Guerre de Succession de Bavière

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guerre de Succession.
Guerre de Succession de Bavière
Description de cette image, également commentée ci-après

Un médecin soigne la blessure de Frédéric II de Prusse

Informations générales
Date Juillet 1778 à
Lieu Bohême et Silésie
Casus belli Les Habsbourg revendiquent l'héritage du Duché de Bavière
Issue Victoire prussienne
Traité de Teschen
Belligérants
Drapeau de la Prusse  Royaume de Prusse
Drapeau de l'Électorat de Saxe  Électorat de Saxe
Drapeau de l'Électorat de Bavière  Électorat de Bavière
Drapeau de l'Autriche  Archiduché d'Autriche
Commandants
Frédéric II de Prusse
Henri de Prusse
Joseph II du Saint-Empire
François Maurice de Lacy
Ernst Gideon von Laudon
Forces en présence
160 000 hommes 180 000 hommes
Pertes
env. 10 000 morts et blessés (essentiellement par maladies) env. 10 000 morts et blessés (essentiellement par maladies)

La guerre de Succession de Bavière (juillet 1778 - mai 1779), est un conflit qui opposa la monarchie des Habsbourg à une alliance prusso- saxonne, visant à empêcher les Habsbourg de faire l'acquisition du Duché de Bavière. La guerre ne voit pas se dérouler de bataille allant au-delà de quelques escarmouches mineures, mais va résulter dans des pertes significatives, avec notamment des milliers de soldats morts de maladie et de famine. Reflétant la frustration du soldat en quête de nourriture, le conflit fut appelé, en Prusse et en Saxe, la guerre des Pommes de terre (Kartoffelkrieg).

Le 30 décembre 1777, Maximilien III Joseph de Bavière, le dernier de la branche cadette des Wittelsbach, meurt de la variole, sans descendant. Charles Théodore de Bavière, un descendant de la branche aînée des Wittelsbach, revendique le lien de parenté, mais lui aussi n'a pas d'enfant pour lui succéder. Son cousin, Charles II Auguste de Palatinat-Deux-Ponts peut donc se réclamer légitimement comme le prince héritier. Au-delà de la frontière sud bavaroise, Joseph II du Saint-Empire, qui convoite le territoire bavarois, s'était marié à la sœur de Maximilien Joseph en 1765 pour renforcer toute réclamation qu'il pourrait effectuer. Cependant, son entente avec l'héritier, Charles Théodore, de partager le territoire bavarois n'avait pas pris en compte les nouvelles demandes de l'héritier présomptif, Charles Auguste.

L'acquisition de territoire dans les États de langue allemande constituait une partie importante de la politique de Joseph d'Autriche d'étendre l'influence de sa famille en Europe centrale. Pour Frédéric II de Prusse, la réclamation de Joseph menaçait l'ascendance des Hohenzollern dans leur politique allemande, mais il se demandait si oui ou non il devait maintenir le statu quo par le biais de la guerre ou de la diplomatie. L'Impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, qui corégna avec Joseph, considérait qu'un conflit avec l'Électorat de Bavière n'en valait pas la peine. En effet, ni Marie-Thérèse, ni Frédéric ne voyaient d'intérêt à poursuivre les hostilités. Mais Joseph ne voulait pas renoncer à sa demande, malgré les insistances de sa mère. Frédéric-Auguste Frédéric-Auguste Ier de Saxe, de son côté, voulait préserver l’intégrité territoriale du duché pour Charles Auguste, et n'avait pas d'intérêt à voir les Habsbourg faire l'acquisition de territoire supplémentaire sur leur frontière sud et ouest. La France, quant à elle, commença à s'impliquer dans le maintien de l'équilibre des forces. Finalement, Catherine II de Russie menaça d'intervenir aux côtés de la Prusse avec 50 000 hommes, forçant ainsi Joseph à reconsidérer sa position. Avec la médiation de Catherine, lui et Frédéric négocièrent une solution vis-à-vis du problème que posait la succession de Bavière avec le traité de Teschen, signé en mai 1779.

Pour certains historiens, la guerre de Succession de Bavière était la dernière guerre de Cabinet, où les troupes manœuvraient tandis que les diplomates voyageaient d'une capitale à l'autre pour régler les problèmes de leurs monarques. Par la suite, les guerres de la Révolution française et les guerres napoléoniennes différeront dans leurs portées, leurs stratégies, leurs organisations ainsi que leurs tactiques.

Par ailleurs, les historiens allemands des XIXe et XXe siècles ont aussi trouvé dans cette courte guerre les racines du dualisme allemand.

Contexte

Compétition impériale

Article général Pour un article plus général, voir Guerre de Succession d'Autriche.

