Greta Garbo

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Greta Garbo
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Greta Garbo dans Ninotchka.
Nom de naissanceGreta Lovisa Gustafson
SurnomLe Sphinx, La Divine.
Naissance
Stockholm, Suède
NationalitéDrapeau de Suède Suédoise
Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 84 ans)
New York, États-Unis
Films notablesLa Chair et le Diable
La Reine Christine
Anna Karénine
Le Roman de Marguerite Gautier
Ninotchka

Greta Lovisa Gustafson, dite Greta Garbo, est une actrice suédoise naturalisée américaine, née le à Stockholm en Suède et morte le à New York, aux États-Unis.

Surnommée « la Divine », elle a tourné son dernier film en . Federico Fellini dit d'elle qu'« elle fut la fondatrice d'un ordre religieux appelé cinéma ».

En 1999, Greta Garbo est classée à la cinquième place dans le classement AFI's 100 Years... 100 Stars établi par l'American Film Institute.

Biographie

Enfance et formation

Greta Gustafsson est la benjamine de Karl Alfred Gustafsson (1871–1920) et d'Anna Lovisa Johansson (1872–1944). Elle naît au 32 de la Blekingegatan à Stockholm. Sa maison natale a aujourd'hui disparu.

Ses parents sont des personnes de condition modeste dans la Suède pauvre du début du XXe siècle. Elle avait une sœur, Alva et un frère, Sven.

Elle entre à l'Académie royale d'art dramatique de Stockholm — le Dramaten — en 1922 et y étudie jusqu'en 1924. C'est là qu'elle rencontre le réalisateur suédois Mauritz Stiller qui la repère, lui enseigne les techniques cinématographiques et lui confie un rôle majeur dans son film La Saga de Gösta Berling, d'après Selma Lagerlöf en 1924. C'est à cette occasion que son mentor lui donne son nom de scène : Greta Garbo, garbo voulant dire en espagnol « la classe, l'élégance ».

De Garbo à La Divine : les années hollywoodiennes

Greta Garbo photographiée par Ruth Harriet Louise.

Lorsque Garbo arrive à Hollywood, sa carrière prend un tournant inattendu ; elle n'a rien d'une femme fatale — Louis B. Mayer la surnommait alors « la grosse vache nordique » — mais Arnold Genthe, un photographe de Vanity Fair, décèle son important potentiel. Elle suit un régime amaigrissant et modifie son apparence : cheveux coupés, lissés, front dégagé, sourcils réduits, regard mis en valeur.

Ses premières apparitions dans des films muets, tels Le Torrent (The Torrent) en 1926, La Tentatrice (The Temptress) en 1926, La Chair et le Diable (Flesh and the Devil) en 1927 ou Anna Karénine (Love) en 1928, la propulsent en haut de l'affiche. Le renouvellement de son contrat est l'occasion d'un long bras de fer avec Louis B. Mayer et aboutit à ce qu'elle devienne l'actrice la mieux payée d'Amérique (250 000 $ par film)[1].

C'est dans ces premières années qu'elle rencontra John Gilbert, star du cinéma muet, avec qui elle poursuivit une relation qui défraya la chronique. La légende veut qu'elle l'ait quitté devant l'autel, ayant changé d'avis quant à leur mariage, mais la MGM utilisa abondamment les scènes d'amour qu'elle interpréta avec John Gilbert pour alimenter les magazines à scandale.

Greta Garbo et John Gilbert en 1929.

Sa carrière, contrairement à celle de beaucoup d'autres, ne s'arrêta pas avec la fin du cinéma muet. Greta Garbo fut l'une des rares stars hollywoodiennes à franchir le cap du cinéma parlant. C'est dans Anna Christie en 1930 que le public entend pour la première fois sa voix grave et sensuelle, teintée d'un léger accent suédois. Le film fut d'ailleurs promu avec le slogan « Garbo parle » (« Garbo Talks ») et fut un véritable succès, bien que Garbo ne fût pas convaincue de sa propre performance. Quant à John Gilbert, dont la popularité baissait, il ne réussit jamais la transition vers le cinéma parlant et sa carrière s'arrêta dans les années 1930.

