg Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Comte de Bucquoy

Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Ferdinand II
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Ferdinand III
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Albrecht von Wallenstein
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Johann von Aldringen
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Matthias Gallas
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Franz von Mercy

Catholic League (Germany).svg Maximilien Maximilien Ier de Bavière

Catholic League (Germany).svg Flag of Lorraine.svg Charles IV de Lorraine
Forces en présence
661 000 hommes dont :
  • 150 000 Suédois
  • 150 000 Français
  • 100 à 150 000 Allemands
  • 75 000 Néerlandais
  • 50 000 Danois et Norvégiens
  • 20 à 30 000 rebelles Hongrois[3]
  • 6 000 Transylvains
450 000 hommes dont :
  • 300 000 Espagnols[4]
  • 100 à 200 000 Allemands
  • ~ 20 000 cavaliers Hongrois et Croates
Pertes
1 à 2 millions de morts3 à 5 millions de morts

Guerre de Trente Ans

Batailles

Pilsen (09-1618) · Sablat (06-1619) · Montagne Blanche (11-1620) · Cap Saint-Vincent (08-1621) · Mingolsheim (04-1622) · Wimpfen (05-1622) · Höchst (06-1622) · Fleurus (08-1622) · Stadtlohn (08-1623) · Dessau (04-1626) · Lutter (08-1626) · Wolgast (09-1628) · Magdebourg (05-1631) · Werben (07-1631) · Abrolhos (09-1631) · Breitenfeld (09-1631) · Rain am Lech (04-1632) · Alte Veste (09-1632) · Lützen (11-1632) · Oldendorf (07-1633) · La Mothe (06-1634) · Nördlingen (09-1634) · Les Avins (05-1635) · Louvain (06-1635) · Tornavento (06-1636) · Corbie (08-1636) · Wittstock (10-1636) · Îles de Lérins (05-1637) · Rheinfelden (02-1638) · Getaria (08-1638) · Cabañas (08-1638) · Fontarrabie (09-1638) · Thionville (09-1639) · Downs (10-1639) · Ille-sur-Têt (09-1640) · Montjuïc (01-1641) · Marfée (06-1641) · Saint-Vincent (11-1641) · Perpignan (11-1641) · Honnecourt (05-1642) · Barcelone (06-1642) · 1er Lérida (10-1642) · Leipzig (10-1642) · Rocroi (05-1643) · Carthagène (09-1643) · Tuttlinghem (11-1643) · Fribourg (08-1644) · Jüterbog (11-1644) · Jankau (03-1645) · Alerheim (08-1645) · Orbetello (06-1646) · Mardyck (08-1646) · Dunkerque (09-1646) · 2e Lérida (11-1646) · 3e Lérida (05-1647) · Cavite (06-1647) · Zusmarshausen (05-1648) · Lens (08-1648)

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La guerre de Trente Ans est une série de conflits armés qui a déchiré l’Europe de 1618 à 1648. Les causes en sont multiples mais son déclencheur est la révolte des sujets tchèques protestants de la maison de Habsbourg, la répression qui suivit et le désir des Habsbourg d’accroître leur hégémonie et celle de la religion catholique dans le Saint-Empire.

Ces conflits ont opposé le camp des Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire, soutenus par la papauté, aux États allemands protestants du Saint-Empire, auxquels étaient alliées les puissances européennes voisines à majorité protestante, Provinces-Unies et pays scandinaves, ainsi que la France qui, bien que catholique et luttant contre les protestants chez elle, entendait réduire la puissance de la maison de Habsbourg sur le continent européen.

Cette guerre a impliqué l'ensemble des puissances européennes selon qu'elles étaient pour ou contre le parti de l'Empereur, à l'exception de l'Angleterre et de la Russie – qui ont néanmoins indirectement œuvré contre le parti des Habsbourg. L'emploi de mercenaires était la règle. Les combats se déroulèrent surtout dans les territoires d’Europe centrale dépendant du Saint-Empire, puis se portèrent sur la plaine de Flandre, le nord de l'Italie ou encore dans la péninsule Ibérique. Les batailles, les famines et les massacres ont provoqué plusieurs millions de morts. Cette « guerre civile européenne » a lourdement pesé sur la démographie et l'économie des États allemands et du royaume d'Espagne, et assis l'hégémonie de la France, qui s'épanouira davantage encore sous Louis XIV.

La guerre de Trente Ans a été marquée sur le plan religieux par l'affrontement entre protestantisme et catholicisme et sur le plan politique par l'affrontement entre féodalité et absolutisme. Avec la paix de Westphalie, le problème politique d'obtention d'une paix civile se solde par la victoire de l'absolutisme. De ce modèle politique, théorisé par des philosophes tels que Bodin et Hobbes, naît ainsi le concept de l’État moderne, c'est-à-dire une entité exerçant dans ses frontières le monopole de la violence légitime et se défendant à l'extérieur par une armée nationale. Quant au niveau religieux, le principe exprimé par la maxime latine Cujus regio, ejus religio (« À chaque région sa religion ») se voit réaffirmé.

