Georges Marchais

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Georges Marchais
Georges Marchais en 1981.
Georges Marchais en 1981.
Fonctions
Secrétaire général du Parti communiste français

(21 ans, 1 mois et 12 jours)
PrédécesseurWaldeck Rochet
SuccesseurRobert Hue
Député français

(24 ans et 19 jours)
Élection11 mars 1973
Réélection29 mars 1978
21 juin 1981
16 mars 1986
12 juin 1988
28 mars 1993
Circonscription1re du Val-de-Marne
(1973-1986)
Val-de-Marne
(1986-1988)
11e du Val-de-Marne
(1988-1997)
PrédécesseurMarie-Claude Vaillant-Couturier
SuccesseurClaude Billard
Député européen

(10 ans et 7 jours)
Élection10 juin 1979
Réélection17 juin 1984
Législature1re et 2e
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissanceLa Hoguette (Calvados, France)
Date de décès (à 77 ans)
Lieu de décès10e arrondissement de Paris (France)
NationalitéFrançaise
Parti politiquePCF
ProfessionOuvrier métallurgiste

Georges Marchais, né le à La Hoguette (Calvados) et mort le dans le 10e arrondissement de Paris, est un homme politique français. Il est secrétaire général du Parti communiste français (PCF) de 1972 à 1994 et député de 1973 à 1997.

Biographie

Georges Marchais est le fils unique de René Marchais (1886-1930), ouvrier carrier, et de Germaine Boscher (1889-1974), veuve de guerre, remariée[1]. Si, du côté paternel, Georges Marchais est issu d'un milieu modeste, sa mère en revanche appartenait à une famille plus aisée, et son second mariage avec René Marchais sera considéré comme une mésalliance[2]. Georges Marchais a des demi-frères et sœurs : du côté de son père, veuf en premières noces de Blanche Perrette (1884-1914) : Renée Marchais (1910), et du côté de sa mère, veuve également en premières noces d'Albert Daunou (mort pour la France en 1915) : Berthe Daunou (1908-1977), Marcel Daunou (1910-1945) et Robert Daunou (1911-1962)[3].

La famille Marchais est originaire de la Mayenne où son arrière-grand-père, Pierre Marchais (1798-1873) est couvreur et charpentier. Les parents de celui-ci se sont mariés le à La Chapelle-Anthenaise (Mayenne)[4].

En 1941, Georges Marchais se marie en premières noces à Paulette Noetinger (1920-2007), union de laquelle naissent trois filles : Michèle (1941), Monique (1947) et Claudine Marchais (1950)[5]. Séparé en 1959, Georges Marchais épouse en secondes noces, en février 1977, Liliane Grelot, union de laquelle naît un fils : Olivier Marchais[6].

Pendant la guerre

Âgé de 20 ans, Georges Marchais devient mécanicien ajusteur à l'usine aéronautique Voisin d'Issy-les-Moulineaux juste avant l'invasion allemande de mai 1940. Les usines aéronautiques de la région parisienne sont alors réquisitionnées par les Allemands pour produire notamment des avions Messerschmitt et pour la réparation d'avions endommagés. La production commence dès le début de 1941[7].

En , Georges Marchais est muté par l'entreprise sous direction allemande pour travailler chez Messerschmitt à Augsbourg (Allemagne), vraisemblablement en application de la loi de réquisition promulguée par le régime de Vichy le 4 septembre 1942[8].

Georges Marchais a affirmé être rentré en France dans les premiers mois de 1943. Il a peut-être été envoyé en permission en mai ou juin 1943. On ne sait pas s'il est retourné en Allemagne jusqu'à avril ou mai 1945 ou s'il s'est caché avec sa femme et sa fille jusqu'à la Libération[9]. Les archives du PCF indiquent que Georges Marchais est rentré en France en mai 1943 avec de faux papiers, puis est allé travailler à la campagne en Normandie. Il ne participe pas à la résistance armée mais distribue des tracts édités par le parti contre l'occupation allemande[10].

