Georges Bataille

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Georges Bataille
Bataille Georges 1940.jpg
Georges Bataille en 1940.
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Sylvia Bataille (de à )
Diane Kotchoubey de Beauharnais (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Laurence Bataille (en)
Julie Bataille (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
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Georges Bataille, né le à Billom (Puy-de-Dôme), mort le à Paris, est un bibliothécaire et écrivain français.

Son œuvre se compose d'ouvrages de littérature, mais aussi d'anthropologie, de philosophie, d'économie, de sociologie et d'histoire de l'art. Il ne considère jamais l'écriture comme une fin en soi, mais comme un instrument qui lui permet, à travers ses récits, romans, essais philosophiques et revues, de témoigner de ses différentes expériences : « Il faut vouloir vivre les grands problèmes, par le corps et par l’esprit. »[1] Ainsi, sa vie et son œuvre se confondent, mêlant mysticisme et érotisme, avec une fascination de la mort qui se retrouve en particulier dans l'un de ses textes, La pratique de la joie devant la mort.

Son engagement politique le conduit très tôt à critiquer et condamner Staline et l'Union soviétique. Il côtoie alors beaucoup les surréalistes, sans jamais réellement faire partie du groupe d'André Breton. Mais il est très proche des futurs « excommuniés » de Breton réunis avant même le premier Manifeste du surréalisme dans deux groupes annexes : le groupe de la rue Blomet sous l'égide d'André Masson, et le groupe de la rue du Château qui comprend notamment Jacques Prévert et Yves Tanguy. Par son indépendance d'esprit, Bataille y exerce une influence dont il ne mesure pas tout de suite l'importance, mais qui fait de lui un « hérétique » aux yeux du « pape du surréalisme ». En 1929, il fonde la revue Documents, point de ralliement de tous les excommuniés de Breton, en rupture avec l'idéalisme surréaliste. Quelques années plus tard, avec des fidèles, il fonde la revue Acéphale dont le thème principal est l'exaltation tragique et dionysiaque de la vie, jusque dans la cruauté et la mort, sous la figure tutélaire de Nietzsche, mais aussi Sade, Kierkegaard, Dionysos, Don Juan ou Héraclite.

Bien qu'il se déclare profondément athée, il s'intéresse au sacré, aux mysticisme, chamanisme, bouddhisme zen, rites païens ou para-religieux ; et sa fascination pour le religieux et les communautés le conduit à créer, avec un groupe d'initiés, une société secrète, ésotérique, en marge de la revue Acéphale, ainsi que d'autres collectifs dont le thème directeur est la « sociologie sacrée. »

Persuadé de la perversité du fascisme, ne croyant pas aux mouvements prolétariens, il fonde en 1935, quelques mois avant la victoire du Front populaire, un mouvement d'intellectuels révolutionnaires « Contre-Attaque », qui se situe contre le capitalisme, contre la bourgeoisie, pour la libre expression sexuelle. Cette révolution est placée sous le signe d'un antinationalisme violent. Pour cela il se réconcilie avec André Breton, dirige le mouvement avec lui pendant une courte période et publie avec lui des textes et tracts[note 1].

Plus tard, il se détourne de l'action politique pour se consacrer à l'écriture d'ouvrages très souvent à composante autobiographique, dans lesquels il développe sa recherche du sacré et de l'extase, l'horreur de la mort et sa fascination pour celle-ci. Ses références à Sade, Nietzsche et Hegel, souvent détournées, servent le plus souvent à justifier ses recherches très personnelles.

Auréolé d'un prestige considérable dans les milieux intellectuels, surtout connu pour ses écrits sur l'érotisme qui ont fait scandale, il reste mal connu du grand public et très peu lu. Il fait cependant l'objet d'un très grand nombre d'études et d'exégèses. À la croisée des savoirs et des grands débats idéologiques, philosophiques et anthropologiques, de son temps, son œuvre est à la fois littéraire et philosophique, multiple, hétérogène, marginale et échappe aux étiquetages : « les catégories traditionnelles, les délimitations qu'elles établissent, se révèlent inappropriées ou encombrantes dès lors qu'on veut rendre compte de l'ensemble de ses écrits[2] ». D'autant plus qu'il s'est évertué à brouiller les pistes, ainsi qu'il le déclare lui-même dans son dernier entretien, accordé à Madeleine Chapsal en mars 1961 : « Je dirais volontiers que ce dont je suis le plus fier, c'est d'avoir brouillé les cartes [...], c'est-à-dire d'avoir associé la façon de rire la plus turbulente et la plus choquante, la plus scandaleuse, avec l'esprit religieux le plus profond »[3]. Ce « brouillage » est d'autant plus manifeste en raison des multiples versions, manuscrits et dactylogrammes de ses textes, et aussi parce qu'il a souvent usé de pseudonymes pour signer certains écrits (récits érotiques) : Troppmann, Lord Auch, Pierre Angélique, Louis Trente et Dianus.

Il est enterré au cimetière de Vézelay dans l'Yonne.

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