De cette manière, la paix de Westphalie jette les bases du jus publicum europæum (le « droit public européen ») : un système nouveau et stable de relations internationales, fondé sur un équilibre entre des États chacun titulaire de la souveraineté ; les guerres sont désormais conçues comme des conflits sécularisés d’État souverain à État souverain.

Les origines du conflit

La Défenestration de Prague.

Ses origines sont multiples, même si la première est l’opposition religieuse et politique entre catholiques et protestants luthériens ou calvinistes. D’autres ressortent : tentations hégémoniques ou d’indépendance, rivalités commerciales, ambitions personnelles et jalousies familiales y trouvent leur exutoire[5].

La défenestration de Prague, épisode relativement anodin, est la cause immédiate du conflit, mais la disproportion est grande entre l’étincelle initiale et la gravité et la durée du conflit – celles-ci ne peuvent se comprendre que par l'existence de causes profondes qui atteignent leur paroxysme pendant la même période.

Catholiques contre protestants

Martin Luther

À la suite de la prédication de Martin Luther, la Réforme se répand rapidement. De nombreuses principautés allemandes adoptent le protestantisme, ce qui divise l'Empire en deux camps opposés. La Contre-Réforme, dirigée par la maison de Habsbourg, a pour ambition de faire regagner au catholicisme le terrain perdu[6].

La paix d'Augsbourg (1555) confirme les conclusions de la première diète de Spire et met fin aux combats entre catholiques et luthériens dans les États allemands. Elle stipule que :

  • les princes allemands (pour environ 360 d'entre eux) sont libres de choisir la confession (catholique ou luthérienne) de leurs territoires, selon leur conviction (ou l'intérêt de leur État), leurs sujets embrassant la religion du prince, selon une tradition remontant à l'Antiquité. La doctrine qui prévalut à l'issue de cette guerre est résumée dans la fameuse formule de compromis « Cujus regio, ejus religio » : « À chaque région sa religion » ;
  • les luthériens qui habitent dans des principautés ecclésiastiques (dépendant d'un évêque) peuvent conserver leur foi ;
  • les luthériens peuvent conserver les territoires conquis sur les catholiques depuis la paix de Passau en 1552 ;
  • les dignitaires de l'Église catholique (évêques et archevêques) qui se sont convertis au luthéranisme doivent abandonner leurs domaines (évêchés et archevêchés).

Les tensions politiques et économiques s'accroissent entre les puissances européennes au début du e siècle. L'Espagne s'intéresse aux affaires allemandes car Philippe III d'Espagne est un Habsbourg et possède des territoires bordant à l'ouest certains États allemands. Les deux branches de la famille des Habsbourg restent si étroitement liées que leur politique extérieure est commune. Le roi d'Espagne en est le chef véritable.

La France s'intéresse aussi aux affaires allemandes, car elle surveille avec méfiance son encerclement par les territoires dépendant des Habsbourg. Son action est ambiguë et louvoyante, car le cardinal de Richelieu n'hésite pas à s'allier aux princes protestants pour contrer la maison d'Autriche, championne du catholicisme et de la chrétienté contre les Turcs, alors qu'il combat les protestants en France. La Suède et le Danemark s'intéressent aussi aux duchés de Poméranie et de Mecklembourg, dont les rivages bordent la mer Baltique, pour des raisons plutôt économiques mais non dénuées d'arrière-pensées politiques.

Les tensions religieuses se sont également accrues pendant la seconde moitié du XVIe siècle. La paix d'Augsbourg est mise à mal pendant cette période car des évêques convertis n'ont pas renoncé à leurs évêchés. Par ailleurs, le calvinisme se propage en Allemagne, ce qui ajoute une nouvelle confession[6]. Les catholiques d'Europe orientale (Polonais et Autrichiens) souhaitent restaurer la primauté de la confession catholique[7].

Pour les Habsbourg : conserver l’hégémonie

L'empereur Rodolphe II.
L'empereur Mathias.

Les empereurs Rodolphe II puis Matthias Matthias Ier veulent avant tout accroître leur hégémonie ; ils sont donc parfois prêts à coopérer avec les protestants, ce qui est mal compris par leurs partisans. La lutte entre la maison d’Autriche et la monarchie française pour la suprématie en Europe dure depuis cent ans : le terrain est propice pour qu’elle s’y déploie sans ménagement.