Au début des années 1970 et surtout à la veille de l'élection présidentielle de 1981, alors qu'il est une personnalité essentielle de la gauche et qu'on pressent que le futur gouvernement pourrait compter des ministres communistes, ses adversaires politiques ou d'anciens communistes l'accusent d'être parti travailler en Allemagne volontairement. À la suite de plaintes, deux décisions de justice établissent, sur la base de rapports d'historiens et de témoignages[11] que Georges Marchais est bien parti en Allemagne sous la contrainte et qu'il percevait son salaire de la France, conformément à la loi de réquisition de 1942[12].

Selon l'historien Philippe Robrieux, Georges Marchais est donc parti travailler dans l'industrie de guerre allemande suivant la méthode habituelle de « tenue en mains » dans les mouvements politiques, y compris dans le mouvement communiste international. Cette attitude non résistante (comme celle de Maurice Thorez) fera plus tard de Marchais un militant soumis aux ordres des dirigeants soviétiques qui possèdent son dossier biographique. Les mêmes raisons qui pousseront après guerre à la marginalisation des grands résistants au sein du PCF (Tillonetc.) favoriseront donc l'ascension de Marchais au sein du parti[13].

Carrière au sein du Parti communiste français

Georges Marchais accède à l'engagement politique par le biais de ses activités syndicales, après son retour d'Allemagne.

En 1946, il est secrétaire du syndicat des métaux d’Issy-les-Moulineaux. Secrétaire du centre intersyndical CGT dans la même commune en 1951, secrétaire de l'Union des syndicats de travailleurs de la métallurgie de la Seine de 1953 à 1956[14].

Membre du Parti communiste français (PCF) depuis 1947, c'est un camarade de travail de chez Voisin, catholique pratiquant habitant Meudon, qui l'a fait adhérer.[[réf. souhaitée] Georges Marchais commence dès cette époque une carrière qui le propulse assez vite et durablement vers les sommets du parti, sans jamais avoir eu l'occasion de participer ni de s'exposer lors des événements fondateurs de la geste communiste antérieure à 1945[15].

D'abord permanent de la CGT, il intègre l'équipe de direction de la puissante fédération Seine-Sud du PCF (celle du secrétaire général Maurice Thorez) dans le cours de l'année 1955. À l'issue du congrès de 1956, il devient membre suppléant du comité central du PCF et premier secrétaire de la Fédération de la Seine-Sud, puis en 1959 membre titulaire du comité central et du bureau politique. Les marques de fidélité réitérées envers Maurice Thorez, et son statut d'ouvrier de la métallurgie, ne sont pas étrangers à son ascension fulgurante. Celle-ci s'inscrit toutefois dans un contexte marqué par des remous en interne consécutifs à la publication du rapport Khrouchtchev, que le secrétaire général tente de mettre sous le boisseau. L'analyse à adopter vis-à-vis du pouvoir gaulliste est également l'objet de débats au sommet du parti. De plus, le PCF enregistre un déclin de ses effectifs comme de son audience électorale (il passe sous la barre des 20 % aux élections législatives françaises de 1958 et, à la suite de la modification du mode de scrutin, ne fait élire que 10 députés). Se sentant menacé, Maurice Thorez entreprend d'écarter certains des dirigeants du parti qu'il soupçonne de vouloir s'appuyer sur le leader soviétique pour l'évincer. Laurent Casanova et Marcel Servin sont tout particulièrement visés. Marchais fait alors partie des étoiles montantes du parti appelées à porter l'estocade contre ces derniers. À partir de 1961, il succède à Marcel Servin au poste stratégique de secrétaire à l'organisation.

Dans cette fonction, le principal objectif de Georges Marchais est de faire repartir à la hausse les effectifs. Il bénéficie, pour ce faire, de la politique de la main tendue dirigée vers les autres forces de gauche, que conduit le nouveau secrétaire général Waldeck Rochet, qu'il soutient. Responsable encore jeune et peu connu à l'extérieur du parti, dans l'ombre du secrétaire général, il se fait remarquer pendant Mai 1968 par un article paru dans L'Humanité. Il y attaque Daniel Cohn-Bendit, qu'il qualifie d'« anarchiste allemand ». Il critique les « faux révolutionnaires » du Mouvement du 22 Mars, dont l'« agitation », selon ses termes, « va à l'encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes »[16]. Face à la répression policière, Georges Marchais et le PCF soutiennent le mouvement étudiant et ses revendications. Ils appellent à l'union des étudiants et des ouvriers, et à la création d'une « Université moderne et démocratique qui doit remplacer l'université de classe actuelle »[17].

