Grande migration afro-américaine

La grande migration afro-américaine est le mouvement qui a conduit six millions d'Afro-Américains du Sud des États-Unis vers le Midwest, le Nord-Est et l'Ouest de 1910 à 1970[1]. Les estimations du nombre de migrants varient selon les repères temporels choisis. Les Afro-Américains émigraient pour échapper au racisme et essayer de trouver du travail dans les villes industrielles. Certains historiens font une distinction entre la Première Grande Migration (de 1910 à 1940), et qui a porté sur environ 1,6 million migrants, et la Seconde Grande Migration, de 1940 à 1970.

La Seconde Grande Migration a vu le déplacement de cinq millions ou plus de personnes vers de nouvelles destinations. Un grand nombre est allé du Texas et de la Louisiane vers la Californie où l'industrie de la Défense offrait des emplois. De 1965-70, 14 États du Sud, surtout l'Alabama, la Louisiane et le Mississippi, ont contribué à une forte migration nette des Noirs vers trois autres secteurs statistiques des États-Unis[2]. À la fin de la Seconde Grande Migration les Afro-Américains étaient devenus une population urbaine : plus de 80 % vivaient dans les villes. 53 % étaient restés dans le Sud des États-Unis, tandis que 40 % vivaient dans le Nord et les États du Centre-Nord et 7 % dans l'Ouest[3].

Depuis lors, les chercheurs ont noté un renversement de la migration, qui s'est renforcé au cours des 35 dernières années du XXe siècle. C'est ce qu'on appelle la Nouvelle Grande Migration et elle apparaît de façon visible dans l'évolution démographique depuis 1965. La plupart des données étudient la période de 1963 à 2000. Les données englobent le mouvement de retour vers le Sud des Afro-Américains à la suite de la désindustrialisation dans les villes du Nord et du Middle West, la croissance des emplois bien rémunérés dans le Sud, et l'amélioration des relations interraciales. Beaucoup sont revenus aussi en raison de liens familiaux. En 1995-2000, c'est la Géorgie, le Texas et le Maryland qui ont attiré le plus de diplômés universitaires noirs. La Californie, au contraire, qui avait enregistré pendant des décennies un bilan positif d'immigrants noirs, a perdu à la fin des années 1990 plus d'Afro-Américains qu'elle n'en a gagné[4].