Les Habsbourg sont en outre très tolérants, ce qui favorise l’expansion des nouvelles religions, contribuant ainsi à multiplier les causes de querelles. La Suède et le Danemark, qui veulent contrôler l’Allemagne du Nord, sont dans le camp des luthériens.

Tout ceci dégénère en violence ouverte en 1606 dans la petite ville allemande de Donauwörth. La majorité luthérienne empêche la communauté catholique de faire une procession[8], ce qui déclenche une rixe. À la demande des catholiques, le duc Maximilien Maximilien Ier de Bavière intervient et impose le retour de la ville au catholicisme. Après ces combats, les calvinistes, encore peu nombreux en Allemagne, se sentent les plus menacés, et fondent la Ligue de l’Union Évangélique sous la direction de l’électeur Frédéric V du Palatinat, époux d’Elizabeth Stuart, fille de Jacques Jacques Ier d’Angleterre[9]. Sa possession du Palatinat rhénan est précisément l’un des territoires de la vallée du Rhin que convoite l’Espagne, pour pouvoir y faire passer librement ses troupes du Milanais vers les Pays-Bas. En réaction, les catholiques s’unissent en 1609, sous la direction de Maximilien de Bavière et sous la bannière de la Sainte Ligue (catholique)[9].

Un conflit indépendant, la guerre de Quatre-Vingts Ans entre l'Espagne et les Provinces-Unies, contribue à faire converger vers les pays allemands les armées espagnoles, alliées de l’Empire. En effet, l'Espagne ne dispose plus, depuis la déroute de l’Invincible Armada, de la suprématie sur les mers. Le passage des troupes par la voie maritime (océan Atlantique, Manche, mer du Nord) étant trop risqué, le moyen le plus sûr pour faire passer les troupes espagnoles de la péninsule Ibérique vers le lieu des affrontements aux Pays-Bas espagnols est une route passant par la Méditerranée, Gênes, le Milanais, les cols alpins de la Valteline[10] et la vallée du Rhin. Le jeu des alliances focalise sur ces différentes contrées l’affrontement entre les puissances rivales.

L’empereur Matthias Matthias Ier, également roi de Bohême, est sans descendance : se pose donc le problème de sa succession et de la conservation du titre impérial par les Habsbourg. Matthias souhaite que celui-ci revienne à son cousin germain Ferdinand de Styrie. Or, le roi de Bohême (titre électif en droit, mais habituellement dévolu à un Habsbourg) est un des sept princes-électeurs : Matthias abandonne le titre de roi de Bohême en 1617 et Ferdinand II lui succède, avec la perspective de pouvoir ainsi accéder à la dignité impériale à la mort de Matthias[11]. Les Tchèques ont obtenu de Rodolphe II, par une lettre de majesté de 1609, des prérogatives leur assurant une certaine autonomie et des garanties concernant la liberté religieuse.

Ferdinand II.

Or, Ferdinand II, catholique zélé qui a été éduqué chez les Jésuites, veut voir revenir la Bohême dans le giron de l’Église catholique. Des incidents survenus entre l’archevêque de Prague et les luthériens amènent le Conseil des Défenseurs de la Foi à convoquer une diète. Le roi s’y oppose par une lettre[12],[13].

La défenestration de Prague

Article détaillé : Défenestration de Prague (1618).

Le au palais de Hradschin à Prague, les Défenseurs de la Foi rencontrent deux émissaires de Ferdinand II, Martinitz et Slawata : ceux-ci sont passés par la fenêtre sans être sérieusement blessés car ils tombent sur un tas d’ordures[12],[14]. Cet événement mineur, appelé la « défenestration de Prague », marque le début de la guerre de Trente Ans. La révolte de la Bohême est soutenue et accompagnée avec plus ou moins de conviction par les États voisins de Moravie, Silésie et Lusace.

Frédéric V.

Le , l’empereur Matthias meurt. Mécontents de leur nouveau roi, les Tchèques déposent Ferdinand II le 19 août et élisent à sa place l’électeur palatin (et ardent calviniste) Frédéric V, le 26 août[15], alors que l’élection impériale se tient à Francfort le 28 août. Un roi protestant à la tête de la Bohême signifie une majorité d’électeurs du Saint-Empire acquis au protestantisme (Brandebourg, Saxe, Palatinat et Bohême contre les trois princes-évêques de Cologne, Mayence et Trèves), ce qui serait un bouleversement considérable.

Les nouvelles de Bohême ne sont pas parvenues à Francfort et Ferdinand II est élu Empereur : s’appuyant sur la Sainte Ligue et sur son cousin Philippe III d'Espagne, Ferdinand II se met en devoir de mater la révolte tchèque et d’éliminer son rival Frédéric V. De fait, ce dernier va très vite mécontenter ses sujets du fait de sa méconnaissance du pays et de son calvinisme intransigeant[15]. Le décor est en place pour la conflagration.

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