À partir de cette époque, on lui compose un nouveau personnage solitaire, énigmatique. Elle devient grave, tantôt mutine, tantôt craintive, parfois intellectuelle. Elle n'assiste qu'aux premières, n'accorde plus que de rares interviews, voyage sous un nom d'emprunt. Elle arrête aussi les nombreuses séances de photos d'extérieur et ne fait plus que des portraits d'art, réalisés en studio par deux portraitistes attitrés — Ruth Harriet Louise jusqu'en 1929, puis Clarence Bull (en) — et destinés à n'être reproduits qu'en petit format pour être envoyés aux admirateurs. Même pour la promotion des films, elle n'accorde plus qu'une unique séance de pose de dix heures maximum avec 150 photos par séance. Son costumier attitré Adrian crée pour elle le « style noble » glamour avec des velours, des lignes hiératiques et des proportions inhabituelles[2]. Devant le succès grandissant de la star, la Paramount, studio concurrent, se met en tête de trouver « sa » Garbo : ce sera Marlène Dietrich.

Garbo, si quelque chose lui déplaisait lorsqu'elle tournait, disait qu'elle voulait rentrer en Suède (« I want to go home »), menace qui lui valut de voir chacun de ses vœux exaucé par ses employeurs. Garbo était connue pour ne tourner qu'à studio fermé, refusant les visiteurs lorsqu'elle jouait. Son apparition dans Mata Hari en 1931 la consacra séductrice, la censure s'offusqua même du costume suggestif qu'elle portait sur l'affiche. Elle partagea ensuite l'affiche de Grand Hotel en 1932 en vedette avec Joan Crawford et les frères Barrymore (Lionel et John).

Garbo dans Anna Karénine (1935).

Elle se fâcha avec la MGM en 1932 et disparut des écrans pendant presque deux ans. La réconciliation lui donna un contrôle total sur les films qu'elle tournait, et lui permit de faire remplacer Laurence Olivier par John Gilbert pour le tournage de La Reine Christine en 1933. David O. Selznick la pressentit pour jouer le rôle de l'héritière mourante dans Dark Victory en 1935, mais elle préféra tourner une nouvelle version d'Anna Karénine.

Son interprétation de la Dame aux camélias dans Le Roman de Marguerite Gautier (Camille) en 1937 fut considérée comme la meilleure de tous les temps, et fut aussi la seule de ses interprétations qui trouva grâce à ses yeux. Après maintes tragédies, elle se retrouva face à Melvyn Douglas dans la comédie Ninotchka en 1939. En référence à une scène dans un bistrot parisien où l'héroïne part d'un éclat de rire, le film fut lancé avec le slogan « Garbo rit ! » (« Garbo laughs! »), une première dans sa carrière.

Greta Garbo fut l'une des stars les plus adulées des années 1920 et 1930, mais aussi l'une des plus secrètes. Fuyant la publicité et les ragots, elle rendit célèbre l'une de ses tirades de Grand Hotel même dans sa vie publique : « Je veux qu'on me laisse tranquille » (« I want to be let alone »). Elle n'accordait ni autographe, ni interview, sauf au tout début de sa carrière, n'assistait à aucune première et ne répondait pas à ses fans. Cette prédilection pour le secret ne fit que confirmer le surnom qu'elle garda toute sa vie, « La Divine » : belle, lointaine et inaccessible.

Après l'échec relatif de son dernier film, La Femme aux deux visages (Two Faced Woman) en 1941, Garbo mit définitivement un terme à sa carrière, au faîte de sa gloire.

D'après Albert Lewin, elle aurait souhaité interpréter Dorian Gray dans le film Le Portrait de Dorian Gray en 1945, mais pour des problèmes de censure, la chose ne se fit pas[n 1]. Alfred Hitchcock pensa que la mise en production de son film le Procès Paradine, en 1947, allait être le moyen de son retour sur les écrans, mais sans succès[3]. En 1949, le réalisateur Max Ophuls lui propose de tourner un film en couleur adapté de Balzac, La Duchesse de Langeais. Des essais avec l'actrice sont d'ailleurs tournés, révélant une photogénie extraordinairement préservée de Garbo[4]. Pour des raisons budgétaires, le producteur italien se retire du projet qui échoue[5].