En 1713, Charles VI du Saint-Empire persuada les têtes couronnées d'Europe d'accepter la Pragmatique Sanction. Dans cet accord, ils acceptaient que les filles légitimes de l'empereur deviennent reines de Bohême, de Hongrie et de Croatie ainsi qu'archiduchesse d'Autriche, ce qui représentait une évolution dans la tradition de succession mâle [1].

L' empereur du Saint-Empire était traditionnellement élu dans la maison des Habsbourgs depuis trois siècles. Charles VI arrangea le mariage de sa fille aînée, Marie-Thérèse avec François de Lorraine. Ce dernier renonçait au duché de Lorraine près de la France en échange du grand-duché de Toscane près de l'Autriche pour renforcer sa position en vue de l'élection du futur empereur [2]. Sur le papier, la plupart des chefs d'états allemands du Saint-Empire romain germanique acceptèrent la Pragmatique Sanction et la nomination de François au titre de futur empereur du Saint-Empire. Cependant, les duchés de Bavière et de Saxe ne ratifièrent pas l'accord et étaient suffisamment importants pour empêcher son élection [3]. À la mort de Charles VI en 1740, sa fille, Marie-Thérèse dut défendre ses droits sur la Bohème, la Hongrie et la Croatie [2].

En tant que Prince-électeur et duc de Bavière, Max Joseph apporta la paix et la prospérité à son royaume. À sa mort, plusieurs personnes songeaient à diviser le duché.

Charles, prince-électeur et duc de Bavière revendiquait les territoires allemands de la dynastie de Habsbourgs car il était le gendre de l'empereur Joseph Joseph Ier et se présentait comme le successeur légitime de Charles VI. Les revendications de Charles VII reflétaient la raison d'État. Il prétendait que si les femmes devaient hériter alors il devait être le premier dans l'ordre de succession car sa femme Marie-Amélie était la fille de Joseph Joseph Ier. Charles VI et son prédécesseur Joseph Ier étaient tous les deux morts sans fils. Charles de Bavière suggéra que l'ordre de succession devait passer à la fille de Joseph Ier au lieu des filles de son frère cadet, Charles VI [4]. Pour diverses raisons, la Prusse, la France, l'Espagne et la Pologne soutenaient les revendications de Charles de Bavière sur les territoires de Habsbourgs et le titre d'empereur et se rétractèrent de leurs engagements sur la Pragmatique Sanction [5].

Charles de Bavière avait besoin de soutien militaire pour s'emparer du titre impérial par la force et il l'obtint avec le traité de Nymphenburg de juillet 1741. Au cours de la guerre de Succession d'Autriche, il s'empara de Prague où il fut couronné Roi de Bohème. Il envahit également la Haute-Autriche dans le but de prendre Vienne mais des exigences diplomatiques compliquèrent ses plans. Ses alliés français redirigèrent leurs troupes en BohêmeFrédéric II de Prusse, récemment couronné, profitait du chaos en Autriche et en Bavière pour annexer la Silésie [6].

Les options militaires de Charles disparurent avec le retrait français. Adoptant une nouvelle stratégie, il négocia son élection au trône impérial. Il vendit le comté de Glatz à Frédéric de Prusse à un prix réduit en échange de son vote. Son frère, Clément-Auguste de Bavière, archevêque et prince-électeur de l' Électorat de Cologne vota pour lui lors de l'élection impériale et le couronna personnellement le 12 février 1742 lors de la cérémonie traditionnelle à Francfort. Le jour suivant, la capitale bavaroise de Charles, Munich, capitule face aux autrichiens pour éviter un pillage par les troupes de Marie-Thérèse. Dans les semaines qui suivirent, son armée submergea les territoires de Charles et en particulier ses terres ancestrales de Bavière et de Bohême [6].

Charles VII passa la plus grande partie de son règne d'empereur de trois ans à Francfort tandis que Marie-Thérèse combattit la Prusse pour son héritage en Bohême et en Hongrie. Frédéric ne pouvait pas sécuriser la Bohême pour Charles mais il parvint à chasser les autrichiens de Bavière. Durant les trois derniers mois de son court règne, Charles vécut à Munich où il mourut de la goutte en janvier 1745. Son fils, Maximilien III Joseph – connu sous le nom de Max Joseph – hérita des territoires électoraux de son père mais pas de l'ambition impériale paternelle. Avec la paix de Füssen (22 avril 1745), Max Joseph promettait de voter pour François de Lorraine, le mari de Marie-Thérèse dans l'imminente élection impériale. Il acceptait également la Pragmatique Sanction. En retour, il obtenait la restitution de ses territoires familiaux [7]. Pour ses sujets, ces négociations mirent fin à cinq années de guerre et ouvrirent la voie à une période de relative prospérité qui dura deux ans jusqu'à la mort de Max Joseph en 1777 [8].

Other Languages