Georges Marchais garde le silence en public lors du Printemps de Prague. En interne, il soutient le secrétaire général et le communiqué de la direction du PCF marquant sa « désapprobation » vis-à-vis de l'intervention soviétique.

En juin 1969, il fait partie de la délégation du PCF lors de la conférence du mouvement communiste internationale organisée à Moscou. Elle revient en France sans Waldeck Rochet, dont l'état de santé s'est détérioré. De fait, c'est Georges Marchais qui prend progressivement les rênes du PCF, recevant le titre de secrétaire général adjoint en 1970. C'est à ce titre qu'il conduit la délégation communiste lors des négociations préalables à la conclusion du Programme commun de gouvernement avec le PS et le Mouvement de la gauche radicale-socialiste en juin 1972. Dans la foulée, il est nommé secrétaire général, la direction du parti entérinant le fait que Waldeck Rochet ne serait plus en mesure d'assurer ses responsabilités.

Secrétaire général du PCF

En , il devient secrétaire général du PCF, succédant à Waldeck Rochet qui démissionne pour raisons de santé. Élu député de la 1re circonscription du Val-de-Marne en mars 1973 puis de la 11e (Arcueil-Cachan-Villejuif) après le redécoupage électoral de 1986, il sera régulièrement réélu à chaque scrutin jusqu'en 1997.

La première phase de son passage à la tête du PCF est marquée par une continuité avec la politique de son prédécesseur : l'Union de la gauche au plan national (ainsi le PCF soutient la candidature de François Mitterrand dès le premier tour de l'élection présidentielle de 1974) et la poursuite d'une certaine prise de distance avec l'Union soviétique (il participe à la constitution d'un pôle eurocommuniste avec notamment le Parti communiste italien d'Enrico Berlinguer et le Parti communiste espagnol de Santiago Carrillo). Lors du congrès de 1976, le PCF renonce à la dictature du prolétariat. Néanmoins, la croissance des effectifs procure peu de gains électoraux et le PCF, premier parti de gauche depuis la Seconde Guerre mondiale, tend à être rattrapé par le PS. En septembre 1977, les négociations en vue de la réactualisation du Programme commun échouent, annonçant la défaite de la gauche lors des élections législatives de 1978. Il s'ensuit une vague de contestation dans une frange du parti (notamment du côté des intellectuels). Il est reproché au secrétaire général d'être, par son changement de ligne politique, en partie responsable de cet échec. L'année suivante, le soutien à l'intervention soviétique en Afghanistan est interprété comme le signe d'un réalignement du PCF sur la politique des dirigeants soviétiques.

Son arrivée à la tête du PCF coïncide avec l'apogée de la puissance de l'Union soviétique et le début de son déclin : en 1974, les Portugais quittent l'Afrique pour laisser la place à des régimes pro-soviétiques, en 1975, les Américains sont chassés du Viêt Nam où les Soviétiques s'installent à leur place ; l'abbé Casaroli (futur cardinal) et le pape Paul VI croient inéluctable la mainmise de l'Union soviétique sur l'Europe et cherchent à s'en rapprocher[18]. 1979 est l'année de la chute du shah d'Iran et de l'arrivée au pouvoir des sandinistes au Nicaragua, mais c'est aussi le début de l'invasion et des déboires soviétiques en Afghanistan.

Georges Marchais, qui a su capter la confiance des partis « frères », est alors le mieux à même pour drainer des informations sur les menées des Soviétiques et des formations politiques et syndicales qu'ils financent dans les pays méditerranéens et en Turquie, ainsi que l'identité des émissaires afghans du Khalk et du Parcham (collaborateurs des Russes) en France.