Retraite et disparition

Tombe de Greta Garbo à Stockholm.

De son propre aveu, Greta Garbo pensait que le monde avait été bouleversé par la Seconde Guerre mondiale, peut-être pour toujours. Ses films, pensait-elle, avaient leur propre place dans l'Histoire et gagneraient en valeur. Elle prit la citoyenneté américaine en 1951. Elle acheta un appartement à New York dans les années 1950, où elle vécut jusqu'à la fin de ses jours, loin de la presse. Séparée du monde hollywoodien, elle refusa catégoriquement de paraître en public.

Elle resta cependant amie avec de nombreuses célébrités, et on la vit souvent en compagnie d'Aristote Onassis, Cecil Beaton ou Cécile de Rothschild. Elle défendait cependant jalousement sa vie privée. Elle était connue pour ses promenades dans les rues de New York affublée de grandes lunettes noires, évitant autant que possible les médias.

En 1984, elle est traitée avec succès pour un cancer du sein. Elle meurt à New York en 1990 à l'âge de 84 ans, des suites d'une insuffisance rénale terminale et d'une pneumonie. Sa dépouille fut incinérée et les cendres enterrées au cimetière Skogskyrkogården à Stockholm.

Vie privée

Garbo a gardé sa vie privée hors des feux de la rampe. « I want to be alone » (« Je veux être seule »), l'une de ses tirades les plus célèbres à l'écran, dans Grand Hotel, lui a été faussement attribuée à la ville. Garbo rectifia cependant après le film, arguant qu'elle n'avait jamais dit qu'elle voulait être seule, mais qu'elle voulait qu'on la laisse tranquille (« I never said, 'I want to be alone.' I only said, 'I want to be let alone.' There is all the difference. »).

D'après les lettres privées dont la publication a été autorisée en Suède en 2005 pour marquer le centenaire de sa naissance[6], il semblerait qu'elle ait été refermée sur elle-même et assez dépressive.

Greta Garbo était bisexuelle, et s'est engagée dans de notables relations amoureuses avec des hommes et des femmes[7]. Elle aurait eu tendance à préférer les femmes, et à se désintéresser de la sexualité en mûrissant[8]. Il semblerait que Greta Garbo soit restée célibataire par amour pour l'actrice suédoise Mimi Pollak[[réf. souhaitée] avec qui elle entretint une relation épistolaire qui dura soixante ans. À la naissance du fils de Mimi Pollak, elle expédia à celle-ci ce télégramme : « Incredibly proud to be a father » (« Incroyablement fière d'être père »).

Sa liaison hétérosexuelle la plus célèbre fut avec l'acteur John Gilbert. Lorsqu'ils se partagèrent le premier rôle pour la première fois dans Flesh and the Devil, leur « intensité érotique »[9] fut perceptible à l'écran. Il est dit que Gilbert demanda Greta Garbo en mariage trois fois et qu'il ne fut pas le seul. L'éditeur suédois Lars Saxon l'aurait aussi demandée en mariage, mais lui reçut une lettre qui confirmait que Garbo « resterait toute sa vie célibataire. Le mot « épouse » est tellement laid » (« I will probably remain a bachelor all my life. “Wife” is such an ugly word. »)[6].

Elle fut également la maîtresse du chef d'orchestre Leopold Stokowski qui avait quitté pour elle son épouse Olga Samaroff. En dépit de certaines rumeurs, il ne fut pas question de mariage entre eux[10].

La femme de lettres Mercedes de Acosta, dont la correspondance avec Greta Garbo fut publiée en 2000, dit avoir eu une longue relation avec elle[6].

Elle a également été liée de façon plus ou moins platonique avec les actrices Marlene Dietrich, Claudette Colbert, Joan Crawford, Louise Brooks, Ona Munson, et avec l'auteur Salka Viertel.

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