Grand Paris

Ne doit pas être confondu avec Métropole du Grand Paris (EPCI regroupant Paris et la petite couronne), Forum métropolitain du Grand Paris (syndicat mixte d’études), l' Atelier international du Grand Paris (groupement d'intérêt public chargé de mener une réflexion sur le Grand Paris), la Société du Grand Paris (établissement public chargé du réseau de transport Grand Paris Express), la métropole de Paris (arrondissement de l'Église constitutionnelle), le Groß-Paris (district allemand sous l'Occupation) et Le Grand Paris (roman d' Aurélien Bellanger).
Label du Grand Paris.

Le Grand Paris est un projet visant à transformer l’ agglomération parisienne en une grande métropole mondiale et européenne du XXIe siècle, afin d'améliorer le cadre de vie des habitants, de corriger les inégalités territoriales et de construire une ville durable [1].

Ce projet, imaginé et promu par le président de la République Nicolas Sarkozy dès 2008, est conduit, dans le gouvernement de François Fillon, par un secrétariat d'État spécialement créé pour l'occasion : le secrétariat d’État chargé du Développement de la région capitale, dont le premier et dernier titulaire est Christian Blanc. À l'issue d'une première phase de concertation, il propose de créer de nouveaux pôles économiques majeurs autour de Paris, ainsi que la création d'un réseau de transport public du Grand Paris performant qui relierait ces pôles aux aéroports, aux gares TGV et au centre de Paris. La Société du Grand Paris est un établissement public chargé de créer un nouveau métro automatique (« Grand Paris Express », 200 km de voies et 75 gares, évalué à 32,5 milliards d'euros [2]) dans la banlieue parisienne (voir ci-dessous «  Projet de Christian Blanc » [3]). En outre, le projet prévoit la création du cluster technologique Paris-Saclay dans la région du plateau de Saclay, à vingt kilomètres au sud de Paris.

Le projet est aussi institutionnel. Il s'agit de créer une structure de gouvernance entre Paris et son agglomération dense, la métropole du Grand Paris, qui regroupe, aux termes du projet de loi de « modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles » adopté par le parlement en [4], les communes de Paris, des départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne et certaines communes des départements de la grande couronne parisienne. La création de cette métropole à statut particulier a lieu le , date à laquelle sont remplacées l'ensemble des communautés de communes et communautés d'agglomération concernant ces communes par des établissements publics territoriaux.

Histoire de l'idée de Grand Paris

L’idée de « Grand Paris » est ancienne et a été maintes fois réactivée. Sous ce vocable, Napoléon III imaginait étendre la capitale depuis Saint-Germain-en-Laye, à l'ouest, à Marne-la-Vallée, à l'est [5].

André Morizet, maire de Boulogne-Billancourt, conseiller général, membre de la commission du Vieux Paris, reprend l'expression en 1932 dans un livre Du vieux Paris au Paris moderne, Haussmann et ses prédécesseurs [6]. Il écrit : « Habitants du Grand Paris, mes frères, notre succès est en nous ! » Avec Henri Sellier, ministre de la Santé et maire de Suresnes, André Morizet se voit confier une mission sur la réforme administrative du Grand Paris à l'époque du Front populaire (1936-1937) avec deux principes : réaffirmer l'autonomie politique des arrondissements de la ville de Paris et la constitution d'un conseil appelé à gérer les intérêts généraux de l'agglomération du Grand Paris. Celui-ci aurait le statut de haut-commissaire ou de secrétaire d'État destiné à gérer le département de la Seine assisté de trois préfets.

Le projet des sénateurs Morizet et Sellier est amplement repris en 1937 dans l'ouvrage du président du conseil municipal de Paris, Jean Raymond-Laurent, Paris, sa vie municipale « Vers le Plus Grand Paris » [7], dans lequel est, en particulier, évoquée la fusion des 20 arrondissements parisiens et des 80 communes du département de la Seine qui seraient représentés par un conseil du « Plus Grand Paris » de 100 membres [[réf. souhaitée].

Le géographe Jean-François Gravier reprend cette idée et cette expression en 1949 parmi les propositions qu'il fait dans son ouvrage La Mise en valeur de la France [8], dont le but est de corriger les déséquilibres du territoire français qu'il avait présentés deux ans auparavant dans Paris et le désert français. Il imagine alors un Grand Paris de plus de cinq millions d'habitants et met déjà en avant le problème de la place trop importante de l'automobile dans la capitale [8].

En pratique, un Grand Paris existe à l’échelle du département de la Seine [9]. Mais en 1964, lors de la réorganisation de la région parisienne, le choix de De Gaulle consiste à démembrer ce grand Paris. La reconfiguration politique est imposée aux élus de l'agglomération parisienne, élus qui sont majoritairement hostiles à toute réforme territoriale qui viserait à supprimer le Grand Paris. Pour ces élus, ce Grand Paris a fait ses preuves depuis 170 années d'existence [10]. Le Grand Paris du département de la Seine, qui réunissait à la fois la capitale et 80 communes de la Seine-banlieue, a en effet permis à ses élus de produire des politiques publiques jugées tout à fait pertinentes, qui ont permis d'équiper, de désenclaver et d'assurer une certaine paix sociale dans ces territoires très clivés politiquement [10].

Aujourd’hui le Grand Paris peut être délimité sur trois zones :

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