C'est dans un article de L'Humanité du , préparatoire au XXIIIe congrès du parti qu'il évoque le « bilan globalement positif en URSS », ce qui provoque une vive polémique en France[19]. Trois ans plus tôt, le parti avait pourtant renoncé à toute référence au modèle soviétique, à la dictature du prolétariat, pour adopter des thèses proches de celles du parti communiste italien, dans la ligne de l'« euro-communisme »[20].

Tête de la liste du PCF aux élections européennes de 1979 il obtient 20,6 % des voix et envoie 19 députés PCF au Parlement européen, il est élu député européen et le reste jusqu'en 1989. Publiquement, il soutient l'intervention militaire soviétique en Afghanistan des 26 et 27 décembre 1979[21].

Résultats par département de Georges Marchais au premier tour de l'élection présidentielle de 1981.

Candidat communiste[22] à l’élection présidentielle de 1981, il obtient 15,35 % des voix[23]. Ce résultat confirme le déclin de son parti au profit du Parti socialiste.

Avec l'élection de François Mitterrand, le PCF entre au gouvernement. Mitterrand lui confie quatre ministères pour le rendre solidaire de son action gouvernementale. Malgré l'anticommunisme caractérisé du président américain Reagan, celui-ci conserve avec la France les mêmes relations que sous le prédécesseur de François Mitterrand, sachant qu'il n'a rien à craindre de Georges Marchais dont François Mitterrand ne voulait d'ailleurs pas la participation personnelle. La présence du Parti communiste au gouvernement lui ôte son rôle contestataire, et lui fait perdre encore des voix de mécontents ; phénomène qui s'aggravera encore avec la dissolution de l'URSS en 1991. Marchais est de nouveau candidat aux élections européennes de 1984, il ne réalise que 11,20 % des suffrages et ne distance le FN que de 0,25 points (10,95 %). Son parti passe très vite sous la barre des 10 % et se fait distancer par le Front national, à l'élection présidentielle de 1988, André Lajoinie et Pierre Juquin (candidat dissident) ne réalisent à eux deux que 8,9 % des voix, seize mois avant la chute du mur de Berlin.

Invité d'Apostrophes le 4 mai 1990 sur Antenne 2[24],[25], Georges Marchais estime, face à Emmanuel Todd qui présentait la réédition de son ouvrage La Chute finale, que le PCF « a été stalinien » et ne l'est plus « depuis quinze ans », faisant allusion au XXIIe congrès du PCF en 1976. Marchais reconnaît à cette occasion que le PCF n'avait pas vu venir l'effondrement de l'URSS. Mais il signale à Emmanuel Todd que, de son côté, le démographe n'avait pas en 1976 prédit la perestroïka.

Retraite

En 1994, à l'occasion du XXVIIIe congrès du PCF, il cède son siège de secrétaire général à Robert Hue mais reste membre titulaire du bureau politique (renommé bureau national). La même année, il devient président du comité du PCF pour la défense des libertés et droits de l'homme en France et dans le monde.

En juin 1995, il assiste au premier rang aux obsèques de son ami Robert-André Vivien présidées par Jacques Chirac.

Sa dernière apparition publique a lieu le 3 octobre 1997, dans le moulin de Villeneuve pour rendre hommage à Aragon[26]. Fragile du cœur, Georges Marchais meurt le 16 novembre 1997 à l'hôpital Lariboisière, à la suite d'un malaise cardiaque[27]. Marchais avait déjà subi des infarctus en 1975 et 1990 et eu un pacemaker en 1996[28].

La classe politique rend un hommage unanime à l'homme, à l'exception notable d'Édouard Balladur[28]. La presse est plus nuancée : L'Humanité titre « L'émotion » quand Libération détourne son propos sur les régimes soviétiques en titrant « globalement négatif »[29].

Il est enterré le 21 novembre 1997, au son de Bitches Brew de Miles Davis[30] au cimetière de Champigny-sur-Marne[31], ville où il vécut auprès de sa femme Liliane et de ses enfants.

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